• La conception religieuse horrifiante de Jean Vaquié



    Un corps mystique souffrant de l’Eglise ?

  • Ou le catholique traditionaliste très mal avisé...

    L’auteur de La Bataille préliminaire, dont le surnaturalisme débilitant, dénoncé par Pie XII, provoqua l’extase de nombreux fidèles mal biberonnés du Tradistan/Tradiland, portait déjà en lui un vil marqueur. Pourtant, cela n’épuisait pas l’étendue de sa pensée, qui se révéla, en fin de compte, abominable.

    En effet, à le lire, nous croyons découvrir une nouvelle thèse judaïsante ou judéomorphe, attendant le messie, ou du moins une « seconde mort christique », ou bien une mort mystique ecclésiale
    Ce qui rappelle des choses hétérodoxes sur ladite Passion de l’Église ou encore ladite Église éclipsée de Pierre Hillard (entre autres).

    Or, théologiquement/surnaturellement, l’Église catholique ne peut être malade, car elle est pure de toute erreur et dirigée par le Christ en tout temps, en tout lieu. Nous comprenons toutefois – et seulement cela -, que le corps ecclésial et des fidèles puissent souffrir, humainement, et prier devant les vicissitudes.

    L'agacement légitime provoqué par ce surnaturalisme historique et ambiant,
    en même temps que ces dangereuses innovations "théologiques",
    jettent plus de confusion, et cela est une mauvaise idée,
    en temps de crise de l'autorité ecclésiastique.

    Avant toute lecture, détruisons préventivement son poison, en récitant l’Acte de foi :

    Mon Dieu, je crois fermement toutes les
    vérités que vous m’avez révélées et que vous
    nous enseignez par votre sainte Église, parce
    que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous
    tromper. Ainsi soit-il.

    Désormais, veuillez donc souffrir la lecture de ces quelques lignes, chers frères dans la foi :

    UN CORPS À LA FOIS MORT ET DIVIN

    Le Verbe Incarné possède les deux natures, divine et humaine, mais sa Personne est divine. Il n’y a pas de personne humaine en Notre Seigneur Jésus-Christ. Deux natures en une seule Personne, tel est le résumé de la christologie patristique.

    Le corps que l’on a déposé dans le Saint Sépulcre, après la Passion, était celui d’une Personne divine et il possédait les deux natures.

    Comment un corps peut-il être à la fois mort et divin ?

    Tout ce qui touche à la Rédemption recèle un grand mystère.

    Mais le Verbe incarné n’a pas seulement un corps physique, Il a également un corps mystique qui est l’Église que l’on appelle aussi « l’épouse de l’Agneau ».

    L’épouse suit le sort de son époux. L’Église est destinée à passer par les mêmes phases que son chef, non pas physiquement mais mystiquement. L’exemption de la mort physique lui a été promise. Les puissances de l’enfer ne doivent pas prévaloir contre elle. Ce sont les « promesses de pérennité ». Mais l’épouse n’échappera pas à la mort mystique, comme Marie qui est passée par la Dormition.

    L’Écriture nous avertit que l’abomination et la désolation seront un jour « au lieu où elles ne doivent pas être », et elle précise « dans le lieu saint ». C’est cette désolation de l’Église que nous observons aujourd’hui, elle ne fait aucun doute, elle a été maintes fais décrite et elle constitue l’événement le plus important de notre époque. S’adressant à l’ange de l’église de Sardes (qui symbolise l’Église actuelle) le prophète de l’Apocalypse lui déclare :

    « Tu as le nom de vivant mais tu es mort ».

    Cette Église désolée, qui a encore la réputation d’être vivante, est bien morte mais c’est seulement d’une mort mystique puisqu’elle ne doit pas disparaître et qu’en effet nous la voyons toujours là avec sa hiérarchie et ses circonscriptions territoriales, ses dignitaires officiellement agréés, ses institutions et ses bâtiments.

    Elle est spirituellement morte mais elle n’a pas physiquement disparu.

    De même qu’ils vénèrent le Corps mort et divin du Verbe Incarné reposant dans le Saint Sépulcre, de même les chrétiens qui ont conservé la Foi vénèrent son « Corps mystique », dans sa désolation présente, c’est-à-dire dans cette mort spirituelle par laquelle l’Epoux veut la faire passer pour se la rendre plus semblable.

    Que l’on ne vienne pas nous dire que ces prélats romains, qui ont tous un pied dans l’Église et l’autre dans la contre-Eglise, sont des « vivants« . Ce serait contraire à la réalité que l’Histoire proclamera expressément un jour et que déjà elle reconnaît chez ses représentants les plus perspicaces. Ces clercs doubles et impérieux ne peuvent que provoquer notre indignation. Ils ont la réputation d’être vivants et ils sont morts.

    Mais inversement que l’on ne nous demande ni de maudire, ni même de quitter cette Église morte mais divine dont nous sommes bien obligés de partager la mort mystique, dans le ferme espoir de sa résurrection après son séjour au Sépulcre.

