• La Foi et l’Indéfectibilité de l’Église : une Vérité inaltérable



    5 clercs pour 1 pierre valable apportée à l’édifice ?

  • ⁂ Front liminaire

    La foi catholique, l’Église, semble traverser de nos jours une crise spirituelle et hiérarchique sans précédent, une cassure, laquelle plonge bien des âmes orphelines dans le trouble et la perplexité.

    Suite aux effets de Vatican II, il découle une fracture doctrinale et théologique majeure, au point que le catholicisme se diluerait dans un œcuménisme fade et une modernité hautement dissolvante.

    Et pourtant, Notre Seigneur a promis que son Église serait indéfectible : les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. Dès lors, la question se pose : où est cette Église qui ne peut faillir ?
    Cinq clercs symbolisés, en apparence fins dialecticiens et théologiens d’écoles diverses, se sont réunis pour examiner cette épineuse question.

    Chacun, selon sa première inclination, s’efforce d’apporter une lumière, à la fois sur la foi et sur l’autorité de l’Église en ces temps de césure. Toutefois, tous ne parviennent point aux mêmes conclusions, certains se heurtant donc, ontologiquement, à des contradictions insoupçonnées.

    À l'instar de Griff Ruby dans Sede Vacante (livre), nous procédons à un bref tableau du Tradistan, ou Tradiland.

    Leurs noms, choisis pour illustrer leur position respective, sont :

    • L’abbé Mainteneur : fidèle à Vatican II, malgré ses potentielles aberrations.

    • L’abbé Prudence : défenseur d’une Tradition mitigée, peu ou proue fidèle à Mgr Lefebvre.

    • L’abbé Dubius : partisan zélé de la thèse de Cassiciacum, oscillant entre deux mondes.

    • L’abbé Rigoureux : sédévacantiste strict, rejetant toute autorité issue de Vatican II, voire toute autorité.

    • L’abbé Constant : catholique de Tradition pure, constatant la vacance du Saint-Siège, mais y trouvant une solution divine et ecclésiale : le Concile général imparfait.

    Nous assistons donc à une confrontation des plus vives entre ces cinq doctes personnages, chacun tenant à exposer sa thèse, fut-elle vraie ou non.

    ⁂ Sentences érudite

    Matthieu 16:18

    « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. »
    Source : Lueur.org

    Actes des Apôtres 9:31

    « L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle s’édifiait et marchait dans la crainte du Seigneur, et elle s’accroissait par l’assistance du Saint-Esprit. »
    Source : apologetique.netapologetique.net

    ⁂ Schéma directeur

    I. Les principes mis en exergue
    II. La confrontation des écoles
    III. La conclusion des doctes personnages
    Le chemin des catholiques fidèles


    I. Les principes mis en exergue

    Les cinq ecclésiastiques de renom, selon leurs milieux respectifs, s’accordent tout d’abord à s’appuyer sur les enseignements de l’Église « pré-conciliaire », souhaitant que la vérité ne puisse être altérée ou équivoque, par ses innovations. Ils citent tour à tour le « Magistère infaillible », les conciles dogmatiques, les Canons du droit (de 1917 !), les écrits et allocutions pontificaux antérieur à 1958.

    Tableau des principes dogmatiques

    Principe Source doctrinale Consensus des clercs ?
    L’Église est infaillible & indéfectible Matthieu 16:18 ; Vatican I (Pastor Aeternus) Oui, mais Rigoureux reste silencieux
    Un hérétique ne peut être Pape Bulle Cum Ex Apostolatus Officio (Paul IV, 1559) Accepté sauf par Dubius et Mainteneur
    L’Église ne peut promulguer un concile erroné Vatican I, Pie IX (Quanta Cura) Accepté sauf par Mainteneur
    Un Pape hérétique perd son autorité Saint Robert Bellarmin, Jean de Saint-Thomas Dubius hésite, les autres approuvent
    Le Siège de Pierre ne peut être vacant à jamais Vatican I Accepté par tous sauf Rigoureux

    Le débat s’engage ensuite sur l’application de ces principes dans la situation actuelle.

