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Publié le par Florian Rouanet
Notes liminaires :
L’objet du propos ci-dessous est de faire une rétrospection sur le combat « traditionaliste » dans le monde et d’induire une nette distinction entre un « conclavisme » « acceptable » – et même nécessaire pour éviter de tomber dans le fait d’avoir « une doctrine par prêtre… » et de retrouver ainsi une unité catholique, à l’instar du corps mystique du Christ – contre une variante et une dérive sectaire prenant sa source dans un exemple historique lors du Grand Schisme d’Occident ou bien encore d’expérience récente prises à l’encontre de Vatican II, sans que les bonnes formes soient présentes.
Il n’est pas à douter que ce néologisme de « conclavisme » rejeté de tous, soulève en réalité quelque chose de plus complexe, car d’une certaine façon, les lefebvristres et les guérardiens sont conclavistes à l’unisson, dans le sens où ils acceptent à l’unanimité le résultat du conclave des cardinaux romains modernistes qui nous ont donnés de « Paul VI » à « François ».
Voilà, pour proposer un texte plus franc, il y a celui-ci qui vulgarise bien le thème initiant au fait de trouver une solution catholique à ladite « crise des hommes d’église » – tandis que l’Église elle, demeure une société parfaite, qui a en elle-même de quoi subsister sans faire appel aux modernistes qui en sont extérieurs.
Cela vous donnera des éléments, des munitions, afin de répondre aux détracteurs de cette thèse, qui se vérifie chaque jour un peu plus.À imprimer et à lire la tête froide, nous ne voulons pas offusquer avec ces positionnements, simplement aider le catholique attaché à la Vérité et à l’idée de trouver une solution à notre actuelle crise religieuse.
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Article :
Note sur les problèmes du conclavisme néo-pisan (ou conclavisme sectaire), et présentation de son remède, suivie d’une chronologie non exhaustive bien que détaillée des différentes tentatives visant à obtenir un chef visible, mise en parallèle avec le développement de la réaction traditionaliste.
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Très récemment, un évêque conclaviste argentin a consacré évêque un prêtre conclaviste espagnol.
C’est une occasion d’écrire brièvement sur ce que j’appelle le conclavisme néo-pisan ou conclavisme sectaire.
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Dans ce premier texte, je dirai d’abord ce que le conclavisme simpliciter n’est pas (I.), avant de définir le conclavisme néo-pisan (II.) et enfin de donner son remède à ce dernier (III.).
I. – UNE NÉCESSAIRE DISTINCTION.
1. Deux événements historiques viendront illustrer ce que le conclavisme (soit-il néo-pisan/sectaire ou pas) n’est pas.
Les deux exemples historiques, respectivement celui de :
– Palmar de Troya : Espagne, avec Mgr Clemente Dominguez, faux prétendant à la papauté d’août 1978 à sa mort le 22 mars 2005 ; fondateur de la secte palmarienne ;
et
– celui du Petit Vatican de Clémery : France, avec le Père Michel Collin, faux prétendant à la papauté de juin 1963 à sa mort le 23 juin 1974 ; après la mort duquel une branche dissidente continuera son œuvre avec son faux pape, et sera à l’origine de la secte des Apôtres de l’amour infini, laquelle a sa base dans une petite ville du Québec ;
ne sont pas des exemples de conclavisme, mais plutôt d’illuminisme papal, de prétention mystique à la papauté, ou de prétention à la papauté ayant pour base une révélation privée – fût-elle véridique ou fausse, là n’est pas la question, même si j’ai ma petite idée concernant les deux histoires susmentionnées.
2. Aucun de ces deux prétendants à la papauté, en effet, n’a été élu au cours d’un processus engageant Dieu et des hommes (comme dans un conclave, par exemple) via des électeurs et un vote ; non, au contraire, le premier aurait été désigné personnellement, « mystiquement », lors d’une apparition de saint Pierre et de saint Paul au cours d’un voyage à Bogota en Colombie à la mort de Paul VI, le second aurait été désigné lui aussi mystiquement, par une voix intérieure qui serait la voix de Dieu, et ce dès sa première communion.
3. Avant de continuer, je me devais d’établir cette distinction, car l’amalgame est souvent fait et répandu à tort, par écrit ou à l’oral, entre conclavisme et illuminisme papal / faux mysticisme – ou alors, à la limite, il faudrait parler de conclavisme à prétention illuministe/mystique et de conclavisme à prétention ecclésiastique pour différencier les deux types de conclavisme : mais cela n’est jamais fait… fin de la parenthèse.
II. – LE CONCLAVISME NÉO-PISAN.
4. Quant au conclavisme néo-pisan, qu’est-ce qu’il faut entendre par cette expression ?
Ce que j’appelle le conclavisme néo-pisan, c’est tout simplement la théorie ou la tendance à considérer que seuls les conclavistes (en fait, les conclavistes néo-pisans seulement) sont les vrais catholiques ; et que toutes les personnes qui n’adhèrent pas au conclavisme de cette tendance ne sont pas ou plus de vrais catholiques.
