• “Lettre à Franco” et autres documentaires sur la guerre civile espagnole



    Propos accompagnés de la rétrospective de Philippe Henriot

  • Notes liminaires, long extrait, vidéos

    Introduction

    Ce ne sera point notre référence absolue, n’étant ni franquiste, ni conformiste gauchiste. Cela dit, à l’instar du documentaire français Nuit et Brouillard, d’inspiration gaulliste, lequel serait aujourd’hui perçu comme semi ou crypto-révisionniste, Lettre à Franco (Mientras dure la guerra en version originale) résonne d’une manière similaire : plus « neutre », bien que d’obédience antifranquiste, dans son traitement de la guerre civile espagnole.
    En effet, si l’œuvre s’avère certes « déséquilibrée » et tend à dépeindre le camp nationaliste comme l’archétype des « méchants » de l’histoire, elle demeure plus objective que nombre de productions du même genre, peut-être en raison d’un certain pacifisme sous-jacent. Elle a le mérite d’apporter quelques éléments historiques pertinents sur les atrocités perpétrées par les forces rouges, républicaines et communistes.
    En outre, ce documentaire est aussi l’occasion d’admirer le Caudillo ordonner la levée du drapeau et l’exécution de l’hymne national espagnol chanté.

    À signaler également, une production de 1959, El Frente infinito, consacrée à la guerre civile. Nous vous transmettons ci-dessous un extrait particulièrement saisissant, où l’on voit une messe célébrée en pleine tourmente, un prêtre procédant à l’Élévation tandis que sa troupe subit un bombardement.

    Enfin, l’évocation de cette guerre ne saurait être complète sans mentionner l’épisode du siège de l’Alcazar de Tolède, témoignage poignant du dévouement et du sens du Bien commun. En effet, le général Moscardó, retranché avec ses hommes, reçut un ultimatum du camp rouge ennemi, qui avaient pris son fils en otage : la reddition en échange de sa vie. Fidèle à son devoir et à la mission qui lui incombait, il refusa, conscient qu’il portait la responsabilité de nombreuses âmes. Avant l’inéluctable, il exhorta son fils, au téléphone, à s’en remettre à Dieu. Il se disait que les rouges allaient quand même tuer son fils, car on ne peut faire confiance aux promesses de ces suppôts du diable. L’enfant fut exécuté, mais le sacrifice du général permit de sauver des centaines, voire des milliers de vies. Un exemple édifiant du primat du Bien commun sur l’attachement personnel, dont l’abbé Rioult fit naguère mention.

    Déclaration de Philippe Henriot sur la guerre civile espagnole

    Éditorial de Philippe Henriot, prononcé à la radio le 1er avril 1944 (cinq ans après la victoire du camp nationaliste lors de la Guerre civile espagnole), intitulé « Arriba España » :

    « Dans les jours sombres que nous traversons, il est réconfortant de puiser dans les hautes leçons de l’Histoire des raisons d’espérer. Si douloureux que soit le présent, si chargé de menaces que nous apparaisse l’avenir, l’exemple de ceux qui ont connu des épreuves analogues aux nôtres et qui en ont triomphé ne peut qu’exalter nous courage et raffermir notre foi. Et c’est pourquoi, en ce 1er avril 1944, ma pensée se reporte vers le 1er avril 1939 qui vit la libération de l’Espagne après la terrible guerre qui venait de la déchirer pendant trois ans.

    Cet anniversaire, nous l’évoquons avec un cœur d’autant plus attentif et plus fervent que nous avons sous les yeux, aujourd’hui, le spectacle qu’offrit l’Espagne au moment où elle allait s’enfoncer, sourde aux appels des véritables patriotes, dans les sanglantes ténèbres de la guerre civile. On n’a pas oublié cette lutte gigantesque, mais dont l’horreur révéla subitement, à nos cerveaux d’occidentaux, les raffinements de la barbarie asiatique.

