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Publié le par Florian Rouanet
Préambule :
Cher lecteur, une fois n’est pas coutume, cependant, après le thème du suicide, parlons donc « potin » avec cette rumeur, si vous le voulez bien ! Après tout, nous pouvons faire ce que nous voulons dans nos colonnes !
En effet, l’histoire regorge de rumeurs et d’intrigues diplomatiques méconnues, et ce que l’on appelle l’extrême droite n’en manque jamais (!), car celle qui nous intéresse aujourd’hui a de quoi surprendre : une tentative de mariage entre Adolf Hitler et Pilar Primo de Rivera.
Derrière cette idée, un projet politique ambitieux visant à rapprocher l’Allemagne nationale-socialiste et l’Espagne franquiste sur des bases catholiques et impériales. Mais comme il n’y a point de fumée sans feu, explorons cette histoire en nous appuyant sur des sources espagnoles.
Source : elcajondegrisom (ESP)
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Sommaire :
I. Contexte : l’amitié hispano-allemande
II. Pilar Primo de Rivera : un choix stratégique
III. Une rencontre avec Hitler et une étrange proposition
IV. L’échec du projet : raisons et conséquences
V. Mythe ou réalité ?☧
I. Contexte : l’amitié hispano-allemande
Hitler et le régime franquiste entretenaient des relations amicales. L’Allemagne avait soutenu Franco durant la guerre civile, et les deux régimes partageaient un anticommunisme farouche. Toutefois, une divergence fondamentale subsistait : le national-socialisme était empreint de romantisme et de pangermanisme, tandis que le franquisme se réclamait davantage de l’héritage catholique et impérial espagnol.
Certains milieux catholiques espagnols, notamment phalangistes, souhaitaient ainsi placer leurs pions et « convertir » Hitler à leur vision du monde, afin de replacer l’Espagne au centre d’une Europe régénérée et sous l’égide du IIIe Reich, dans l’esprit de l’Empire de Charles Quint.
En effet, nations allemande et espagnole ne furent jamais entrées en guerre, partagent un héritage germanique commun (indo-européen, wisigoths) et furent rattachées au Saint Empire romain germanique médiéval !
II. Pilar Primo de Rivera : un choix stratégique
Pilar Primo de Rivera, sœur du fondateur de la Phalange José Antonio Primo de Rivera, était une figure influente du régime franquiste en tant que dirigeante de la Sección Femenina. Fervente catholique, aristocrate, et issue d’une lignée prestigieuse, elle incarnait parfaitement l’Espagne traditionnelle et impériale.
Unir Hitler à Pilar aurait permis, d’unifier deux pans d’Europe de l’ouest, en même temps de « catholiciser » l’Allemagne nationale-socialiste et de renforcer les liens entre les deux nations, tout en incitant également les jeunes Espagnoles à épouser des cadres aryens du Reich.
III. Une rencontre avec Hitler et une étrange proposition
En avril 1938, Pilar Primo de Rivera visita l’Allemagne en tant que représentante officielle de la Sección Femenina. Lors de son séjour, elle rencontra Adolf Hitler, lui offrant deux armes en acier de Tolède : une épée ropera et une dague vizcaïne, issues de l’armement des Tercios Espagnoles.
Cet échange cordial aurait donné naissance à l’idée d’un mariage entre elle et le Führer. Le principal artisan du projet fut le diplomate espagnol Ernesto Giménez Caballero (cela dit, il est assez bavard comme Léon Degrelle, mais cela n’empêche pas qu’il ait réalisé de grandes choses !), qui le présenta comme un « mariage traditionnel et révolutionnaire », destiné à instaurer une nouvelle dynastie hispano-autrichienne, à l’image de l’empire de Charles Quint (Carlos V), explicitement mentionné.
IV. L’échec du projet : raisons et conséquences
Le 23 décembre 1941, Magda Goebbels, épouse du ministre de la Propagande du Reich, fut sollicitée pour soutenir cette union. Mais elle aurait alors révélé une information surprenante, et encore douteuse de nos jours :
« Ce serait possible… si Hitler n’avait pas reçu une balle dans un de ses organes génitaux durant la Première Guerre mondiale, le rendant inapte à toute descendance. »
Ce détail, invérifiable, mit un terme semble-t-il à la proposition. Hitler, par ailleurs, n’avait pas montré d’intérêt pour le mariage ou la fondation d’une lignée, préférant se consacrer exclusivement à son action politique.
V. Mythe ou réalité ?
S’agit-il d’une simple rumeur ou d’un projet diplomatique avorté ? Ernesto Giménez Caballero, principal témoin de cette affaire, en fit état dans ses Mémoires d’un dictateur, mais sans preuve formelle ou autre source. Il est probable que cette idée ait été envisagée dans les cercles franquistes et phalangistes, sans jamais atteindre un stade concret.
Quoi qu’il en soit, cet épisode illustre bien les rapprochements et divergences idéologiques entre le national-socialisme et le franquisme, et la volonté de certains milieux espagnols d’infléchir l’orientation notamment spirituelle du IIIème Reich.
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Conclusion
L’histoire de ce « prétendu mariage avorté » entre Hitler et Pilar Primo de Rivera témoigne des efforts, visiblement plutôt fantasques, de certains diplomates franquistes pour infléchir la politique allemande. Si cette rumeur demeure peu vérifiable, elle reflète néanmoins une réalité politique : l’Espagne catholique et l’Allemagne nationale-socialiste poursuivaient des objectifs communs.
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La rencontre en couleur :

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