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Publié le par Florian Rouanet
Ici nous parlons d’une ville allemande, en dehors de Rome et de la Cité vaticane donc. Et en plus d’un contre-conclave réussi, à l’inverse de celui de Pise (cinq ans plus tôt, tenu plutot pour conciliabulle).
Et ainsi, dans l’absolu, la question du Conclave n’est guère une question limitée géographiquement contrairement à ce que nombres de thèses ecclésiologiques « traditionalistes » énumèrent avec au premier chef le guérardo-lefebvrisme qui enferme le « Credo » entre deux églises se partage l’une la foi et les sacrements (traditionalistes et/ou sédévacantistes), et l’autre, la juridiction et la validité de l’élection (Vatican II).
Rappelons que lors du schisme d’Occident, nous avions de faux/anti Papes en termes d’élections douteuses et non de fausse profession et faux enseignements de la Foi. Ce qui est hautement plus grave aujourd’hui. De prochains articles traiteront de ce cas historique et théologique.
« Mais le concile de Constance n’a-t-il pas formellement proclamé « que le concile général a, du Christ, une autorité immédiate, à laquelle tous sont tenus d’obéir, même ceux qui sont revêtus de la dignité pontificale ».
A cette difficulté des gallicans, S. Robert Bellarmin donne deux réponses :
[la première réponse] « Le concile de Constance n’a pas défini absolument que le concile avait du Christ l’autorité sur le pape ; mais seulement dans le cas où l’on se trouvait, c’est-à-dire dans le cas de schisme, alors qu’on ne sait pas quel est le vrai pape. En effet, un pape douteux n’est pas regardé comme vrai pape ; et avoir sur lui l’autorité n’est pas avoir l’autorité sur le pape ».
A ceux qui regardent la théorie énoncée par le concile de Constance comme absolue, et non pas seulement hypothétique, on peut répondre autrement. S. R. Bellarmin :
[la deuxième réponse] « Le concile de Constance n’était pas œcuménique, et capable de définir les questions de foi, quand il promulgua cette doctrine ; car il ne représentait qu’un tiers de l’Église, l’obédience de Jean XXIII, contre laquelle s’élevaient les deux autres. Il n’y avait pas de pape certain dans l’Église, pas de pape présent au concile, puisque Jean XXIII, qui l’avait ouvert, s’était enfui avant le commencement de la quatrième session. Il n’est pas vrai, enfin, que Martin V ait confirmé ce décret. Lui-même, en effet, dit expressément qu’il confirme seulement « ces décrets sur la foi qui ont été faits conciliairement », c’est-à-dire suivant la coutume des autres conciles, après mûr examen ; or ce décret fut porté sans aucun examen. Martin V entendait donc confirmer seulement la condamnation de Wyclif et de Huss. (…)
Quant au concile de Bâle, qui dans sa trente-troisième session, déclara de foi catholique la supériorité du concile sur le pape, ce concile avait été commencé légitimement, mais dans ses dernières sessions il était en pleine révolte contre le pape ; non seulement les décrets par lesquels il définissait sa supériorité ne furent pas approuvés, mais plusieurs papes les condamnèrent expressément. »
Rév. P. de La Servière, SJ, La théologie de Bellarmin, ayant reçu Nihil Obstat et Imprimatur, 1907, éd. Sainte Agnès, p. 168 « L’Église réunie en concile ».
Lorsque « l’Antéchrist » (Grégoire IX désignant ainsi Frédéric II, empereur du Saint-Empire), Frédéric II cherchait à renverser l’Église et à se faire Pape (lui qui avait fait tuer prêtres, moines, évêques, etc.) et voici comment un saint Roy écrivait aux cardinaux :
« Pour la liberté de l’Église, soyez assurés de l’appui de la France ; ne craignez ni la haine ni l’astuce d’un prince qui voudrait être, à la fois, roi et prêtre. L’Empire et le Sacerdoce doivent être confiés à des personnes distinctes. Pour quel motif voudrait-on joindre l’un à l’autre ? Espère-t-on peut-être usurper le siège vacant ? A vous d’y pourvoir. Prétendrait-on vous acheter ? mais la religion ne se vend pas. Considérez ce qu’à votre prudence il convient de faire. Demeurez fermes, suivez la vérité, craignez Dieu et ne subissez pas le joug sous lequel vous avez déjà trop courbé la tête. »
Saint Louis.Sources dans : Le Conclave, origines, histoire, organisation, législation ancienne et moderne, Lethielleux éditeur, chapitre 3, p. 87, de Mgr (titre honorifique, il était prêtre) Joseph Guthlin (publié sous le pseudonyme de Lucius Lector).
Nous le répétons derechef, ainsi donc, la situation est toute autre de nos jours, et bien pire… que « Bergoglio » ne soit pas pape relève d’une conclusion théologique ; à partir de cet extrait ci-dessus, on peut trouver raisonnable que tous ceux qui s’opposent – je ne parle pas des laïcs, c’est à part… surtout du « corps » de l’Église enseignante, ou supposée telle, supposé membre de celle-ci – à la tenue d’un CGI aujourd’hui admettent au moins tacitement que « François » est pape légitime de l’Église catholique ; ce sont seulement des degrés de lefebvro-guérardisme qui différencient les clercs, à quelle congrégation – ou pas – ils appartiennent… !
Plus de références tirées de cet ouvrage seront bientôt présentes dans nos colonnes. Restez connectés !


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