-
Publié le par Florian Rouanet
Front liminaire
L’abbé Julio Meinvielle (1905-1973) était un prêtre et théologien thomiste argentin, très pro fasciste, connu pour ses analyses politiques et religieuses. Né le 31 août 1905 à Buenos Aires, il fut ordonné prêtre en 1930 et obtint des doctorats en philosophie et en théologie à Rome.
Profondément influencé par le corpus de l’Aquinate, il fulmina contre : l’humanisme abstrait, la démocratie-chrétienne, le modernisme, le libéralisme et, en particulier, le personnalisme de son époque, incarné notamment par son contemporain français, Jacques Maritain.
Il mourra en le 2 août 1973 : ce qui fait qu’il a vu se dérouler Vatican II, et, pourtant lucide dans le domaine antilibéral, il a manqué de recul pour s’y opposer, notamment sur ladite liberté religieuse, dans le sens moderniste.🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia
Sommaire (suite)
I. Contexte historique et philosophique
II. Analyses de l’abbé Meinvielle
III. Citations clefs de l’abbé Meinvielle sur les sujets précédemment énumérés
IV. Bibliographie complète mentionnée en langue française et espagnole
VI. Conclusion
I. Contexte historique et philosophique
L’abbé Meinvielle a vécu à une époque marquée par les bouleversements politiques majeurs, tels que la montée des régimes fascistes en Europe, la crise du libéralisme, les débats intellectuels et les controverses théologiques au sein de l’Église catholique.
II. Analyses de l’abbé Meinvielle
A. Défense du corporatisme fasciste
L’abbé Meinvielle considérait le corporatisme, en général, et celui fasciste en particulier, comme une alternative viable aux maux du libéralisme et du communisme. Le corporatisme intègre les principes de la doctrine sociale de l’Église.Dans son ouvrage “La conception catholique de la politique” (1936), il développe ces idées en insistant sur l’importance d’un État fort, guidé par des principes catholiques. Il entrevoyait dans cette structure corporatiste, une réponse adaptée à la crise morale et économique de la modernité.
B. Critique de la gnose personnaliste de Maritain
Dans son ouvrage “De Lammenais à Maritain” (1945), il dénonça l’évolution du libéralisme catholique qu’il associait à une sécularisation de la foi, incompatibles avec l’Église catholique. Cette approche était associé à une continuité avec les erreurs de l’abbé Félicité de Lamennais qui, ouvraient la porte au relativisme et à une sorte de suicide de la foi.III. Citations clefs de l’abbé Meinvielle sur les sujets précédemment énumérés
1. Le corporatisme :
« Le régime corporatif est, précisément, celui qui veut promouvoir l’organisation de toutes les forces sociales ; il en favorise le développement vital et fécond dans la mesure où il en procure le concert et l’harmonie. Dans l’ordre économique, par le moyen de la corporation, il substitue à la liberté débridée du capital et du travail et à la lutte d’intérêts qui en dérive, des règles variables édictées par le même corps professionnel qui assurent la loyauté et la sécurité du métier. Contre la liberté sans frein que proclame le libéralisme, il invoque le droit d’association pour l’ouvrier, afin de le défendre contre l’exploitation capitaliste. Contre le principe socialiste de la lutte entre le capital et le travail, il exige la collaboration de l’un et de l’autre au bénéfice même de la classe laborieuse. Le régime corporatif est l’organisation du travail la plus conforme aux principes de l’ordre social chrétien et la plus favorable à la prospérité générale. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 37. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Nous ne nous lasserons jamais d’insister qu’il ne peut y avoir d’ordonnancement économique juste tant qu’on ne suit pas les directives pontificales, si magnifiquement exposées par Pie XI dans la Quadragesimo anno, sur le Régime Corporatif. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 57-58. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf2. Le fascisme :
« Le fascisme, en sa tentative de restaurer l’ordre, reconnaît la primauté des valeurs spirituelles et la nécessité d’une autorité forte guidant la nation selon les principes chrétiens. »
— Abbé Julio Meinvielle, Conférence de 1937.« En effet, le Fascisme est l’affirmation des droits de l’autorité politique face à la démocratie bourgeoise qui méconnaissait cette autorité. Dans le Fascisme, l’autorité s’affirme… et elle s’affirme comme restauratrice d’un ordre vertueux. Pour cela, on exige le respect de la loi comme condition d’une juste liberté. »
— Abbé Julio Meinvielle, Un Juicio Católico sobre los problemas nuevos de la Política, Buenos Aires, GLADIUM, 1937, p. 38-39.
