• L’histoire retracée de la philosophie espagnole – Alain Guy



    Variante européenne, pont oriental, cas français.

  • L’histoire retracée de la philosophie espagnole (influences, variante européenne, injuste mise à l’écart, pont oriental, hispanité et fascisme).

    Les travaux qui ont servi de base :

    (1) Alain Guy – Les philosophes espagnols d’hier et d’aujourd’hui.

    (2) Idem. Préface de Georges Bastide.

    (3) Stepinac – De quelques problèmes politico-religieux.

    (4) Ramiro Ledesma Ramos – Le fascisme en Espagne : ses origines, son développement, ses hommes (1935).

    Introduction :

    Cet article est essentiellement basé sur l’ouvrage « Les philosophes espagnols d’hier et d’aujourd’hui », un travail mené à bien grâce aux institutions toulousaines (ce qui n’est guère étonnant géographiquement parlant que cela se passe dans les contrées occitanes d’origine…). Nous en retiendrons les aspects généraux pour en résumer la trame essentielle, tout en en profitant pour faire quelques rappels personnels.

    Dedans, la pluralité des philosophes y est exposée sans distinction partisane afin de se faire une idée entre les scolastiques, les agnostiques, les réactionnaires et les libéraux-progressistes… Outre l’introduction et la conclusion, dans ce livre toujours, il est question d’établir un panorama bien rempli de ce que chaque penseur a produit par ses recherches durant les périodes antiques, médiévales, renaissantes, contemporaines.

    Ce livre offre une perspective concise et précise de ce que fut la philosophie strictement espagnole, sans la présence ni des Hispano-américains (nous pourrions mentionner le réactionnaire « colombien » Davilà) ni des Portugais de la péninsule, qui mériteraient également notre attention cependant.

    Un livre remarquable en terme de documentations et d’informations qui aiderait grandement à la formation d’un étudiant digne de ce nom !

    « Au moment où ces feuillets vont quitter pour le plein jour la pénombre de notre cabinet de travail, il nous semble percevoir un mystérieux murmure de frémissantes idées : ne serait-ce pas, en vérité, l’hymne discret de notre sincère et fervente estime pour la pensée espagnole ? » (2)

    Petit historique espagnol :

    La nation qu’elle soit aboutie ou encore inaboutie (soit inchoatif dans son processus) est le cadre temporel qui voit naître une manière particulière de vivre et de penser collectivement. Et l’Espagne est cet irréductible noyau de la vieille Ibérie, qui a subi diverses influences selon sa position entre le reste de l’Occident et l’Afrique du Nord.

    Ce qu’il y a à savoir en résumé c’est que c’est une terre romanisée, envahie par les Wisigoths (et non les francs ; comme le midi du reste), qui a souvent été sous la dépendance féodale du Saint Empire. Le pays a longtemps était « invertébrée » (à l’instar de la Gaule de Vercingétorix) jusqu’à l’unification des royaumes de Castille et d’Aragon sous la grande et pieuse Isabelle La Catholique. La contre-réforme (protestante) fut intégrale, radicale et spontanée chez eux grâce à Salamanque essentiellement. Il y a encore un héritage monarchique, issu de la lignée des Bourbon, et des royalistes traditionnels avec les partisans carlistes (équivalent des légitimistes). L’expression fascisante en Espagne est celle du phalangisme, mais à l’échelle du régime celui-ci n’a pas eu la place qu’il méritait sous le général Francisco Franco… L’Espagne fut le théâtre de la Reconquête (Reconquista) et de l’inquisition, mais également celui de l’immense empire chrétien des Conquistadores, s’étendant sur pratiquement toute l’Amérique du Sud, dite latine aujourd’hui (divisée dans l’ordre en langue espagnole, portugaise et française).

    De nos jours, cette nation est hélas économiquement et diplomatiquement plutôt secondaire en Europe (l’Union Européenne – que l’on doit tout à fait refusé – s’est constituée surtout autour des Allemands et des Français, avec les Italiens derrière), son Âge d’Or phare paraît désormais fort lointain (période avant l’arrivée de Louis XIV en France).