5. Suivant cette idée, tant en théorie qu’en pratique, c’est ce qui justifie, pour le conclavisme néo-pisan, le fait qu’il ne soit pas nécessaire de passer par le moyen du Concile Général Imparfait [abrégé CGI dans la suite du texte] afin de poser les choses, de vérifier les pouvoirs et les ordres de chacun, de faire la paix, et de procéder à la détermination d’un mode électoral en vue d’élire le pape, et cela fait de manière « transparente », comme on dit aujourd’hui ; mais plutôt de se rendre « directement » au (ou en) « conclave » (sic), d’ailleurs plus ou moins « privé/public » et « anarchique » ; un peu comme ce qui se déroula à Assise en 1994 lors de la prétendue élection du diacre sud-africain Victor von Pentz, « pape Lin II » : j’y reviendrai dans le deuxième texte, sur la Chronologie de ces événements.
6. Encore, le conclavisme néo-pisan rejette ce qu’esquisse l’américain Griff Ruby dans ses deux volumes « Sede Vacante ! », en particulier la partie dédiée à l’élection du pape dans le second tome (et dont je vais tenter un très bref résumé dans certains paragraphes qui suivent : je demande donc au lecteur d’être attentif). Aussi, le conclavisme néo-pisan soupçonne le « rubysme » d’être un « faux conclavisme, un acéphalisme habillé en conclavisme » ; quand le guérardisme et l’acéphalisme, eux, qualifient l’œuvre de Griff Ruby de « conclavisme », généralement entendu et confondu comme étant un conclavisme néo-pisan.
7. Le conclavisme néo-pisan diminue l’autorité des évêques, pas nécessairement lorsqu’ils sont considérés individuellement (quoique), mais surtout réunis ensemble en CGI pour œuvrer à l’élection du Pape ; car ceux-ci n’auraient, même réunis ensemble en CGI, que tout au plus une « juridiction suppléée / juridiction de suppléance » ; or, considérant que la juridiction suppléée ne s’exerce que pour l’aspect sacramentel de l’Église, et ce au cas par cas, ainsi au seul for interne (alors que l’Église est une société publique, externe, parfaite, identifiable de l’extérieur d’icelle), l’on ne pourrait pas parler de convoquer, a fortiori de tenir un CGI, étant un acte extérieur de gouvernement, extérieur et même à portée universelle (la lettre G signifiant général, ou universel, ou œcuménique), de gouverner proprement dit. Pourtant, déjà, on peut adresser au conclavisme néo-pisan ces deux réponses de S. Robert Bellarmin : « (…) « Mais le concile de Constance n’a-t-il pas formellement proclamé « que le concile général a, du Christ, une autorité immédiate, à laquelle tous sont tenus d’obéir, même ceux qui sont revêtus de la dignité pontificale ». A cette difficulté des gallicans, S. R. Bellarmin donne deux réponses : [la première réponse] « Le concile de Constance n’a pas défini absolument que le concile avait du Christ l’autorité sur le pape ; mais seulement dans le cas où l’on se trouvait, c’est-à-dire dans le cas de schisme, alors qu’on ne sait pas quel est le vrai pape. En effet, un pape douteux n’est pas regardé comme vrai pape ; et avoir sur lui l’autorité n’est pas avoir l’autorité sur le pape » répond Bellarmin. A ceux qui regardent la théorie énoncée par le concile de Constance comme absolue, et non pas seulement hypothétique, on peut répondre autrement. S. R. Bellarmin : [la deuxième réponse] « Le concile de Constance n’était pas œcuménique, et capable de définir les questions de foi, quand il promulgua cette doctrine ; car il ne représentait qu’un tiers de l’Église, l’obédience de Jean XXIII [B. Cossa, Jean XXIII 1er du nom], contre laquelle s’élevaient les deux autres. Il n’y avait pas de pape certain dans l’Église, pas de pape présent au concile, puisque Jean XXIII, qui l’avait ouvert, s’était enfui avant le commencement de la quatrième session. Il n’est pas vrai, enfin, que Martin V ait confirmé ce décret. Lui-même, en effet, dit expressément qu’il confirme seulement « ces décrets sur la foi qui ont été faits conciliairement », c’est-à-dire suivant la coutume des autres conciles, après mûr examen ; or ce décret fut porté sans aucun examen. Martin V entendait donc confirmer seulement la condamnation de Wyclif et de Huss. » Quant au concile de Bâle, qui dans sa trente-troisième session déclara de foi catholique la supériorité du concile sur le pape [hérésie conciliariste], ce concile avait été commencé légitimement, mais dans ses dernières sessions il était en pleine révolte contre le pape ; non seulement les décrets par lesquels il définissait sa supériorité ne furent pas approuvés, mais plusieurs papes les condamnèrent expressément. » (…) » Cf. Rév. P. de La Servière, SJ, La théologie de Bellarmin, ayant reçu Nihil Obstat et Imprimatur en 1907, p. 168 « L’Église réunie en concile ». Et enfin, on peut lire, pour comprendre les enjeux de ladite « juridiction de suppléance », le livre de l’abbé Hervé Mercury, docteur en droit canon (sa thèse de doctorat porte sur la juridiction de suppléance) La suppléance dans l’Église, la suppléance de l’Église – À la source d’une ecclésiologie de l’exception ; étude canonique, philosophique et théologique.
