• Qui peut élire le Pape ?



    Electeurs désignés, évêques et retentissement universel

  • Article concomitant au précédent à propos de qui, techniquement parlant,
    peut-être élu Pape lors d’un Concile général imparfait ?

    Préambule sur la nécessité d’avoir une tête visible pour l’Eglise :

    Il suffit au fidèle de se nourrir de l’encyclique Mystici Corporis de Pie XII pour se convaincre qu’un sédévacantisme complètement acéphale, sans tête, sans Chef religieux visible et/ou autocéphale (dit vagus), est une aberration.

    Cet état de fait, ce manquement, profite clairement :

    Le sédévacantisme est certes démontré et démontrable, mais c’est un constat catholique négatif (Siège vacant) pour les temps actuels ; et cela ne constitue en rien une solution ou un tout par lui-même…

    Néanmoins nous alertons sur ce fait, à la suite de nos confrères de la Contre révolution en marche, car le Tradistan lato sensu semble parfois propager une fausse conception d’« Église invisible » à la sauce post protestante  :

    Le cardinal Billot cite un texte du Cardinal Franzelin sur les origines de ce concept protestant d' »Eglise invisible » que j’ai reproduit dans un article, car je l’ai trouvé intéressant.

    Dans ses réflexions sur la définition de l’Eglise, parlant de ceux qui nient la visibilité de l’Eglise, le cardinal Billot écrit : cette opinion « séduisit toujours tous ceux qui brûlent de secouer le joug de l’autorité, sous prétexte de fidélité au christianisme ».

    Brice Michel

    Divine constitution de l’Eglise :

    En effet, l’Eglise, corps mystique du Christ, est pure de toute erreur et Elle doit durer jusqu’à la Fin des temps (promesse christique) et cela exclu par le fait même d’oser concevoir : une « Eglise double » avec l’une vraie, ayant la foi, et l’autre moderniste, tout en ayant autorité pour mieux étrangler/empêcher/supprimer l’essence de la véritable Eglise de Jésus-Christ.

    C’est dans son corps ecclésial que, doté d’infaillibilité par l’unité de Pierre et non d’impeccabilité, les défauts humains refont surface et ainsi provoquent des imperfections apparentes : qui ne sauraient pour autant changer la substance ou la foi de l’Eglise Elle-même…

    Ne pas avoir en tête l’entièreté de ce tableau est : soit finir dans un naturalisme exécrable, soit dans un surnaturalisme exécrable (le second étant plus répandu !).

    Cardinalat et Episcopat ?

    Selon l’état délabré de la situation actuelle, objectivement parlant, étant donné que nous nous retrouvons sans cardinaux (Ils sont tous modernistes, affiliés à Vatican II, et sont désormais ordonnés dans le « rite montinien », innovateur, et au mieux douteux, soit nul et non avenu), par principe concret de subsidiarité – dont on nous rabâche sans cesse les oreilles, sans jamais aller au bout du principe ! –, cet échelon d’électeurs redescend sur les Évêques, certes universellement rassemblés et en tant que désignateurs.

    Il n’est point question ici de juridiction territoriale et particulière, laquelle ne sera retrouvée, plus publiquement, qu’avec une autorité Papale et des évêques dispersés sur le globe, administrant telle ou telle commune/arrondissement/ville/région.

    Cela est d’autant plus légitime à deux titres :

    • Le cardinalat est une création pratique et tardive dans l’Eglise, tandis que l’évêque est indispensable au fonctionnement de l’Eglise, lui qui, par Pierre, « l’Evêque de Rome », est un égal des apôtres.
    • Les évêques ensemble « In Solidum », ont tout à fait le droit, et même le devoir absolu, d’exercer leur pouvoir de décision, ainsi que leur juridiction universelle, conférée directement par Dieu par l’intermédiaire de leur sacre.

    Conclavisme sauvage ?

    Nous récusons ces allégations, déjà parce que nous ne sommes pas mystico-conclavistes dans sa version Palmariste, ni dans la précipitation sectaire dite néo-pisane, et que ces accusations, en réalité, collent d’autant plus à ceux qui attendent sempiternellement une hypothétique « conversion » de la part de Bergoglio/François, guérardiens en prime.

    L’état actuel du Tradistan et potentiels électeurs ?

    Ces discussions sont indispensables avant d’aborder le sujet du Concile général imparfait (CGI), et en France certains clercs en font actuellement promotion, en sachant qu’il y a un exemple historique, similaire et réussi, au travers du Concile de Constance, mettant fin au Schisme d’Occident.