    Hélas ! les mêmes aveuglements, que nous retrouvons autour de nous à présent, empêchaient alors une foule d’esprits supérieurs de croire aux atroces récits des forfaits accomplis par les bourreaux et les tortionnaires instruits et façonnés par les écoles staliniennes. Ils ne croyaient ni aux tchékas de Barcelone, ni aux supplices de Valence, ni aux massacres d’Albacète, ni aux religieuses éventrées, ni aux prêtres crucifiés, ni aux évêques écartelés, ni aux paysans brûlés vifs, ni aux familles dont on dépeçait sauvagement les membres sous les yeux de ceux qui allaient connaître le même sort à Malaga ou à Teruel. Non, ils ne croyaient à rien de tout cela, nos bourgeois plantureusement installés dans leur égoïsme, nos snobs si fiers de recevoir à leur table les diplomates de la rue de Grenelle. Ils n’y croyaient même pas toujours, nos prêtres catholiques qui prêtaient trop peu d’attention à la lettre déchirante de Mgr Gomá y Tomás, archevêque de Tolède, et signée par l’ensemble de l’épiscopat espagnol. Elle n’y croyait pas, la France officielle de MM. Blum, Cot, Rucart ou, si elle y croyait, elle s’en réjouissait secrètement.

    C’était le temps où nous envoyions là-bas des avions, des hommes, du matériel, de l’essence, des camions, avec la complicité tacite de M. Daladier, — avions, matériel, camions, essence qui devaient manquer aux combattants français de 39, le jour où M. Daladier, qui les avait désarmés, allait les lancer allègrement dans la désastreuse aventure. Et les informations officielles, toutes plus tendancieuses les unes et les autres, — et n’était-ce pas déjà Bénazet qui renseignait la France ? — assuraient que la défaite de Franco était certaine, que le triomphe des rouges allait être éclatant et rapide. Le Parti communiste délirait. Les exploits de M. Marty enthousiasmaient les amis de la démocratie et les démocrates chrétiens n’étaient pas les derniers à saluer de leurs cris d’espérance la prochaine victoire des assassins et des bourreaux. En vérité, à écrire ces rapides souvenirs, on a l’impression de faire le point de l’actualité présente…

    Pendant ce temps, l’Espagne, qui avait échappé à la contamination grâce à quelques apôtres qui devaient finir en héros, — un Calvo Sotelo, un José Antonio Primo de Rivera, — l’Espagne, dont le général Franco et ses amis venaient de sonner le ralliement, tardivement réveillée d’une longue torpeur, engageait une lutte désespérée et inégale : le pays divisé, l’armée divisée, les familles divisées… Ah ! est- ce l’histoire de l’Espagne d’hier ou celle de la France d’aujourd’hui que j’écris en ce moment ?

    Je vous ai cité le mot que je devais entendre tomber des lèvres du général Franco, ce soir mélancolique de mars 1937 où il me recevait à son quartier général de Salamanque. Il venait de me retracer d’une voix voilée et déchirée de tristesse les abominations dont sa patrie était le théâtre. Il venait de me rappeler les prodromes du drame, d’évoquer devant moi les incrédulités et les scepticismes de ceux qui avaient refusé d’entendre accourir l’orage et il me disait avec une gravité poignante : “Comme je voudrais que pareille épreuve fût épargnée à votre pays qui est ma seconde patrie. Mais veillez bien : votre France d’aujourd’hui, c’est mon Espagne de juin.” Et ce mot-là non plus n’a rien perdu de son actualité. Il est même devenu, hélas ! plus terriblement actuel qu’il ne l’était alors.

    Et on se souvient des pages de gloire et d’héroïsme où l’Espagne s’égala aux plus légendaires de ses héros nationaux. Dans un pays où l’héroïsme est pourtant une vertu naturelle, l’Europe entière assista frémissante et exaltée à l’épopée de l’Alcazar. Elle sentit confusément que, dans un monde aveuli et avili par la facilité, une leçon prodigieuse surgissait de ce sol martelé par l’épreuve. En France, en particulier, une émotion intraduisible s’empara du pays qui n’a inventé l’épithète de cornélien que parce que Corneille emprunta à l’Espagne le plus noble, le plus brave, le plus séduisant de ses héros [Le Cid].

    Mais de batailles sanglantes en batailles sanglantes, tandis que s’effondraient les monuments historiques, que flambaient les églises, que s’amoncelaient les morts, la guerre s’acheminait vers une conclusion que l’on annonçait désastreuse pour la phalange et les soldats de Franco. Le bluff était bien monté, la propagande soigneusement orchestrée. Les brigades internationales avaient acquis une auréole de terreur et de furie implacables. Sur les routes de notre Languedoc roulaient, en files ininterrompues, les lourds camions tout neufs de M. Montel, emportant vers les rouges l’essence de M. Blum…