8. Pour continuer à définir le conclavisme néo-pisan, je dirais que c’est une théorie bien peu enracinée et fondée sur 1° la sagesse tirée de l’enseignement de l’histoire ecclésiastique ainsi que sur 2° la sagesse de la spéculation théologique, si on se base sur des théologiens sérieux pré-Vatican II. Pourquoi dis-je cela ?
9. 1° Lors du Grand schisme d’occident, alors qu’il y avait deux prétendants à la papauté, l’un à Rome, l’autre en Avignon (qui, certes, eux, faisaient profession de catholicisme ; ce qui n’est pas le cas actuellement : il n’y a pas plusieurs prétendants à la papauté qui soient catholiques, nous verrons pourquoi, ci-dessous dans le deuxième texte), une frange des catholiques décida d’ouvrir et de réunir un concile imparfait à Pise* (gentilé : « pisan ») afin de faire la paix, de déposer les deux papes douteux et de procéder à l’élection du pape. Hélas !, au lieu de régler la situation, cela ne fit qu’empirer : en effet aucun des deux prétendants, tous deux douteux, n’accepta la déposition, et un troisième prétendant à la papauté fut élu à Pise. Pour le plus grand bonheur de Belphégor, le démon de la confusion mentale, il y eut alors trois obédiences : le pape de Rome, le pape d’Avignon, le pape de Pise. L’idée défendue par ceux à l’origine du concile (considéré plus tard, et retenu par l’histoire ecclésiastique parmi les conciliabules) de Pise n’était pas en soi scandaleuse, intrinsèquement parlant, mais son principal problème est qu’il fut précipité et manqua de catholicité, avec la volonté d’élire rapidement un Pape avec uniquement des évêques déjà convaincus, acquis, à cette cause.
(*) L’objection possible par rapport à l’opportunité de qualifier le conclavisme sectaire de « néo-pisan » en le comparant au concile/conciliabule de Pise pourrait être la suivante : pourquoi comparer les conclavistes sectaires de néo-pisans alors que ces derniers ne veulent pas de concile imparfait comme le voulurent les partisans du concile de Pise ? Je réponds : d’abord, comparaison n’est pas raison et toute comparaison, notamment basée sur un événement historique passée comparé à une idée actuelle potentiellement pratiquée, n’est pas parfaite, bien au contraire, car les deux choses comparées, à cause de leurs contingences historiques propres, ne sont pas parfaitement équipollentes. En tout cas, je le nomme néo-pisan car, comme les premiers pisans, les néo-pisans portent globalement un constat juste ; c’est-à-dire une situation d’insécurité ecclésiale, de confusion générale, plusieurs prétendants douteux au mieux, nuls au pire (et ce pour des raisons dogmatiques), à la papauté – selon l’obédience dans laquelle chaque personne se trouvait, tel prétendant était vrai et légitime et l’autre faux et illégitime, et vice versa ; perçoivent plus ou moins justement le remède adéquat, mais se précipiteraient et couperaient la tunique du Christ, notamment en anticipant quelque chose, en excluant par principe tout catholique partiellement en désaccord comme en dehors de l’Église. La Sainte Écriture dit qu’il y a un temps pour tout ; pour se taire, pour parler. Il semble que si le conclavisme, en son versant néo-pisan donc, se rendait à agir de la sorte, à concrètement plus de hâte et de confusion, il ne fera qu’aggraver la situation, comme l’obédience pisane a aggravé la situation (au lieu d’un seul pape non douteux, cet événement eut pour fruit un troisième prétendant douteux à la papauté) au lieu d’y remédier, et cela malgré une bonne intention et un diagnostic globalement correct. Et dans notre présente situation, établir la liste des évêques pouvant participer au conclave ne peut pas simplement relever d’une juridiction de suppléance ou d’autres explications boiteuses. Il faut en passer par un concile, qui soit général (le plus universel possible, en tendant à une unanimité morale parmi les évêques), imparfait (car impossibilité d’être convoqué par un pape) car dans ce cas-là les évêques ont droit de suffrage en raison de leur sacre légitime et non en raison de la juridiction ordinaire (cf. Bolgeni, Cappellari, futur pape Grégoire XVI qui publiera pendant son pontificat une nouvelle édition – certes, ainsi donc, comme docteur privé et non comme pape enseignant ex cathedra : mais cet avis compte – de son livre Triomphe du Saint Siège et de l’Église, ou les Novateurs modernes combattus avec leurs propres armes où il est laudatif concernant l’exposé de Bolgeni sur les pouvoirs de l’épiscopat, Manning dans The pastoral office, les schémas préparatoires du concile du Vatican, notamment un des periti français du concile du Vatican Mgr Maupied, etc. : la liste serait longue) et donc pourront décider qui sera électeur ou non, et le mode de scrutin. Les néo-pisans agissent en réalité avec une juridiction usurpée, en décrétant qui est légitime et qui ne l’est pas (et ce d’ailleurs par avance, d’une façon assez peu transparente – supposés évêques