• De « l’oisiveté » légendaire du Germain ancien à l’éthique du travail chrétien : évolution de « l’homme nouveau » (sic)



    Le contraste germanique entre antiquité, moyen âge et national-socialisme

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    Préambule :

    À travers les âges, le rapport au travail a varié selon les peuples et les contextes culturels. Dans l’Antiquité, les Germains apparaissaient, aux yeux des Romains, comme des êtres réfractaires à l’effort laborieux, préférant l’oisiveté virile aux occupations serviles.
    Pourtant, l’Histoire témoigne d’une transformation radicale de cette éthique sous l’influence du christianisme médiéval, avant que le XXᵉ siècle ne réactualise cette notion dans le cadre de régimes idéologiquement structurés autour du « labeur rédempteur ». #JeanApologétiqueNS

    Comme quoi, cela témoigne de l’évolution d’un paradigme : avec une conversion authentique au christianisme, donnant un « homme nouveau », changeant en profondeur tout un peuple :

    Évangiles, Jean 3, 3-5

    Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître une seconde fois ? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »
    Luc 9, 23-24
    Il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la sauvera. »
    Acte des Apôtres, Galates 2, 20
    Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. Ce que je vis maintenant dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi.
    Éphésiens 4, 22-24
    Dépouillez-vous, en ce qui concerne votre première vie, du vieil homme, qui se corrompt par les convoitises trompeuses ; et rénovez-vous dans l’esprit de votre intelligence, et revêtez l’homme nouveau, créé selon Dieu, dans une justice et une sainteté véritables.
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    Romains 6, 3-4
    Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle.
    Edmund Burke contre Jean-Réac, en PLS.

    Sommaire :

    I. Le Germain païen et son mépris du labeur servile
    II. La christianisation et la valorisation du travail
    III. National-socialisme et la sacralisation du travail agricole (+ écologie)


    I. Le Germain païen et son mépris du labeur servile

    Les Germains de l’époque impériale romaine avait une société où l’idéal guerrier primait sur toute autre activité.
    Le travail, dans sa dimension productive et servile, n’était guère perçu comme un devoir civique ou moral, mais relevait du domaine des dépendants : vieillards, femmes et esclaves.

    L’historien Tacite, dans sa célèbre Germania, nous dresse un portrait saisissant de ces peuples septentrionaux, dont la rudesse des mœurs contrastait avec la discipline romaine :

    « Ils ne supportent ni la paix ni l’oisiveté ; il est plus facile pour eux de provoquer des combats que de labourer la terre ou d’attendre la récolte. »
    Tacite, Germania, 14.

    Le mépris du Germain pour l’effort laborieux s’illustre encore davantage dans son rejet de le droit et l’ordre romains, lesquels imposaient une rigueur incompatible avec ses instincts guerriers :

    « Ils ne sont pas capables de supporter le labeur et la fatigue au point de suivre une discipline rigoureuse, mais ils supportent la guerre et les dangers avec une patience extraordinaire. »
    Tacite, Germania, 15.

    Le travail, non vu comme une noble occupation, était délégué à ceux jugés inférieurs. L’homme libre, lui, se consacrait à la chasse, aux festins et aux querelles, laissant l’entretien domestique aux femmes et aux esclaves :

    « Ils passent souvent toute la journée à manger et à boire. Les plus braves et les plus belliqueux ne font rien : c’est aux femmes, aux vieillards et aux serviteurs qu’incombent les travaux domestiques et l’entretien de la maison. »
    Tacite, Germania, 20.

    L’éducation même des enfants germains était empreinte de cette culture de l’indépendance, éloignée de toute forme d’initiation à un travail méthodique :

    « On ne les voit pas, comme nous, accoutumer leurs enfants au travail et à l’effort dès leur jeune âge. Ils laissent croître leur progéniture dans l’oisiveté et l’indépendance. »
    Tacite, Germania, 15.

    Pourtant, cet idéal de vie, devait se heurter à une évolution de taille : l’influence croissante du christianisme.