    Nous pouvons citer quelques personnalités, catégories et créations qui ont vu le jour et/ou agit sur ces terres : Charles Quint, sainte Thérèse d’Avilla, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, Juan Donoso Cortés ; les Cortès philosophes et conquistadors ; musicale avec la folia y las sevillanas ; culturels avec le romanesque Vie de Lazarillo de Tormès, avec le Cid (identifié peu ou proue à saint Louis) et Cervantès [on dit d’ailleurs la « langue de Cervantès » pour parler du castillan, matrice de la langue espagnole moderne, de même que l’on dit « langue de Dante », pour l’italien et sa matrice florentine, ou encore la « langue de Molière » pour le français et sa matrice littéraire angevine]

    «Après la guerre contre Napoléon et la restauration de l’absolutisme par les «100.000 fils de saint Louis», les penseurs espagnols se vouèrent, comme De Maistre ou Auguste Comte, à réfléchir sur la crise de leur siècle et sur les conditions d’une régénération intellectuelle et morale.» (2)

    L’hispanité philosophique :

    Retenons qu’il s’agit d’une expression humaine variée de l’européanité parmi plusieurs autres, comprenant un certain goût pour la spiritualité, le « farniente », l’exubérance, la personnalité, la fête, etc.

    «La philosophie en Espagne se trouve conditionnée par les circonstances de la vie et de la pensée européenne et doit être expliquée, par conséquent, plutôt que comme une explosion du génie national, comme l’apport particulier des peuples hispaniques à la philosophie générale de l’Europe.»

    Le maître barcelonais Joaquìn Carreras y Artau – Historia de la filosofìa española : filosofìa cristiana de los siglos.

     «L’histoire d’un peuple est quelque chose qui surgit et se transforme en vue des tâches que sa vie lui offre à chaque moment.»

    Americo Castro – España en su historia, 1948.

    «L’évolution des idées en Espagne ne s’explique que si l’on confronte tous les faits extérieurs de son histoire avec l’esprit permanent, invariable, dont la terre qui l’a crée, nous pénètre continûment.»

    Angel Ganivet – Idearium español.

    «La tradition est, plutôt qu’un pur souvenir actualisé, la non-acceptation du présent par l’espérance d’un futur plus ou moins uchronique».

    Laìn Entralgo – Palabras menores, 1952.

    «Les Espagnols harmonisèrent la Renaissance avec la Scolastique et luttèrent, lorsque cette dernière tomba en décadence, pour la libérer de la cristallisation à laquelle elle tendait inévitablement.»

    Aubrey Bell – El Renacimiento español, 1944.

    «L’homme n’est pas une chose à utiliser, mais il est un être (…) à comprendre par la présence spirituelle de tous en chacun.» (2)

    «[Le pays d’Espagne,] d’aucuns verront en lui la religion militante, d’autres l’art spontané ou raffiné, d’autres encore l’exubérance de la vie sensible, ou à l’inverse le goût pessimiste de la nada.»

    Alain Guy

    Origine et développement médiéval :

    «On trouve dès le XIIIe siècle des maîtres hispaniques de valeur, comme Lulle, Arnauld de Villeneuve ou Turmeda, dont l’influence fut considérable sur l’Europe entière (sans parler de Pedro Hispano, dont se réclament à la fois le Portugal et l’Espagne. (…) Le Siècle d’Or (XVIe et XVIIe siècles) voit surgir une abondante floraison.» (2)

    Cela évoque l’époque du «Gesta Dei per Hispanos» et l’isolement de la Péninsule, le reste la qualifiant plutôt de «leyenda negra» (poncif répandu par les encyclopédistes).

    Or, le thomisme n’est pas seul à régner en Espagne, il faut bien dire le contraire, les anciennes écoles comprenaient « le lullisme, le vivisme ou le suarezisme » selon le tableau de Menéndez y Pelayo, avec d’autres références plus récentes.

    Une pensée méditerranéenne européenne, contenant quelques influences d’Orient :

    Du fait de sa géographie, il en résulte que l’Espagne a été un pont de savoir qui a aidé les autres européens à se nourrir de ce qu’il y avait de plus universel chez les autres peuples du Moyen-Orient, mais c’est également là que le caractère tragique de l’hellénisme s’est le mieux implanté.

