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Publié le par Florian Rouanet
Suivi de complétudes sur nation, langue, empire et civilisation
Prolégomènes :
La contribution des nations et des civilisations témoigne de figures exemplaires incarnant un idéal humain spécifique :
- Si l’homme grec fut celui de la mesure & de la philosophie,
- si l’homme latin fut celui du droit & de l’ordre,
- l’homme germanique, lui, s’imposa à travers l’histoire du monde comme le modèle du savant, de l’ingénieur et du bâtisseur par excellence, voire l’artisan ou l’ouvrier bosseur.
L’Allemagne – doté de 60% de sang indo-européen –, par son génie propre, contribua puissamment à l’universel en faisant triompher l’idéal d’un homme voué à la science, la technique et agissant la discipline intellectuelle.
Cet apport, loin d’être anodin, permit à l’Europe entière de se structurer autour d’une conception rigoureuse du savoir – partant, ni complotiste ni conformiste – et de la maîtrise du réel.
Dès lors, il importe de comprendre en quoi ce modèle allemand fut et demeure un fondement de la civilisation européenne, et comment il s’inscrit dans l’espace plus vaste du monde occidental.
Car le modèle de l’honnête homme est absent hélas chez lui – bien que les humanités européennes aient pu être introduites par Charlemagne et culminer avec Werner Jaeger -, ce qui peut expliquer un complexe d’infériorité et l’agressivité du germain. Ces deux choses semblent venir de ce manque, qui ne fait défaut ni à l’Angleterre, ni à l’Espagne et à l’Italie, ni à la « France de Molière ».
En parlant de la France entre Midi et Septentrion : toute la zone entre Seine et Rhin fut entièrement germanisée et si l’on parle aujourd’hui français à dans les villes du nord et non une langue germanique, c’est dû en fait à un recul culturel de la germanité dû à la vitalité culturelle et la force intacte du Midi de la Gaule qui s’est déporté vers le nord suite à la fermeture de la Méditerranée par les musulmans. Le Midi est a été à la France peu ou proue ce que la Grèce a été pour la Rome antique. La victoire du vaincu est souvent d’influencer culturellement le gagnant – militairement et politiquement parlant.
« Les arts et les sciences sont pour le présent entre les mains des Grecs et des Latins. Mais il se devait faire à l’avenir qu’on pût parler de toute chose, par tout le monde et en toute langue. »
Joachim du Bellay, Défense et illustration de la langue française, 1549.
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Sommaire :
I. L’homme allemand, une figure façonnée par la rigueur & la discipline
II. Bildung, Kultur & Zivilisation, la triade allemande du savoir
III. L’empreinte allemande dans la science & la technique
IV. L’Allemagne & l’édification des structures impériales
V. Héritage germanique & avenir de l’EuropeΣ
I. L’homme allemand, une figure façonnée par la rigueur & la discipline
Dès les origines, la germanité se distingua par une structuration de l’homme autour de la discipline, de la constance et du perfectionnement. Là où le Grec cherchait globalement la contemplation et la beauté, où le Latin se consacrait à l’organisation juridique et politique, l’Allemand s’orienta vers la science, l’érudition et le travail bien fait.
Le compositeur Richard Wagner, dans son analyse du caractère germanique, définit comme suit « être allemand, c’est celui qui fait la chose pour elle-même », insistant sur la quête d’excellence et le dépassement personnel non par ambition mondaine, mais par dévouement à une œuvre.
De même, Goethe illustra dans son Faust ce combat intérieur du savant allemand, tiraillé qu’il est entre connaissance, volonté et responsabilité morale.L’Allemand, dans son modèle humain, transposable à l’universel, fut donc l’homme du devoir et de la précision, cherchant moins la brillance immédiate, que l’édification d’un savoir durable et transmissible.
II. Bildung, Kultur & Zivilisation, la triade allemande du savoir
La langue allemande, la plus précise au monde, possède une richesse conceptuelle unique qui exprime cette hiérarchisation du savoir en faisant le départ entre :
- La Bildung (éducation), qui désigne l’élévation intellectuelle & morale de l’individu par l’instruction (rôle principal des écoles), l’éducation (rôle des familles) et la culture personnelle.
- La Kultur, qui désigne la culture immatérielle d’un peuple : sa philosophie, son art, ses principes et sa religion.
- La Zivilisation, qui renvoie à l’aspect matériel du progrès : l’industrie, la technologie, l’urbanisme et le confort.
Dans cette tripartition, on retrouve toute la force du modèle allemand donnant un homme cultivé, intégré dans un cadre philosophique structuré, en même temps de maîtriser les outils du monde moderne.
Ce modèle permit à l’Allemagne d’être, au XIXème & XXème siècles, l’épicentre de l’innovation scientifique, de l’éducation rigoureuse et de la technique de pointe.Contre ce monde, ne s’exprime pas une éventuelle « république de Rothschild », mais la république certes contemporaine, lequel est d’abord un régime de bourgeois sans valeur cumulant des prolétaires et ex prolétaires déracinés et ambitieux qui avaient envie de prendre la place de la noblesse en 1789, il faut simplement comparer la sociologie et les idéaux de l’armée catholique et royale de Vendée et les voyous d’en face, armée républicaine et napoléonienne ensuite, il n’y avait aucun juif et aucun Rothschild dedans, mais que des sous-prolétaires haineux et avides de prendre la place des autorités naturelles – syndrome Iznogoud.
