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Publié le par Florian Rouanet
✨ Quand le Troisième Reich encense un serviteur de l'autel ✨
⁂ Arène nationale et catholique
Ô lecteur, ignorant et stupéfait ou non, voici un enterrement où le clergé devient héros du Reich. L’abbé Alban Schachleiter, bénédictin allemand d’un âge respectable, reçut le 22 juin 1937 des funérailles nationales à Munich, et ce, avec l’éclat de la fanfare brune, l’encens des cérémonies nationalistes, et le respect du chancelier en chef.
Le défilé pour cet homme d’Église fut soutenu par de l’État allemand — honoré par Goebbels et par Hitler. Là où nombre de clercs soutirent le régime, celui-ci, au crépuscule de sa vie surnaturelle, s’élevait au rang de « saint » du nationalisme catholique allemand.
Post-Scriptum : Ce que raconte la vidéo (via Telegram) !
Ce que l’on voit :
- La foule sortant de la messe ;
- Le caveau est transporté ;
- Des SS portent la couronne de la part d’Adolf Hitler ;
- Des SS et SA saluent le caveau ;
- Chose rare, ces derniers défilent en marche lente.
Ce qu’elle dit :
« En présence de l’ensemble de la population munichoise, eurent lieu les funérailles solennelles de l’abbé Alban Schachleiter, qui fut pendant plus d’une décennie un fidèle compagnon d’Adolf Hitler.
Par sa vie comme par sa mort, il a prouvé qu’un fervent catholique peut être un national-socialiste « fanatique ».
Cette étincelle de l’amour divin, qui avait été déposée dans ton cœur et rayonnait de tes yeux, nous voulons la déposer dans les cœurs de notre jeunesse. »Ecclésiastique en soutane aux funérailles d'Empire, cela ne s'invente point : l'abbé Schachleiter, héros d'une Allemagne en fusion

☕ Sémantique qui cogne
« FUNÉRAILLES, subst. fém. plur. : Cérémonie religieuse ou civile accompagnant l’enterrement d’une personne décédée. »
« PRÊTRE, subst. masc. : Ministre du culte catholique, ordonné pour célébrer les mystères et enseigner la doctrine. »
« NATIONAL-SOCIALISME : Au sens historique étroit : doctrine politique du Troisième Reich fondée sur les principes du chef et de la communauté ethnique.
Au sens doctrinal large : union politique du national et du social.☦ Ancienne leçon létale
« L’abbé Schachleiter est mort. Un prêtre allemand, droit et juste. Le Führer a ordonné des funérailles nationales. »
— Joseph Goebbels, extrait du journal de Joseph Goebbels, Tagebücher, le 22 juin 1937
« L’abbé Schachleiter fut l’un des premiers ecclésiastiques catholiques à se déclarer avec courage, franchise et virilité en faveur d’Adolf Hitler et du national-socialisme.
Dès 1926, l’abbé Schachleiter comptait parmi les plus fidèles partisans de la première heure d’Adolf Hitler. Sa position droite et courageuse lui valut, en tant que haut dignitaire de l’Église, de lourdes épreuves ; en 1933, le pape lui retira l’exercice de ses fonctions sacerdotales, qu’on lui refusa ensuite pendant plusieurs années. L’abbé Schachleiter — qui, soit dit en passant, célébra en 1933 ses cinquante ans de profession religieuse, en 1936 les cinquante ans de son ordination sacerdotale, ainsi que son 75ᵉ anniversaire — ne se laissa ébranler par aucune épreuve dans sa fidélité à Adolf Hitler et au peuple allemand. Le Führer, lors d’une visite personnelle à Feilnbach, le remercia pour son engagement. […]
L’abbé Schachleiter éprouva personnellement la vérité de cette maxime : “La vie est un combat.” Tout comme le Führer — qui, lorsqu’il entama avec quelques fidèles son combat pour la renaissance de l’Allemagne, fut persécuté, tenu à l’écart, méprisé et réprimandé — l’abbé Schachleiter, patriote allemand enflammé, dut en payer le prix lorsqu’en 1926, avec la fougue de la jeunesse, il lia irrévocablement sa vie à Adolf Hitler, à son mouvement et à sa mission. Contraint, en 1918, de quitter son lieu de travail à l’étranger — auquel il s’était profondément attaché — en raison de ses convictions en faveur de l’Allemagne, il ne devait pas non plus être épargné, dans sa patrie tant aimée, par l’amertume de voir sa fidélité à Adolf Hitler le placer en conflit ouvert avec ses supérieurs ecclésiastiques, qui le sanctionnèrent et finirent par lui retirer le droit d’exercer son ministère sacerdotal.
Dans une lettre datée du 17 décembre 1936, il écrivit textuellement au ministre-président de Bavière [Ludwig Siebert] : “Je reste fidèle à ma sainte Église, et je ne m’en séparerai d’aucune façon. Mais je reste également fidèle à mon Führer et à son mouvement. Car j’ai la conviction profonde qu’en étant fidèle au Führer et à son mouvement, je sers aussi l’Église. Ainsi, en tant que catholique profondément croyant, je veux être le plus fidèle des compagnons de mon Führer.”