invalides, supposés évêques illégitimes, supposés évêques hérétiques -, et se retrouvent entre eux pour élire le pape de l’entre-soi conclaviste néo-pisan). Pour les néo-pisans, personne n’est légitime pour réunir un concile, par contre tout le monde serait légitime pour organiser un conclave, par dévolution aux inférieurs, en quelque sorte, et parce que, rappellent-ils à raison (mais en tordant certaines choses, on l’a vu, sur l’autorité des évêques réunis ensemble en concile) l’Église est une société parfaite et indéfectible. Alors certes, contrairement aux acéphalistes sédévacantistes classiques, eux affirment la possibilité réelle de retrouver une tête visible par l’élection du pape, mais en attendant il n’y a pas véritablement d’autorité dans l’Église, ni en puissance ni en acte. Là où la doctrine de Bolgeni, que plusieurs personnalités actuelles défendent, dont une partie, certes encore minoritaire semble-t-il, des « traditionalistes », affirme que l’autorité dans l’Église existe déjà maintenant, mais n’est pas actuée par défaut de juridiction locale ou territoriale (la fameuse juridiction ordinaire manquante). En revanche, si un concile était organisé, là les évêques pourraient actuer leur juridiction universelle mais réunis ensemble (d’où l’intérêt voire la nécessité d’une unanimité ou quasi unanimité morale, si elle ne pouvait être numérique). L’Église dispose d’une autorité accessible dès maintenant mais n’en use point dans l’immédiat ; là où les néo-pisans diront que l’Église, qui n’a aucune autorité présentement, tout au plus par suppléance, dévolution ou que sais-je encore, pourrait en retrouver une immédiatement pour organiser un conclave. En attendant, ils sont en accord avec les acéphalistes pour dire que l’Église est réellement dépourvue d’autorité : leur opposition à un CGI les trahit.
10. 2° Maintenant, sur l’argument théologique proprement dit ; dont j’ai déjà, à l’instant, ci-dessus, posé des jalons sur le plan des pouvoirs de l’épiscopat réuni ensemble en concile ; tiré des écrits de théologiens à la fois postérieurs à l’événement de Pise et antérieurs à Vatican II, des théologiens hors de tout soupçon quant à leur orthodoxie (Francisco de Vitoria, Cajetan, Jean de Saint-Thomas, ou encore le docteur de l’Église saint Robert Bellarmin, Billot, etc.) ont imaginé de possibles « scénarios catastrophes » concernant l’Église, par exemple l’absence complète du collège cardinalice, ou un doute sérieux sur un ou des membres du cardinalat, collège qui est préposé à notifier l’Église universelle d’un état de Sede Vacante (lorsque le pape meurt) et désigné par la loi, depuis plusieurs siècles, comme étant les électeurs « ordinaires » du pape. Dans un tel scénario, l’Église, comme elle est une société parfaite unique en son genre et qu’elle est en permanence assistée par le Saint-Esprit, pourrait cependant toujours élire son chef visible. Que répondent ces théologiens ? Que ce serait alors à l’Église universelle qu’incomberait la tâche d’élire le pape, par ses chefs restants, les évêques, via le concile général imparfait. C’est à eux qu’appartient de droit la puissance de régler la situation ; ces théologiens n’ont pas parlé de conclave épiscopal, ou de conclave, pour désigner une telle situation ; mais d’un concile général (dit imparfait, car en effet non convoqué par le pape ; puisqu’il n’y en aurait pas). Car le pouvoir d’élire le Souverain Pontife reviendrait alors non pas au collège cardinalice déjà désigné par la loi, loi qui serait devenue obsolète par l’absence de cardinaux, mais à l’Église universelle, représentée par son collège épiscopal réuni en CGI, dont l’unique but est d’abord d’élire un successeur au dernier pape légitime.
11. De plus, à en croire l’ecclésiastique français spécialiste de l’histoire des conclaves (du moins au XIXè siècle), Mgr Joseph Guthlin, le mot « conclaviste », qui existe depuis assez longtemps historiquement et désigne avant tout la ou les personne(s) aidant un cardinal, jouit d’une réputation plutôt mauvaise (le mot est ainsi, historiquement, plutôt péjoratif) ; notamment à cause des nombreux bruits de couloirs et autres murmures qu’ils répandaient, et donnaient lieu à toutes sortes d’intrigues (ce qui pouvait en fait ralentir le processus électoral, voire envenimer des relations entre cardinaux ou « partis »), lesquelles pouvaient être particulièrement malsaines. Et quant au mot « conclavisme », d’ailleurs, c’est une nouveauté, c’est un néologisme, et ici je renvoie le lecteur à mon texte précédent « POURQUOI JE REJETTE PARTIELLEMENT LE(S) MOT(S) « sédévacantisme » et sédévacantiste ou Esquisse sur l’usage et l’abus du terme « sédévacantisme / sédévacantiste » (vaut aussi pour le terme « conclavisme / conclaviste »), notamment dans les controverses. ». Ce mot peut être éventuellement utile, une fois que certaines légendes, oripeaux ou rumeurs discréditantes l’entourant sont soigneusement dissipés.
