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Publié le par Florian Rouanet
Mgr Umberto Benigni et le fascisme 1/3 – Revue Sodalitium
Le centre névralgique de l’article se situe ici. Il commence curieusement et fini plutôt bien en terme d’objectivité et de références !
L’abbé Ricossa montre que Benigni avait une opinion défavorable du fascisme avant 1923 du fait des liens du mouvement avec la maçonnerie et le socialisme. Mais avec l’évolution contre-révolutionnaire du Duce, il a changé d’avis et a pensé que sur le plan pratique, le régime fasciste était le meilleur camp possible pour un catholique intégral à ce moment-là, suite à la fin du Sodalitium Pianum sous saint Pie X.
Au fait, Mgr Benigni ne pouvant plus agir contre les modernistes après la mort de saint Pie X, s’est attaché au régime italien pour continuer une action similaire, auprès du pouvoir étatique et contre des taupes éventuelles, maçonniques ou libérales.
L’abbé Ricossa établit un parallèle intéressant entre Benito Mussolini et l’empereur Constantin. C’est aussi intéressant de voir que même des intégralistes, n’ayant pas trop voulu « se mouiller », ont adhéré au régime, en le regrettant parfois a posteriori.

2e PARTIE – MGR BENIGNI ET LE CONCORDAT ITALIEN :
L’attitude de Mgr Benigni durant la Grande Guerre n’implique donc pas une réhabilitation du Risorgimento. Cette réhabilitation, pouvons-nous peut-être la retrouver dans son acceptation, et même dans l’approbation du Concordat entre l’Etat et l’Eglise de 1929, qui mit un terme à la Question Romaine ? C’est ce que, en un certain sens, a pensé l’abbé Paul Boulin, qui jusqu’à ce moment avait suivi fidelement Mgr Benigni, d’abord dans le Sodalitium Pianum et ensuite dans l’Entente Romaine de Défense Sociale.
L’abbé Boulin, français, va donc se dissocier de Mgr, précisément lors d’une mésentente dû à son rapprochement avec le régime fasciste, vu comme une sorte de « compromis ».
La rupture de 1929 fut sans doute l’événement le plus douloureux et significatif de l’histoire du catholicisme intégral après la mort de saint Pie X (1914) et la dissolution du Sodatitium Pianum (1921), dont le catholicisme intégral ne se remit pas. Mgr Benigni perdait son principal collaborateur, ses rapports avec le père Maignen se refroidissaient aussi, les publications françaises cessèrent, en particulier la collection « Récalde » (dont nous parlerons en abordant la question jésuite), cessa aussi l’aide financière du bienfaiteur Simon (à la mort de Benigni,B. D’Ambrosio signalera en vain à Mussolini les dettes de la Difesa Sociale, suite à la crise économique de 1929 et à la rupture avec les Français). Mais c’est surtout la dénonciation de Boulin faite par Benigni dans certains de ses rapports au ministère de l’Intérieur qui déplait et attriste (174). Pour Nina Valbousquet l’affrontement violent entre Benigni et Boulin (surtout de Benigni contre Boulin) serait la preuve d’un abandon inconscient, de la part de Mgr Benigni, des vieilles positions catholico-intégrales, pour adopter des positions clérico-fascistes (comme les vieux ennemis du Centro Nazionale).
Le choix de se rattacher au régime fasciste a donc fait reculer certains prêtres français monarchistes ou en tout cas, « anti fascistes ».
Et ci-dessous vient le WTF ultime :
À part la question du fascisme, sur laquelle nous reviendrons, peut-on dire que Mgr Benigni ait abandonné les principes du catholicisme intégral pour devenir un clérico-fasciste ? Materialiter il pourrait sembler que oui (Boulin reste « intransigeant », Benigni accepte le Concordal, en notant entre autres malicieusement qu' »aujourd’hui, le Vatican est à la tête, comment dire ?, de la transigeance ») (175), Cependant, à part le côté humain, la position de Mgr Benigni à l’égard de l’abbé Boulin et du Concordat était irréprochable tant au regard du programme du Sodutitium Pianum pour ce qui concerne la Question Romaine, qu’au regard du programme de l’E.R.D.S. (Défense Sociale) auquel Boulin adhérait, pour ce qui regardait les rapports avec le fascisme : conforme au vieux programme intégral du S.P., puisque la défense de la Question Romaine et des droits de l’Église devait S’exercer « d’après les directives du Saint-Siège » (179).
En effet, ils se sentent obligés d’analyser tout à l’aune de leur trip doctrinal. Mgr Benegni décret fasciste materialiter et non formaliter, un peu comme la « papauté Bergoglio »… Cela blesse l’intelligence du reste du propos hélas.
