• Adolf Hitler catholique d’éducation et de foi ? Hérédité spirituelle et substrat familial dans l’Europe chrétienne (Partie V)



    Documents inédits, témoignages de prélats et chroniques de la clarification des rapports entre IIIe Reich et l’Église catholique

  • ⁂ 𝔄rène du sanctuaire incertain

    PARTIE PRÉCÉDENTE — NUMÉRO IV

    ℭher lecteur, il convient aujourd’hui, devant l’abondance des excentricités rhétoriques, de circonscrire avec rigueur ce que recouvrent la foi, le doute et l’ordre dans la pensée du Führer allemand : Adolf Hitler. D’aucuns l’ont tour à tour proclamé parangon de piété filiale — invoquant la dévotion silencieuse de sa mère, maîtresse de maison fervente qui l’emmenait à la messe — ou, à l’opposé, encore plus autistique, apôtre d’un « paganisme » virulent et résolument anti-catholique. Entre le fiel des apologètes, les approximations des adversaires et la confusion entretenue la vérité vacille. Il s’agit de dévoiler l’ossature d’un discours, de peser la crédibilité des sources et, sans présumer d’aucun miracle, de réintroduire la nuance dans un univers ivre d’hystérie.

    Notre étude s’achève sur un exposé qui, s’il n’a pas vocation à trancher l’absolu, entend rendre à l’Église — et à la science éprouvée des générations antérieures — l’autorité et la décence essentielles à la survie de toute civilisation. De la lettre pastorale de Cheptytsky aux notes incisives du cardinal Baudrillart, en passant par l’irrévérence inspirée de Degrelle et la mise à nu des sermons civiques, cette fresque ressuscite, au détour d’un mot ou d’un geste, l’Europe ancienne des clochers sans compromis.

    Hitler, catholique d’éducation et, peut-être, de cœur ? L’équilibre demeure instable entre tradition catholique, national-socialisme et apparences religieuses : exposons les liens complexes unissant Hitler à la foi, à l’héritage cultuel européen, et à l’ordre du XXᵉ siècle. La question de la foi chez Hitler déconcerte par l’entrelacement de ferveur et de dynamiques politiques, que vient encore compliquer l’héritage familial. En naviguant entre mythes et repentances, il nous revient de démêler la part du religieux sous le national-socialisme, sans tomber dans la caricature ni dans une diabolisation facile.

    Multiplier les sources, notamment ecclésiastiques et mémorialistes, permettra d’éclairer d’une lumière neuve la perception de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de sa postérité. Hitler ne fut ni le plus pieux des catholiques, ni un païen sanguinaire enfermé dans quelque cave primitive : l’enjeu consiste à retrouver le juste équilibre de la réflexion, ainsi que l’exactitude historique, entre héritage familial et pragmatisme politique ; entre enfance autrichienne et alliances.

    Résumé : Cette étude explore la complexité des rapports entre Hitler et l’Église catholique, en s’appuyant sur de multiples sources ecclésiastiques, témoignages et mémoires issus du national-socialisme. Usant d’un ton solennel teinté de satire, l’article confronte apologistes, détracteurs et témoins du drame européen de la première moitié du XXᵉ siècle. Y sont analysés les usages du Concordat, la persistance de l’identité catholique autrichienne, les débats internes à la SS, ainsi que la manière dont furent ménagées les convergences avec la hiérarchie pontificale.

    🎙️ 𝔄ntenna I.O. Vox Frequencia

    ☧ 𝔏exique martial

    « FOI, féminin. Adhésion ferme de l’esprit à une vérité révélée ou pressentie ; en religion, don surnaturel par lequel l’homme croit en Dieu, à ses révélations et à son Église. » — CNRTL – FOI
    « CONCORDAT, masculin. Traité passé entre le Saint-Siège et un État pour régler la situation de l’Église dans cet État. » — CNRTL – CONCORDAT
    « PROVIDENCE, féminin. Action (ou entité) divine qui régit le monde avec sagesse, suivant le dessein de Dieu. » — CNRTL – PROVIDENCE


    Cérémonie religieuse à la cathédrale Sainte-Edwige de Berlin, en signe de gratitude pour le Concordat signé le 20 juillet 1933 entre le Saint-Siège et le Reich allemand, en présence du nonce apostolique Mgr Cesare Orsenigo, le 17 septembre 1933.

    ᛟ 𝔄ncienne école
    Σ 𝔓lan d’attaque

    Vertu tutélaire, non foi d’opéra !