    Et en effet, qui sera invité au CGI ? Les évêques d’Ecclésia-Dei ? Ceux de la FSSP ? Des Guérardiens et des lefebvristes (et leurs conceptions sur la juridiction légitime des traîtres/ennemis, type Sanhédrin ?) ?

    Si la chose est plus évidente concernant les groupes conclavistes sérieux autours de Mgr Squetino, ainsi que la CMRI (Congrégation Marie Reine Immaculée) de Mgr Pivarunas (laquelle admet LA solution, notamment au travers de la voix du père Lavery dernièrement), ici les choses semblent se compliquer !

    Ecclesia Dei :

    De fait, les Ecclesia Dei (« tradi’ ralliés ») n’ont pas d’évêques à eux, ils font appels aux diocèses modernistes dépendant ainsi entièrement des pseudo-épiscopes « fidèles » à Vatican II. La plupart de ses prêtres sont invalides à cet effet ; car, en général, leurs clercs valides sont des transfuges de la FSSPX.

    Il est en de même pour les satellites comme l‘IBP (Institut du Bon Pasteur), l’ICRSP (Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre), l’AAPSIMV (Administratio Apostolica Personalis Sancti Ioannis Mariae Vianney), etc.
    En puissance, en tout cas, tous les clercs ordonnés dans le vrai rite, ainsi véritablement ordonnés, y seront appelés.

    Il est vrai que parmi les opposants de nature, il y aura une flopée de tradi’ surnaturalistes (…)

    « Il n’y a pas de solution, Dieu va y pourvoir, avec la potentielle conversion de Bergoglio en 2250 ».

    « Vouloir un Pape par conclave est une solution trop humaine », etc.

    (…) n’assumant aucune responsabilité ; et les guérardiens risquent de tenir la première place dans cette opposition, étant les plus mal avisés sur la question.

    Cela dépendra également de comment évolue la situation religieuse, à l’internationale, ainsi qu’au niveau des régimes politiques, il ne faut pas se leurrer…

    Lefebvristes & Guérardiens :

    Quant aux lefebvristes (FSSPX & Williamsoniens) et aux guérardiens (IMBC, RCI, européens ou Outre-Atlantique), ils devraient tous être invités, bien que leur acceptation ne soit pas strictement nécessaire et qu’ils viendront difficilement par aveuglement, attentisme et autres.

    Groupes régionaux et orientaux :

    Un autre groupe qui pourrait être invité est celui des évêques valides de rite oriental qui ne suivent pas les réformes doctrinales modernistes de Vatican d’eux, ainsi que les évêques consacrés valides, lesquels continuent à professer le serment anti-moderniste lors de leur entrer dans l’état clérical.

    Il ne fait pas de doute que, lorsque qu’un Pape sera élu, en bonne et due forme/hors de tout doute, alors : tous ceux qui ne proclameront pas leur « rattachement » à Celui-ci, seront en état de schisme.

    Rôle du simple fidèle laïc ?

    Toujours par principe de subsidiarité, et de vérité, mieux vaut que le fidèle plus éclairé parle contre le clerc moins éclairé. En revanche, le clerc plus éclairé doit parler avant le laïc.

    Également, sachez que dans l’absolu, des laïcs éclairés pourront participer à ce vote « papal », pour autant :

    • qu’ils soient intégralement catholiques et ;
    • qu’ils soient bien entendu désignés par un des prêtres/évêques électeurs avant ou pendant l’évènement.

    Les autres fidèles peuvent participer à l’évènement, afin d’être les témoins publics supplémentaires, ou bien s’y unir volontiers en pensée et en prières.

    Pour ce qui est d’un appui théologique et canonique ?

    Aidons nous (notamment) de ce qu’écrit ici saint Robert Bellarmin : 

    « CHAPITRE 17 – Quel nombre d’évêques est-il requis pour un concile général ?

    En plus de ces arguments soulevés par les hérétiques, certains catholiques expriment un doute sur ceux qui doivent participer à un concile.

    Pour un concile général, faut-il que soient présents des évêques de toute la chrétienté, ou quelques-uns seulement ? 

    S’il faut que tous soient présents, il n’y a jamais eu, jusqu’à présent, de vrai concile général; et il semble bien qu’il n’y en aura jamais. Si quelques-uns suffisent, lesquels ? Il ne semble pas qu’il existe de bonnes raisons de préférer l’un à l’autre. Je réponds qu’il ne peut pas y avoir de meilleure réponse à cette question que la coutume de l’Église. Cette coutume de l’Église nous enseigne que quatre conditions sont requises et suffisent pour qu’il y ait un vrai concile général [fut-il « imparfait »]. 