    L’Espagne, située entre l’Europe et l’Afrique, est un carrefour entre Orient et Occident, cela fait d’ailleurs que les deux courants sont connus par l’Espagne ; il est logique que celle-ci s’en inspire parfois. Ainsi, l’Espagne fait parvenir à l’Europe la pensée extra-européenne, ce qui nous permet de la saisir, de la faire évoluer et d’en garder le contenu avec un esprit critique. Sans grand préjugé littéraire ou nationaliste, disons que tel est le mouvement du caractère espagnol devant l’universel. Sans qu’il soit toutefois possible d’exagérer l’influence arabo-juive comme le font les cosmopolites (sur ces terres qui ont en effet eu le rabbin talmudique Maimonide ainsi que l’islamiste rationaliste/aristotélicien Averroès) !

    Le 6 mai 1085, il y eut la prise (ou le siège) de Tolède par les Castillans contre les mahométans. Cet événement annonce le « début de la fin » de la Reconquista définitive, c’est aussi un moment ou l’on a pu y découvrir les travaux scientifiques des Arabes sur l’héritage des Grecs et les traduire pour nous (parfois sans passer par leurs traductions cependant). C’est à partir du XIIIe (XIVe…) que les Européens ne seront définitivement plus d’un genre « fidéistes », mais plus rationnels avec l’avènement du thomisme et la réussite posthume de Dante.

    « Comme l’Espagne maritime, cette pensée a subi la fécondation méditerranéenne et l’appel de l’aventure atlantique.

    Elle unit le lyrisme hellénique à la musicale majesté de la langue romaine. Elle épouse sans difficulté le souffle biblique de la plus haute transcendance, mais elle s’échauffe aussi aux problèmes éthiques du forum politique et social.» (2)

    «Il faudrait d’abord rappeler le rôle intellectuel de l’Espagne (marche-frontière entre l’islam et l’Europe carolingienne) qui sut, pendant la première partie du Moyen-Âge, transmettre à l’Occident la culture orientale.»

    Alain Guy [dans un esprit authentiquement chrétien et universel sans aller directement contre notre européanité].

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    « Il convient de faire observer que l’arabité n’est pas un constituant de l’identité espagnole. Il est certain – ce dont il n’y a lieu ni de se réjouir ni de déplorer – que le monde espagnol s’est retrouvé physiquement très marqué par son histoire, ainsi par l’invasion en son sein des colonnes berbères arabisées, pendant sept siècles ; est-ce à dire pour autant qu’il serait juste de déclarer qu’il est de l’essence de l’hispanité d’envelopper une dimension arabe ? Aucunement : les Arabes ne sont pas des Européens, leur vocation n’est pas européenne ; l’Espagne est le résultat heureux de la victoire du génie européen sur la tentation – dont il conserve des traces et dont il n’a pas à rougir – de se faire conditionner par le monde moyen-oriental. » (3)

    L’injuste mise à l’écart et dénigrement de la philosophie espagnole en Europe contemporaine :

    Pourquoi alors ce rejet primaire de la philosophie espagnole dans l’Europe continentale moderne ? Le poncif répandu voulait que les philosophes espagnoles ne soient que des grenouilles de bénitiers. Ce qui gênaient les penseurs matérialistes et que certains Espagnols se disaient à la fois philosophes et théologiens dans une Europe post-XVIIIe déchristianisée. Si cela est plus ou moins vrai, il n’en demeure par moins que, en tant qu’appartenant à la même aire civilisationnelle, l’Espagne s’est vue subir les mêmes influences et modifications que le reste de l’Europe ; tout au plus à un degré moindre… L’Espagne est restée pieuse un peu plus tardivement comparée a ses voisins d’Europe plus à l’est.

    Contrairement à la caricature selon laquelle le reste de l’Europe ne verrait qu’en son sein « des culs bénis thomistes », la nouvelle est clairement erronée. Le pays ibérique fut frappé par la philosophie libérale comme tous les autres. Durant le siècle d’Or des personnalités du même acabit que Pétrarque ou Descartes ont eu cours avec Vivès et Pérez de Oliva ; ils furent également teintés d’humanisme moderne. Mentionnons y compris la pensée du krautisme, philosophie allemande, qui a modifié sa composante via l’intégration de Sanz del Rìo et de Francisco Giner de los Rìos. Plus tard, le très connu Unamuno (XIXe/XXe) fut lui-même épris d’une forme d’existentialisme contre ledit dogmatisme, et pas du tout national-catholique.

