• Philippe II d’Espagne : monarque catholique contre protestantisme



    Inquisitions, Renaissance et répression féroce

  • Le protestant apparaît 1500 ans après le catholicisme, il a bénéficié de tous les documents chrétiens grâce à l’Église catholique, et prétend, du haut de son nombril odorant, proclamer foi et raison.
    Quel "fils" indigne et ingrat !

    Introduction :
    Philippe II d’Espagne (1527-1598), Roi « Très catholique », incarna une lutte farouche contre le protestantisme, à travers une politique de répression intérieure, une guerre acharnée dans les Pays-Bas espagnols et une défense militante de la Contre-Réforme. Ses actions, animées par un zèle religieux et une vision politique unitaire, marquèrent profondément l’histoire de l’Europe. En comparaison, Charles Quint et Adolf Hitler ont été bien plus « compréhensifs ».

    Son règne est marqué par des événements significatifs, tels que la victoire de Lépante en 1571 contre les Ottomans, renforçant la position de l’Espagne en Méditerranée, et l’annexion du Portugal en 1580, étendant son empire.

    Wikipédia

    Hommage du vice à la vertu :

    Acteur majeur de la Contre-Réforme, il a été surnommé par Voltaire « le démon du midi ».

    Sommaire :
    I. Répression intérieure : l’Inquisition et l’écrasement des hérésies
    II. Pays-Bas espagnols : une lutte sanglante contre le calvinisme
    III. Engagement extérieur : le champion de la foi catholique en Europe
    IV. Une vision universelle : motivations doctrinales et conséquences

    Génération IA !


    I. Répression intérieure : l’Inquisition et l’écrasement des hérésies

    Philippe II considérait, à raison, le protestantisme et ses avatars comme une hérésie destructrice de la foi, de l’unité religieuse et politique de ses royaumes. En Espagne, il s’appuya sur l’Inquisition pour extirper toute influence réformée de façon chirurgicale et thomiste.

    L’Inquisition espagnole : un outil de répression totale
    Créée sous les Rois Catholiques, l’Inquisition connut sous Philippe II une intensification de ses activités. Des procès, appelés autodafés, étaient organisés pour condamner les hérétiques à la rétractation, puis à la mort. L’exemple de l’autodafé de Séville en 1560, qui aboutit à l’exécution de plusieurs protestants, témoigne de cette rigueur « jusqu’auboutiste ».

    Tomás de Torquemada (1420-1498), a été décrit par son contemporain, le chroniqueur Sebastián de Olmedo, en ces termes :

    « Marteau des hérétiques, lumière de l’Espagne, sauveur de son pays, honneur de son ordre. »

    (PDF) “An impossible quid pro quo”: Representations of Tomás de Torquemada

    La censure et la surveillance intellectuelle
    Le roi imposa un contrôle strict des écrits importés d’Europe. L’Index des livres interdits par l’Eglise fut scrupuleusement appliqué, tandis que l’université de Salamanque devenait un bastion de la Contre-Réforme, armée doctrinale contre les idées réformées.

    • Francisco de Vitoria (1483-1546), théologien dominicain et professeur à l’Université de Salamanque, considéré comme l’un des fondateurs de l’École de Salamanque, a dit :

      « Le pouvoir politique est ordonné par Dieu, mais il est confié aux hommes pour le bien commun. »

    • Domingo de Soto (1494-1560), également professeur à Salamanque et membre de l’École de Salamanque, a soutenu que :

      « La loi naturelle, inscrite par Dieu dans le cœur de l’homme, est la source de toute justice humaine. »

    • Miguel de Unamuno (1864-1936), philosophe et recteur de l’Université de Salamanque, bien que critique à l’égard de certaines institutions religieuses et franquistes, a exprimé une foi profonde. Lors d’un discours en 1936, il a déclaré :

      « Vous vaincrez parce que vous avez plus de force brutale qu’il n’en faut, mais vous ne convaincrez pas. Pour convaincre, il faudrait que vous persuadiez, et pour persuader, il vous faudrait ce que vous n’avez pas : la raison et le droit dans la lutte. »

    -*-

    « Alors que l’existence de différentes confessions protestantes est officiellement reconnue dans de multiples États en Europe, Philippe II considère la religion catholique comme le liant le plus important de sa vaste monarchie et pense que les croyances divergentes sont causes de rébellion, de trouble et de trahison. Il est convaincu que Dieu lui a confié une tâche spéciale, comme son père le lui en avait donné la conviction. Confronté à la découverte de cercles (crypto-)protestants à Séville puis à Valladolid en 1557-1558, le roi a commencé à soutenir l’inquisition espagnole en paroles et en actes . »
    Propos de l’article basé sur : Werner Thomas, La repression del protestantismo en España, 1517-1648, Louvain, Leuven University Press, 2001, p. 211-235 et 261-267.

    Aparté pour mieux distinguer :

    L’Inquisition espagnole, fondée en 1478 sous les Rois Catholiques, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, était une institution d’État destinée à maintenir l’orthodoxie catholique dans les royaumes espagnols, notamment en surveillant les convertis soupçonnés de judaïser ou d’islamiser. Elle était sous contrôle royal, bien qu’approuvée par Rome, et se démarquait par son usage intensif du pouvoir séculier.

    L’Inquisition ecclésiastique, en revanche, est plus ancienne, remontant au XIIIᵉ siècle, lorsqu’elle fut instituée par l’Église pour lutter contre les hérésies, telles que celle des Cathares, sous l’autorité directe du Pape et de l’Ordre des Dominicains. Tandis que la première servait un pouvoir politique national, la seconde poursuivait un objectif spirituel universel dans le cadre du Droit canon.