    La première, que la convocation soit générale, c’est-à-dire qu’elle soit connue par toutes les provinces chrétiennes les plus importantes. Il appert que cette condition a toujours été respectée jusqu’au septième concile (acte 6), qui juge que le concile de Constantinople contre les images ne fut pas général, parce qu’il n’a pas été connu par toute la chrétienté. 

    La seconde. Il faut qu’aucun évêque ne soit exclu, de quelque province ou ville qu’il soit, pourvu qu’il soit vraiment évêque, et n’ait pas été excommunié. 

    La troisième. Il faut que, en plus du souverain pontife, soient présents, par eux-mêmes ou par des légats, les quatre principaux patriarches : de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, car c’est à eux qu’obéissent tous les autres évêques. C’est ce que nous indique le synode 7 (acte 6) où on jugea que le concile de Constantinople contre les images n’était pas légitime, parce que ne fut présent aucun patriarche.  Ainsi que le synode 8 (acte 9) qui reçoit avec joie le vicaire du patriarche d’Alexandrie, comme si, sans lui, aurait fait défaut la plénitude du synode. Mais, toutefois, cette troisième condition n’est pas absolument nécessaire. Elle vaut plutôt  pour le mieux être du concile. Car, le troisième synode a, sans le patriarche d’Antioche, condamné Nestorius de Constantinople. Et, de nos jours, ces patriarches ne sont plus nécessaires, car ils sont certainement schismatiques.

    La quatrième. Il faut que la plus grande partie des provinces chrétiennes aient des représentants. Quand les conciles se tinrent en Orient, on a toujours considéré qu’il suffisait que, de toutes les provinces orientales, les évêques se rassemblent en grand nombre, et que, de l’Occident, soient envoyés des légats par le souverain pontife, qui tiennent la place des autres. Mais, par contre, quand les conciles étaient célébrés en Occident, on trouvait normal qu’un grand nombre d’évêques participent de chacune des provinces de l’Occident, et un petit nombre d’évêques orientaux, qui représentaient les autres. Ainsi, dans le concile de Nicée, il n’y eut, de l’Occident, que deux prêtres italiens, un évêque gaulois, un évêque espagnol, et un africain.  Dans les conciles 2 et 3, il n’y eut aucun représentant de l’Occident, mais les papes Damase et Célestin les confirmèrent en leur nom, et au nom des évêques d’Occident, qu’ils avaient eux-mêmes réunis en concile à Rome. Dans le synode 4, les légats du pape Léon furent les seuls à être présents. Mais le pape envoya, en plus, le consentement des autres évêques d’Espagne, de Gaule et d’Italie,  qui, après avoir célébré des conciles dans leurs pays respectifs, avaient écrit au pape Léon qu’ils suivaient en tout sa doctrine. Voir le tome des conciles.

    À l’inverse, aux conciles occidentaux du Latran, sous Innocent 3, de Lyon sous Grégoire IX, de Vienne, sous Clément 5, et récemment de Trente, un grand nombre d’évêques vinrent de tout l’Occident, mais quelques-uns seulement de l’Orient. Il s’ensuit que des conciles nationaux peuvent être supérieurs à des conciles généraux d’après le nombre des participants, mais inférieurs en autorité.  Car, le concile de Constantinople  n’eut que 150 participants d’Orient, et le concile national  de Carthage, au temps de saint Augustin, 217, selon la chronique de Prospère (à l’année 420). »

    Saint Robert Bellarmin – Les Controverses de la Foi Chrétienne contre les Hérétiques de ce Temps (Disputationes de controversiis christiniæ fidei adversus hujus temporis hæreticos).

    4ème Controverse Générale : Les Conciles

    Livre 1 : La Nature et la Cause des Conciles (21 chap.) 


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  • 7 commentaires




    […] concomitant au précédent à propos de qui, techniquement parlant, pourrait élire un Pape lors d’un Concile général imparfait […]


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    […] les nombreuses attaques que le célibat sacerdotal subit aujourd’hui, de toutes parts, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Eglise (quésaco ?). Les hommes d’Eglise  eux-mêmes semblent en avoir perdu le sens et n’en voient plus les […]


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    […] veut pas se tourner piteusement vers Mgr de Williamson, ou pis, les modernistes romains eux-mêmes (à l’image de la FSSP et perdre le sacerdoce)… Affaire à suivre […]


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