• Efforts de guerre 4 (1914-1918) — Augustin



    Dernières lettres d’amour et de sagesse avant l’ultime sacrifice

  • Lettres de nos poilus. Lettres diverses mais poignantes de nos anciens tombés dans les tranchées comme dans l’oubli. Lettres des plus sincères qui tireraient des larmes au plus minable d’entre les vauriens… (lire la partie 3)

    Voici Roger Cauvin. Roger Cauvin est un jeune soldat français. Un simple soldat envoyé sur le front comme tant d’autres. Cinq jours après avoir écrit cette dernière lettre à ses parents, il tombe au champ d’honneur, à la bataille de Verdun, le 9 avril 1916. Roger avait 20 ans…

    Effort de guerre…

    4 avril 1916.

    «  Mon très cher petit père, ma très chère petite mère,

    Nous partons demain pour les tranchées. Avant de  »monter là-haut » comme on dit, je voudrais effacer par mes paroles, sinon par mes actes, les tourments que j’ai pu vous avoir causés. Hier soir, je me suis confessé et ce matin j’ai communié . J’ai demandé pardon à Dieu de mes fautes et aussi je lui ai crié mon amour.

    À vous aussi, mes biens chères parents, je dois crier que je vous aime et que, après Dieu, vous êtes mes seules grandes affections. Lorsque j’étais petit, vous vous êtes souvent privés pour moi et vous n’avez jamais hésité à faire un sacrifice pour me rendre heureux. Que de travail petite mère n’a-t-elle pas fait. Depuis vingt ans, petit père se fatigue à travailler le soir pour moi.
    Devant tant de dévouement et d’amour paternels et maternels, je n’ai montré souvent qu’ingratitude et désobéissance, que mauvaise humeur.

    Malgré mon attitude froide, ne croyez pas que néanmoins la plus tendre affection n’existait pas chez moi. Avec l’expérience et l’âge, j’ai appris à vous connaître et à vous aimer. Je vous ai comparé aux autres parents. J’ai toujours trouvé que vous étiez les meilleurs et surtout ceux qui voyaient le mieux l’avenir de leur enfant.

    Cette lettre vous arrivera si accident m’arrivait. Gardez un bon souvenir de votre enfant cher qui vous aime de toute son âme et qui fut vraiment heureux entre petit père et petite mère.

    Je vous remercie de vos prières pour que Dieu me conserve. Que Dieu vous bénisse !

    Votre enfant qui vous embrasse mille fois tous les deux et qui pense toujours à vous. »

    Roger.

    Bon petit… Il est impossible de ne pas se mettre à la place des parents qui reçoivent cette lettre…

    Je dois avouer que cela a été très dur pour moi d’écrire les articles  »Efforts de guerre ». Tout comme j’imagine qu’il ne vous sera pas aisé de les lire. Cependant, je trouve nécessaire qu’aujourd’hui nous ayons connaissance de ces témoignages. Et puis notre peine n’est rien comparé à ce qu’on pu vivre et ressentir nos chers aïeux.


    Voici maintenant la déchirante lettre d’un enfant à son héros, son père… qui ne reviendra pas…

    10 mai 1918 (orthographe respectée)

    « Mon cher petit papa mignon,

    Nous nous inquiétons beaucoup car depuis le 27 avril nous avons pas de nouvelles de toi mon petit papa mignon. Ce matin j’ai fait deux dessins que je t’envoie. C’est un Général et une vache entrain de manger. Aujourd’hui la bonne s’en est allée ce matin car sa mère senva dans le midi et elle senva avec elle. Nous sommes très très inquiets et aujourd’hui j’ai été à la messe prier le Bon Dieu pour que tu revienne bien vite parmi nous et que la maudie guerre soit finie. Il y a la mère Brinon entrain de laver la vaicelle. Je t’envois une fleur. Reçois de ton cher petit gars les meilleurs baisers du plus profond de son petit cœur. »

    Albert.

    Déchirant  »effort » de guerre n’est-ce pas ?