https://ia801408.us.archive.org/20/items/Meinvielle.UnJuicioCatlicoSobreLosProblemasNuevosDeLaPolltica/Meinvielle.%20Un%20Juicio%20Cat%C3%B3lico%20sobre%20los%20problemas%20nuevos%20de%20la%20pol%C3%ADtica.pdf« De là aussi que le Fascisme, outre qu’il affirme le Pouvoir politique et les pouvoirs économiques, reconnaisse loyalement et courageusement le Pouvoir spirituel, comme l’attestent le Traité de Latran et le Concordat signé avec le Saint-Siège. »
— Julio Meinvielle, Un Juicio Católico sobre los problemas nuevos de la Política, Buenos Aires, GLADIUM, 1937, p. 40. https://ia801408.us.archive.org/20/items/Meinvielle.UnJuicioCatlicoSobreLosProblemasNuevosDeLaPolltica/Meinvielle.%20Un%20Juicio%20Cat%C3%B3lico%20sobre%20los%20problemas%20nuevos%20de%20la%20pol%C3%ADtica.pdf3. Le thomisme (Bien commun) :
« La pensée de saint Thomas d’Aquin offre une réponse solide et intemporelle aux défis posés par les erreurs modernes, en réaffirmant la primauté de la vérité objective et de l’ordre naturel voulu par Dieu. »
— Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au progressisme (1970).« La politique n’est pas indépendante de la théologie ; elle lui est intrinsèquement subordonnée, comme l’est toute activité morale. […] Saint Thomas l’expose d’une manière admirable dans son opuscule Du Royaume : “Puisque la fin de cette vie qui mérite ici-bas le nom de vie bonne est la béatitude céleste — dit saint Thomas —, il appartient à la fonction royale de procurer la vie bonne de la multitude…” […] En résumé, la société politique est essentiellement morale ; […] de là qu’elle doive demeurer intrinsèquement suspendue à l’ordre théologique. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 13.
https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Il est nécessaire — ou à tout le moins très convenable — qu’il y ait, dans l’État, quelle que soit son organisation — monarchique, aristocratique ou démocratique —, un organe qui exprime fidèlement les aspirations de la collectivité sociale et donne son consentement aux lois qui lui sont imposées. […] La nation étant composée d’unités, non de personnes individuelles mais de groupes sociaux, ce sont ces groupes sociaux qui doivent constituer l’organe qui les représente. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 37. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Personne n’a analysé aussi profondément la démocratie que saint Thomas d’Aquin et Aristote. […] Le Docteur Angélique tire immédiatement la conclusion que pareille cité, où la multitude fixe la norme de la justice, devra être perverse, parce que là commandent viles et pauperes et inordinati (les vils, les pauvres et les désordonnés) (Pol., VI, 2). De là qu’il range constamment la démocratie parmi les formes de gouvernement tyranniques, et qu’est fameuse cette définition de la démocratie dans Du Royaume, I, 1 : « La démocratie, c’est-à-dire le gouvernement du peuple, lorsque, à savoir, le peuple des plébéiens, par la puissance du nombre, opprime les riches. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 70-71.
https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Dans la fonction de gouverner l’économie en assurant un développement harmonieux de toutes les parties qui interviennent dans le processus, l’État doit intervenir d’abord par une sage législation, puis aussi au moyen de la monnaie, du crédit et de la politique fiscale. […] On n’insistera jamais assez sur ceci : il ne peut y avoir d’ordonnancement économique juste tant qu’on ne suit pas les directives pontificales, si magnifiquement exposées par Pie XI dans Quadragesimo anno, sur le Régime Corporatif. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 57. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf4. Critique du personnalisme démocratique :
« Le personnalisme de Maritain, tout comme le libéralisme de Lamennais, conduit à une dissolution de la véritable doctrine catholique, ouvrant la porte au subjectivisme et au relativisme moral. »
— Abbé Julio Meinvielle, De Lammenais à Maritain (1945).“La crise contemporaine est le fruit d’un abandon des racines chrétiennes. Seul un retour à la loi divine pourra sauver les nations du chaos.“
— Abbé Julio Meinvielle, De la Cabale au progressisme (1970).« Ni individualisme ni étatisme. Non pas le premier, parce que l’incorporation à l’État est nécessaire pour que l’individu atteigne sa pleine formation humaine. Non plus le second, parce que son incorporation à l’État est une, et non l’unique, des étapes dans la série des biens qui perfectionnent l’homme. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 14. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Rien n’est plus déplorable, au contraire, et opposé au bien commun de la nation, qu’une représentation fondée sur le suffrage universel. Car le suffrage universel est injuste, incompétent, corrupteur. […] Incompétent, de la part de l’électeur […] et de la part des oints par le verdict populaire, parce qu’il faut choisir, d’ordinaire, les plus habiles à séduire les masses, c’est-à-dire les plus incapables intellectuellement et moralement. Corrupteur, parce qu’il crée les partis politiques avec leur séquelle de comités, véritables bureaux d’exploitation du vote […]. Si décisive est la corruption de la politique par l’effet du suffrage universel, qu’une personne honnête ne peut s’y adonner qu’en vendant son honnêteté. […] Le suffrage universel crée les parlements, qui sont des conseils où l’incompétence résout tous les problèmes possibles, en leur donnant toujours la solution qui produira le meilleur effet de conquête électorale. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 38. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« On n’œuvre pas pour élever l’homme dans l’Église et, à travers l’Église, dans le Christ et en Dieu, mais l’on se sert de l’Église — et, à travers elle, de Notre Seigneur Jésus-Christ et de Dieu — pour l’Homme, pour la construction de la Cité de l’Homme. Si ce n’est pas toujours sciemment, on se sert de Notre Seigneur Jésus-Christ pour l’édification de la cité de l’Antéchrist. »
— Abbé Julio Meinvielle, De Lamennais a Maritain, 2ᵉ éd., Buenos Aires, 1967, Préface, p. 7-8.