    Lettre pastorale de Mgr André Cheptytsky (archevêque métropolite gréco-catholique de Lviv) datée du 1er juillet 1941

    Au Peuple ukrainien !

    Lettre pastorale de Son Excellence le Métropolite André Cheptytsky.

    Par la Volonté du Dieu Tout-Puissant et Très-Miséricordieux, Unique dans la Trinité, a débuté une Nouvelle Ère dans la vie de l’État unitaire et indépendant de l’Ukraine.

    Les Assemblées populaires, qui se sont tenues hier, ont confirmé et proclamé cet Événement Historique.

    En t’annonçant, Peuple ukrainien, l’exaucement de nos prières suppliantes, je t’appelle à manifester ta gratitude envers le Très-Haut, ta fidélité à Son Église et ton obéissance à l’Autorité.

    Les temps de guerre exigeront encore de nombreux sacrifices, mais l’œuvre commencée au Nom de Dieu et avec Sa Grâce sera menée à une fin heureuse.

    Les sacrifices qui seront évidemment nécessaires pour atteindre notre but se manifesteront avant tout par une soumission docile aux justes lois de Dieu, sans s’opposer aux ordres de l’Autorité.

    Le Peuple ukrainien doit, en cette Heure Historique, montrer qu’il possède assez de sens de l’autorité, de solidarité et de vitalité pour mériter une place parmi les nations de l’Europe, dans laquelle il puisse déployer toutes les forces que Dieu lui a données.

    Par votre discipline, votre solidarité et l’accomplissement consciencieux de vos devoirs, prouvez que vous êtes mûrs pour la Vie de l’État.

    Nous saluons l’Armée allemande victorieuse comme libératrice de l’ennemi. À l’autorité établie, nous rendons l’obéissance qui lui est due. Nous reconnaissons Monsieur Iaroslav Stetsko comme Chef du Gouvernement régional des Territoires occidentaux de l’Ukraine.

    Du Gouvernement qu’il a appelé à la vie, nous attendons une conduite sage et juste, ainsi que des mesures qui tiennent compte des besoins et du bien de tous les citoyens habitant notre Pays, sans distinction de religion, de nationalité ou de condition sociale. Que Dieu bénisse toutes tes œuvres, Peuple ukrainien, et qu’Il accorde à tous nos Dirigeants la Sainte Sagesse d’En-Haut.

    Donné à Lviv, à la Cathédrale Saint-Georges, le 1er juillet 1941.

    Source

    Saint-Loup, dans Les Hérétiques (1965)

    — Monseigneur, […]. Pour les catholiques, si nombreux à la L.V.F., adhérer à la SS équivaut à déchirer leur acte de baptême. La SS est dirigée par les ennemis de l’Église. Elle s’inspire de mythes païens et germaniques que Rome essaye d’étouffer, sans jamais y parvenir complètement, depuis l’empereur Constantin ! Servir dans la SS c’est servir le diable !

    « Monseigneur » se redressa. Son visage finement ciselé par mille rides se ferma. Ses yeux aux prunelles aiguës se durcirent et scrutèrent profondément ceux des officiers qui l’entouraient. Il leva le bras et sa main rude balaya l’objection.

    — Messieurs, dit-il, j’étais national-socialiste bien avant Hitler. Au Christ souffrant le national-socialisme oppose le Christ combattant. Voyez-vous là un déchirement de la chrétienté ? Moi je lis plutôt, sur ces images nouvelles, les signes de son rajeunissement !

    Mayol de Lupé étendit ses bras devant lui.

    — Le temps de guerre est une période de grandes simplifications. Le Bien et le Mal s’affrontent aux frontières de l’Europe. Le bolchevisme, et son chef Staline, représentent le Mal à l’état pur ! Il faut choisir : périr en tant que chrétien avec Staline, ou faire triompher le Christ héroïque, avec Hitler.

    Sa voix devint rauque. La passion qu’il mettait dans son discours l’épuisait. Il avait soixante-neuf ans ! Ses mains tremblaient. Il ajouta, sur le mode mineur :

    — Notre saint père le Pape et notre Führer n’élèvent aucune objection à ma présence dans la Waffen SS. Tant que Rome ne relèvera pas de leur ministère aux armées anti-bolcheviques Mayol de Lupé et l’abbé Gordes vous êtes assurés de rester dans le sein de notre mère l’Église !

