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Publié le par Florian Rouanet
Pour le présenter brièvement, le Centurion romain, titre en référence à saint Longin dans la Tradition catholique, est un détenteur de chaîne vidéo, catholique de constat sédévacantiste, en particulier. L’intervenant est semblable à la chaîne Le Machabée, qui est, disons, plus ou moins proche de l’abbé Rolland dans leurs raisonnements respectifs, c’est-à-dire sédévacantiste dit totaliste.
Et il se trouve, en effet, que ledit Centurion a réagi sous la dernière vidéo rivarolienne, par rapport à la présence du révisionniste M. Vincent Reynouard et en réaction à son apostasie – en réalité, remontant loin dans les années -, de la foi catholique.
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L’échange complet :
CR – Bonjour Monsieur Bourbon, il semblerait que la récente apostasie publique sur Youtube de votre camarade Vincent Reynouard ne vous pose aucun problème…?!
Votre combat pour la défense de la foi est-elle à deux vitesses; Les copains d’abord, et Dieu ensuite ?
CR.
JB – Bonjour Monsieur,
Je ne défends Vincent Reynouard que face à la persécution injuste et constante qu’il subit pour ses positions sur le plan historique et qui lui ont déjà valu plusieurs années de prison. Il a l’interdiction (et il le sait) dans RIVAROL et dans les vidéos que nous faisons ensemble d’exposer ses actuelles positions philosophiques et religieuses. Quand quelqu’un est persécuté, on ne regarde pas s’il a un certificat de baptême ou un billet de confession. On essaye de lui venir en aide contre la persécution qu’il subit.
J’ai été profondément attristé (et le mot est faible) par l’évolution religieuse de Vincent qui date d’une quinzaine d’années mais doit-on rompre tout lien avec lui alors même que sur le plan du révisionnisme il est toujours autant persécuté et qu’il est très courageux dans ce domaine ?
Il faut, me semble-t-il, distinguer les domaines. J’ai le sentiment que beaucoup de tradis auraient rejeté la femme adultère, de même que beaucoup passent leur temps à s’excommunier entre eux. La charité doit s’exercer même envers des personnes éloignées de nos propres convictions. C’est en tout cas ainsi que je comprends l’Evangile et la religion catholique.
De plus, y a-t-il dans RIVAROL et dans les vidéos que je fais des éléments contre la foi et la morale catholiques ? Je ne le crois pas. Si c’est le cas, ayez la charité de me le dire et je tâcherai de corriger ce qui doit l’être. Toute vérité doit être défendue, qu’elle soit politique, historique, morale ou religieuse. Et tout persécuté injustement doit être aidé.
Bien cordialement.
Jérôme Bourbon.
CR – Merci Monsieur Bourbon de votre réponse.
Compte tenu des récents scandales de Monsieur Reynouard sur Youtube, nous serrions en droit d’attendre de votre part une réaction publique, même rapide, aux aberrations anti-chrétiennes que crache cet ennemi de l’église catholique à la face du Christ !
Concernant votre interprétation de la charité, j’avoue ne pas être tout à fait de votre avis, mais plutôt de celui de Don Sarda y Salvagny, Le libéralisme est un péché chap. XXI.
La souveraine intransigeance catholique n’est autre que la souveraine charité catholique.Cette charité s’exerce relativement au prochain, quand dans son propre intérêt, elle le confond, l’humilie, l’offense et le châtie.
Elle s’exerce relativement à un tiers, quand pour le délivrer de l’erreur et de sa contagion, elle en démasque les auteurs et les fauteurs, les appelant de leur vrai nom, méchants, pervers;
Les vouant à l’horreur, au mépris, les dénonçant à l’exécration commune, et si cela est possible au zèle de l’autorité sociale chargée de les réprimer et de les punir.
Elle s’exerce enfin relativement à Dieu, quand pour sa gloire et son service, il devient nécessaire d’imposer silence à toutes les considérations humaines, de franchir toutes les bornes, de fouler aux pieds tout respect humain, de blesser tous les intérêts, d’exposer sa propre vie et toutes les vies dont le sacrifice serait nécessaire à l’obtention d’une aussi haute fin.
Tout cela est pure intransigeance dans le véritable amour et, par conséquent, souveraine charité.
Les types de cette intransigeance sont les héros les plus sublimes de la charité, comme l’entend la vraie religion.
Et parce que de nos jours il y a peu d’intransigeants véritables, il y a aussi peu de gens véritablement charitables.
La charité libérale, à la mode actuellement, est condescendante, affectueuse, tendre même, dans la forme, mais au fond elle n’est que le mépris essentiel des biens véritables de l’homme, des suprêmes intérêts de la vérité et de Dieu.
