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Publié le par Florian Rouanet
🎭 Humour juif, rire goy : quand le talmud rencontre le cabaret 🎭
⁂ Arène à papillotes
Ô lecteur énamouré non des belles lettres, mais de l’humour ! D’ordinaire, l’humour juif — ici selon quelques comiques goyim — est l’apanage exclusif d’une communauté. Et cet esprit caustique, à mi-chemin entre l’accablement tragique biblique et le café viennois, a su séduire des artistes de tous horizons. Il faut surtout signaler que cette humour dit ce que pense la communauté, au second de gré — comme toujours, l’humour dit ce que l’on pense, au moins en partie.
Mais ce qui amuse dans la bouche d’un rescapé, fait grimacer dans celle du voisin. Desproges lançait : « On peut rire de tout… » — donc des juifs, mais aussi blasphémer selon ses dires…! Or, le rire n’est point neutre — les « privates jokes » sont souvent les meilleures, mais elles n’amusent qu’un petit groupe. Et quand un « sombre goy » s’attaque à la tradition humoristique juive, il marche sur les œufs tout en jonglant avec des grenades.
Dès lors, arpentons cette galerie de personnages, certains encensés malgré tout, et d’autres plus récents décriés en leur temps — Les Inconnus ont connu une liberté quasi totale à l’époque, eux —, qui s’en sont pris à l’humour juif, comme on touche du doigt un chandelier en pleine kermesse !
Un tour d’horizon satirique des styles comiques, de l’élégance létale de Desproges aux torsions sulfureuses de Dieudonné, en passant par la psychanalyse ricanante de Blanche Gardin et les parodies rétro d’OSS 117.

☧ Sémantique qui cogne
HUMOUR JUIF, loc. masc. — Ensemble de traits d’esprit, souvent auto-dérisoires, caractérisant l’expression comique juive ashkénaze ou séfarade, généralement teintée d’angoisse existentielle, d’ironie métaphysique, et d’un sens du tragique — différente du tragique grec antique.
TRAGIQUE ANTIQUE, loc. masc. — Catégorie esthétique et morale propre au théâtre grec classique (Ve siècle av. J.-C.), le tragique désigne l’expression poétique et dramatique d’une condition humaine confrontée à l’irréductible tension entre la liberté et la fatalité, entre les passions et l’ordre cosmique, entre l’homme et les dieux. Il se manifeste par une action irréversible, où le héros — souvent noble — se voit précipité vers la catastrophe non par perversité, mais par ignorance (hamartia), orgueil (hybris) ou conflit de devoirs. Le tragique met en exergue la grandeur et la misère de l’homme, exposé à un destin qui le dépasse, mais auquel il donne sens par sa lucidité et sa dignité dans la souffrance.
☩ Ancienne leçon létale
« Je fais deux tournées chaque année, une sur la scène et l’autre dans les tribunaux. Dans les deux cas je joue salle comble ! »
— Dieudonné M’Bala M’Bala dans un ancien spectacle« Ah, j’ai fait de l’humour juif, je crois que c’est quand ce n’est pas rigolo et que ça ne parle pas de saucisses. »
— OSS 117, Rio ne répond plus« Il y a quand même moins d’étrangers que de racistes en France. »
— Coluche, L’Etudiant, 1980, Evene-Le-Figaro« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »
— Pierre Desproges, Tribunal des flagrants délires (28 septembre 1982)
Σ Plan par manche
💼 I — Cartes d’identité, en toute sobriété
🎙 II — Quand des goyim s’attaquent à l’« humour juif » : petite revue de casse-cou non kasher
💼 I — Cartes d’identité, en toute sobriété
Il sied, avant d’arpenter ces allées risquées (depuis 1945, et surtout au XXIe siècle !) de la plaisanterie en milieu post-mosaïque, de dresser le portrait, dûment épinglé, des auteurs de cette farce collective où le judaïsme devient sujet de rire — voire prétexte à imprécation. Ce florilège bigarré mêle colosses consacrés et figures décriées, tous unis par cette témérité : déclamer l’absurde juif sans en être les légataires ethniquement parlant.
- Pierre Desproges
- Nom complet : Pierre Marcel Desproges, dit simplement « Desproges », le limousin
- Lien : fr.wikipedia.org
- Note : Humoriste français (1939-1988), célèbre pour son humour noir lettré, sa maxime foudroyante : « On peut rire de tout… ».
- Coluche
- Nom complet : Michel Gérard Joseph Colucci, alias « Coluche »
- Lien : fr.wikipedia.org
- Note : Chroniqueur populiste, fondateur des Restos du Cœur, comédien césarisé, grande gueule nationale disparue en 1986.
- Dieudonné
- Nom complet : Dieudonné Mbala Mbala, surnommé « Dieudo »
- Lien : fr.wikipedia.org
- Note : Humoriste né en 1966, autrefois en duo avec Élie Semoun ; devenu figure polémique, aux sketchs aussi chargés que ses procès.
- Blanche Gardin
- Nom complet : Blanche Ariel Marie Gardin (alias… Blanche Gardin)
- Lien : fr.wikipedia.org
- Note : Stand-uppeuse née en 1977, doublement moliérisée, reine de l’humour noire, monétisée en milieu de gauche radicale.