    Depuis ces dernières décennies l’appréciation change, pour qui s’y intéresse sérieusement et de près, il est simple de reconnaître à son juste niveau, l’élévation intellectuelle de cette nation.

    «Si nul ne conteste, par exemple, l’existence d’une philosophie allemande (dont les caractères seraient l’idéalisme et le besoin de synthèse), d’une philosophie française (à base de clarté et d’analyse) ou d’une philosophie anglaise (caractérisée par un empirisme prudent), nombreux sont ceux qui se posent la question formulée, dès 1926, par le doyen Jacques Chevalier (in Cadences) (…) : «Y-a-t-il une philosophie espagnole ?».»

    «Se faisant l’écho d’un tenace préjugé, Victor Delbos, le grand interprète des systèmes philosophiques, n’hésitait pas à dire, un jour, à ses élèves : «Pour connaitre la totalité de la philosophie, il est nécessaire de posséder toutes les langues, sauf toutefois l’espagnol !». L’on sait, du reste, comment, animées d’une même incompréhension, les plus classiques Histoires de la philosophie n’accordent aucune place aux penseurs d’Espagne, excepté quelques pages ou paragraphes sur Lulle, Vivès ou sainte Thérèse d’Avila…»

    «Un poncif encore très solide veut qu’elle soit seulement le pays par excellence des arts et du tourisme, ou celui de la religion la plus austère et du haut mysticisme.» (1)

    «Il nous semble y avoir une solution intermédiaire qui tienne compte des conditions nationales hic et nunc de la philosophie, sans aller jusqu’à opposer entre eux, comme des entités, les mouvements philosophiques des divers pays, toujours plus ou moins en interdépendance.» (1)

    Occident, seul berceau reconnaissant l’individu à sa juste valeur :

    L’Occident se distingue notamment par la notion d’individualité qu’il porte, car les asiatiques et les moyens-orientaux sont bien plus collectivistes par essence, pour eux l’individu n’existe pas en tant que tel ou même accidentellement (Que des Ben et des San, fils de, etc). Évidement cette notion dégénérée dès qu’elle se prétend individualiste contre le principe de totalité, ou quand elle se fait subjectiviste pour s’emparer des « droits de l’individu » et détruire tous les biens en les subvertissant. Les penseurs individualistes n’incarnent que la perversion de ce bon principe.

    Le cadre universel et particulier des hommes :

    «Si la philosophie, dans sa notion propre, exclut les frontières nationales et un coloris racial, elle a cependant des manières nationales de se présenter (…) de même qu’il y a des physionomies nationales typiques ou des physionomies sociales et morales sociales qui se distinguent dans la vie, il y a aussi des physionomies philosophiques collectives, susceptibles d’une définition qui leur convienne et qui convienne à elles seules.»

    Joaquín Iriarte – Menéndez y Pelayo y la filosofía española. 1947.

    L’universel humain est fait de peuples différents, qui sont tous hommes, entre pensée profonde et particularités propres. Il y a de ces notions simples et particulières liées à l’identité unique d’un peuple, et les vérités profondes qui, elles sont universelles et invariables, elles transcendent les frontières (comme la vérité religieuse par exemple).

    Le rôle de la pensée française vis-à-vis de celle espagnole et celle universelle :

    «Vous avez de bien plus grands maîtres que tous nos philosophes : vos mystiques, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse, qui se sont élevés d’un bond beaucoup plus haut que le celui auquel nous parvenons par l’effort de notre spéculation.»

    Bergson a García Morente lors de ses conférences à Madrid en 1917.

    La France qui a pour caractéristique d’assimiler globalement la pensée universelle, et particulièrement pour les idées européennes, pour ensuite les récupérer, les incarner et les rediffuser culturellement au monde entier. Les Français devraient davantage tenir compte de cette philosophie tant décriée. À l’instar de la pensée grecque dominant et influençant l’Empire romain durant l’antiquité, la France pourrait user de son magistère intellectuel pour diffuser le meilleur de ce qu’elle possède à la force impériale germanique. C’est une sorte de vocation nationale qui est due à nos caractéristiques naturelles  :