12. Pour résumer, je dirais que le conclavisme néo-pisan représente le « versant » ou « parti » sectaire du « conclavisme » ; et je ne dirais pas tant que c’est une déviation dans la foi, qu’une très-dangereuse déviation dans la mentalité, se répercutant dans la morale. Avec ce versant sectaire du conclavisme, il y a un danger évident de schisme ; par exemple si un tel « pape » était issu d’un tel « conclave », de quelques, voire de rares, évêques, quelques prêtres, diacres et laïcs éventuellement – comme à Assise en 1994 je pense – non représentatifs de toute l’Église (du moins ayant reçu une unanimité morale de l’Eglise enseignante). Ce serait plus « le pape des leurs » que le Pape de l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique (et romaine – pas palmarienne…), c’est-à-dire le chef visible de l’Église fondée par N. S. J.-C. sur saint Pierre.
III. – REMÈDE AU CONCLAVISME NÉO-PISAN.
13. Cette troisième partie se veut être une tentative de définir le mot conclavisme, en un sens réaliste et non pas partisan ou dénominationaliste, et d’évoquer la mentalité que devrait adopter un « conclaviste » honnête.
14. Le conclavisme est le désir, ou le souhait, de voir la chaire de saint Pierre occupée le plus tôt possible, et via des moyens honnêtes et justes (afin de causer le moins de confusion possible entre les catholiques), par un vrai catholique. Ce n’est pas un mal en soi, bien au contraire.
15. Le conclavisme devrait logiquement être adopté avec prudence, sagesse, magnanimité, par tous ceux qui adhèrent à la position « sédévacantiste », et devrait ne pas être rejetée à la hâte par les catholiques traditionnels non sédévacantistes (quand bien même, tous azimut, et sans examen approfondi, cela pourrait ressembler à une sorte de conciliarisme, ou de schisme : c’est pour le moins posséder un niveau insuffisant en, ou méconnaître, la théologie et l’histoire ecclésiastique). En effet, les sédévacantistes ne doivent pas avoir l’intention de contribuer activement ou par défaut à la prolongation de la vacance du Saint-Siège, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas avoir l’intention de se conformer à la « servitude » du Siège Apostolique, tout en cherchant à consolider leurs « églises » sédévacantistes particulières : une telle pratique serait plutôt semblable à la pratique (désolé de l’écrire, mais c’est la vérité, difficile à accepter peut-être) des schismatiques orientaux, avec leurs groupes autocéphales, qu’à la pratique des catholiques.
16. Le conclaviste part de cette navrante et triste réalité :
1° les conclavistes, les sédévacantistes et les sédéprivationnistes (thèse de Cassiciacum) s’unissent pour combattre les erreurs des traditionalistes qui adhèrent au faux principe de « Reconnaître et Résister (« R&R ») » ;
2° les conclavistes et les sédévacantistes s’unissent pour combattre les sédéprivationnistes qui adhèrent à l’opinion hautement improbable, canoniquement erronée, philosophiquement et théologiquement douteuse, que les hérétiques/apostats/schismatiques publics en fait mais non en droit peuvent obtenir (par leur probable et putative conversion) un droit légitime aux charges ecclésiastiques ;
3° les sédéprivationnistes combattent les conclavistes et les sédévacantistes pour leur dire qu’ils vont vers le schisme et la constitution d’une nouvelle église ;
4° les conclavistes, les sédévacantistes et les sédéprivationnistes sont finalement, et notamment, divisés sur l’observance liturgique, qu’il s’agisse du piodécimisme (liturgie de saint Pie X) ou du pioduodécimisme (liturgie de Pie XII);
5° les conclavistes, comme je l’ai écrit ci-dessus, sont divisés entre tendance réaliste et tendance néo-pisane ou sectaire;
6° pareillement, les sédévacantistes sont objectivement ou subjectivement ou plus favorables au sédéprivationnisme ou plus favorables au conclavisme;
7° les « R&R » combattent à la fois les sédévacantistes et les sédéprivationnistes, et se moquent bien souvent des conclavistes (bien que certains « R&R » admettent que le conclavisme est la réponse logique au sédévacantisme) ; etc.
Le constat est que la confusion est universellement répandue parmi les catholiques, bien que ces groupes susmentionnés à l’instant soient tous d’accord sur le fait que les erreurs et les hérésies post-« conciliaires » doivent être rejetées, et les coupables combattus. Le conclavisme réaliste « dépend » ainsi donc relativement de la fin de cette confusion parmi les catholiques qui maintiennent la foi catholique traditionnelle. Je dis relativement et non pas absolument, car si l’on dit absolument, quand bien même un pape serait élu dans des circonstances sûres, même ce pape ne pourrait à lui seul, sauf miracle, mettre fin à la confusion.
