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Publié le par Florian Rouanet
🧠 Une Parabole mentale : masses informes & élites formatrices 📉
Σ Front liminaire
Fidèle lecteur, les foules ont leur ivresse !
Tantôt lascives, tantôt furieuses, ces entités fluviales dont l’âme s’efface souvent dans le tumulte des corps, furent l’objet de la plus fine attention d’hommes clairvoyants tels Gustave Le Bon ou Thibon.
Mais que faire de cette matière humaine mouvante, docile au mensonge – comme on le constate devant les potins-complots – et sourde à la vérité, sinon l’informer, au sens aristotélicien du terme ? De là une interrogation hautement politique : qu’est-ce qu’un peuple sans forme ?, sinon la proie d’un ressentiment anomique – état de désagrégation d’une société – ou d’un nihilisme grégaire ?
C’est dans ce cadre que la courbe de Gauss, que d’aucuns relèguent à la mathématique scolaire, prend ici toute son ampleur anthropologique. Elle suggère que les vérités hautes et les folies basses partagent souvent, à rebours du centre, l’audace de ne pas consentir au confort mou du consensus.
L’article qui suit s’emploiera donc à mêler pensée traditionnelle et analyse quantitative, satire mordante et bonne dialectique, afin de cerner, dans la turbulence de nos jours, les conditions de résurgence d’une aristocratie véritable — seule capable, in fine, d’éviter à nos peuples l’engloutissement final dans l’oubli d’eux-mêmes.

☧ Arsenal conceptuel
ARISTOCRATIE, subst. fém. : Forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir est exercé par une élite, la « meilleure part », en principe la plus vertueuse ou la plus capable.
FOULE, subst. fém. : Multitude de personnes animées d’un même mouvement, mais dont la somme psychologique tend à s’annuler en une volonté primitive, émotionnelle et suggestible.
FORME, subst. fém. (philosophie) : Ce qui donne l’être déterminé à une matière, ce qui informe et réalise une potentialité.
COURBE DE GAUSS, loc. : Modèle statistique représentant une distribution normale, avec une majorité centrée autour de la moyenne et des extrêmes minoritaires aux pôles opposés.
☩ Sentences d’autorité (longs extraits)
« En règle générale, les gens d’un très grand talent s’entendront mieux avec les hommes d’une intelligence extrêmement limitée qu’avec ceux d’une intelligence ordinaire. C’est pour la même raison que le despote et la plèbe, les grands-parents et les petits-enfants sont des alliés naturels. »
Arthur Schopenhauer, Parerga und Paralipomena (1851), II, Aphorismen zur Lebensweisheit (Aphorismes sur la sagesse dans la vie), dans la section « De la différence des intelligences ».
« Passer de la barbarie à la civilisation en poursuivant un rêve, puis décliner et mourir dès que ce rêve a perdu sa force, tel est le cycle de la vie d’un peuple. »
« Avec l’évanouissement progressif de son idéal, la race perd de plus en plus ce qui faisait sa cohésion, son unité et sa force. L’individu peut croître en personnalité et en intelligence, mais en même temps aussi l’égoïsme collectif de la race est remplacé par un développement excessif de l’égoïsme individuel accompagné par l’affaissement du caractère et par l’amoindrissement de l’aptitude à l’action. Ce qui formait un peuple, une unité, un bloc, finit par devenir une agglomération d’individus sans cohésion et que maintiennent artificiellement pour quelque temps encore les traditions et les institutions. C’est alors que, divisé par leurs intérêts et leurs aspirations, ne sachant plus se gouverner, les hommes demandent à être dirigés dans leurs moindres actes, et que l’État exerce son influence absorbante. »
« Avec la perte définitive de l’idéal ancien, la race finit par perdre entièrement son âme ; elle n’est plus qu’une poussière d’individus isolés et redevient ce qu’elle était à son point de départ : une foule. Elle en a tous les caractères transitoires sans consistance et sans lendemain. La civilisation n’a plus aucune fixité et est à la merci de tous les hasards. La plèbe est reine et les barbares avancent. La civilisation peut sembler brillante encore parce qu’elle possède la façade extérieure qu’un long passé a créée, mais c’est en réalité un édifice vermoulu que rien ne soutient plus et qui s’effondrera au premier orage. »
« Les foules n’ont jamais eu soif de vérités. Devant les évidences qui leur déplaisent, elles se détournent, préférant déifier l’erreur, si l’erreur les séduit.