Adhérer à la doctrine fasciste ? Ou bien soutenir le régime fasciste ? Ce n’est pas la même chose. (…)
Il accentue la défense du patriotisme chrétien et d’un nationalisme équilibré, contre l’internationalisme et le pacifisme, bien qu’en maintenant la condamnation sans équivoque du nationalisme païen. À ce propos, sont d’une extrême actualité trois articles intitulés « Nazionalismo e internazionalismo » publiés sur Fede e Rugione en 1927 (en pleine dispute sur l’Action Française) (182). Les catholiques démocrates et pacifistes à la Marc Sangnier, « ces pauvres petits chrétiens qui à Bierville tendaient une main amie aux juifs et aux maçons », condamnaient le nationalisme, résumé dans les formules la Patrie ou la Nation « au-dessus de tout » ou » avant tout » (183). Or, « quiconque à l’au-dessus de tout’ et à l’avant tout’ attribue un sens amoral, en disant que la Patrie est source autonome de la moralité des citoyens (en faisant un ‘Dieu-État’, comme on dit), celui-ci serait un athée ou un agnostique, si vous préférez, lequel en niant ou en ignorant Dieu, fait du fait rational la source suprème de la loi morale. Mais dans ce cas il s’agit d’un athéisme ou agnosticisme, non de nationalisme ! » : c’est la condamnation du nationalisme paien exprimée dans le programme du Sodalitium. Si au contraire par nationalisme on entend « une tendance, un mouvement, d’où un parti, pour lequel la Nation, autrement di la Fairie, doit être lu première aspiration dans le terrain com-pétent, c’està-dire polítique, au-dessus tant des partis politiques du pays que des vues internationalistes » c’est pourquoi « déterminer ultérieurement ce primat de l’intérêt national, dépend, en tout cas, (du) jugement moral de la conscience chrétienne », alors « Il est hornête, il est chrétien de placer la patrie, avant et au-dessus de tout, en cela qu’elle existe et agit dans le domaine politique compétent; ce qui respecte pleinement la Loi divine, l’Eglise, etc., toutes choses d’un plan supérieur, intangible », comme quand un père chrétien déclare que « le but de sa vie est de donner surtout un avenir à ses enfants, sans vouloir dire que ce but est au-dessus du Crédo, du décalogue, des préceptes de l’Église, etc. ». Et c’est cela le patriotisme chrétien dont parlait l’ancien programme. Les ennemis du vrai patriotisme sont donc : l’esprit de parti d’un côté, l’internationalisme de l’autre.
Nous sommes en plein dans les sujets d’époque en effet avec l’interventionnisme italien dans la Grande guerre, puis les condamnations du Sillon puis de l’Action française, mais plus largement la question du fait national de l’ordre universel.
Concernant le Partito Popolare, Fede e Ragione discerna dans le parti démocrate-chrétien de don Sturzo et dans son aconfessionalisme programmatique, la renaissance de ce « modernisme social que saint Pie X avait condamné dans les personnes de don Romolo Murri et Marc Sangnier; « modernisme social » plus dangereux que celui dans le domaine dogmatique, puisque les erreurs et la dangerosité en étaient moins évidentes. (…)
Les Popolari étaient devenus de fait le parti des catholiques sans toutefois être un parti catholique.
L’opposition au P.P. plaçait ainsi les catholiques intégraux (et aussi les autres catholiques) comme aliés objectis du mouvement fasciste, au moins en s’opposant au P.P.! (…)
Gianni Vannoni in Chiesa, Fascismo e Massoneria (186) ou bien E. Poulat in Catholicisme…(pp. 449). *L’hostilité de Fede e Ragione au fascisme naissant est entière, immédiate et catégorique. De Töth et/ou Benigni mènent l’attaque en articles de tête signés Spectator (167);
‘Les peuples n’ont aujourd’hui qu’un seul moyen de salut: revenir au Christ’, écrit-il le 16 janvier 1921 (…)
« Non ! Non ! Les catholiques ne doivent nourrir aucune confiance pour le fascisme. à supposer qu’ils aiment vraiment l’Église, qu’ils désirent et veuillent sincèrement la liberté de leur foi et de leur conscience. » (…)
Nous ne le nions pas : tous les fascistes n’ont pas la mentalité de Mussolini et de D’Annunzio, mais cela ne change pas une ligne du programme fasciste, ni le but où la secte veut le conduire. Et ce but, répétons-le, c’est la destruction de la religion et de l’Église pour le triomphe de l’idéal maçonnique, de l’idéal paien (…).
