• Le fascisme et ses résultats par Herman de Vries de Heekelingen



    Regard catholique sur le fascisme italien

  • Publication d'un professeur catholique germanique, en 1937

    Résumé introductif :
    Le fascisme et en particulier celui d’origine (italien), sous la plume d’Herman de Vries de Heekelingen, professeur de foi catholique, a été présenté comme une réponse aux bouleversements sociopolitiques de l’après-guerre, ancrée dans une doctrine rationnelle et mystique, totale, ordonnée et une praxis efficace.

    Ce bref article va retracer les pas de cette œuvre méconnue, qui se veut être une apologie, un panégyrique, un éloge du régime mussolinien !

    Sommaire :
    I. Auteur & époque de troubles
    II. Extraits notables du livre Le fascisme et ses résultats
    III. Parallèles faisant écho à l’abbé Julion Meinvielle, ainsi qu’à Adrien Arcand
    IV. Contribution vidéo pour l’histoire du fascisme italien


    I. Auteur & époque de troubles

    Comme gage, de crédibilité, voici ce qu’en dit la page Wikipedia en anglais de cet auteur :

    Herman de Vries de Heekelingen (18 juin 1880 – 27 juillet 1942) était un érudit et auteur néerlandais qui vécut la seconde moitié de sa vie en Suisse. Il fut professeur de paléographie à l’Université catholique de Nimègue (spécialisé en archéologie, préhistoire et histoire ancienne) et directeur de la bibliothèque de cette université de 1923 à 1927.

    De Vries est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la « question juive » et a été décrit comme un idéologue antisémite.

    Le livre est disponible notamment sur le site de la Fnac

    L’ouvrage Le fascisme et ses résultats, publié en 1939 par Herman de Vries de Heekelingen, s’inscrit dans une période de tensions internationales exacerbées par les graves crises économiques de l’entre-deux-guerres.

    En Italie, le fascisme, post-squadriste, sous la conduite de Benito Mussolini, s’est imposé dès les années 1920 comme une alternative devant l’instabilité 1) parlementaire et 2) aux menaces communistes. L’auteur, ancien professeur à l’Université catholique de Nimègue, considère que les valeurs chrétiennes et l’ordre social traditionnel trouvent dans le fascisme un appui solide face aux idéologies révolutionnaires destructrices.

    Dans cette œuvre d’une centaine de pages, de Vries de Heekelingen adopte une posture apologétique, s’éloignant des critiques habituellement adressées à Mussolini pour mettre en avant les changements positives opérées par son régime. Et, en effet, la politique chrétienne du régime était en adéquation avec l’enseignement social des Papes :

    Mgr Joseph Tiso, dans une tribune publiée par le journal « Slovák », le 7 septembre 1941 :

    « Ce sera une surprise pour beaucoup si j’affirme que les principes sociaux traduits par les encycliques du pape et les principes du national-socialisme sont les mêmes. Les principes des encycliques papales, les principes principaux sur lesquels sera fondée l’organisation sociale en Slovaquie, et les principes du national-socialisme sont identiques. Et seul celui qui n’a lu ni les uns, ni les autres, ou qui ne les a pas comparés, peut parler d’une lutte entre eux. »


    Le fascisme analysée par H. de Vries de Heekelingen

    L’auteur, par sa formation catholique, analyse le fascisme comme une doctrine, incarnée dans l’action, marquée par un retour à la discipline collective et un rejet des dérives individualistes et libérales. Il estime que le Condottiere a su restaurer un ordre social cohérent, fondé sur des principes traditionnels tels que l’autorité, la hiérarchie et la reconnaissance de la religion comme ciment moral de la société.

    L’écrivain met également en lumière le rôle central du corporatisme, qu’il considère à juste titre comme une alternative crédible face au capitalisme débridé et au collectivisme marxiste.


    Les résultats du fascisme italien

    De Vries de Heekelingen consacre une large part de son ouvrage à l’évaluation des réalisations concrètes du régime fasciste :

    1. La pacification de l’Italie : après des années de violence urbaine, Mussolini a réussi, à rétablir l’ordre et la sécurité.
    2. Les réformes économiques : le fascisme est crédité d’une gestion audacieuse des finances publiques et d’une réduction du chômage par de grands travaux publics et un bon corporatisme.
    3. La valorisation de la famille : de nombreuses mesures pronatalistes (l’absence de démographie dénoncée dès 1934) ont renforcé le rôle de la famille en tant que cellule fondamentale de la société.
    4. Le Concordat avec l’Église catholique : signé en 1929, ce pacte historique est perçu comme l’apogée des relations entre l’Église et l’État italien.

    Cependant, l’ouvrage tend à minimiser les critiques adressées au régime, notamment en matière de libertés civiles ou d’expansionnisme militaire.