Qui sait les illusionner est aisément leur maître ; qui tente de les désillusionner est toujours leur victime. »« Elles (les foules) vont tout de suite aux extrêmes. Le soupçon énoncé se transforme tout de suite en évidence indiscutable. Un commencement d’antipathie… devient aussitôt une haine féroce. »
« Il n’est même pas besoin que les siècles aient passé sur les héros pour que leur légende soit transformée par l’imagination des foules. […] »
« Les foules ont des opinions imposées, jamais des opinions raisonnées. »
« La puissance des foules est la seule force que rien ne menace et dont le prestige ne fasse que grandir. L’âge où nous rentrons sera véritablement l’ère des foules. »
« Le droit divin des foules va remplacer le droit divin des rois. »
« Les foules n’ont de puissance que pour détruire. »
« Les foules sont incapables d’avoir des opinions quelconques en dehors de celles qui leur sont imposées. »
« On conduit les foules en cherchant ce qui peut les impressionner et les séduire. »
« Dans les foules, c’est la bêtise et non l’esprit qui s’accumule. »
« La foule ne peut qu’être d’une crédulité excessive. »
« Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les Catholiques de l’Inquisition et leur cruelle ardeur dérivait de la même source. »
« Les foules ont une telle soif d’obéir qu’elles se soumettent d’instinct à qui se déclare leur maître. »
« La foule est toujours intellectuellement inférieure à l’homme isolé. »
« C’est l’intelligence qui guide le monde, mais elle le guide de fort loin. »
« L’homme moderne est de plus en plus envahi par l’indifférence. »« Les grands bouleversements qui précèdent les changements de civilisations […] montrent que, derrière leurs causes apparentes, se trouve le plus souvent, comme cause réelle, une modification profonde dans les idées des peuples. […] Les seuls changements importants, ceux d’où le renouvellement des civilisations découle, s’opèrent dans les idées, les conceptions et les croyances. […] »
« On élèverait une pyramide beaucoup plus haute que celle du vieux Khéops avec les seuls ossements des hommes victimes de la puissance des mots et des formules. »
« Qui connaît l’art d’impressionner l’imagination des foules connaît aussi l’art de les gouverner. »
⁂ Arborescence des chapitres
- 📊 Théorème gaussien & répartition mentale
- 🧬 Foule, matière & principe aristotélicien
- 🕴️ Élite & langage de la masse
- 🎭 Dialectique satirique des extrêmes
Psychologie collective, intelligence sociale & acte civilisateur d’une élite véritable
I. 📊 Théorème gaussien & répartition mentale
L’intelligence des masses, pour qui consent à en suivre la courbe, n’est point tant un nuage vaporeux et indéfini, mais une cloche rigoureuse et cruelle : celle que dessine la célèbre courbe de Gauss. Sur ce profil sinueux se lit le sort politique des sociétés occidentales actuelles, tout autant que la faillite d’une démocratie sans aristocratie…
À ses deux extrémités, deux pointes aiguës : l’une regroupe les esprits les plus obtus, prêts à tous les fanatismes comme à toutes les abdications ; l’autre, les intelligences les plus vives, recluses dans leur lucidité muette, leur retrait d’ermite ou leur radicalité fulgurante. Au centre ? Une masse majoritaire tiède, conservatrice dans l’âme, conformiste dans l’énoncé, nourrie de « bons sentiments » et de slogans tiédissant débiles.
Ainsi se vérifie cette tendance qui fait parfois converger l’analphabète inculte et le métaphysicien de génie – ou le bicôt de cité avec le nationaliste bien formé -, non dans leurs arguments mais dans leur refus viscéral du discours dominant.
En revanche, l’homme moyen, persuadé d’être raisonnable, se révèle souvent la courroie de transmission des dogmes creux & des platitudes molles.
Pour entreprendre toute révolution – entendre, changement radical -, il n’y a rien à attendre des masses, systématiquement peu éclairées !
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II. 🧬 Foule, matière & principe aristotélicien
La foule n’est point peuple. Elle est multitude, chaos d’émotions, désir fusionnel, cri indistinct et haute violence potentielle. Elle est matière. Or, pour que cette matière ne demeure point brute, informe et potentiellement délétère, il lui faut une forme : principe aristotélicien d’actualisation, clef de toute élévation : un État-nation organisateur – de même qu’il faut le mâle pour la femelle.
