• Quand Jean-Marie Le Pen jouait, hélas, la carte immigration et assimilation



    Algérie, Argenteuil… Croire à “l’existence des races humaines” ne signifierait pas “remigration” ?

  • De sa posture assimilationniste d’antan à son virage anti‑immigration
    puis à son revirement..., au fil des décennies.

    ⁂ Arène du quadrilatère

    Ô lecteur de droite radicale,
    Notre « opposant » ici n’est autre que la « dissonance cognitive » notoire que feu M. Jean‑Marie Le Pen avait proposée jadis, entre « assimilation patriote » et rhétorique « ségrégationniste ».

    En effet, notre brave JMLP national, a été bringuebalant sur divers sujets — comme sur la participation « canonisée » au régime démocratique par exemple —, et y compris sur celui-ci, soit : la cruciale survit homogène du peuple français blanc ethnique.

    Ainsi, garde haute, préparez vos crochets syntaxiques, car en 1958, JMLP, jeune député nostalgique de l’Algérie française, clame à l’Assemblée que « la France a besoin d’eux… il n’existe pas plus de race algérienne que de race française » – : nous avions là un tenant de « l’assimilationnisme conquérant », sublimé, fusionnel et volontariste, typiquement « universaliste français », qu’il soit républicain ou non…
    Mais encore, en 2007 à Argenteuil, il assène, entre autre, « paternaliste » pour les gauchistes, que les jeunes « ni des beurs, ni des blacks…, vous êtes des citoyens français » – tout en dénonçant la ghettoïsation politique de ces derniers.
    Bien à vous,

    L’évolution de Jean-Marie Le Pen sur l’immigration

    L’audio ci-dessus analyse l’évolution des positions de Jean-Marie Le Pen concernant l’immigration et l’assimilation en France. Il met en lumière une « dissonance cognitive » entre ses rhétoriques successives, passant d’un assimilationnisme « conquérant » en 1958, qui voyait les Algériens comme un apport nécessaire à la France, à une vision plus « ethnocentrée » et « hiérarchisante » dans les années 1980 et 1990. L’auteur relève également son discours de 2007 à Argenteuil, où Le Pen, tout en dénonçant les ghettos, adopte une approche de « réconciliation » qui ferait pâlir Soral, envers les « jeunes issus de l’immigration ». L’article conclut sur la centralité du thème migratoire dans la stratégie de Le Pen et l’héritage de son lexique politique, soulignant les continuités et les ruptures dans sa pensée.

    Regard rétrospectif sur les positions contrastées de Jean‑Marie Le Pen


    ☧ Sémantique tranchante

    Lexique de combat et de clarté doctrinale avec définition précise de mots‑clés, inspirée du CNRTL.

    • IMMIGRÉ, n. masc. : « Personne née étrangère sur le territoire d’un État et qui y est venue pour s’y établir durablement » – confondu avec étranger ou exilé, l’immigré suppose une installation.

    • ASSIMILATION, n. f. : « Processus par lequel un individu ou un groupe adopte les traits culturels d’un autre groupe au point de perdre sa culture d’origine ».

    • RACISME, n. m. : « Doctrine fondée sur l’analyse scientifique selon laquelle il existe des races humaines, hiérarchisées » – elle reste distincte du simple constat ethno-anthropologique dit différencialiste.

    • RACE, n. f. : « Groupe humain présentant un ensemble de caractères héréditaires communs » – (cf. Constitution de 1946).

    • BEUR, n. fam. : « « Jeune Français d’origine maghrébine », né en France de parents immigrés » – terme issu du verlan de « arabe » ; utilisé en contexte communautariste ou identitaire.

    • BANLIEUE, n. f. : « Territoire entourant une grande ville, dépendant de celle-ci pour l’organisation municipale » – ici chargée de connotation ethnique.

    • REMIGRATION, n. f. : Terme non encore défini par les dictionnaires institutionnelsdésigne le processus, volontaire ou contraint, de retour vers le pays d’origine ; mot politisé, droitier, polémique.


    ☩ Ancienne leçon ?

    • « Ce qu’il faut dire aux Algériens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux.(…) J’affirme que, dans la religion musulmane, rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. »
      — Jean-Marie Le Pen, Extrait d’un de ses discours à l’Assemblée Nationale, en 1958
    • Si certains veulent vous karcheriser pour vous exclure, nous voulons, nous, vous aider à sortir de ces ghettos de banlieues ou les politiciens français vous ont parqués, pour vous traiter de racaille par la suite. Il n’y a pas de beuritude, pour moi vous n’êtes ni des potes, ni des blacks, ni des beurs, vous êtes des citoyens français, des enfants légitimes de la France faisant partie de notre république. Vous avez les mêmes droits et devoirs comme nous tous. »
      — Jean-Marie Le Pen, Allocution à Argenteuil, prononcée le 6 avril 2007