    II. La christianisation et la valorisation du travail

    Dans cette Europe centrale, l’arrivée du christianisme parmi les peuples germaniques, marque un tournant dans leur pratique et perception du labeur.
    D’une activité hautement méprisée, le travail devient un impératif spirituel, humain et social :

    • Saint Joseph, père putatif du Christ, se révèle être un humble charpentier, travailleur et saint parmi les saints !
    • Saint Benoît (VIe siècle) et sa Règle imposent l’ora et labora (prière et travail), associant le labeur à une discipline spirituelle. Ce modèle influence peu à peu toute la société.
    • Les Capitulaires de Charlemagne imposent l’idée que le travail est une obligation civile et religieuse.

    « L’oisiveté est ennemie de l’âme : c’est pourquoi les frères doivent être occupés à certaines heures par le travail manuel, à d’autres heures par la lecture des saintes Écritures. »

    Règle de saint Benoît (chapitre 48)

    Charlemagne, de son côté, au VIIIᵉ siècle, institutionnalise cette vision du travail à travers ses Capitulaires (textes législatifs et réformateurs !), lesquels codifient le devoir de labeur tant sur le plan religieux que civil, c’est le début d’un principe corporatif édicté et édifié !
    L’Admonitio generalis (un capitulaire promulgué en 789, composé de 82 articles, fondamental pour la Renaissance carolingienne) prescrit ainsi :

    « Chacun s’applique à se maintenir lui-même, selon son intelligence et ses forces, au saint service de Dieu et dans la voie de ses préceptes. »
    Admonitio generalis.

    Le travail, dans les sociétés germaniques, devient ainsi une obligation non seulement économique, mais également spirituelle et civique, participant à l’édification du royaume chrétien.

    Cette injonction établit un lien étroit entre le travail individuel et les obligations religieuses.


    III. National-socialisme et la sacralisation du travail agricole (+ écologie)

    Au XXᵉ siècle, le régime d’Adolf Hitler réactualise la question du travail en exaltant l’attachement du peuple à la terresol et sang. Le Führer, dans ses discours, insiste sur la dimension quasi mystique du labeur, lequel doit assurer l’indépendance du peuple allemand.

    Dans son allocution au Reichstag du 28 avril 1939, il déclare effectivement :

    « J’ai vaincu le chaos en Allemagne, j’ai rétabli l’ordre, considérablement augmenté la production dans tous les secteurs de notre économie nationale […] tout en m’efforçant de promouvoir l’éducation et la culture de notre peuple pour développer notre communauté ethnique. Une fois encore, je suis parvenu à trouver un travail utile à la totalité des sept millions de chômeurs dont le sort nous touchait tant, à maintenir le paysan allemand sur sa terre.  […] à réaliser un nouvel épanouissement du commerce allemand et à développer considérablement les transports. »
    Adolf Hitler, discours au Reichstag, 28 avril 1939.

    Il aborde cette notion du travail qui n’est pas une corvée selon les Aryens, et que de nombreux Allemands apprécient des activités telles que le jardinage même après une dure journée de labeur.

    Et dans le recueil intitulé Principes d’action : huit discours intégraux d’Adolf Hitler prononcés en 1933-1936, disponible aux éditions Déterna, Hitler souligne l’importance du travail manuel et de l’attachement à la terre dans sa doctrine nationale-socialiste. Il y valorise le retour à la nature et l’enracinement de la race allemande.

    Cette exaltation du travail donc, s’inscrit dans le sillage dudit Blut und Boden (« Sang et Sol »), développée par Richard Walther Darré, alors ministre de l’Agriculture du Reich. Cette doctrine célèbre le « paysan patriote » comme garant de l’autonomie nationale (contre les flux du capitalisme international voire des influences urbaines), de la pureté raciale et de la stabilité sociale.