    Σ

    II. La confrontation des écoles

    Position Argumentation Point faible
    Abb. Mainteneur (conciliaire conservateur) « Le Pape actuel est légitime, malgré un certain progressisme dans Vatican II. » Contredit l’infaillibilité de l’Église
    Abb. Prudence (Lefebvriste) « Vatican II est erroné, mais nous devons reconnaître Rome et son Pape actuel. » Accepte un Pape enseignant l’erreur, ou un non Pape
    Abb. Dubius (Sédéprivationniste – Thèse de Cassiciacum) « Le Pape est matériellement élu, mais il ne possède pas l’autorité. » Défend l’idée d’une Église sans véritable chef
    Abb. Rigoureux (Sédévacantiste strict) « Nous sommes dans la vacance du Siège, nous devons attendre. » Constatation du vide, absence de solution concrète et d’autorité
    Abb. Constant (Catholique de Tradition et « conclaviste ») « L’Église est visible, indéfectible, et doit retrouver son Pape légitime. » Pas d’objection doctrinale, ni sur la foi ni sur l’autorité !

    À mesure que la discussion progresse, idéalement, chacun doit percevoir les faiblesses de son argumentation.

    L’abbé Mainteneur est contraint d’admettre que Vatican II pose un problème doctrinal plus gravissime encore qu’il ne l’imagine. L’abbé Prudence aussi, bien qu’enclin à l’obéissance, doit reconnaître qu’un Pape enseignant l’erreur n’est guère catholique intégrale. L’abbé Dubius vacille en constatant que sa thèse crée une Église sans autorité réelle. L’abbé Rigoureux comprend qu’une Église sans Pape perpétuellement vacant n’est plus l’Église.

    En effet, dans le dernier cas, on pouvait parler de « libre examen », mais dans le au sens où la foi était littéralement déconnectée de l’autorité de l’Église.

    In fine, seul l’abbé Constant demeure inébranlable, défendant une Église visible, indéfectible et fidèle à son enseignement pérenne.

    III. La conclusion des doctes personnages

    Après maintes palabres et citations patristiques, un consensus (très mythifiée au regard de la situation concrète, nous l’avons !) émerge entre ceux qui refusent Vatican II à des degrés divers.

    L’indéfectibilité de l’Église suppose à la fois la préservation de la Foi et celle de l’Autorité. Il ne suffit point de rejeter les erreurs modernistes, encore faut-il assurer une transmission visible et légitime du pouvoir pontifical.

    Le chemin à suivre devient dès lors évident :

    1. Vatican II est nul & non avenu. Il ne peut émaner de l’Église catholique un enseignement erroné.

    2. Un hérétique ne peut être Pape. Ce serait un coup d’État contre le Saint-Esprit. Et tous les Papes post-conciliaires professent des erreurs, des hérésies.

    3. L’Église ne peut être sans Pape. Il faut rechercher une solution canonique et légitime.

    L’abbé Constant triomphe ainsi objectivement selon la dialectique théologique et ecclésiologique, il devrait convaincre ses « pairs » que seule une Église restaurée dans son autorité et sa foi pourra surmonter la crise de notre temps.

    ⁂ LE CHEMIN DES CATHOLIQUES FIDÈLES

    Ainsi s’achève cette docte controverse, où s’opposaient divers défenseurs d’une même intention : demeurer catholique, mais suivant des voies forts inégales parfois.

    Il ressort que l’Église ne peut être ni moderniste, ni fragmentée en tendances plus ou moins erronées. Elle doit être, comme le mentionne le Credo : une, sainte, catholique et apostolique, dotée de toutes ses notes, d’un véritable Pape, affranchie des erreurs dites conciliaires.

    Le fidèle catholique ne saurait donc se contenter d’un refus passif de Vatican II, ni d’une attente stérile. Il doit œuvrer à la restauration intégrale de l’Église en maintenant la foi et l’autorité légitimes, sans concession ni compromission.

    Si les clercs du jour ont trouvé l’issue de la controverse, que les âmes sincères parmi les fidèles en fassent de même et s’élèvent vers le Ciel, prêtes à servir Notre Seigneur dans l’entière vérité.

    Il est certes délicat de dire « regardez, telle est la ligne orthodoxe dans un sens catholique », et sans verser dans un conciliarisme gallican déjà condamné. Et pourtant, la chose semble si limpide, une fois que l’on a procédé à tous les constats nécessaires, et que l’on applique les devoirs actuels – outre la prière constante, cela va sans dire !

    POUR APPROFONDIR

    • Griff Ruby, Sede Vacante

    • Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice

    • Abbé Lucien, La thèse de Cassiciacum
    • Pie IX, Syllabus Errorum

    • Léon XIII, Satis Cognitum

    • Pie XII, Mystici corporis
    • Vatican I, Pastor Aeternus

    • Mgr Lefebvre, Ils l’ont découronné

    La Rédaction.


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