    Nous finirons par la lettre de Joseph Thomas. Joseph est agriculteur dans l’Isère à Saint Georges d’Espéranche. La lettre est destinée à son fils Armand, âgé de 15 mois. Joseph sera tué à Verdun… Une dernière lettre, pour un dernier conseil… Touchant parce que ces conseils que donne ce poilu à son fils sont aussi et indirectement les conseils qu’il donnerait à sa descendance et plus généralement à nous autres…, enfants de France.

    « À mon petit Armand,

    Tu es encore bien jeune et ne peux comprendre ce qui se passe en ce moment : la guerre, ses horreurs, ses souffrances. Cette carte sera un souvenir de ton père, et il souhaite qu’à l’avenir les hommes soient meilleurs (…). Que jamais tu n’aies besoin, et sois forcé, de mener la vie que je subis en ce moment en compagnie de beaucoup de papas qui ont laissé, comme moi, des petits anges chez eux. Pour t ‘élever tu te trouves d’êtres bien pénible, mais tu te rattraperas de cela en étant dans quelques années un petit garçon bien gentil et obéissant. Le moment venu, je serai surement auprès de toi pour te diriger, mais si mon espoir était déçu, en mémoire de ce père que tu n’auras pas connu, redouble de gentillesse pour ta mère et pour ceux qui t’élèveront. Devenu un homme, sois du nombre de ceux qu’on appelle les honnêtes gens. Sois bon pour ton prochain, ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu’il te fût fait ! Vénère ta mère ; sois pour elle un soutien véritable. Rappelle-toi aussi que le vrai bonheur ne se trouve pas dans la richesse et les honneurs, mais dans le devoir vaillamment accompli, ainsi que les bonnes actions. Si le destin te donne des épreuves à subir, sois courageux et tu les surmonteras, mais si par malheur tu te laisses entrainer par le vice, les passions, relis vite mes conseils, ne te laisses pas aller à la dérive. Il n’y a que le premier pas qui coûte ; une fois entrainé par le courant, on roule de chute en chute, et il arrive qu’on ne peux plus se relever. C’est trop tard. Alors, arrivé à ce point, la vie est finie. Gâchée par sa faute. Et on est plus bon qu’à être la risée, ou montrer du doigt par tout le monde, suivant le penchant qui a perdu l’homme. J’espère n’avoir pas à rougir de toi car je sens que tu suivras le chemin de l’honneur. En attendant de pouvoir te choyer et te caresser, je te fais mon petit fanfan de grosse bises. »

    Joseph Thomas

    Précieux conseils auxquels il nous faut ajouter de toujours aimer et servir Dieu.

    Comme je l’ai déjà mentionné, il est important d’avoir conscience de cette partie de la guerre, afin de toujours prendre les décisions les plus justes. Cela dit, afin de pouvoir  »toujours raison garder », nous nous devons d’avoir toujours les connaissances les plus étoffées, même si celles-ci peuvent nous mettent mal à l’aise.

    Témoignages poilus de la Grande Guerre

    Ces quatre extraits, intitulés « Efforts de guerre » et rédigés par Augustin J. en 2025, présentent une collection de témoignages poignants de soldats et de familles françaises durant la Première Guerre mondiale. L’auteur cherche à honorer l’héroïsme et le sacrifice de cette génération, en insistant sur le fait que leur sang coule encore dans les veines de la jeunesse actuelle. Les sources incluent des correspondances personnelles déchirantes, telles que la lettre d’une mère ayant perdu cinq de ses dix fils, ainsi que les derniers mots de soldats avant de mourir au combat, révélant la foi, la peur et l’amour filial face à l’horreur. Ces récits illustrent également l’immense coût humain de la guerre, avec des statistiques effarantes sur les veuves et les orphelins, et explorent des moments de fraternisation inattendue entre soldats ennemis, malgré les ordres stricts. L’ensemble vise à transmettre aux jeunes des leçons de morale et d’honneur tirées de ces épreuves passées, les exhortant à ne jamais oublier le prix de la « victoire ».

    🥊 𝔑𝔬𝔰 𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰 𝔡𝔢 𝔩𝔞 𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢



  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]