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Publié le par Augustin J
Témoignages de guerre exemplaires mis à disposition pour notre belle et hardie jeunesse en quête de vérité !
🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia
Lire la partie 1 (également évoquée dans l’audio supra)
Nos Grands-parents. Gueules de poilus, gueules de français, de nos pépés parfois renfrognés ou gueulards, souvent plein de tendresse avec un cœur gros comme ça. Ils sont ceux que l’on chérit à travers une photo, un objet ou simplement quelques souvenirs de famille racontés par un parent au moment du couché. Et l’enfant que l’on était s’endort, l’esprit rêveur et le coeur débordant de fierté pour ses valeureux aïeux. Il ne le sait pas encore mais il le ressent déjà pleinement, il est le plus fidèle représentant des héros de ses songes.
Car le sang ne ment jamais…
De l’agriculteur au comptable. Du mécanicien au député… Tous ou presque ont montré leur bravoure et sacrifiés leur vie pour la France. Et ce sang héroïque qui coule aujourd’hui dans nos veines…
Tâchons de le réveiller ! Tâchons d’en faire quelque chose !
Émile Cyprien Driant, pour un dernier assaut.
Militaire brillant, il fut mis à l’index en 1905 lors de la loi de séparation de l’Église et de l’État, comme nombre d’officiers catholiques. Après avoir quitté l’armée, il est élu député de Nancy et devient auteur à succès sous le nom de »Capitaine Danrit ». À l’annonce de la mobilisation, il reprend du service et dirige Verdun sous les ordres du général Herr. Dès 1915, il alarme le pouvoir politique et l’état-major de l’insuffisance des moyens de défense dans ce secteur, s’opposant ainsi à Joffre. Le 21 février 1916, ses 1200 chasseurs affrontent 10 000 soldats allemands. Ils tiennent deux jours. Driant est tué au combat du bois des Caures, le 22 février 1916, à la tête de ses hommes. Les troupes qu’il a commandées seront décimées à 90%.Ci-dessous, une lettre qu’il a écrit à son épouse Marcelle, la veille de sa mort.
20 février 1916.« Je ne t’écris que quelques lignes hâtives, car je monte là-haut encourager tout le monde, voir les derniers préparatifs ; l’ordre du général Bapst que je t’envoie, la visite de Joffre hier prouvent que l’heure est proche et au fond, j’éprouve une satisfaction à voir que je ne me suis pas trompé en annonçant il y a un moi ce qui arrive, par l’ordre du bataillon que je t’ai envoyé !
À la grâce de Dieu ! Vois-tu je ferai de mon mieux et je me sens très calme. J’ai toujours eu une telle chance que j’y crois encore pour cette fois.
Leur assaut peut avoir lieu cette nuit comme il peut reculer de plusieurs jours. Mais il est certain. Notre bois aura ses premières tranchées prises dès les premières minutes, car ils y emploieront flammes et gaz. Nous le savons par un prisonnier de ce matin. Mes pauvres bataillons si épargnés jusqu’ici ! Enfin, eux aussi ont eu de la chance jusqu’à présent… Qui sait ! Mais comme on se sent peu de chose à ces heures-là ! »Les derniers jours de Léon Hugon.
Blessé le 9 septembre 1914 par un éclat d’obus pendant la première bataille de la marne, Léon Hugon est envoyé à l’hôpital de Tulle où il meurt du tétanos, le 22spetembre 1914, jour de l’anniversaire de sa femme Sylvanie. À 25 ans, elle reste seule avec un petit garçon de deux et demi. 4 jours avant sa mort, Léon lui écrivait cette lettre…
Tulle, le 18 septembre 1914« Bien chère Sylvanie,
Je ne peux pas m’empêcher de te dire que je suis dans une très mauvaise position, je souffre le martyre, j’avais bien raison de te dire avant de partir qu’il valait mieux être mort que d’être blessé, au moins blessé comme moi.
Toute la jambe est pleine d’éclats d’obus et l’os est fracturé. Tous les jours quand on me panse, je suis martyr, lorsqu’avec des pinces, ils m’enlèvent des morceaux d’os ou des morceaux de fer.
Bon Dieu, que je souffre ! Après que c’est fini, on me donne bien un peu de Malaga, mais j’aimerai mieux ne pas en boire. Je ne sais pas quand est-ce que l’on me fera l’opération. Il me tarde bien de quitter (rature) et qu’on en finisse d’un côté ou de l’autre.
En plus de ça, je suis malade que je me suis purgé, ça n’a rien fait, il a fallu qu’on me donne un lavement. On doit m’en donner un autre ce soir, je ne sais pas si on l’oubliera pas, peut-être ça me fera du bien. Enfin, je suis bien mal à mon aise, pas pouvoir se bouger, j’ai de la peine à, prendre le bouillon sur ma table de nuit.
Je t’assure que c’est triste dans ma chambre, nous sommes vingt-neuf, personne ne peut se bouger, des jambes cassées et des bras ou de fortes blessures et presque tous des réservistes comme moi. Je te dirai que je passe de mauvaises nuits, si l’on m’avait évacuer jusqu’à Agen, tu serais bien venue me soigner et je serai été content d’être auprès de toi. Et toi aussi ma chère Sylvanie, de me voir, ça serait été triste et une joie, pas comme si je n’avais pas été blessé ; mais que faire, c’est ma destinée. Maintenant, je suis dans le pétrin et pour s’en sortir, je ne sais pas trop comment ça finira. Ne te fais pas de mauvais sang, je m’en fais pas parce que je suis pas seul, vit en espoir et si jamais je reviens, je verrai mon fils grandir, que je le dresserai pour travailler le bien de Vinsot et moi on me fera bien une pension.
Je crois que je la gagne, quand bien même je ne pourrai pas trop travailler, ça nous aiderait pour vivre. On ne serait pas encore trop malheureux et Gaston commencerait de travailler. Il y en a bien qui n’ont qu’une jambe et qui travaillent.
Je t’embrasse bien fort sur chaque joue avec Gaston le petit chéri. »Encore des héros, nos héros, des français qui restent sur le carreau. Des forces vives que l’on prive à la France.
À ces efforts de guerres, je rajouterai ces quelques chiffres effarants. Fin novembre 1918, dans une France qui compte 600 000 veuves de guerre et 760 000 orphelins, plus d’un million de mères auront perdu 1,5 million de fils. Plus de 2 millions d’entre elles retrouvent des fils blessés et 300 000 des fils mutilés. Les familles françaises, la force vive du pays, sont décimées.
C’est cela que l’on nomme la tête haute »effort de guerre ». Triste.
On nous répète sans cesse qu’une défaite coûte chère. La réalité est toute autre lorsque l’on prend conscience du prix insensé de certaines »victoires ». Conscients de notre passé, de qui nous sommes et qui nous voulons devenir, appliquons nous à toujours… raison garder.
P.S. Et voici, en guise de bonus, les citations du Bréviaires de combat pour compléter le tout.
Augustin.


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