Avec tout mon respect cependant pour votre courage !
CR.
FR – Vous avez, Messieurs, la revue Catholique sans concession, qui se donne pour but de répondre à M. Vincent Reynouard sur le thème de l’apologétique, tout en rendant hommage à son combat radical, en rupture avec le « système » disons (le titre le suggère !).
Bien à vous.
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S’il y a des arguments notables des deux partis, c’est un grand Bourbon que nous pouvons lire dans le texte. Les arguments du Directeur de Rivarol s’entendent : il s’agit de faire la part des choses dans l’action politique, dans un contexte pour le moins farfelu, qui est le nôtre.
Comme le souligne indirectement M. Bourbon, il existe un certain surnaturalisme, couplé à la recherche d’une pureté presque cathare, qui empêche de le saisir. C’est cette incompréhension multidirectionnelle qui provoque, en réaction, un « anticatholicisme » chez nombre de nos contemporains – de Conversano à Le Lay…
Toutefois, tout s’éclaire mieux en s’expliquant directement, même si la critique demeure ici. Nous apprécions les chaînes mentionnées en début d’article et nous nous sommes permis de réagir et de relayer, en ajoutant notre léger grain de sel, dans le seul but d’orienter l’auditeur vers un bon travail : celui du collectif du père Louis Arsille.
Il est certain que son apostasie est hautement préjudiciable. Pour autant, nous défendons Vincent dans la lutte acharnée qu’il mène, au nom de l’histoire, contre vents et marées – et ce, quoi qu’en pensent les catholiques bien-pensants. Ce combat est primordial pour le rétablissement d’une saine pensée concernant la Seconde Guerre mondiale, par ailleurs.
Tout cela fait penser au célèbre Sermon du cardinal Pie sur l’intolérance. En effet, la confusion régnante nécessite de mitiger son jugement, par charité, et de ne pas appliquer à la lettre mais dans l’esprit, les principes catholiques :
« Ô prêtre de Carthage, illustre apologiste des premiers âges, j’admire le nerf de votre langage énergique, la puissance irrésistible de votre sarcasme; mais le dirai-je ? sous l’écorce de vos écrits les plus orthodoxes, je cherche l’onction de la charité; vos syllabes incisives n’ont pas l’accent humble et doux de l’amour. Je crains que vous ne défendiez la vérité comme on défend un système à soi, et qu’un jour votre orgueil blessé n’abandonne la cause que votre zèle amer avait soutenue. Ah ! mes frères, pourquoi Tertullien, avant de consacrer son immense talent au service de l’évangile, n’a-t-il pas prié le Seigneur, comme Augustin, d’envoyer dans son cœur les adoucissements, les tempéraments de son esprit ? L’amour l’aurait maintenu dans la doctrine. Mais parce qu’il n’était pas dans la charité, il a perdu la vérité.
Et vous, ô célèbre apologiste de ces derniers jours, vous dont les premiers écrits furent salués par les applaudissements unanimes de tous les chrétiens, vous le dirai-je, ô grand écrivain, cette logique apparente ans les étreintes de laquelle vous voulez étouffer votre adversaire, ces raisonnements pressés, multipliés, triomphants dont vous accablez, tout cela me laisse à désirer quelque chose; votre zèle ressemble à de la haine, vous traitez votre adversaire en ennemi, votre parole impétueuse n’a pas l’onction de la charité ni l’accent de l’amour. Ô notre infortuné frère dans le sacerdoce, pourquoi faut-il qu’avant de consacrer votre beau talent à la défense de la religion, vous n’ayez pas fait au pied de votre crucifix la prière d’Augustin ? Mitte, Domine, mitigationes in cor meum, ut charitate veritatis non amittam veritatem charitatis. Plus d’amour dans votre cœur, et votre intelligence n’aurait pas fait une si déplorable défection; la charité vous aurait maintenu dans la vérité.
Et si l’Église catholique, mes frères, présente à nos esprits l’enseignement de la vérité avec tant de ménagements et de douceur, ah ! c’est encore avec plus de condescendance et de bonté qu’elle applique ses principes à notre conduite et à nos actions. Incapable de supporter jamais les doctrines mauvaises, l’Église est tolérante sans mesure pour les personnes. Jamais elle ne confond l’erreur avec celui qui l’enseigne, ni le péché avec celui qui le commet. L’erreur elle la condamne, mais l’homme elle continue de l’aimer; le péché elle le flétrit, mais le pécheur elle le poursuit de sa tendresse, elle ambitionne de le rendre meilleur, de le réconcilier avec Dieu, de faire rentrer dans son cœur la paix et la vertu. »
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