Et dans sa dernière lettre, où il exprima son vœu de trouver sa dernière demeure au Waldfriedhof de Munich près d’Ernst Pöhner, qu’il estimait tant, il écrivit à nouveau mot pour mot : “Je demande que, sur ma tombe, mon Führer Adolf Hitler reçoive l’expression de ma gratitude et de ma fidélité jusqu’à la mort. Que le monde l’entende et soit témoin de ma fidélité au Führer et au mouvement national-socialiste, mais aussi de ma fidélité à ma sainte Église.” »
— Ludwig Siebert (1874-1942), ministre-président de la Bavière à l’époque et l’homme qui prononça l’hommage — Extraits du Berliner Morgen-Zeitung, les 21 juin 1937 et 23 juin 1937
« Les nationaux-socialistes d’Augsbourg célèbrent aujourd’hui la fête de Noël. Voilà qui est un fait. Un autre fait est le suivant : c’est un prêtre catholique qui, à leur demande expresse, prononce le discours de célébration. Ces deux faits sont profondément attristants — attristants pour les pharisiens. Car ceux-ci, étendant aujourd’hui leur domination dans le Reich de façon plus puissante que jamais, veulent pourtant faire passer les partisans de Hitler pour les plus impies de tous nos compatriotes. Et parce qu’ils veulent affirmer cela tout en présentant les nationaux-socialistes comme les démons incarnés, ils ne pourront tirer profit des faits mentionnés : ni la célébration de Noël par les nationaux-socialistes, ni le discours prononcé à cette occasion par un prêtre catholique. »
— Père Philipp Haeuser, Combat contre le pharisaïsme, prononcé le 14 décembre 1930 à Augsbourg
✨ Sommaire par manche
- 📅 Chronique d’un décès annoncé
- ⚖️ Le conflit entre Rome et Munich
- 🕊️ Un zèle mystique pour le Reich
Une vie, une Foi, un guide ?
📅 I. Chronique d’un décès annoncé
Alban Schachleiter, meneur de cœur, naquit en 1861 et mourut en 1937, dans une Allemagne restaurée. Prêtre bénédictin, abbé à Beuron puis en Bavière, il fut connu pour ses sermons tonitruants, son énergie patriotique, sa germanité exaltée, au point de devenir une figure remettante pour la hiérarchie ecclésiastique romaine.
Dès 1926, il adhéra publiquement au mouvement hitlérien, le soutenant avec une ferveur quasi mystique. Malgré sa suspension a divinis par le Pape en 1933, il persista, exaltant le national-socialisme comme complément patriotique de la foi catholique. Son cortège funèbre franchit le Sendlinger Tor, encadré de SS, de fanions et de dignitaires.
⚖️ II. Le conflit entre Rome et Munich
Schachleiter était prêt à tout sacrifier, sauf sa double fidélité. Il écrivait en 1936 : « Je reste fidèle à mon Führer et à mon Église. Car j’ai la conviction profonde qu’en étant fidèle au Führer, je sers aussi l’Église. »
Il imaginait et espérait un pont entre deux royaumes, l’autel et le trône. Là réside sa conception. L’Église trancha, le déclarant persona non grata sur quelques années et lui interdisant même le service sacerdotal. Mais il en fut glorifié par la presse allemande, qui fit de lui son martyr catholique du nationalisme moderne.
🕊️ III. Un zèle mystique pour le Reich
Sa mort fut célébrée comme un adieu au monde républicain laïc d’avant. Les actualités filmées le montrèrent vêtu de ses habits ecclésiastiques, entouré de bannières à croix gammée, traversant Munich vers le Waldfriedhof.
Il avait demandé à reposer aux côtés d’Ernst Pöhner, un autre combattant « martyr » du nationalisme bavarois. Dans sa dernière missive, il scella son alliance éternelle : « Que le monde soit témoin de ma fidélité au Führer et à la sainte Église. »
🔎 Sentence finale
L’abbé Schachleiter, homme d’autel, se mu en soutien du pouvoir temporel et spirituel, liant sa chaire à la doctrine du mouvement. Ses obsèques en grandes pompes ont été soutenus de l’État.
Rappelons que ces faits, quoique imparfaits, attestent d’une potentielle liaison, notamment concordataire, entre l’Église et le Reich. Il s’agit ici de raviver la mémoire d’une figure qui; comme une partie du clergé, s’est révélée enthousiaste devant les réussites politiques d’Adolf Hitler.
La Rédaction
🏋️ Pour approfondir
- Vidéo d’actualités (30 juin 1937)
- Source Bavaria-Tonwoche
- Source Deulig-Tonwoche
- Journal de Goebbels (22 juin 1937)
- Berliner Morgen-Zeitung (21 & 23 juin 1937)
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