    Jean Vaquié, Lecture et Tradition, n° 146, avril 1989.

    Ouf ! Même les esprits les plus littéraires s’égarent. Il y a à boire et à manger….

    La souffrance Christique et Ecclésial ?

    Les méchants ne sauraient forcer votre damnation. C’est horrible ne serait-ce que de le penser : « L’église conciliaire » serait une espèce d’entité à la fois ennemie, mais existentielle/légitime qui étranglerait et torturerait la véritable Église de Dieu, laquelle devrait en plus dire merci… ? M. Vaquié fut-il sadomasochiste ?

    Où est-il question que l’Église doive passer par une mort mystique ? Au contraire, l’Église est formée de la tête glorieuse et des membres qui sont saints. Il n’y a pas de maladie, de mort, ou que sais-je… !

    La messe a eu lieu depuis 2000 ans : pourquoi ce serait au moment de Vatican d’eux, que l’Église subirait sa passion ?!

    Mais encore, Dieu souffre de nos péchés, mais c’est autre chose dont il est question ici. C’est catégoriquement à refuser :
    L’Église est le corps mystique du Christ, or, le Christ ne souffre plus, donc l’église ne peut pas souffrir. Car la tête de l’église n’est pas le Christ en croix, mais le Christ glorieux.

    Effectivement, Notre Seigneur est mort en tant qu’homme, pas en tant que Dieu. Il est mort, afin de mettre en place la nouvelle et éternelle Alliance, les péchés sont tous abondamment acquittés par la valeur de son saint Sacrifice.  Ensuite, il ressuscite dans la gloire. Il est la tête de l’Église qu’il s’est acquise par le sang et le sacrifice susdit.

    Église, constitution et institution divine

    « Cette Église morte mais divine… »

    Une mort mystique, on peut dire cela comme une figure de style littéraire tout au plus. Mais une mort mystique au sens stricte, implique une disparition réelle, notamment dans l’ordre surnaturel. Or, l’Église étant infaillible elle ne peut pas mourir mystiquement, car cela voudrait dire qu’il n’y a plus d’Église du tout.

    L’Église ne peut pas mourir, car elle est indéfectible. L’hérésie est incompatible avec le corps de l’Église. Le modernisme est une hérésie condamné par l’Église. Nous vous laissons relier les points… Et ceci n’est pas un avis ou une opinion, c’est un dogme, c’est le catéchisme et c’est objectif !

    Les notes de l’Église sont : une, sainte, catholique et apostolique. Si elle en perd une seule, elle n’est plus l’Église de Dieu. C’est aussi simple que cela.

    Aussi, L’Église, c’est la communauté des baptisés qui professent la vraie foi et qui sont soumis au pontife romain. Donc ce qu’on appelle l’Église, passent nécessairement par des êtres humains et non par des bâtiments. Peu importe que des hérétiques aient les bâtiments, ils ne peuvent pas être l’Église. Sinon, il faudrait dire que Luther était l’Église aussi, Henri VIII également, etc. Il s’agirait d’une erreur théologique grossière.

    Une fois que vous prenez conscience d’une vérité, vous ne pouvez plus aller contre elle.

    Hiérarchie

    Humainement parlant on peut dire que l’Église est défigurée, mais ce serait déjà un abus de langage. En réalité, on parle des conséquences visibles de sa quasi absence, de sa visibilité rendue difficile. Peu importe à quel point elle est réduite, elle reste, en substance, aussi parfaite. Elle ne peut pas changer de nature, ni voir sa nature se dégrader. Les bâtiments occupés, à Rome ou ailleurs, ne sont pas l’Église…

    Et encore, par principe de subsidiarité ou l’Epikie, nous avons aujourd’hui une hiérarchie catholique, une autorité visible, faites d’évêques légitimes, valides et licites en ces temps de confusion proprement sataniques.

    L’Église ne sera jamais morte, c’est la promesse de Notre Seigneur. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle. Malgré le fait que nous n’ayons plus de Pape et que nous soyons réduit à un troupeau, l’Église est toujours là, visible, et elle aura toujours les moyens d’élire un nouveau Pape : elle est indéfectible.

    Nulle excuse !

    Jean Vaquié peut se tromper, mais pas l’Église, laquelle est infaillible, guidée par le Christ et inspirée par l’Esprit Saint.

    En plus, des catholiques voyaient déjà clair en l’an 1989 ; l’excuse n’est plus tenable à ce stade… L’auteur était renseigné, non méconnaissant, et très proche d’Étienne Couvert avec cela – des traditionalistes et des conservateurs en général.

    Articles à lire pour compléter :

    Expressions frauduleuses de Passion de l’Église ou Église éclipsée – Thèse spiritualiste foireuse

    L’anarcho-sédévacantisme fondé sur Pierre ?

    De l’impossibilité d’être un prêtre errant

    Les notes de l’Église catholique

    Cycle de conférences sur l’encyclique anti-moderniste Pascendi de saint Pie X – Abbé Billecocq


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