« La patrie ! Voilà la divinité, l’unique divinité devant qui tout esprit et toute un conscience doivent s’incliner; voici le tout dernier Moloch, auquel chacun doit venir sacrifier.., et voici le fascisme, à savoir la nouvelle arme de lutte que la secte a lancée pour ses fins infernales et avec laquelle elle tente non seulement de regagner le terrain perdu mais, souveraine despotique, de s’imposer nouvellement aux peuples. (…)
Le 8 mai 1921 (…) De Töth ou Benigni (Spectator) de rappeler que la judéo-maçonnerie compte tous les chefs fascistes dans ses plus hauts grades et que tous les fascistes doivent lui appartenir' » (POULAT, ibid., pp. 449-450).
Après la marche sur Rome et la montée au pouvoir de Mussolini, « au sein du PPI se dessinera très vite (dès 1922), surtout dans le groupe parlementaire, un courant Cérico-fasciste’ où revit le ‘clérico modératisme’ d’avant guerre, favorable à une collaboration avec le régime relayant l’accord avec les libéraux. (…)
En juillet 1926, à la demande d’un lecteur, Fede e Ragione expliquait qu’un catholique ne devait s’inscrire ni au Partito popolare – parce que le principe aconfessionnel constitue un danger pour la Foi, pouvant porter les catholiques jusqu’à en faire abstraction dans la vie publique, sociale, politique’, – ni au Parti fasciste, parce que lui non plus ne se conforme pas à l’intégrité de la doctrine catholique » (188).
Mgr Benigni est passé d’une position plus conspirationniste à une politique de Bien commun au final.
Chez les squadristes de seconde génération, on observe une greffe d’éléments davantage réactionnaires en réalité. Au Parlement, durant les années 1923/24, les discours de Mussoliki se feront plus « religieux » également, et antimaçonniques.
Mais, comme catholiques intégraux, en rappelant les principes de Töth et Benigni ne cachent pas leur satistaction à la vue de l’évolution du fascisme à partir des années 1923-1924: déclaration d‘incompatibilité entre adhésion au Parti et à la maçonnerie.
« Il était temps ! » commente le journal le 13 février 1923 ; loi sur les associations avec pour conséquence la dissolution des deux obédiences maçonniques (19 mai 1925), retour du crucifix (avril 1923) et de l’enseignement religieux dans les écoles (1923), etc. (POULAT, ibid., p. 455, VALBOUSQUET, Catholique et antisémite, pp. 162-164), Concordat avec l’Eglise catholique en 1929 et reconnaissance du mariage religieux par l’Etat. L’Italie fasciste était devenue un État concordataire : deviendrait-elle aussi un État catholique ?
Si le régime fut parfois critiqué, il fut accepté et nombres de points en furent décrétés bons.
La revue Fede e Ragione, dans une lettre ouverte à Mussolini, rappelait, en 1928, son adhésion au « gouvernement national » en juillet 1923 : (…)
«
quand encore aucune scission n’étuit venue détruire l’équipe fopoiure (anusion du Centro Nazionale) nous, considérant ce caractère providentiel que nous avons trouvé dans le mouvement fasciste, nous adhérions, en juillet 1923, au Gouvernement National » (Au seuil de l’année VII. Lettre ouverte au député Mussolini, F.e.R. 11 novembre
1928). Jamais don Paolo de Toth ne se défini « fasciste », et même après l’adhé sion au « gouvernement national » il ne manqua pas de critiquer les choix critiquables du fascisme ou des fascistes au niveau local ou national (189). Après la chute du fascisme et de Mussolini, don de Töth écrivit en 1958 en se souvenant de son ami Sassoli de Bianchi : Aucun homme de gouvernement n’avait parté de
*Église avec le respect de Mussolini; personne jusqu’alors n’avait souhaité la fin du conflit entre l’Église et l’État en Italie, en plus de tant de bonnes lois et de la Charte du Travail, inspirée tout entière des principes de la sociologie catholique. » (…)
Historien de l’Eglise, il est possible que Benigni ait vu en Mussolini, au sommet de son succès, un émule de Constantin (192). Mgr Benigni avait une idée tout à fait impartiale de l’Empereur qui christianisa l’Empire Romain, bien éloignée de la canonisation que lui a réservée l’Église séparée d’Orient. Il avait été l’initiateur de ce césaro-papisme qui a toujours affecté, précisément, l’Église orientale, et qui a trouvé tant d’imitateurs en Occident. (…)
Pie XI et le cardinal Gasparri ne pensaient pas autrement en 1929. Homme d’action, Mgr Benigni ne pouvait rester neutre, dans la pratique, à l’égard du nouveau gouvernement national (d’un côté) et de ses adversaires (de l’autre) qui étaient aussi, depuis toujours, ses adversaires : 1923 deviendra donc l’année cruciale au cours de laquelle, après que Mussolini se fut débarrassé (au moins en partie) de l’hypothèque maçonnique, Mgr Benigni de son côté fit son choix à l’égard du Fascisme-Régime ; en 1923 il fonde l’E.R.D.S., Entente Romaine de Défense Sociale, débute sa collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, qui deviendra ensuite collaboration avec le ministère de l’Intériour, police politique, et c’est dans ce cadre qu’il ferme le bureau romain de Fede e Ragione tout en continuant sa collaboration avec l’hebdomadaire. Pour répondre aux objections, nous verrons séparément les deux activités (E.R.D.S. et collaboration avec la Pol.Pol.), distinctes mais étroitement liées.