17. Je ne peux, en effet, adhérer aux attitudes du sectarisme, tant R&R que celui d’autres obédiences ; ainsi je ne peux adhérer au sédévacantisme comme au conclavisme des désespérés ; les premiers, les sédévacantistes désespérés, finissant ecclésiovacantistes (ce que certains anglophones ont appelé « Home Aloner » et que je préfère appeler « ecclésiovacantistes »), ayant au mieux un rejet un minimum respectable des membres du clergé au pire un rejet vicieux et irrespectueux des membres du clergé, et les seconds, les conclavistes désespérés, finissant par se réunir dans une maison et élire « un pape des leurs », c’est-à-dire un pape douteux (papa dubius, papa nullus), tous deux au mépris de la vérité et de la charité.
Je préconise, après que j’aie diagnostiqué la maladie ou déviance qu’est le conclavisme néo-pisan, le type de conclavisme suivant : tous – au moins une unanimité morale – les évêques catholiques valides, orthodoxes, légitimes (traditionalistes, sédévacantistes et sédéprivationnistes – ainsi, comme la chrysalide devenant papillon, il faudra une remise en question de leurs propres certitudes, de la part de chacun de ces évêques, notamment ceux le plus éloignés de la vérité…), ainsi, se réunissent publiquement pour donner à l’Église universelle un véritable successeur de saint Pierre.
Le conclavisme réaliste « dépend » du grand miracle de tous les évêques catholiques se réunissant et coopérant à la grâce, pour mettre fin à la crise provoquée par les arrogants modernistes qui occupent naturellement actuellement les bâtiments visibles de l’Église catholique.
J’espère, et je prie pour ce miracle. +
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Chronologie
Chronologie non exhaustive bien que détaillée des différentes tentatives visant à obtenir un chef visible, mise en parallèle avec le développement de la réaction traditionaliste.
Légende :
– Lorsqu’une date est précédée du signe ☠️, on parle d’un événement gagné/tenu par le parti moderniste, ou on parle d’un membre du parti moderniste.
– Lorsqu’une date est précédée du signe 🌩, on parle un événement relatif au développement de la réaction traditionaliste.
Le 9 octobre 1958, à Rome, le Pape Pie XII meurt.
+ Kyrie Eléison.
S’ensuit un quasi demi-siècle, qui se poursuit aujourd’hui encore au XXIème, de révolutions ecclésiales et conséquemment de guerres intestines, mettant en un très-grave péril la sécurité de l’Église du Christ ici-bas…
« Si le principe visible de l’unité, qui est Pierre, manque à l’Église, alors il y aura autant de schismes que de prêtres. » – Léon XIII, Satis cognitum (1896). (Il faut peser soigneusement chaque mot dans cette citation, issue du livre Contra Lucifer de saint Jérôme).
☠️ Fin octobre 1958 : à Rome, à l’issue d’un étrange conclave (le 26, fumée blanche pendant quelques minutes, annonçant l’élection d’un Pape – on dit que ce serait le cardinal Siri, un italien, qui aurait été élu mais aurait aussitôt, sous la menace, renoncé -, et finalement fumée noire), le cardinal Roncalli, un italien, est élu (le 28) et prend le nom de Jean XXIII.
☠️ Juin 1963 : à Rome, Jean XXIII meurt, et le cardinal Montini, un italien, est élu et prend le nom de « Paul VI ». En 1964-1965, ce dernier promulgue 16 textes à Vatican II, dont deux constitutions dogmatiques. Après Vatican II, il entreprend la réforme et la refonte des sept sacrements, notamment la Sainte Messe. Le scandale est consommé.
🌩 Juin 1963 : à Clémery, petit village de Lorraine, le prêtre (sa consécration par un évêque douteux de la secte de l’Église catholique libérale, Mgr Damge, est douteuse) Michel Collin, un français, s’auto-proclame pape et prend le nom de « Clément XV ». Il avait eu une inspiration, lors du jour de sa première communion, qu’il serait, un jour, pape. Il excommunie Paul VI et ne promulgue pas Vatican II. Il meurt en 1974.
🌩 Mars 1965 : dans l’état de New York, aux États-Unis, le père Gommar DePauw constitue une organisation appelée (traduction) « Mouvement catholique traditionaliste », a priori avec le soutien du cardinal Francis Spellman, archevêque de New York. C’est la première organisation se revendiquant « traditionaliste ». Le 31 décembre 1964, le père DePauw envoya à tous les évêques catholiques du monde le Manifeste traditionaliste catholique, la constitution de ce qui allait devenir trois mois plus tard le Mouvement traditionaliste catholique. L’évêque franciscain Blasius Kurz fut le premier, avec les cardinaux Spellman et Ottaviani, à donner sa bénédiction et ses vœux à ce qui allait devenir un combat rude et difficile pour la vérité et la Tradition.