    «Il faut que la pensée française donne, une fois de plus à l’égard de la pensée espagnole, l’exemple de cette couverture accueillante qui constitue sa tradition en même temps que sa vocation. Nous avons toujours su recevoir dans une méditation hospitalière toutes les formes de pensée, même les plus étranges et parfois les plus extrêmes. Nous avons revécu les drames spirituels de toute l’Europe occidentale, et nous portons en nous assez de richesse intérieure, assez de résistance critique, pour nous permettre de participer sans rupture aux plus grandes aventures de l’esprit. À chacune des grandes crispations de la civilisation, nous avons accepté l’inquiétude et le dépassement vers un plus grand éclairement d’une plus grande profondeur.» (2)

    Europe des particularités nationales :

    «C’est parce que Goethe était totalement allemand, c’est parce que Cervantès était parfaitement espagnol, c’est parce que Corneille était excellemment français, que ces génies exprimaient quelque chose d’universel qui transcende le génie de leurs peuples respectifs et qui fait d’eux, précisément des génies. Il y a coextensivité entre universel et particulier, lesquels, pourtant, s’opposent.» (3)

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    «Être européen ce n’est pas être contre les patries; plus on est bon Espagnol, bon Italien ou bon Français, plus on est bon Européen.»

    Jean-Marie Le Pen – 2 avril 1989 – Troisième Congrès du Frente Nacional de Blas Piñar.

    Le courant fasciste à l’espagnol :

    Y compris dans ce domaine, les Espagnols ont leur manière d’être. La naissance historique du fascisme et ses réussites en Italie étaient dues à l’incapacité des libéraux et des royalistes, dans un contexte donné, à réagir contre l’omniprésence interne du communisme athée.

    Voici comment Ledesma Ramos détaille l’universalisation du fascisme :

    «Il est évident qu’une recherche sur le fascisme, un examen de celui-ci, non plus comme un régime concret d’un pays déterminé, mais comme un concept mondial opérant est une entreprise légitime et possible. Nous pouvons, en effet, aligner une série de caractéristiques, de profils, de propos et de rêves, qui nous apporte avec une parfaite clarté la figure exacte du fascisme comme phénomène mondial. C’est dans ce sens, et uniquement dans celui-ci, qu’il est possible de parler du fascisme en dehors de l’Italie et de donner à ce mot un contenu universel.»«Le fascisme en tant qu’attitude mondiale, et par conséquent, puisque l’Espagne fait partie du monde, en tant qu’attitude espagnole possible, ne dépend pas d’une façon directe du fascisme italien, mussolinien, mais est un phénomène de l’époque, typique de celle-ci, comme n’importe quel autre.» «On comprendra facilement qu’à chaque fois que nous utiliserons ici le mot de fascisme, nous le ferons comme une concession au vocabulaire polémique mondial (…) Ce dont nous allons traiter, c’est d’une politique concordant avec ce qui, dans le contexte des luttes politiques mondiales, est connu sous le nom de fascisme.» (4)

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    «Quand la légalité suffit pour sauver la société, alors, la légalité. Mais quand elle ne suffit pas, alors, la dictature.»

    Donosò Cortes – Discours sur la dictature, tribune dans la chambre en Espagne, 1849.

    Florian Rouanet.


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  • 2 commentaires




    […] L’intégralisme lusitanien au XXe siècle – la Lusitanie ayant été l’ancienne province d’Empire romain qui correspond à peu près aux frontières actuelles du Portugal – fut logiquement influencé par la pensée maurrassienne, l’école française de droite étant la première à réagir, tout simplement parce que la Révolution progressiste et libérale de 1789 avait éclatée sur son sol. La première publication physique intégraliste fut l’Alma portuguesa [L’âme portugaise] en 1913. Le sous-titre de la revue d’Action Française, avec sa formule « organe du nationalisme intégral », peut d’ailleurs expliquer en partie la création du mot « Intégralisme » chez les Portugais, terme qui n’a rien à voir avec l’intégrisme, le fondamentalisme ou le littéralisme et qui n’a rien à envier non plus au patriotisme, au solidarisme, au rexisme belge ou au phalangisme espagnol (qui sont les deux doctrines qui lui sont les plus proches, mais pour entendre un peu parler du monde hispanique, veuillez vous reportez plutôt à cet article). […]


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    […] Dossier sur la contribution philosophique espagnol. […]


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