M. Poulat en écrira encore :
« des informateurs de la secrétairerie particulière du Duce et de l’OVRA, la police politique du Régime (.) » (Poulat, Catholicisme…, pp. 458-459). Il me semble que Poulat a vu juste ; Mgr Benigni n’adhère pas à la doctrine du fascisme mais, en tant qu' »homme d’action » (et je reviendrai sur le type d' »action » qui dès 1909 fut celle de Mgr Benigni) il choisit – précisément entre la fin de 1923 et le début de 1924, comme nous verrons – de se servir du fascisme, devenu gouvernement de la nation, pour continuer dans les mutatis mutandis, son activité commencée sous saint Pie X, qui était – rappelons-le – une activité journalistique (Mgr Benigni fut le fondateur, d’une certaine façon, de la salle de presse vaticane) et d’information privée (d’autres diront « d’espionnage », nous verrons dans quel sens)…
Le Sodalitium Fianum fut dissous par Mgr B., conformément à la demande de la Sacrée Congrégation du 25 novembre 1921, « dans les nouvelles circonstances actuelles », le 8 décembre 1921. La collaboration de Mgr Benigni avec le gouvernement italien d’alors concerna aussi bien le ministère des Affaires Étran-gères, à partir de 1923, que le Ministère de l’intérieur et la police politique, à partir de 1927. (…)
Initialement, Mgr Benigni fut chargé en 1923 de la constitution d’un service politique pour le compte du ministère des Affaires Étrangères, service qui fonctionna, sous la responsabilité de Mataloni, de 1924 à 1928, quand le ministre Dino Grandi supprima le service et congédia Mataloni (191), Comme le prévoyait et le craignait Dino Grandi, Mgr Benigni poursuivit alors son activite en se tournant vers le ministère de l’Intérieur, et plus particulièrement vers la Police Politique dirigée par Arturo Bocchini (et non vers l’OVRA) (198).
Du Sodalitium pianum donc, à l’Intesa Sociale et aux ministères du fascisme. Il était formé et très renseigné dans ces domaines énoncés.
« Le rôle de Mgr Benigni, comme fiduciario de la Polizia Politica, n’était ni plus ni moins qu’un service d’informations, une activité de lobbying si l’on veut en faveur du catholicisme intégral et contre ses ennemis doctrinaux. »
Comme quoi, il était tout à fait possible de soutenir le régime, en allant loin en la matière, tout en restant parfaitement catholique.
Le journaliste et poète Francesco Zanetti (1870-1930), rédacteur en chef de L’Osservatore Romano, protégé du cardinal Merry del Val, et par la suite du cardinal Canali mais congédié par le comte Della Torre (FIORENTINO, Pp. 23-26, 170, 245) fut aussi un autre collaborateur de Mgr Benigni comme fiduciario 42; sa dénonciation de Montini, « ennemi qui a l’œil »‘ (P. 31), est significative et inhabituelle pour un prêtre, l’activité de collaboration avec le gouvernement italien exercée par Mgr Benigni était moralement irréprochable comme citoyen, il était au service de sa patrie; comme ecclésiastique, il était au service des intérêts de l’Egli-se: comme militant contre-révolutionnaire, il luttait efficacement contre la Révolution avec les moyens mis à sa disposition. Il adaptait simplement sa précédente activité dans le cadre du Sodalitium Pianum directement au service du Saint-Siège aux « conditions changeantes des temps ».
Ainsi, l’attitude benignienne se résume aux expressions suivantes :
- Une opinion initialement défavorable au fascisme
- Un combat contre les infiltrations modernistes et maçonniques
- Une évolution contre-révolutionnaire du Duce qui change les perspectives
- L’adhésion prudente des intégralistes au fascisme, etc.
La troisième et dernière partie de ce long chapitre du Sodalitium IMBC parlera, un peu à l’instar de JMLP, « d’internationale juive » (sic) ! Mais plus généralement de la revue E.R.D.S. de Mgr Benigni et de la « collaboration » sociale avec les non catholiques, laquelle ne constituerait pas une violation du confessionnalisme catholique ! Il est important toutefois de lire également la première partie afin de saisir le contexte ou fascisme et catholicisme intégral émergent.
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