    Source

    Rudolf Hess, dans Tatsachen und Lügen um Adolf Hitler (1932)

    « Hitler est un ennemi de la religion catholique »

    Le 24 septembre 1931, lors d’une réunion à l’occasion de la consécration de l’église d’Ihrlerstein, à Walddorf près de Kelheim, l’évêque Mgr Buchberger de Ratisbonne déclara : « S’il n’y avait pas le national-socialisme, nous aurions peut-être déjà le communisme ! »

    Un prêtre catholique, qui avait minutieusement examiné toutes les déclarations de Hitler avant de pouvoir, en conscience, se décider à prendre parti pour lui, écrivit la lettre suivante, à la veille de l’élection présidentielle du Reich du 13 mars 1932, en réponse à la question de savoir s’il voterait pour Hindenburg ou pour Hitler :

    « Vous voulez savoir pour qui, moi, prêtre catholique, je voterai à l’élection présidentielle du Reich. Je ne voterai pas pour Hindenburg, je voterai pour Hitler. Il vient pour tout homme un jour où ses forces le trahissent, où il est devenu trop âgé pour accomplir son devoir et sa mission, quels que soient les services qu’il ait rendus à sa nation dans ses années plus jeunes et plus vigoureuses. Alors s’impose à lui l’obligation morale de se retirer de la charge qu’il occupe et de remettre le soin de la nation à des forces plus jeunes et plus vigoureuses. C’est pourquoi, je le répète, je voterai pour Hitler. Rares sont les hommes que j’ai pu regarder avec autant de fierté que Hindenburg ; et ceux qui, il y a sept ans, ne voulaient rien savoir de lui, préférant d’autres candidats qu’ils jugeaient plus dignes de la présidence du Reich, ont tenu cette fierté pour une forme particulière de bassesse. Mais je ne rougis pas de cette fierté, et aujourd’hui encore, elle demeure vivante en moi avec sa vigueur d’autrefois, simplement parce que je ne puis oublier ce que cet homme a accompli pour ma patrie. Et pourtant, je le dis pour la troisième fois : je voterai pour Hitler. Car la vieillesse est la vieillesse, et quand les forces déclinent, c’est qu’elles déclinent, et il me serait terrible de voir que l’homme auprès duquel l’Allemagne s’est rangée pendant les longues et dures années de guerre, devienne l’objet de manœuvres politiciennes et partisanes. Vous savez que je ne suis nullement dépourvu d’esprit critique envers votre parti, mais je me réjouirai du jour où la nouvelle se répandra dans le monde qu’Adolf Hitler a été élu président du Reich allemand.

    Cologne-Dellbrück, le 3 mars 1932.
    Signé : Dr W. Engel »

    Après le premier tour de scrutin, il ajouta les remarques suivantes à la lettre ci-dessus, dans une note datée du 18 mars 1932 :

    « […] Ce que les gens commencent lentement à comprendre (et qui constitue pour Hitler une forte incitation à poursuivre son œuvre dans la même direction), c’est que le NSDAP est le parti le plus irréprochable sur le plan politique.

    Ceux qui ont voté pour Hitler sont des gens qui partagent sa mentalité et sa détermination. Hindenburg, lui, s’est fait élire par un mélange de tendances politiques plus confus encore qu’une soupe française… […] »

    Si un prêtre catholique a voté pour Hitler lors de l’élection présidentielle du Reich, tout bon catholique peut s’engager en faveur de Hitler, sans entrer en conflit avec sa conscience. S’il réfléchit à ce qu’a affirmé un évêque catholique — à savoir que c’est uniquement grâce à Hitler que l’Allemagne a été jusqu’à présent préservée du bolchevisme, destructeur de la culture chrétienne, profanateur des églises et des autels — alors il doit même soutenir activement le mouvement hitlérien.

    Cela ne saurait être remis en cause par le fait que des écrits privés rédigés par des nationaux-socialistes et entièrement indépendants de Hitler, ou même des fantaisies poétiques de Dietrich Eckart relatant de prétendues conversations avec Hitler qui n’ont jamais eu lieu, lui soient attribués pour tenter de prouver sa prétendue « hostilité envers la religion ».

    Source

    Louise Narvaez, dans Degrelle m’a dit… (1961)

    Où Degrelle l’emporta également, de façon complète, dans son long débat avec les chefs du IIIe Reich, ce fut dans la question religieuse.

    […]

    Toujours Degrelle fut convaincu que les croyants eussent obtenu, au sein de l’Europe Nouvelle, le respect complet de leurs croyances et leur épanouissement. Au front de l’Est, il en était ainsi déjà. Himmler avait parfaitement admis la présence d’aumôniers catholiques dans les formations Waffen S.S. de Volontaires.

