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Publié le par Florian Rouanet
Cette histoire architecturale tient une actualité !
Préambule :
Il est des résultats architecturaux qui témoignent pour nous, de même à Paris, se font face la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, symbole de renouveau de la foi chrétienne au XIXe siècle, tandis que se dresse également la tour Eiffel, mécanique et d’origine maçonnique !
L’Italie fasciste, héritière de la Rome impériale, a cherché à imposer son empreinte, notamment dans des territoires récemment annexés comme le Trentin-Haut-Adige. Le monument de la victoire de Bolzano, érigé sur ordre de Benito Mussolini, témoigne d’une volonté de célébrer une latinité identitaire, patriotique et conquérante, à travers une symbolique architecturale et une inscription latine exaltant le rôle civilisateur de Rome.
En parallèle, l’universalité de l’Église catholique, dont la mission surnaturelle transcende les frontières et les peuples, se retrouve magnifiquement exprimée dans la fontaine des Quatre-Fleuves de Rome. Cette œuvre du Bernin, commandée par le Pape Innocent X, illustre par ses figures sculptées l’ambition de l’Église d’enseigner toutes les nations, et ce, à l’universel, conformément au commandement de Notre Seigneur Jésus-Christ (Matthieu 28,19).
Ainsi, ces deux monuments, bien que relevant de contextes certes très différents, bien éloignés de l’antiquité, portent en eux une vision romaine de l’ordre et de la civilisation : l’une par la puissance temporelle, l’autre par la mission spirituelle.
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Sommaire :
I. Latinité et mission civilisatrice : le monument de la victoire
II. L’universalité catholique dans la fontaine des Quatre-Fleuves
III. Rome éternelle : continuité entre empire, papauté et nations chrétiennes
IV. Fascisme et catholicisme : une tension entre autorité terrestre et transcendance☧
I. Latinité et mission civilisatrice : le monument de la victoire
Le monument de la victoire de Bolzano fut conçu pour marquer l’imposition définitive de l’Italie sur une province historiquement autrichienne. Ce n’est pas un simple mémorial, mais une affirmation de la latinité comme vecteur de civilisation. L’inscription en latin qui orne la façade est explicite :
« Hic patriae fines siste signa / Hinc ceteros excolvimus lingua legibus artibus »
« Ici, au seuil de la patrie, nous avons planté notre drapeau. Et d’ici, nous avons éduqué autrui à la langue, aux lois et aux arts. »Cette maxime rappelle la mission civilisatrice de Rome, qui ne se limitait pas à la conquête militaire, mais s’étendait à la diffusion de son droit, de sa langue et de ses arts.
L’Italie fasciste, se posant en héritière directe de cet esprit romain, entendait faire de l’État un vecteur d’unité et de grandeur nationale, comme jadis Rome avait fait de la Méditerranée un lac latin.
II. L’universalité catholique dans la fontaine des Quatre-Fleuves
Là où le monument de Bolzano revendique une latinité conquérante, (Fontana dei Quattro Fiumi), située sur la piazza Navona à Rome, a été conçue et sculptée par Gian Lorenzo Bernini entre 1648 et 1651, sous le pontificat du Pape Innocent X. Elle illustre une autre facette de l’héritage romain, complétant la précédente : celle de l’universalité chrétienne.
Les quatre statues de la fontaine représentent les grands fleuves du monde connu au XVIIe siècle :
- Le Danube (Europe)
- Le Nil (Afrique)
- Le Gange (Asie)
- Le Rio de la Plata (Amérique)
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Cette œuvre exprime une vérité fondamentale du catholicisme : l’Église est universelle, elle transcende les nations et les ethnies, toutefois sans les nier ou les mépriser. La mission divine de l’Église, confiée par Notre Seigneur Jésus-Christ, est d’enseigner et de baptiser toutes les nations :
« Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » (Matthieu 28,19)
Ainsi, là où le monument fasciste impose la latinité comme force conquérante, la fontaine de Rome expose un ordre universel fondé ici non sur l’épée, mais sur la foi et la conversion des âmes.

III. Rome éternelle : continuité entre empire, papauté et nations chrétiennes
L’histoire de Rome ne saurait être réduite à une seule période. Elle fut capitale d’un empire, puis siège de la Papauté, enfin un modèle pour la restauration politique squadriste et fasciste. Il y a une continuité entre ces trois phases :
- L’Empire romain posa les bases d’un ordre politique et juridique.
- L’Église catholique, installée à Rome, reprit cet héritage et l’ordonna à une fin supérieure : le salut des âmes.
- Les nations chrétiennes, héritières de la romanité, dont l’Italie en premier lieu, se sont construites sur cette double fondation.
Les monuments de Bolzano et de la fontaine des Quatre-Fleuves participent tous deux de cette Rome éternelle (par ailleurs tant magnifiée par Virgile et Dante) : l’un, dans une perspective nationaliste et conquérante, l’autre, dans une vision spirituelle et missionnaire, se complétant.
IV. Fascisme et catholicisme : une tension entre autorité terrestre et transcendance
Si Mussolini chercha à récupérer l’héritage romain, antique notamment, le fascisme ne saurait être confondu littéralement avec le catholicisme. La primauté du spirituel reste une doctrine essentielle de l’Église, distincte des thématiques raciales, étatiques ou nationales.
Le monument de Bolzano, bien qu’exaltant une forme de grandeur latine, repose sur un principe de dictature politique et terrestre, là où l’Église rappelle que l’universalité supérieure est celle du Christ et du Salut.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la tension entre l’ambition temporelle des États et la mission spirituelle de l’Église – deux expressions d’un même héritage romain exalté, mais sous des formes différentes –, sans nier les ordres temporels et spirituels, tout au plus, en critiquant les excès, afin d’en extirper le meilleur pour notre temps.
Rome, ville éternelle, demeure à la croisée de ces deux ordres issus de la Création divine : la grandeur des nations et l’appel à une transcendance universelle.
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