• Dávila, le réactionnaire féodaliste, à propos du Pape et de l’Empereur germanique



    Une contribution hispanique pour l’universel.

  • « Le christianisme est fondamentalement opposé à la théocratie. Une société mutée en Église ne préfigure pas le royaume de Dieu. Au contraire, elle est sa caricature satanique. L’Église exige l’existence parallèle de l’Empire. Personnellement, je pense que seul est légitime un monde que président, depuis deux trônes symétriques, le Pontife romain et l’Empereur germanique. »

    Nicolás Gómez Dávila, Escolios a un texto implícito, vol. II.

    Tout indique que le désabusé et « Très Réactionnaire » Dávila pensait ici au Saint Empire romain germanique fondé par Othon 1er dit le Grand, empire qui fut le digne hériter de l’Empire romain et dont l’Empereur le plus connu fut Carolus Magnus. Comme toujours avec Dávila, ce passage est assez inédit et la source demeure plutôt méconnue… Ceci s’explique souvent – avec cet auteur – à cause de ses multiples compilations et de ses écrits forts éparpillés. Heureusement, elle fut reprise dans le document susmentionné.

    Toujours est-il qu’il était résolument féodal de mentalité, ce qui est à noter pour un « colombien » – descendant d’Espagnols – qui a passé toute sa jeunesse en France et qui affirme que c’est ce pays qui l’a formé.

    Pour le rendre un peu plus sympathique encore, s’il en était besoin, il faut savoir que parmi sa riche bibliothèque de 26 milles livres – rendue publique par sa fille après sa mort -, on peut retrouver sur « l’étagère » un Mein Kampf en version originale !

    PS. Cela peut effectivement rappeler l’opposition entre Guelfes et Gibelins dans l’Italie médiévale (papistes vs impérialistes), sauf qu’ici Dávila vante plutôt la nécessité des deux ordres, bien distincts et complémentaires avec un net rejet du pendant contraire au « césaropapisme ». Ce qui était au final la position de Dante Alighieri et plus tard, les enseignements en matière de politique chrétienne par le Pape Léon XIII (de source thomiste).

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    Nous vous recommandons la lecture de ses Escolios qui  sont une succession d’aphorismes (« Proposition résumant à l’aide de mots peu nombreux, mais significatifs et faciles à mémoriser, l’essentiel d’une théorie, d’une doctrine, d’une question scientifique : en particulier médicale, politique, etc. Source : CNRTL) qui ont été, pour le coup, traduits en langue française.

    Autrement, voici ce que l’on peut retrouver – d’essentiel et de gratuit – en langue castillane :

    Textos I, son seul ouvrage à ne pas être composé d’aphorismes.

    Escolios a un texto implícito, son principal ouvrage comprenant exclusivement des aphorismes.


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