    « — Pour faire respecter notre foi dans l’Europe future, il faut entrer dans la place, s’y imposer, au lieu de se tenir à l’écart », s’exclamait Degrelle.

    Et il ne craignait pas de côtoyer certains personnages dont parfois la hargne anti-chrétienne le heurtait ou même le révoltait.

    « — Les catholiques ne sont-ils pas accouplés, dans les démocraties alliées, aux pires éléments du Marxisme anti-clérical et de la Maçonnerie ? Et eux qu’en obtiennent-ils ? »

    Tandis que lui « obtenait », obtenait que sa foi fût officiellement reconnue, respectée et honorée.

    « — Nous n’avons qu’à faire bloc, répétait-il aux catholiques timorés. Un prêtre aussi saint que Mgr Tisso, chef de la Slovaquie, est l’ami personnel d’Hitler : vaut-il moins, spirituellement, que certains de ses collègues fouinards qui trottent en soutane parmi les chausse-trappes maçonniques ?

    Qui résisterait à la foi, si elle est vraiment sincère, brûlante, illuminée d’en haut ?

    Il faut nous appuyer sur les éléments pro-chrétiens du Troisième Reich, faire avec eux le siège d’Hitler, d’Himmler, de Goebbels, les convaincre, au lieu de les laisser, à cause de leur entourage anti-religieux, tolérer des excès dont nous porterions indirectement la responsabilité si nous restons passifs ou à l’écart du débat. »

    « — La preuve, ajoutait Degrelle que l’on pouvait avoir sur les dirigeants du Troisième Reich une influence décisive au point de vue religieux, fut le cas personnel d’Himmler qui passait pour l’incroyant le plus sectaire du Troisième Reich. J’eus avec lui des débats interminables sur la religion, pendant des dizaines d’heures. Je sentais bien que je ne parlais pas en vain. Cet esprit froid, méthodique, était sensible à la chaleur des croyances. Quelle ne fut pas ma surprise quand je reçus, au front de Narva, en août 1944, un texte rédigé par Himmler lui-même, une vingtaine de longs feuillets dans lesquels le chef de la S.S. exposait, à l’usage de ses généraux commandants de Corps d’Armée, un ensemble de preuves de l’existence de Dieu, exposées avec une clarté telle que je dus admettre que jamais je n’avais rien lu de si bien fait durant mes années de formation au collège des Jésuites.

    « Tous les fronts craquaient. Mais Himmler, hanté par le problème spirituel, avait consacré des heures à noter les raisons pour lesquelles il était devenu « croyant » ! Sincère, il les envoyait lui-même aux dirigeants les plus élevés de la S.S. Ce texte, je l’ai eu en mains. Il m’avait été communiqué par le général du 3e Corps de Blindés de la Waffen S.S., le général-colonel Félix Steiner. C’était un exposé remarquable. J’espère qu’il n’est pas perdu et qu’on le publiera un jour.

    « J’eus aussi d’interminables conversations sur les problèmes religieux avec Goebbels, jadis si anti-clérical, et qui, dans sa maison, en février 1944, me déclara qu’il était rallié à mes positions.

    Source

    Louise Narvaez, dans Degrelle m’a dit… (1961)

    « Quant à Hitler, me faisait remarquer Degrelle, il n’était pas incroyant, et il n’avait pas mis, le moins du monde, dans ses plans de se colleter avec les religions.

    « Sa façon de penser était beaucoup plus nuancée, et il me l’expliqua un jour :

    « — Je ne veux pas organiser de persécution religieuse. Si on me monte au nom de la religion, des bagarres politiques, je ferai face avec vigueur. […] »

    « Un jour où je lui faisais remarquer qu’il avait autour de lui des théoriciens anti-religieux fort en vue, par exemple Rosenberg, l’auteur du « Mythe du XXe siècle », il me fit cette réponse amusante :

    « — Léon, avez-vous déjà lu ce livre ? Moi, je n’y suis jamais parvenu ! »

    « Nous éclatâmes de rire, parce que, moi non plus, je n’avais jamais pu dépasser la première dizaine de pages de ce texte abscons.

    « Hitler laissait les pondeurs de copies confuses sévir, de-ci, de-là, dans son entourage. Ça donnait des allures intellectuelles au Mouvement. Quand les gens ne comprennent pas (parce que c’est incompréhensible !), ils hochent la tête avec componction et murmurent sentencieusement : c’est profond !