    Bien que ce livre ait reçu hélas peu d’attention critique, il constitue un témoignage précieux de cette époque où des intellectuels catholiques ont loué au moins certains aspects du fascisme, défendant des valeurs nobles, en tant que rempart contre l’athéisme militant et la désintégration morale des nations en Europe.

    II. Extraits notables du livre Le fascisme et ses résultats

    Herman de Vries de Heekelingen, 1939

    Pour mieux comprendre la vision de l’auteur sur le fascisme italien, voici une sélection d’extraits tirés de l’ouvrage, illustrant les principaux axes de sa réflexion :


    Sur le Bien commun :
    « Le fascisme italien, loin d’être une simple dictature, a pour fondement une vision claire de l’homme et de la société, où l’État, loin d’opprimer, ordonne les forces pour le bien commun. »
    (Herman de Vries de Heekelingen, Le fascisme et ses résultats, Social-Éditions, 1939).

    Sur la nécessité d’un État fort :
    « Le désordre social et l’anarchie qui gangrènent l’Europe ne peuvent être résolus que par une main ferme et un État capable de diriger les masses, non pas par la force seule, mais en orientant leurs efforts vers une finalité supérieure. Le fascisme a répondu à cet appel. »
    (Le fascisme et ses résultats, chapitre II, p. 12).

    Sur l’opposition au libéralisme et au marxisme :
    « Les échecs patents du libéralisme, rongé par son individualisme exacerbé, et du marxisme, incapable de reconnaître la dignité de l’homme hors de l’économie, expliquent le triomphe du fascisme. Il est une synthèse nouvelle, où l’ordre et la justice ne s’opposent pas, mais se complètent. »
    (chapitre III, p. 28).

    Sur les réformes économiques :
    « L’Italie fasciste, sous l’égide de Mussolini, a transformé un pays en crise chronique en un État où la discipline économique et le travail collectif triomphent. Par ses grands travaux, il a offert à des milliers d’hommes une place dans la reconstruction nationale. »
    (chapitre IV, p. 45).

    Sur la religion et l’Église catholique :
    « Jamais dans l’histoire moderne, la religion n’a trouvé un défenseur aussi zélé qu’elle ne l’a fait dans le fascisme italien. Le Concordat de 1929 n’est pas seulement un accord politique, il est le symbole d’une coopération harmonieuse entre le temporel et le spirituel. »
    (chapitre V, p. 60).

    Sur la politique sociale et familiale :
    « La politique fasciste, loin d’ignorer les besoins des familles, a mis en place des mesures sans précédent. Les allocations, l’incitation à la natalité, le respect de l’autorité paternelle : tout cela témoigne de l’attention portée à la cellule familiale comme base de la société. »
    (chapitre VI, p. 74).

    Sur l’État corporatiste :
    « En fondant un État corporatiste, le fascisme a offert une alternative chrétienne et organique aux luttes de classes marxistes. L’intérêt collectif passe avant l’individualisme stérile et la haine sociale. »
    (chapitre VII, p. 82).


    Lien vers l’ouvrage complet :
    Herman de Vries de Heekelingen, Le fascisme et ses résultats, Social-Éditions, 1939.
    Egalement disponible en ligne au format numérique sur Gallica

    III. Parallèles faisant écho à l’abbé Julion Meinvielle, ainsi qu’à Adrien Arcand

    Un parallèle intéressant peut être établi avec l’abbé argentin Julio Meinvielle, thomiste et fervent défenseur de l’ordre chrétien face aux idéologies modernes. Dans son ouvrage Concepción católica de la política (1940), entre autres, Meinvielle reconnaît dans le fascisme certaines vertus, notamment son opposition au matérialisme libéral et marxiste, et l’établissement du corporatisme, tout en le critiquant peu ou proue pour son exaltation excessive de l’État. À l’instar de de Vries de Heekelingen, il perçoit dans le fascisme une tentative, bien qu’imparfaite, de restaurer une hiérarchie naturelle et un ordre social fondé sur des principes naturels et transcendants.

    Ce regard trouve également un écho chez Adrien Arcand, le catholique et national-socialiste canadien, qui, dans son programme pour le Parti National Social Chrétien, tente de concilier au maximum les principes catholiques traditionnels avec une vision de l’ordre social inspirée des régimes autoritaires européens de la première moitié du XXe siècle. Tous deux témoignent de la complexité/similarités des relations entre la pensée catholique et les mouvements politiques de l’entre-deux-guerres, oscillant entre approbation conditionnelle et, parfois, critique morale.

    IV. Contribution vidéo pour l’histoire du fascisme italien

    La vidéo proposée, bien que largement « à charge » contre le régime fasciste, offre néanmoins une opportunité précieuse de découvrir des archives colorisées et saisissantes. Ces images permettent de mieux appréhender le contexte historique et l’impact visuel de la propagande mussolinienne, enrichissant ainsi la réflexion sur cette période complexe de l’histoire européenne.


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