https://archive.org/download/DeLamennaisAMaritainJulioMeinvielle/De_Lamennais_a_Maritain_(Julio_Meinvielle).pdf« [Le suffrage universel] se fonde sur l’égalité des droits lorsque la loi naturelle impose des droits inégaux : ne peuvent être égaux le droit du père et celui du fils, du maître et de l’élève, du savant et de l’ignorant, de l’honnête homme et du voleur. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 38. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf5. Amour fondé de la patrie :
« L’État a le droit de promouvoir, d’harmoniser et de contrôler toutes les activités nationales dans l’amour de la Patrie, et dans la discipline des exercices vigoureux qui la préparent et la disposent à une activité féconde et à tout ce que l’honneur ou l’intérêt national pourra exiger d’elle. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 46. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Comme nous le disions plus haut, l’objectif suprême auquel doit aspirer l’action de l’État est de fortifier chez les citoyens le sens de la nationalité ; pour cela, elle doit tendre à accroître le fonds de civilisation, de culture et de valeurs spirituelles qui, légué par nos aïeux, constitue pour les peuples d’un même territoire, d’une même langue, d’une même vie générale, ce qu’on appelle la nation. »
— Abbé Julio Meinvielle, Concepción católica de la política, 3ᵉ éd., Buenos Aires, 1974, p. 58. https://www.mercaba.org/ARTICULOS/C/Concepcion_catolica_de_la_politica_(Meinvielle).pdf« Si le monde moderne, qui en un certain sens a une racine catholique, doit être sauvé — disons-nous au contraire — il le sera par la Cité catholique, traditionnelle, par celle dont saint Pie X disait “elle n’est ni à inventer ni à construire dans les nuées, elle a existé et existe ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique”. »
— Abbé Julio Meinvielle, De Lamennais a Maritain, 2ᵉ éd., Buenos Aires, 1967, Préface, p. 3. https://archive.org/download/DeLamennaisAMaritainJulioMeinvielle/De_Lamennais_a_Maritain_(Julio_Meinvielle).pdfRemarques d’édition
-
Les pages indiquées correspondent à la réimpression (3ᵉ éd., 1974) scannée (liens ci-dessus). Le texte, toutefois, reprend la doctrine exposée dès les premières éditions (années 1930).
-
Pour De Lamennais a Maritain, la préface de 1967 (seconde édition) résume et durcit la critique du personnalisme maritainien et de la « Nouvelle Chrétienté ».

IV. Bibliographie complète mentionnée en langue française et espagnole :
• “La Concepción católica de la política” (1936)
• “El judío en el misterio de la historia” (1936)
• “Qué saldrá de la España que sangra” (1937)
• “De Lamennais a Maritain” (1945)
• “Correspondencia con el R.P. Garrigou-Lagrange sobre Lamennais y Maritain” (1947)
• “Respuestas a dos cartas de Maritain al R.P. Garrigou-Lagrange, con el texto de las mismas” (1948)
• “Crítica de la concepción de Maritain sobre la persona humana”
• “Concepción católica de la economía”
• “El comunismo en la revolución anticristiana”
• “Iglesia y mundo moderno”
• “Entre la Iglesia y el Tercer Reich”
• “En torno al progresismo cristiano”
• “De la Cabale au progressisme” (1970)
• “La libertad religiosa” (livre hélas douteux)
• “Discurso del Padre Julio Meinvielle en la Sociedad Rural”VI. Mantra de guerre et foudroiements multiples !
L’abbé Julio Meinvielle à travers son œuvre a offert une analyse détaillée du fascisme, le percevant comme une tentative de restaurer un ordre social chrétien dit ancien face aux menaces du libéralisme et du communisme. Ses critiques du modernisme montrent une volonté de préserver la doctrine catholique contre toute influence extérieure, étrangère, contraire.
-*-
Articles complémentaires :
Corporatisme catholique, abbé Meinvielle suite
Pie XI et le corporatisme fasciste
Duce Mussolini à Padre Pio en 1924
Mgr Tiso, chef d’État catholique slovaque
Spéciale anti-gnose personnaliste :
Sermon contre la gnose – Mgr Tissier de Mallerais
Thomisme, remède à la Gnose – Etienne Couvert
Gnose personnaliste de Gustave Thibon – La Tour de David
Personnalisme contre Bien commun – Oremus ou abbé Du Thail
Nos “shorts” YouTube : escarmouches politiques et joutes théologiques au Tradistan et à Natioland !
Abbé Giulio Tam, prêtre de fer en chemise noire prolongée : pro-fasciste italien et ex-FSSPX
-

3 commentaires
Réagissez à cet article !