    Puis soudain, vers mars 1939, des nouvelles sinistres coururent dans les rangs communistes, baptisés pour la circonstance républicains. On vit se précipiter vers notre frontière, ouverte comme une blessure, des personnages importants, généraux et ministres, qui venaient solliciter chez nous des passeports et une protection diplomatique. Des bruits de défaite prenaient corps. Certes, les combattants se battaient bien, mais déjà leurs chefs les abandonnaient. Les anarchistes de la FAI, les tortionnaires chargés de meurtres et de pillages arrivaient, se bousculaient aux cols pyrénéens, avec leur butin : boucles d’oreille arrachées à des cadavres, objets sacrés volés dans les églises, tableaux de prix roulés dans le fond des voitures. On vit passer Álvarez del Vayo sous un faux nom, avec des malles emplies de tout ce qu’il avait volé aux vivants et aux morts. Negrín était déjà passé… Et pendant qu’une cohue abandonnée tentait encore de se réfugier en France, que piétons, fuyards, soldats et civils gagnaient en hâte notre pays que Blum leur avait ouvert, les armées victorieuses de l’Espagne nationale campaient sur les cimes de la frontière où elles plantaient le drapeau sang et or du pays libéré, au grondement des vingt mille voitures que les vaincus, avant de s’échapper, précipitaient dans la mer du haut des falaises du cap Cerbère… C’était le 1er avril 1939, l’aurore du printemps, le printemps de la résurrection…

    Ce jour-là, Staline venait de perdre une partie qu’il avait engagée à grands frais quand il avait audacieusement déclaré : “Après la Russie, le premier pays bolchevisé sera l’Espagne. La France viendra ensuite.” N’oublions pas. D’ailleurs, comment oublierions-nous ? Lui ne nous laissa pas oublier. Les mêmes bandes qu’il avait mobilisées en Espagne, il les mobilise chez nous. La lettre dont j’ai cité ici, l’autre jour, des extraits l’atteste. Le fond de l’armée de crime, déguisés en armée de libération et en armée de résistance, ce sont les rouges espagnols d’alors. Ils ont chez nous les mêmes appuis, les mêmes encouragements, les mêmes laudateurs. Mais l’équipe de Blum — Blum excepté — et Marty est à Alger au lieu d’être à Paris. Et Staline n’a pas, pour autant, renoncé à son dessein : la guerre présente est pour lui la route qui mène à la bolchevisation de l’Europe. Ne télégraphiait-il pas, il y a un an, à Tchang Kaï Chek : “Je n’ai pas renoncé à faire boire mes chevaux dans la Guadalquivir.” Et, quelques semaines plus tard, ne lui disait-il pas : “Je sais que, lorsque je te le demanderai, tu m’enverras dix millions de Chinois pour niveler l’Europe.”

    Ils ont oublié tout cela, les malheureux qui se laissent griser ou endormir par les radios de Londres et d’Alger. Ils s’en souviennent, ceux qui, de Londres ou d’Alger, passent leurs consignes aux naïfs dont ils font leurs instruments.

    Nous qui nous en souvenons aussi, mais qui avons décidé de prévenir le retour de ces désastres et de déjouer les calculs de ces misérables, saluons les vainqueurs qui sauvèrent, le 1er avril 1939, notre pays en même temps que le leur ; inclinons-nous devant les morts tombés pour que l’Europe ne soit pas bolchevisée et prenons la résolution que, menacés des mêmes périls et gardiens du même patrimoine, les vivants d’aujourd’hui seront dignes des morts d’hier. »

    Documents

    Mientras dure la guerra – Lettre à Franco B.A. (FRA) + Lien telegram complet

    Espagne, été 1936. Le célèbre écrivain Miguel de Unamuno décide de soutenir publiquement la rébellion militaire avec la conviction qu’elle va rétablir l’ordre. Pendant ce temps, fort de ses succès militaires, le général Francisco Franco prend les rênes de l’insurrection. Alors que les incarcérations d’opposants se multiplient, Miguel de Unamuno se rend compte que l’ascension de Franco au pouvoir est devenue inéluctable.

    L’épisode du siège de l’Alcazar de Tolère

    Le siège de l’Alcazar est l’un des événements les plus héroïques qu’ait connus l’Europe au cours du siècle dernier. Cependant, en anglais, ce sujet a été horriblement négligé ces dernières années et traité comme une sorte d’épisode secondaire. Pourtant, la défense héroïque de l’Alcazar par le colonel Moscardó constitue un épisode majeur de la guerre civile espagnole et, à bien des égards, de l’histoire européenne elle-même. Rares sont les moments de l’histoire où si peu d’hommes ont résisté à une multitude dans des circonstances aussi désespérées. S’il est un récit qui mérite d’être pleinement raconté en anglais, c’est bien celui du colonel Moscardó et de ses Alcazareños !

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