    « À Rex aussi, je possédais en réserve de ces théories consacrées dont je n’avais jamais lu une ligne. Elles expliquaient gravement, dans leurs topos, aux amateurs de rébus politiques, les nuances contournées et subtiles de ma doctrine — qui était simple comme un œuf à la coque, et se moquait de ces emberlificotages !

    « Hitler m’amusa bien en me racontant qu’il agissait exactement comme moi avec ses impressionnants philosophes ! »

    « Si l’Église, continuait Degrelle, eut ses bagarres .. quand, avec qui, n’en eut-elle pas ? .. au temps d’Hitler, celles-ci furent sans comparaison, tout de même, avec celles qui opposèrent à l’Église Catholique un Napoléon qui faisait rédiger un Catéchisme délirant à sa gloire, qui nommait lui-même des évêques, des archevêques sans se soucier du Saint-Siège, qui confisquait les États Pontificaux, qui flanquait en tôle une fournée de cardinaux (« les vieux imbéciles » les appelait-il !) qui mettait en prison le Pape lui-même et finissait, à Fontainebleau, par lui administrer, un jour de mauvaise humeur, une sensationnelle paire de claques !

    « En Allemagne, les incidents de type confessionnel se fussent tassés.

    « Goebbels, Goering, Hitler lui-même (il répétait volontiers que sa mère allait à la messe) étaient, au point de vue religieux, devenus des modérés. Quant à Borman, au sujet duquel on a fait un tel foin après la guerre, il tenait un rôle assez insignifiant, gonflé dans sa culotte d’équitation, chargé davantage de voir si les fixe-chaussettes d’Hitler étaient en bon état, et s’il n’apparaissait pas de pointes de clous à l’intérieur de ses bottes, que de préparer une religion nouvelle pour nazis anti-luthériens et anti-papistes ! »

    « Au front, je n’ai pas, en quatre ans, entendu, une seule fois un général prononcer un propos anti-religieux. Les aumôniers naviguaient .. le catholique et le protestant accouplés — comme il leur plaisait ; et certains avaient le verbe agressif.

    « Quant aux théories nazies qui s’opposaient à la doctrine catholique, on sait ce qu’il en est des doctrines. Partout, avec le temps, elles s’assagissent. Napoléon parvint bien à faire bénir celle de la Révolution Française (qui y avait été autrement fort qu’Hitler !). Beaucoup de bonnes choses du national-socialisme auraient, elles aussi, été dédouanées par l’Église, un jour ou l’autre.

    « Je suis convaincu, concluait Degrelle, qu’on fût arrivé à créer un état de paix satisfaisant, et spirituellement fécond, entre l’Église, […], et, l’Europe Nouvelle. C’était à nous à maintenir, bien haut, nos croyances, sans peur et sans jactance. »

    Source

    Extraits des carnets du cardinal Alfred Baudrillart, recteur de l’Institut catholique de Paris

    « 23 décembre [1940]. — […] Hitler dit que ni en Allemagne, ni en France, il n’est contre les catholiques, mais qu’il est contre tous ceux qui veulent former un parti politique. Nous avons connu cela en France. Pourtant il y a quelque chose de vrai dans la distinction. »

    « 10 février [1941]. — […] Le problème religieux pour Hitler ; au fond de sa conscience, de son subconscient, né et élevé en Autriche, ce sont encore des éléments catholiques qui revivent. Maître de la Pologne et de l’Autriche, il se sent le plus grand souverain catholique du monde, d’une Europe nouvelle avec la France, l’Italie, l’Espagne. Si on le rejette vers la nation protestante, vers la Prusse, il peut traiter avec l’Angleterre et les États-Unis d’Amérique, désastre pour la religion catholique et la papauté. »

    « 11 février [1941]. — […], Hitler revient à une plus juste conception du monde et de Dieu ; autrichien, il entendrait encore les cloches catholiques au fond de son subconscient. »

    « 25 février [1941]. Mardi gras. — […] Hitler a prononcé un nouveau et très grand discours, dont sans un parti pris éhonté on ne peut méconnaître la grandeur. Il affirme sa victoire certaine, nous dit son plan d’organisation de l’Europe ; maintenant il parle de Dieu et de la divine Providence. Et il paraît le faire avec sincérité. Nous attendons encore que Pétain en fasse autant. »