    Σ Plan par manche

    🕊 I – Le loyal colonialiste (1958)
    ⚖ II – Le culturaliste hiérarchisant (1986-1996)
    🏙 III – L’anti‑banlieues pro-banlieues (2007)
    🛎 Continuités, ruptures, héritage & gong final


    🎯 Descente dans les arcanes de ses discours, avec extraits longs, dates précises, sources vidéo
    (archives YouTube notamment), d'une perspective historique, doctrinale, et polémique 📜

    🕊 I – Le loyal colonialiste (1958)

    Certes, à une époque où l’invasion « ordonnée » n’existait pas, mais tout jeune député, Le Pen, alors auréolé de son engagement militaire en Algérie, s’adressa solennellement à l’Assemblée nationale, pensant en prendre le contre-pied. Contre toute attente, il ne parlait point d’immigration comme d’une menace, mais d’un « enrichissement civilisationnel » :

    « Ce qu’il faut dire aux Algériens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux. C’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés.

    J’affirme que, dans la religion musulmane, rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant oudu pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale.

    D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française… Je conclus : offrons aux musulmans d’Algérie l’entrée et l’intégration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire, comme nous le faisons maintenant : « vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons-leur : « nous avons besoin de vous, vous êtes la jeunesse de la nation« . »

    Extrait d’un de ses discours à l’Assemblée Nationale, en 1958.

    Ce vétéran parachutiste d’Algérie, défendait alors la thèse d’une « France de Dunkerque à Tamanrasset » et plaide, sans arrière-pensée. Sacré Jean-Marie !


    ⚖ II – Le culturaliste hiérarchisant (1986-1996)

    Vient un relatif tournant doctrinal. Quelques décennies après, dans Pour la France, Jean-Marie Le Pen abandonne cette fresque universaliste pour une vision plus ethnocentrée. Le monde y est divisé en cercles d’assimilabilité :

    « Il faut dénoncer l’amalgame trompeur que recouvre l’appellation « immigré » et distinguer les étrangers d’origine européenne faciles à intégrer et ceux issus du Tiers‑Monde difficilement assimilables : en raison à la fois de leur importance numérique et de leur spécificité culturo‑religieuse, qui les incite à refuser l’assimilation, sous la poussée d’éléments intégristes ou à l’invitation des gouvernements de leur pays d’origine. »

    — Jean‑Marie Le Pen, Pour la France, éditions Albatros, 1986


    « Oui, je crois en l’inégalité des races. Aux Jeux olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche ; c’est un fait. Je constate que les races sont inégales. C’est une banalité. »

    — Propos radiodiffusés sur France 2, repris intégralement par Le Monde du 11 septembre 1996

    Le ton est posé. Le diagnostic n’est plus si optimiste, il devient bioculturel. Les Algériens naguère « frères en francité », avec tous les autres Pokemon exotiques, sont désormais suspects de rejet civilisationnel pour des raisons d’insécurité, alors répandue.
    En sens contraire, si l’on veut, il aura encore dénoncé par moment la « police de la pensée », soit dite antiraciste, par exemple, à l’Université d’été du Front national — La Grande-Motte (Hérault), 30 août 1996.

    On discerne un glissement plus ou moins large : l’universaliste colonial se mue en patriote culturel et biologique, devient aussi prophète de banlieues « inassimilables ». 


    🏙 III – L’anti-banlieues pro-banlieues (2007)

    Et, revirement sur le propos de fond, car qui a oublié, également, ce Le Pen en campagne électorale visitant Argenteuil en 2007 ? Deux ans après les émeutes et le fameux « Karcher » inexistant de Nicolas Sarkozy contre des racailles, pour le coup réelles, elles. JMLP cherche alors à apparaître comme celui qui parle vrai, face à une « jeunesse stigmatisée ».

    Il fustige les ghettos, les élites, la perte de contrôle, oui. Mais aussi à ces « jeunes » eux-mêmes, acceptant leur sort communautaire et communautariste :