- OSS 117
- Nom fictionnel : Hubert Bonisseur de La Bath (matricule OSS 117)
- Créateur / Interprète : Jean Bruce (1949), visage moderne : Jean Dujardin
- Lien : fr.wikipedia.org
- Note : Espion français d’époque coloniale parodié à la sauce 007 ringard ; une satire hilarante de la bêtise diplomatique.
- Le Centurion romain
- Alias : Pseudonyme d’un vidéaste catholique romain sur YouTube
Ils viennent de partout : des planches de théâtre, des ruelles populaires, des salles obscures ou des tranchées numériques. Certains furent prophètes de studio, d’autres pirates radiophoniques, d’autres peut-être encore simples clowns de garde, mais tous, en quelque sorte, ont voulu jouer du violon yiddish (?) sur le toit — même si les cordes n’étaient pas toutes de Stradivarius.
🎙 II — Quand des goyim s’attaquent à l’« humour juif » : petite revue de casse-cou non kasher
Imaginez un cirque en kippa : le chapiteau est tendu sur des siècles de douleurs, de fuites et de fulgurances. Au centre, une piste en étoile de David. Sur celle-ci, six Gentils goyim (tautologie !), volontaires voire imprudents, s’essayent au numéro ancestral à longue barbe : rire juif, souvent version païenne. Des applaudissements, du malaise, et au fond de la salle, un vieux rabbin hochant la tête en silence armé de sa télécommande !
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Pierre Desproges, avec la gravité d’un « moraliste » voltairien, osa pénétrer le Saint des Saints. Il y entra sans sandales, mais avec verbe affûté. L’extrait culte de ses comédies sur « Docteur Petiot » résonne comme un psaume : il invoque l’antisémitisme pour mieux le retourner contre ses détenteurs au final. Chez lui, la moquerie juive devient une forme d’irrévérence relative.
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Coluche, gaillard parmi les gaulois, n’épargna personne : l’abbé Pierre comme Moïse, la Ména’hem comme le C.R.I.F. Il tenait l’égalitarisme par le ricanement. Rire de tout, pour ne croire à rien — ou croire que rien n’est sacré, sauf peut-être la blague — c’est ce qui fit que l’Ancien régime voyait d’un mauvais œil les bateleurs et autres tels que La Fontaine ou Molière. Il fut littéralement un prophète de bistrot, capable d’émouvoir une salle entière avec une blague sur les tsiganes et les huissiers, sans grande distinction.
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Dieudonné, quant à lui, s’essaya au maléfice inverse : reproduire la mécanique du rire juif sans posséder un cadre limité. Son virage politique — notamment auprès des Jean-Marie Le Pen, Alain Soral ou Robert Faurisson — fut tel que l’on peine à distinguer l’engagement de la sentence. Il passa de cette ironie télévisuelle avec un Élie Semoun à la diatribe sur les banques et les coteries du temps. Il crut qu’en imitant le style, il gagnerait l’indulgence. Il n’eut que les foudres.
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Blanche Gardin, blanchette, avec sa voix nasillarde et son œil de chirurgien en clinique de la sociologie, aborde la question juive par la bande : culpabilité blanche, culpabilité chrétienne, culpabilité occidentale « post-nazie ». Son humour, plus proustien que talmudique, susurre des vérités crues. Moins goy qu’universelle peut-être, alors elle passe vaguement sous les radars, elle fait rire comme on se griffe.
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OSS 117, enfin, résume le dilemme : faut-il rire comme en 1950 ou de 1950 ? Le personnage confond sabbat et sabre, pogrom et programme, mais le film qui l’anime rétablit le cadre : c’est le grotesque de « l’ignorance » qui fait rire, non la moquerie. En sommes, les trolls que nous sommes rient, mais en sachant bien que le tout est tourné contre nous, évidemment. OSS 117 est une goyim-crèche, un crétin formidable au service de la satire — il dit en même temps, et surtout, ce que tous pensent tout bas des femmes, des juifs, des noirs, etc.
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Quant au Centurion romain, traitant à l’accoutumé de sujets théologiques d’actualité, il est ici le chanoine d’un étrange missel vidéo compilant les parodies comme d’autres les prières — les agence, les commente, les rediffuse. Il réunit Coluche et Notre-Dame de la Salette sans sourciller !
Souvent l’humour juif trahit ce qu’ils pensent, au delà d’un caricature voulue, un peu comme dans l’humour : on pense toujours en parti ce qui est énuméré ou sous-entendu.
🛎 Sentence par KO
Ainsi donc, l’« humour juif » — cette science ésotérique de l’autodérision relative — fut tenté, imité, parfois profané, par des artistes d’origines variées, mais d’intentions semi-sérieuses, parfois hasardeuses ou simplement hostile. Il fallait rire, certes, mais de quoi, et pourquoi ? Rire juif, rire des Juifs.
Nos goyim comiques ont parfois su capter cette étincelle plus délicatement (Desproges, Gardin), parfois s’y sont brûlés (Dieudonné, mais autre contexte aussi !). Resterait à leur rappeler cette maxime talmudique inversée : « Ce n’est pas parce qu’on rit qu’on comprend. »
Post-Scriptum : Qu’on se rassure, le rire n’est point à interdire : il est un sel, redoutable pour faire passer des idées. Mais comme tout sel, il guérit ou ronge les plaies. Et les cicatrices ne sont pas des punchlines.
La Rédaction
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