    « 24 mai [1941]. — […] la politique d’Hitler ne veut pas être nuisible à la religion. M. Herckmans me fait remarquer [que] la position d’Hitler, à supposer qu’elle ait été hostile, est bien changée depuis qu’il est le chef de l’État qui compte le plus de sujets catholiques en Europe. Ceux qui pouvaient être considérés comme des porte-parole ne tiennent plus le même langage, à commencer par Rosenberg. Il me remet une brochure pour prouver ses dires. »

    « 30 juillet [1941]. — […] Hitler n’est évidemment pas un pur catholique, mais il lui reste un fond religieux et des tendances catholiques. Ainsi, après son premier grand succès politique, il téléphona à un prêtre qu’il avait connu et apprécié et lui demanda de célébrer devant lui une messe à laquelle il assista. »

    « 12 décembre [1941]. — Grandissime discours d’Hitler au Reichstag de la Grande Allemagne, à Berlin. Magistrale leçon d’histoire, […]. Idées justes et curieuses sur ce qu’était l’Europe (à travers les âges). La seconde partie du discours consacrée à l’attitude des États-Unis d’Amérique, depuis Wilson et sous Roosevelt, est aussi convaincante qu’entraînante. C’est à peu près irréfutable. Et qui dans le monde pourrait faire un pareil discours. Et aussi l’orateur se sent entraîné par l’évocation d’une Providence, d’un Dieu réel et personnel que pendant un temps il a niés. »

    « 1er janvier [1942]. — […] Discours des chefs d’États à leurs peuples. Deux du Führer Hitler : 1o à son armée ; 2o au peuple allemand et un peu donc au monde, très beau, très vrai et convaincant. La grandeur des événements, le rôle qu’il a pris de sauver la civilisation en péril par l’attaque bolcheviste, le rapprochent du vrai Dieu et de la Providence plus sûrement que les petits calculs d’un trop grand nombre de politiques de notre révolution nationale. »

    Source (11 avril 1939 – 19 mai 1941)
    Source (20 mai 1941 – 14 avril 1942)

    Pourquoi le catholique doit-il voter pour la liste électorale d’Adolf Hitler au Reichstag ?

    Parce que, dans l’État national-socialiste lui-même, et en vertu du Concordat du Reich

    1. la religion est protégée,
    2. la paix religieuse est assurée,
    3. la moralité publique est préservée,
    4. le dimanche est sanctifié,
    5. l’école confessionnelle est maintenue,
    6. la conscience catholique n’est plus mise à mal,
    7. le catholique est égal devant la loi et dans la vie de l’État,
    8. les associations et fédérations catholiques — pour autant qu’elles servent exclusivement des buts religieux, caritatifs et culturels — peuvent exercer leurs activités librement.

    C’est pourquoi le catholique doit voter ainsi le 12 novembre :
    Référendum national → Oui ⓧ
    Élections du Reichstag
    ⓧ ← Adolf Hitler

    Affiche électorale lors des élections législatives allemandes du 12 novembre 1933.

    Un moment solennel lors de la pose de la première pierre de la Maison de l’Art allemand.

    Le nonce apostolique Vassallo di Torregrossa vient de s’adresser au Führer en ces termes : « Je ne vous ai pas compris pendant longtemps. Mais je m’y suis longtemps efforcé. Aujourd’hui, je vous comprends. »

    De même, chaque catholique allemand comprend aujourd’hui Adolf Hitler et votera le 12 novembre : « Oui ! »

    Affiche de propagande lors des élections législatives allemandes de novembre 1933.

    Adolf Hitler et Alberto Vassallo di Torregrossa (nonce apostolique en Bavière) lors de la pose de la première pierre de la Maison de l’Art allemand à Munich, le 15 octobre 1933.

    ☩ ℭoup de grâce

    Ici gît, lecteur, le cadavre des gauchistes et des tradi’ fragiles. La leçon paradoxale et sublime de ce siècle d’envolées. Hitler, catholique d’éducation demeure l’expression la plus achevée d’un sol européen, en quête de racines, yeux rivés vers le Ciel, avec ses imperfections propres. Entre la mitre et la croix gammée.

    Il incombe à notre génération de démêler les entrelacs du récit, tant les fausses orthodoxies pullulent, la parole sincère étant, hélas, plus rare que l’hostie un matin d’août. Que cette fresque serve non à détourner la foi, mais à mieux appréhender l’échiquier et le génie des nuances…

    📚 Pour approfondir

    — La Rédaction

    🥊 𝔑𝔬𝔰 𝔞𝔯𝔱𝔦𝔠𝔩𝔢𝔰 𝔡𝔢 𝔩𝔞 𝔖𝔱𝔯𝔞ß𝔢



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