🌩 1969 : aux États-Unis, la Congregatio Mariae Reginae Immaculatae, CMRI, fondée par le laïc américain Francis Schuckardt, est reconnue par l’évêque (nommé et reconnu par Paul VI) du diocèse de Boise, Idaho. La CMRI s’opposera ensuite ouvertement aux réformes de Paul VI et fera le constat « sédévacantiste ».
🌩 1er novembre 1970 : à Menzingen, une petite ville de la Suisse, la FSSPX est reconnue et approuvée par l’évêque diocésain de Fribourg. Elle perdra sa reconnaissance canonique (sans jamais la retrouver) en 1975 et la même année, son fondateur, Mgr Lefebvre, sera sanctionné par la suspense a divinis.
🌩 1973 : le prêtre jésuite mexicain, Joaquín Sáenz y Arriaga, ayant publié un an plus tôt le livre Sede Vacante, dans lequel il argumente que Paul VI est un faux pape et qu’un conclave est nécessaire, est excommunié par Paul VI.
🌩 10 avril 1973 : à Rome, l’abbé Georges de Nantes remet son Liber accusationis, « plainte pour hérésie, schisme et scandale au sujet de notre frère dans la foi, le pape Paul VI » au Saint-Siège en vue de procéder à la déposition de Paul VI.
🌩 1976-1977 : élaboration de la thèse de Cassiciacum (papa materialiter sed non formaliter) par le P. Guérard des Lauriers, OP, alors professeur au séminaire de la FSSPX à Ecône. Mgr Lefebvre, trouvant que sa thèse a déjà trop un accent sédévacantiste, décide de renvoyer le dominicain à la rentrée de l’année scolaire 1977.
☠️ Août 1978 : à Rome, Paul VI meurt ; Mgr, « cardinal », Luciani, un italien, est élu et prend le nom de « Jean-Paul Ier ».
🌩 Août 1978 : à Palmar de Troya, petit village d’Andalousie, l’évêque stigmatisé Clemente Dominguez, un espagnol, s’auto-proclame pape et prend le nom de « Grégoire XVII ». Il avait eu une apparition, avec plusieurs témoins selon les dires des palmariens, de saint Pierre et saint Paul, à Bogota, en Colombie, au moment de la mort de Paul VI, le désignant pape de l’Église catholique, dont le Siège devait être transféré de Rome à Palmar de Troya : l’Église ne serait plus romaine, mais palmarienne. Plus tard, il canonisera les papes de Vatican II, mais encore des personnalités comme le général Franco, et réformera et refondera les sept sacrements, notamment la Sainte Messe (une messe réformée palmarienne ne dure pas plus de dix minutes).
☠️ Septembre 1978 : à Rome, Jean-Paul Ier meurt (peut-être assassiné) ; Mgr, « cardinal », Wojtyla, un polonais, est élu et prend le nom de « Jean-Paul II ». Ce dernier s’applique à diffuser Vatican II sur le globe et les réformes post-« conciliaires ».
🌩 Mai et octobre 1981 : à Toulon, en France, Mgr Ngo Dinh Thuc, l’ancien archevêque de Huê (Viêtnam), consacre évêques les pères Guérard des Lauriers (dont la condition sine qua non de son sacre fût qu’il renonçât à la thèse qu’il avait élaborée : Mgr Guérard le trompa), dominicain français, Carmona et Zamora (ex-Mercédaire), tous deux mexicains.
🌩 25 février 1982 : à Munich, en Allemagne, Mgr Ngo Dinh Thuc, déclare publiquement le Saint-Siège vacant et dénonce les modernistes prévaricateurs. Il consacrera quelques mois plus tard un évêque, pour la dernière fois de sa vie : l’abbé Christian Datessen, en septembre 1982, à Castelsarrasin, en France.
🌩 12 mai 1982 : à Fátima, au Portugal, tentative d’assassinat de Jean-Paul II par l’abbé Juan María Fernández y Krohn, ordonné par Mgr Lefebvre en 1978 au sein de la FSSPX. Cet ancien prêtre de la FSSPX surgit de la foule en soutane, s’approcha de Jean-Paul II par derrière et cria « À bas le pape, à bas le concile Vatican II ! » (ce qui montre qu’il était « R&R », et non pas sédévacantiste, contrairement à ce que certains ont raconté), et le poignarda avec une baïonnette de 40 cm de long. Cet acte était vu par lui comme une tentative de résolution de la crise.
🌩 1983 : quatre prêtres américains sont exclus de la FSSPX puis rejoints par cinq autres prêtres américains la quittant volontairement, soit neuf en tout (les abbés Jenkins, Cekada, Sanborn, Dolan, Kelly, Skierka, Collins, Berry et Zapp), et fondent ensemble la Société Saint Pie V (SSPV). La SSPV promeut l’usage de la liturgie de saint Pie X, la position sédévacantiste (cependant sous une forme atténuée – la SSPV puis la CSPV, voir ci-après, sont plutôt opinionistes), et enfin milite contre les consécrations épiscopales de Mgr Ngo Dinh Thuc, qualifié d’incapable. Le groupe originel formant la SSPV se divisera au fil des ans. Aujourd’hui encore, la SSPV existe, elle et la congrégation créée par son évêque, Mgr Kelly : la Congrégation Saint Pie V (CSPV).