Comme l’homme informe la glaise, comme l’époux modèle sa maison, son univers est l’extérieur, comme l’État façonne ses institutions, l’élite — si elle est fidèle à sa vocation première — doit être cette forme noble et ferme qui redresse la matière flasque du nombre.
Le Bon & Thibon, chacun à sa manière, rappelaient cette vérité fondamentale : un peuple sans forme devient foule. Et la foule, sans guide éclairé devient meute. Il sied donc, pour sauver l’humanité de sa chute dans le néant collectif, d’imposer non une domination tyrannique, mais une autorité informante, au sens métaphysique, un monarque, au sens premier du termes.
Des Césars & des Augustes : dictature romaine en temps de crise
III. 🕴️ Élite & langage de la masse
« L’aristocrate » véritable, fût-il minoritaire par définition, ne s’adresse point seulement à l’élite vertueuse et cultivée. Il parle aux foules, non pour leur plaire, mais pour les élever. Il faut donc un langage médian, une rhétorique à deux faces : visible & invisible, immédiate & transcendante.
Car ce n’est point (que) dans la force brute que se forge la domination, mais dans l’habileté du verbe. Toute figure charismatique, toute impulsion populaire ayant mené à une transformation réelle du corps social, eut pour ferment un langage structurant, une vision claire, une dialectique ferme — autrement dit : un Logos incarné – et non Soral spécifiquement, non…
C’est pourquoi une inaction des élites militantes, leur silence coupable, leur verbiage technocratique ou leurs postures vides, ne peut que précipiter les masses dans le néant, ou, pis, dans l’emprise de nouveaux histrions et philistins, figures médiatiques affadies, populistes de foire ou saltimbanques politiques.
Du nationalisme au populisme : naufrage de la droite traditionnelle
IV. 🎭 Dialectique satirique des extrêmes
Deux visages opposés d’une même pente anthropologique : l’extase ou l’abrutissement de la foule, entre lucidité des marges & conformisme du centre
Il est, dans les abysses de l’époque, une ironie aussi roborative qu’affligeante : le bas et le haut, de l’arabe de cité au nationaliste formé, se rencontrent, parfois, dans une même imprécation contre l’ordre établi.
Tel ce mème circulant sur la toile, où le QI le plus bas et le plus haut semblent converger contre le conformisme du centre, pro-police notamment. Ce qui choque le bourgeois rassure l’extrême.D’un côté, l’enfant d’immigration rebelle, de l’autre le dissident lettré, tous deux vomissent le statu quo — mais l’un par pulsion, et l’autre par discernement.
Et voilà que les uns et les autres, sans le savoir, chargent ensemble contre le « trumpisme » du pauvre, ce populisme de pacotille qui flatte la plèbe sans jamais la hausser.Aussi, lorsque les frelons asiatiques de banlieue déboulent sur les abeilles boboïsées des centres urbains, la farce devient tragédie. Ce sont là les avatars grotesques d’un désordre total : là où la foule prolifère, l’aristocratie s’éteint ; là où le verbe se dissout, le cri monte !
Synthèse conclusive : noblesse ou néant
La passion sociale pour le Bien, ou les méandres d'un abîme sans fond
La courbe de Gauss, sous ses dehors froids, révèle une vérité brûlante : les extrêmes pensent, le centre suit. Mais le peuple, lui, attend — une forme, un guide, une transcendance.
Point de salut dans la masse laissée à elle-même. Seul un retour à l’aristocratie de l’esprit, fondée sur la vertu, la parole et la vision, pourra réenchanter la matière humaine et lui redonner âme à combattre.
À nous, donc, de reconstruire la forme, de rendre aux peuples blancs et chrétiens l’image d’eux-mêmes, qu’ils n’osent plus espérer. Car les foules ne créent rien ; elles acclament. Encore faut-il qu’un digne héraut s’avance et porte cette mission sur les fonts baptismaux.
Le camarade Parsifal à Oremus dira :
Ce qu’il faut pour transformer la foule à la fois moutonnière et anarchique en un Peuple animé d’une foi et d’un désir en un seul venir commun, c’est un Chef.
Conclusion : Hitler !La Rédaction
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