    Pour une analyse plus approfondie des relations entre le régime et la nature, vous avez ci-dessous l’article « Les nazis et la ‘nature' » de Cairn.info proposant une étude détaillée (bien qu’hostile de principe) :

    Mais également, dans une perspective historique, l’article « Le travail dans l’Allemagne nazie » publié par Le Monde peut être consulté ici :

    La Politique Agricole sous le IIIᵉ Reich :
    • Création du Reichsnährstand, organisme régulant la production agricole.
    • Promotion de l’Autarkie, cherchant l’autosuffisance économique par le développement des cultures et substituts industriels.
    • Lois empêchant le morcellement excessif des exploitations familiales (Erbhofgesetz, 1933).
    • Colonisation agricole de l’Est européen dans le cadre du Lebensraum.
    La Politique Écologique sous le IIIᵉ Reich
    • Loi sur la protection de la nature (1935) : encadrement de l’urbanisation, préservation des paysages et des écosystèmes, protection de la faune et de la flore.
    • Promotion de l’agriculture biologique (non chimique) : encouragement des méthodes naturelles, limitation des engrais chimiques sous l’impulsion de Richard Walther Darré (Blut und Boden).
    • Développement de l’aménagement territorial : planification de l’espace rural pour harmoniser agriculture et nature, transports ferroviaires et préservation des campagnes ; le tout intégré dans une vision expansionniste (Lebensraum).
    • L’industrialisation et la guerre : limitation des déforestations, exploitations intensives des ressources en territoires occupés…

    Walter Darré, le NS vert,, estime que les paysans sont « la source de vie de la race nordique » et écrit, dans une formule saisissante, que « le sang du peuple germanique jaillit de ses fermes » [7].

    Il pensait la race humaine, germanique en particulier, se développement dans son environnement naturel et en harmonie avec celui-ci (cadre juste d’une écologie).

    Revue d’histoire

    Le 1ᵉʳ mai 1933, lors de la « fête du travail » instaurée par le régime, Robert Ley, ministre du Travail, déclara aux ouvriers : « Je suis moi-même fils de paysans pauvres… Je sais comment le capitalisme vous exploite. Je vous le jure, nous étendrons vos droits. »

    Loin d’une simple nécessité matérielle, le travail agricole, et sa nature, devient ainsi un élément central du projet national-socialiste.


    Σ

    Conclusion

    De l’oisiveté aristocratique des Germains antiques à l’éthique laborieuse imposée par le christianisme, puis à l’idéalisation du labeur sous le national-socialisme, le travail s’est progressivement imposé comme une valeur cardinale dans cet espace.
    Il illustre l’évolution de l’homme (indo-)européen, d’un guerrier libre méprisant l’effort à un bâtisseur façonnant sa destinée à la sueur de son front.

    Si, naguère, les Germains pouvaient dédaigner l’effort productif, il est frappant de constater que leur descendance, de nos jours encore (bien que dégénères aussi), incarne l’un des peuples les plus laborieux et affairé (et dynamique économiquement) d’Europe.
    Une preuve, s’il en était besoin, que l’Histoire ne cesse de modeler l’avenir des peuples, en fonction des principes qu’ils adoptent.

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    Articles :

    Europe de saint Benoît : ponts cléricaux d’Antiquité tardive aux temps médiévaux

    D’où vient l’Allemagne ? (Gonzague de Reynold)

    Edmund Burke : père du conservatisme moderne

    Alcuin d’York, le Précepteur de Charlemagne

    De la nécessité d’être « révolutionnaire conservateur »

    Écologie anthropologique de « Droite » véritable – Julien Rochedy

    La race, extraits divers de Walter Darré – Augustin

    L’Empereur Charlemagne dans la doctrine nationale-socialiste allemande

    20 Prophéties de l’Ancien Testament et leur Accomplissement dans le Christ


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  • 6 commentaires




    D'où la fameuse devise « Arbeit macht frei » inscrite sur l'enseigne du portail du camp d'Auschwitz-Birkenau (le « club med » avant l'heure !), puisqu'il s'agissait d'améliorer le niveau moral de chaque détenu en lui donnant la possibilité de se transformer par les fruits de ses efforts, partant devenir un être rénové. Cette formule est parée d'une saveur chrétienne mais aussi quelque peu hégélienne dans son contenu : pour s'humaniser véritablement, l'homme s'accomplit par le travail, et recouvre sa liberté par son « Ehfarung », son expérience qui l'a mené à la négativité du concept afin de forger l'homme nouveau, en tant que mixte d'identité et de différence, synthèse entre même et autre.


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    […] De « l’oisiveté » légendaire du Germain ancien à l’éthique du travail chrétien : évolu… […]


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    […] Contre l'oisiveté, le modèle universel du savant et le haut cadre du labeur ! […]


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