    Ces outils juridiques, dont le catholique doit être fier, doit aussi savoir qu’il a contribué à l’édification d’un droit contemporain, moderne et universel, un peu comme avec la pratique de l’esclavage, laquelle fut cadrée/limitée par le Code noir, puis supprimée.


    II. Pays-Bas espagnols : une lutte sanglante contre le calvinisme

    Les Pays-Bas espagnols furent le théâtre de l’un des épisodes les plus violents de la lutte de Philippe II contre le protestantisme, où calvinisme et revendications politiques s’entrelacèrent, et sa violence fut utilisée contre la violence de l’autre.

    Le Conseil des Troubles et la terreur du duc d’Albe
    Contre les révoltes calvinistes, Philippe envoya le duc d’Albe en 1567. Ce dernier instaura le Conseil des Troubles, surnommé le « Tribunal de Sang », qui condamna plusieurs milliers d’individus à la confiscation de leurs biens, à l’exil ou à la mort à cause de leur pertinacité.

    La Guerre des Quatre-Vingts Ans (1568-1648)
    Malgré cette répression, le soulèvement des provinces néerlandaises s’intensifia, conduisant à une guerre prolongée. L’un des épisodes marquants fut le siège de Leyde (1574), où la résistance des calvinistes mit en échec les forces espagnoles. Cette guerre déboucha finalement sur l’indépendance des Provinces-Unies en 1648.

    En brisant le calvinisme, Philippe II a accompli non seulement l’œuvre de Dieu, mais à protéger aussi l’intégrité de son empire.


    III. Engagement extérieur : le champion de la foi catholique en Europe

    Philippe II se considérait comme le bras armé de l’Église catholique dans une Europe menacée par la Réforme.

    Soutien à la Contre-Réforme et au Saint-Siège
    Le roi d’Espagne fut un fervent partisan des résolutions du Concile de Trente (1545-1563), qui réaffirmaient les dogmes catholiques face aux doctrines protestantes. Ses relations étroites avec le Saint-Siège consolidèrent son rôle de défenseur de la foi. Il était en quelque sorte un ultramontain, avant l’heure !

    L’Invincible Armada (1588)
    Philippe II tenta de renverser Élisabeth Ire d’Angleterre pour rétablir le catholicisme. Cependant, cette expédition militaire échoua lamentablement, affaiblissant, pour le coup, la puissance navale espagnole.

    Renaissance & Espagne
    L’Espagne vivait une époque fascinante où elle oscillait entre l’apogée de son empire et une posture prudente devant les idées nouvelles de la Renaissance, et ce, bien que cette dernière ait fleuri dans toute l’Europe. En Espagne, son développement prit une teinte unique, notamment avec Miguel de Cervantès et son Don Quichotte.


    Conclusion

    Ses motivations doctrinales étaient justes et universelles. Pour Philippe II, la religion catholique représentait le ciment de son empire, comme il était le bon grain de l’Europe. En Espagne, Philippe II réussit à maintenir une homogénéité catholique, au prix d’une relative isolation culturelle et intellectuelle par rapport au reste européen. Mais à l’inverse, dans les Pays-Bas, son « autoritarisme » contribua à l’émergence, en réaction, d’un État indépendant et protestant.

    Nous partageons certains liens avec nos voisins espagnols, dont Blanche de Castille :

    Selon la volonté de sa grand-mère Aliénor d’Aquitaine, et pour sceller la paix entre la France et l’Angleterre, l’une de ses petites-filles devait épouser le prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste. Durant l’hiver de 1199-1200, Aliénor, quoique octogénaire, se rend donc à la cour de Castille, où elle choisit Blanche plutôt que sa soeur Urraca. En avril 1200, Blanche et sa grand-mère arrivent à Bordeaux, escortées d’une nombreuse députation espagnole.

    Elles se rendent ensuite en Normandie auprès de leur fils et oncle Jean sans Terre, et de Philippe Auguste, puis au château de Boutavent, résidence de Jean sans terre. Par le traité du Goulet, Jean sans terre cède le Vexin, le comté d’Évreux jusqu’au Neubourg et Danville. Le mariage ne peut avoir lieu sur le domaine du roi de France car, à la suite des démêlés matrimoniaux de Philippe Auguste, le pape Innocent III a frappé d’interdit le royaume de France. Le mariage est donc célébré le 23 mai 1200 en Normandie, alors sous domination anglaise, en l’église de Port-Mort. En l’absence des deux rois, la cérémonie est présidée par l’archevêque de Bordeaux. Blanche a douze ans et Louis treize ans.

    Elle donne au roi douze enfants dont des jumeaux . Elle donne naissance à de nombreux fils, parmi lesquels le futur saint Louis, ce qui efface les attentes d’héritier mâle lors des règnes précédents de Louis VII et Philippe Auguste. (…)

    Blanche De Castille : Biographie, Tombe, Citations, Forum… – JeSuisMort.com

    Articles pour compléter :

    Saint Thomas d’Aquin contre les hérétiques & l’Espagne contre le protestantisme

    La nécessaire violence dans le fascisme

    L’Espagne du Califat à la Reconquista : 8 siècles d’espérance et d’adversité

    Charles Quint : champion du catholicisme et de l’européanité

    Adolf Hitler, catholique de foi (numéro 2)

    Parallèles entre Don Quichotte et Le Cid

    L’histoire retracée de la philosophie espagnole – Alain Guy

    Évolution et constance de la notion de « race » en Occident

    Ultramontains : origine et évolution, contre le gallicanisme


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