    Nous sommes venus ici, lieux assez symbolique des territoires abandonnés par la classe politique française pour rétablir la vérité et vous donner nos explications et nos réponses a vos angoisses.
    Le mot beur est déjà un mot qui rejette l’assimilation, il vous a été impose par la pensée unique.
    Vous êtes les branches de l’arbre France, vous êtes des français a part entière.
    Si certains veulent vous karcheriser pour vous exclure, nous voulons, nous, vous aider à sortir de ces ghettos de banlieues ou les politiciens français vous ont parqués, pour vous traiter de racaille par la suite.
    Il n’y a pas de beuritude, pour moi vous n’êtes ni des potes, ni des blacks, ni des beurs, vous êtes des citoyens français, des enfants légitimes de la France faisant partie de notre république.
    Vous avez les mêmes droits et devoirs comme nous tous, comme la préférence nationale car seuls vous pouvez parfaitement comprendre pourquoi il est urgent de l’appliquer.
    Vous êtes les victimes de ce système qui ne contrôle plus rien, en laissant de manière anarchique pourrir les situations les plus délicates.
    Vous devez contribuer au redressement de la République Française par le travail, seul facteur de réussite sociale et économique.
    Je ne suis pas venu ici faire un safari politico-médiatique mais vous donner un espoir réel pour votre avenir.
    Je n’oublierai pas vos problèmes et j’y remédierai.
    Tous vous ont promis la lune et regardez là où ils vous ont menés.
    Moi je tiendrai mes promesses, car je suis un homme d’honneur.
    Je tiens à vous remercier tous, de m’avoir permis de m’exprimer là où même pas notre ancien ministre de l’intérieur, n’ose se rendre.
    Vive la République, vive la France, vive la liberté….

    — Jean-Marie Le Pen, Allocution à Argenteuil, prononcée le 6 avril 2007

    Le fond c’est du Alain Soral, « égale et réconcilié », chimiquement pur… !


    🛎 Continuités, ruptures, héritage & gong final

    S’il fut jadis chantre de l’intégration “à la française”, il devint – par étapes – le théoricien anti-islamisme avant même l’avènement de sa fille Marine Le Pen, en passe d’être (grand) remplacée aujourd’hui par le quarteron algérien (?) Jordan Bardella.

    Sans doute, JMPL y croyait sincèrement : à ce rêve impérial de l’Algérie française à la réalité urbaine de Clichy-sous-Bois, il a opéré de légers glissements ici ou là, certes tantôt racialistes, tantôt assimilationnistes.

    Ce qui demeure encore, c’est un lexique politique encore marqué, car aujourd’hui encore, les termes d’actualités : « préférence nationale », « assimilation », « communautarisme », ou « inassimilables » hantent les médiocres échanges télévisuels.

    Sa constante est, en effet, ce populisme identitaire, la centralité du thème migratoire comme clé de voûte de sa stratégie, notamment électorale. Cependant, il faut voir tout le reste : les Blancs qui doivent fondés des foyers et se souder communautairement, sans pratique de la contraception, de l’avortement, de la baise récréative et de l’euthanasie.

    Alors oui, pour les jeunes gaulois que nous sommes, Jean-Marie demeure une référence, mais il ne doit pas être pris pour l’alpha et l’oméga, ou encore pour un nationaliste et pour un catholique « chimiquement pur ».


    📚 Pour approfondir

    • « Jean-Marie Le Pen aime les musulmans algériens » — Le Club de Mediapart 👉 Lire l’article
    • « France’s Le Pen suburb visit challenges Sarkozy » — Reuters 👉 Lire l’article
    • « Death of far-right leader Jean-Marie Le Pen sparks celebrations – and controversy » — France 24 👉 Lire l’article

    La Rédaction

    🥊 Nos articles de la Straße

    L’Europe boréale contre la dénatalité (!) – Jean-Marie Le Pen

    Jean-Marie Le Pen sur le nationalisme

    Jean-Marie Le Pen à propos de « l’internationale juive »

    « La postérité vous maudira ». De Jean-Marie Le Pen, de l’Union européenne et perspectives

    JMLP : foi, Vatican II et anticléricalisme « démocrate-chrétien »

    Alain Soral et ses compagnons d’errance : impossible conciliation entre catholicisme et dissidence (Pierre Joly chez Machabée)

    Notre hommage à Jean-Marie Le Pen #RIP

    Jean-Marie Le Pen, la droite nationale et le nationalisme (Militant)

    Jean-Marie Le Pen (1928-2025) – Rivarol

    Degrés de métissages transatlantiques : hiérarchies historiques du sang entre Europe & Amériques

    De la justice thomiste à la justice sociale, trajectoire catholique, sociale et monarchique

    Contraste entre dictature commissaire et dictature souveraine chez Carl Schmitt

    Oliveira Salazar : Europe, empire, éducation et races


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 5 commentaires




    […] Quand Jean-Marie Le Pen jouait, hélas, la carte immigration et assimilation […]


    Répondre

    […] droite” récente, la silhouette paradoxale de Jean-Marie Le Pen. Après le thème du cosmopolitisme, surgit ici celui de l’esprit démocrateux, au nom d’une praxis […]


    Répondre

    […] Quand Jean-Marie Le Pen jouait, hélas, la carte immigration et assimilation […]


    Répondre

    […] Quand Jean-Marie Le Pen jouait, hélas, la carte immigration et assimilation […]


    Répondre

    […] Quand Jean-Marie Le Pen jouait, hélas, la carte immigration et assimilation […]


    Répondre