• Quelques honnêtes hommes latins ; l’Antiquité et les Humanités



    Un peu de vraie culture pour les faux savants incultes et crasseux à bac+15

  • David Veysseyre, missive du 31 décembre 2019 :
    « Chaque haute civilisation parvenue à sa haute et pleine maturité a été assez forte et assez sûr d’elle-même pour produire un type d’homme certes particulier, mais aussi assez universel pour devenir un modèle pour les autres, ce qui fut le cas de la Grèce classique (kaloskagathos), hellénistique (pepaideumenos aner), de la Rome impériale (pepaidemeumenos aner également), de l’Italie (galantuomo), de l’Espagne (hidalgo), de la France (honnête homme) et de l’Angleterre (gentleman). » (…) L’honnête homme français, c’est au XVIIe et au XVIII siècle, l’hidalgo c’est du XVIe au XVIIIe, le galantuomo, c’est le XVe et le XVIe et le gentleman c’est le XIXe siècle. »
     
     
    – Pline le jeune, l’’honnête homme (C. Plinius Caecilius Secundus) a vécut entre 61/62 et le début de l’année 113 :
    « Trois aspects de la personnalité de Pline méritent d’être relevés. D’abord, c’est un homme riche et généreux. Riche, car il possédait de nombreux et beaux domaines : au pays des Laurentes (entre Rome et Ostie), en Toscane, autour du lac de Côme et ailleurs. Généreux, car ses lettres nous le montrent souvent aidant ses amis dans le besoin, ou instituant des œuvres ou des fondations au profit de diverses collectivités. En second lieu, Pline est un passionné de littérature et un ami admiratif du grand Tacite. (…) Enfin, Pline est un homme foncièrement bon ; il est attiré par tout ce qui est beau, vertueux, bienveillant ; il s’identifie sans effort à son idéal d’humanitas. »
     
    – Fronton l’honnête homme et les Humanités, il est né au début des années 100 et il mourut après 175 (maître de l’Empereur Marc-Aurèle et grand orateur) :
    « (…) Fronton nous apparaît, avec Aulu-Gelle, comme un des représentants caractéristiques du maniérisme précieux et du goût archaïsant qui prévalent en ce milieu du IIe siècle. Il part à la recherche de mots anciens et rares chez Plaute, Caton ou Salluste ; de l’idéal d’humanitas que lui a transmis la culture latine, on dirait qu’il ne retient qu’une attention méticuleuse portée à la forme du discours. »
     
    – Lactance ~ 260-325 in. De aue Phœnice, christianitas et humanitas :
    « (…) On mesure donc la nouveauté, à bien des égards, de l’œuvre lactancienne : couronnement et accomplissement d’une pensée chrétienne intérieure, annonce et amorce d’une mentalité nouvelle. Lactance a précédé, avant de l’accompagner, la mutation constantinienne. On lui a reproché de n’avoir pas l’esprit théologique : son originalité et son mérite sont d’avoir proposé un humanisme chrétien. Cela est vrai sur le plan de la pensée comme sur celui de l’esthétique. La vérité n’a guère besoin des raffinements de l’expression pour être annoncée ; mais, c’est aux yeux de Lactance, une raison supplémentaire de ne pas la priver de surcroît d’agrément. Les donnés du débat (déjà amorcé dans l’Octavius) sont ainsi renversées. Le XVIe siècle a vu en Lactance le « Cicéron chrétien » (Pic de la Mirandole), mais [saint] Jérôme avait déjà suggéré ce rapprochement. »

     


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