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Publié le par Florian Rouanet
Une idole des néo-païens antichrétiens, pourtant favorable aux juifs
Suite au succès en termes de visibilité de notre précédent article, qui adoptait par principe apologétique l’usage d’Origène contre Celse, il était tout naturel de dénoncer l’instrumentalisation de Julien l’Apostat pour des raisons sensiblement différentes, venant ainsi compléter le propos déjà engagé.
Préambule :
Julien l’Apostat, premier « néo-païen » d’envergure, si l’on veut, critiqué de l’historiographie chrétienne, incarne un paradoxe troublant : adulé par certains néo-païens 2.0, à l’instar de Celse, notamment à « Démocratie participative » ; il fut pourtant un empereur profondément hostile au christianisme, en même temps d’être complaisant envers le judaïsme…
Cette collaboration culmine dans son projet avorté de reconstruction du Temple de Jérusalem, relaté par l’historien païen Ammien Marcellin, et qui témoigne de cette alliance pagano-judaïque contre l’Église naissante.Sommaire :
I. Julien, l’ex-chrétien redevenu païen
II. L’alliance païenne et judaïque contre les chrétiens
III. La destruction miraculeuse du Temple
IV. Une figure problématique pour le néo-paganisme contemporain
I. Julien, l’ex-chrétien redevenu païen
Petit-neveu de Constantin, et dans l’après contexte du concile de Nicée de 325, Julianus fut initialement élevé dans la foi chrétienne, pas complétement orthodoxe (il fut aussi instruit par des tuteurs arianisants, puisque son cousin Constance II, était un fervent partisan de l’arianisme), avant de renier le Christ et d’embrasser un paganisme teinté de néoplatonisme et de mysticismes ésotériques.
Se posant en restaurateur des cultes antiques, il opéra un retour à la « tradition païenne » et chercha à éradiquer toute chrétienne dans l’Empire, en favorisant les rites païens et en interdisant aux chrétiens d’enseigner dans les écoles publiques, mais également, en se rapprochant des Juifs.
Portant un antichristianisme virulent, il annonçait déjà les dérives des mouvements néo-païens modernes/Nouvelle Droite, plus enclins à la haine du christianisme qu’à une réelle piété religieuse – leur paganisme étant simplement un mythe culturel, ainsi athée.II. L’alliance païenne et judaïque contre les chrétiens
Flavius Claudius Iulianus ne se contenta pas de restaurer le paganisme : il chercha aussi des alliés pour contrecarrer la puissance montante du christianisme. Il trouva un soutien chez les juifs, réunis dans un même rejet du Christ et Son message, culminant au moment où il encouragea à reconstruire leur Temple à Jérusalem, espérant ainsi raviver leur foi ancestrale et créer une force d’opposition au christianisme triomphant.
Cette tentative révèle une convergence entre paganisme et judaïsme contre l’Église, un phénomène que les néo-païens contemporains – depuis le XIXe siècle, le véritable néopaganisme –, pourtant souvent antisémites, peinent à expliquer… !
III. La destruction miraculeuse du Temple
Le projet de reconstruction du Temple fut cependant un échec spectaculaire, frappé d’un signe céleste que même les chroniqueurs païens ne purent ignorer. Ammien Marcellin, témoin de l’époque et admirateur de Julianus, rapporte ce fait extraordinaire :
« Il [Julien] voulait relever, sur le plan le plus extraordinairement somptueux, ce magnifique temple de Jérusalem, qu’après une série de combats meurtriers livrés par Vespasien, Titus avait enfin enlevé de vive force. Il chargea de ce soin Alypius d’Antioche, qui avait administré la Bretagne comme lieutenant des préfets. Alypius, bien secondé par le correcteur de la province, poussait en conséquence les travaux avec vigueur ; quand soudain une éruption formidable de globes de feu, qui s’élancèrent presque coup sur coup des fondements même de l’édifice, rendit la place inaccessible aux travailleurs, après avoir été fatale à plusieurs d’entre eux ; et ce prodige se renouvelant chaque fois qu’on revint à la charge, il fallut renoncer à l’entreprise. »
Ammien Marcellin, Histoire de Rome, Livre XXIII, Chapitre I, § 2-3 (historien païen).
Cet événement, rapporté par saint Ambroise aussi côté chrétien, véritable miracle, démontra la volonté divine de maintenir la prophétie du Christ :
« Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée » (Matthieu 24:2).
Julien l’Apostat fut ici littéralement l’instrument de l’Antichrist. Le Fide Post, repris en fin d’article, en fait une recension complète, originale et même étonnante.
IV. Une figure problématique pour le néo-paganisme contemporain
Le cas de Julien l’Apostat est révélateur d’une contradiction profonde dans certains cercles néo-païens contemporains : comment vénérer un empereur qui, tout en combattant le christianisme, fut un allié du judaïsme ?
Cette ironie est d’autant plus frappante que des figures comme Louis-Ferdinand Céline lui ont dédié des œuvres (notamment L’école des cadavres, ignorant probablement l’aspect judéo-servile de notre personnage du jour, issu de l’antiquité tardive), et que des sites comme « Démocratie Participative » en font parfois l’éloge aveugle : ce qui est le comble !Mais cette fascination pour la force de la détestation et le tribalisme, à l’instar de Friedrich Nietzsche, se révèle être la source de leurs intérêts, rapprochements et similarités, en plus de l’union dans le rejet unilatéral du christianisme, qu’ils soient purs européens, et « traditionnalistes », ou non…
Les néo-païens modernes, bien plus athées que croyants, du GRECE à Terre & Peuple, trouveront en lui un modèle de rejet du christianisme, mais fermeront les yeux sur son rôle de protecteur du judaïsme, ce qui discrédite leur posture idéologique.
Ainsi, Julien l’Apostat ne fut pas seulement un empereur antichrétien : il incarne l’un des premiers avatars d’un dit néo-paganisme anti-catholique, et son échec historique rappelle que toute tentative de résurrection des cultes antiques contre l’Église est vouée à la ruine.
Il faut lire Paganisme versus christianisme, conflit non surmonté du nationalisme de Joseph Merel, malgré une probable difficulté relative éprouvée à sa lecture.
Pour approfondir :
- Article détaillé : Fide Post, Guillaume Von Hazel, La miraculeuse destruction du Temple juif de Julien l’Apostat
- Vidéo explicative : Fide Post, YouTube – Histoire et analyse
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ARTICLES MENTIONNANT DP, POSITIVEMENT OU NÉGATIVEMENT :
Réponse au néopaganisme de Démocratie participative/Boris Le Lay
NEOPAGANISME
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