III. L’empreinte allemande dans la science & la technique
L’apport germanique à l’universel est immense. De Kepler à Planck, en passant par Gauss et Heisenberg, l’Allemagne façonna les mathématiques, la biologie, la physique, la chimie, l’ingénierie et la médecine moderne.
Alexis Carrel, dans L’homme, cet inconnu, souligne que « les grands savants sont toujours d’une profonde honnêteté intellectuelle », caractéristique fondamentale du modèle germanique. L’Allemand, loin des illusions idéologiques, abstraites et fausses, chercha toujours à comprendre le réel tel qu’il est, notamment la matière, sans artifice ni travestissement.
« Sans l’exercice de la volonté, l’intelligence reste dispersée et stérile. Une fois disciplinée, elle devient capable de poursuivre la vérité. Mais elle ne l’atteint pleinement que si elle est aidée par le sens moral.
Les grands savants sont toujours d’une profonde honnêteté intellectuelle. Ils suivent la réalité partout où celle-ci les mène. Ils ne cherchent jamais à lui substituer leurs propres désirs, ni à la cacher quand elle devient gênante. »
Alexis Carrel, in. L’homme, cet inconnu.Les universités allemandes, telles que celles de Göttingen ou de Heidelberg, furent les creusets où se forma la pensée scientifique contemporaine.
C’est en Allemagne que naquirent les modèles de l’université moderne, de la recherche pure & appliquée, et de la spécialisation académique, avant que les États-Unis s’arrogent cette pratique, probablement travestie depuis !De même, sur le plan technique, c’est l’Allemagne qui permit à l’Europe de passer à l’ère industrielle avec des figures comme Daimler, Siemens ou Diesel. L’Allemand fut cet ingénieur et bâtisseur du monde, moderne dans le bon sens du termes si l’on veut, mettant en place une structure économique & technologique sans précédent.
IV. L’Allemagne & l’édification des structures impériales
Au-delà de la science et de la technique, l’Allemagne joua un rôle clé dans la structuration politique de l’Europe.
L’Empire carolingien, premier grand modèle impérial post-romain, et s’identifiant à celui-là, repose en grande partie sur l’apport germanique. De même, le Saint Empire romain germanique, fondé par Otton Ier, fut l’ultime tentative médiévale d’unir l’Europe sous une même bannière chrétienne & impériale.
Le modèle impérial allemand ne fut pas celui de la centralisation rigide à la française, mais plutôt une organisation féodale (fédérale, on aurait dit, par soucis d’actualisation) et hiérarchisée, où chaque entité conservait ses spécificités tout en étant intégrée dans un ordre supérieur. Ce modèle influença toute l’Europe et se retrouva dans diverses tentatives de restauration impériale, plus ou moins acceptable, de Charles Quint à Adolf Hitler, en passant par Napoléon Bonaparte.
En effet, « Jean-Gallicano-Jacobin » affirme éhontément ici ou là que les Empires se sont systématiquement traduits par des échecs. Mais en quoi les différents empires sont des échecs ? L’empire Romain d’Occident est tellement un « échec » (sic) que ses détracteurs parlent actuellement une langue néo-latine en Europe de l’Ouest.
Le principe d’Empire, fut au contraire un formidable catalyseur de civilisation et le modèle impérial germanique permit de structurer durablement l’Europe.
Cette nécessité n’est ni pro ni antinational fondamentalement, car l’un (impérialisme) n’empêchant pas irrémédiablement l’autre (nationalisme) d’exister par le principe de totalité : exactement comme les provinces sont réunies par une nation, un empire peut réunir une confédération de nations, sur le modèle étatsunien, et ce, malgré la diversité de nos langues et cultures ethniques par un même sentiment d’appartenance à la civilisation européenne.
V. Héritage germanique & avenir de l’Europe
L’Europe contemporaine souffre d’un oubli de son héritage, germanique notamment. Là où jadis régnaient discipline, travail bien fait et érudition, s’est installé un relativisme intellectuel massificateur. L’universalisme des Lumières, dériva vers un égalitarisme forcené, niant la hiérarchie naturelle du savoir.
L’Union Européenne, par son incapacité à concevoir une véritable identité juridique naturelle, caricature et trahit l’héritage carolingiens. Les nations européennes, plutôt que de cultiver leur complémentarité, sombrent dans une fragmentation stérile ou dans une uniformisation sans âme…
Ces résurgences s’expliquent car l’Europe ne s’est jamais remis du traumatisme de l’effondrement de l’Empire romain. L’histoire témoigne d’une volonté de récupérer cette santé à travers les tentatives du Saint Empire à l’Union Européenne dégénérée, en passant par ledit Roi Soleil, Napoléon 1er et les fascismes européens.
Ce modèle allemand demeure pourtant un phare pour l’Europe. Il rappelle que la véritable grandeur, l’excellence authentique, repose sur la discipline et la maîtrise des sciences.
Si l’Europe veut survivre à son déclin, elle devra renouer avec ces valeurs et redonner à la Bildung, à la Kultur et à la Zivilisation la place qui leur revient.Et, bien évidemment, les fascismes sont la plus pure forme de justice politique dans le monde européen, l’organisation bien cadrée poussant à la réussite économique collective.
« Roma ancora il mondo guiderà ».
« Per le vie del nuovo impero, che si dilugano nel mar’ ».In Christo.
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