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Publié le par Florian Rouanet
Résumé : Philippe Henriot (1889-1944), homme politique, écrivain et bon orateur, connu pour son action dans l’État français du Maréchal Pétain, est une figure du nationalisme français teintée de catholicisme traditionnel.
Cette analyse en forme de thèse montre comment Henriot incarne un modèle où la foi catholique et le patriotisme se mêlent pour former un « national-catholicisme », une doctrine mettant en avant l’expression catholique dans la Cité, ainsi que son identité chrétienne et française.
Sommaire
I. Henriot et nationalisme : passion pour la « France éternelle »
II. Catholicisme d’Henriot : foi et tradition
III. Discours national-catholique : synthèse doctrinale
IV. Une mise en pratique sous Vichy (État français du Maréchal Pétain)
I. Henriot et nationalisme : une passion pour la France éternelle
Philippe Henriot, fervent défenseur de la tradition française, et même européenne, voyait la France comme une entité culturelle et spirituelle unifiée.
Ce nationalisme raisonné se fondait sur :
- L’éloge des racines véritables et historiques : Henriot considérait que la grandeur de la France reposait sur son passé catholique, notamment monarchique. En effet, la Révolution française avait interrompu un ordre naturel et divin.
- Le rôle du patriotisme : Il prônait une défense acharnée de la France, car le IVe commandement nous demande d’honorer famille et familles élargies (!), notamment contre les influences qu’il jugeait étrangères ou contraires à son essence (socialisme, libéralisme excessif, et matérialisme).
Exemple notable :
Dans son discours prononcé à Lille le 29 janvier 1944, Henriot déclare :
« On a salué tout à l’heure le Maréchal. Si vous n’aviez eu pour vous défendre, mes compatriotes français, au lendemain d’une défaite dans laquelle tout le monde avait sa part de responsabilité, que des hommes comme ceux qui vous gouvernaient alors, il y a longtemps que la France aurait disparu. »
II. Catholicisme de d’Henriot : foi et tradition
Henriot était catholique pratiquant, attaché à la doctrine pré-conciliaire (Vatican II n’ayant pas eu lieu et n’étant pas « démocrate chrétien ») et à une Église en tant que gardienne de l’ordre moral et social.
- Adhésion à un catholicisme intransigeant : Henriot rejetait les influences modernistes ou pre-modernistes, ardent défenseur de la vie catholique.
- Une vision sacrale de la France : Pour lui, la France avait une sorte de mission divine en tant que « fille aînée de l’Église », sans pour autant verser dans le Marquis de la Franquerie. Sa foi guidait son action politique, faisant de lui un porte-parole d’un catholicisme enraciné dans « le sol, le sang et le Ciel » comme dirait Pierre Sidos !
Citation illustrative :
Dans son ouvrage « Ici Radio Paris », Henriot écrit : « Sans foi chrétienne, il n’y a ni France, ni civilisation durable. »
III. Discours national-catholique : synthèse doctrinale
Henriot ne se contentait pas de juxtaposer nationalisme et catholicisme. Il les « fusionnait » en une vision idéologique cohérente :
- Une hiérarchie sociale inspirée par l’Église : le catholicisme fournissait un modèle d’organisation sociale, reposant sur l’autorité, la famille et la charité, mais cela allait plus loin que l’agnosticisme de Maurras.
- Un anti-communisme virulent : Henriot voyait dans le communisme une menace absolue, à la fois pour la foi catholique et pour l’unité nationale et continentale.
Exemple concret :
Dans son livre « Et s’ils débarquaient ? », Henriot affirme :
« Le communisme est l’ennemi mortel de notre civilisation chrétienne et nationale. »
IV. Une mise en pratique sous Vichy (État français du Maréchal Pétain)
Sous le régime de Vichy, Philippe Henriot devint secrétaire d’État à l’Information. Il voyait ce régime comme une restauration de l’ordre national-catholique et blanc.
- La défense de la Révolution nationale : Henriot appuya les initiatives qui mettaient en avant les valeurs de travail, famille, patrie.
- Un orateur catholique dans un cadre étatique : Il employa les médias pour diffuser la vision de la France redevenant fidèle à ses racines chrétiennes, tout en collaborant avec le vainqueur, dans le cadre de l’Armistice.
Il répondait entre autres, objectivement et bien, au gaullisme que lui aussi avait la patrie au coeur et était meurtri de la fin d’indépendance nationale, bien que conscient d’un Bien supérieur.

Conclusion
Philippe Henriot, dans ses discours et ses écrits, il a construit une synthèse où la défense de la France passait par la réaffirmation de ses racines historiques et chrétiennes. Il est indéniable qu’il fut un théoricien et praticien d’un national-catholicisme de renom, adapté à son époque.
Précédents articles sur d’Henriot et sujets évoqués :
« France éternelle », ou pourquoi la nation ne saurait être éternelle

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