🌩 30 juin 1988 : à Écône, en Suisse, Mgr Lefebvre et Mgr Castro-Mayer consacrent évêques quatre prêtres (les abbés Williamson, Tissier de Mallerais, de Galarreta, Fellay), contre l’avis expressément formulé de Jean-Paul II, et sont tous les six excommuniés. Des prêtres de la FSSPX la quittent pour cette raison (i. e. à cause de la désobéissance de Mgr Lefebvre à Jean-Paul II, tenu officiellement pour pape légitime par tous les membres de la FSSPX) et fondent la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre (FSSP), qui sera rapidement reconnue par Jean-Paul II. Mgr Castro-Mayer justifia publiquement ces consécrations par le fait que le Saint-Siège était occupé par un intrus, mais pas Mgr Lefebvre.
🌩 16 juillet 1990 : à Belvue, petite ville du Kansas, le laïc (ancien séminariste de la FSSPX) David Bawden, un américain, est élu et prend le nom de « Michel ». Il est élu par un conclave de six personnes, composé uniquement de laïcs, dont, notamment, ses deux parents et Teresa Stanfill Benns, avec laquelle il avait publié un livre sur la nécessité d’élire le pape quelques mois auparavant (Will the Catholic Church Survive the Twentieth Century?, janvier 1990, livre distribué au clergé et aux laïcs sédévacantistes, appelant explicitement à une élection papale). L’élection a eu lieu dans la ferme familiale des Bawden. Il existe un documentaire disponible gratuitement sur le net, en anglais, d’environ 1h, sur le « Pope Michael » (il a récolté plusieurs dizaines de milliers de vues).
🌩 19 octobre 1993 : à Carlsbad, en Californie, le prêtre Clarence Kelly, un des fondateurs de la SSPV, est consacré évêque par Mgr Alfredo Méndez-Gonzalez.
🌩 25 juin 1994 : à Assise, célèbre petite ville d’Ombrie liée à saint François et sainte Claire d’Assise ; où eut lieu les abominables et exécrables « rencontres d’Assise » (réunions oecuméniques modernistes) orchestrées par Jean-Paul II huit années auparavant, et choisie symboliquement pour réparer ce scandale ; le diacre (lui aussi ancien séminariste de la FSSPX) Victor von Pentz, un sud-africain, est élu et prend le nom de « Lin II ». Il est élu par un conclave ayant réuni sur place une quinzaine de personnes – mais revendiquant plus de soutien à l’extérieur – dont quelques ecclésiastiques (deux évêques, quelques prêtres et diacres) et des laïcs (dont deux femmes). Cependant, lui qui vécut en Angleterre après son élection, quelques années après celle-ci, il aurait renoncé à sa charge.
🌩 Octobre 1998 : à Kalispell, petite ville du Montana, le père capucin L. Pulvermacher, un américain, est élu et prend le nom de « Pie XIII ». Il est élu par un conclave composé uniquement de laïcs, sauf lui, le Père L. Pulvermacher. Il n’est pas reconnu par le pape Michel, et vice-versa.
🌩 Février 1999 : à Guadalajara, au Mexique, consécration épiscopale du prêtre Juan José Squetino, fondateur la même année de la Fondation Saint Vincent Ferrier (FSVF), qui se donne pour voeu et but de rassembler les catholiques afin d’élire le pape. Depuis, cet évêque a renouvelé et rappelé plusieurs fois ce vœu et ce but, dans des Lettres publiques qu’il a prioritairement adressées aux évêques sédévacantistes.
☠️ Avril-mai 2005 : à Rome, Jean-Paul II meurt ; le prêtre, « cardinal », Ratzinger, un allemand, est élu et prend le nom de « Benoît XVI ».
🌩 2009 : aux États-Unis, décès de Pie XIII. Aucun conclave n’est prévu pour prendre sa succession parmi ses partisans.
🌩 23 octobre 2012 : exclusion de Mgr Williamson de la FSSPX et formation, en conséquence, du mouvement de la « Résistance ». Mgr Williamson, depuis 2012, a procédé à quatre consécrations épiscopales (les abbés Faure, Ferreira da Costa, Zendejas et Ballini).
☠️ Février-mars 2013 : à Rome, Benoît XVI renonce à sa charge, un conclave a lieu, et l’abbé, « cardinal », Bergoglio, un argentin, est élu et prend le nom de « François ».
🌩 2 août 2022 : à Topeka, Arkansas, décès de Michel (pope Michael, David Bawden). Aucun conclave n’est prévu pour prendre sa succession parmi ses partisans.
☠️ 31 décembre 2022 : Benoît XVI, « pape émérite », décède.
🌩 30 janvier 2023 : le frère Alexis Bugnolo, un des chefs de file des « bénévacantistes » (c’est-à-dire ceux qui ne reconnaissaient pas la légitimité de l’élection de Bergoglio), a élu Bergoglio à la papauté (dans une parodie solitaire de conclave).

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