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Publié le par Florian Rouanet
Fascisme catholique et quatre piliers mussoliniens : totalitarisme, organicité, corporatisme, monarchie
⁂ 𝔄rène du faisceau catholique
Quatre piliers, non islamiques, 𝔬̂ lecteur, soutiennent ce faisceau : totalitarisme, organicité, corporatisme, mono-archie, tels que les ont distingués divers auteurs, à partir des textes mêmes du Duce. il appert, à parcourir ces documents, que le fascisme italien ne fut point ce bloc uniforme décrit par les anti-catéchismes républicains, mais une composition instable entre la puissance d’un État très actuel et la société organiquement structurée héritée de l’univers médiéval et de l’ancien régime.
Deux piliers en ressortissent à la modernité politique : le totalitarisme – primauté de l’État comme réalité spirituelle englobante – et l’organicité – l’État comme organisme vivant, populaire et aristocratique, éducateur d’âmes et ordonnateur de la foi civique. deux autres renvoient, en revanche, à la longue mémoire européenne : la renaissance de corps de métiers et de fonctions, contre l’atomisation libérale et la lutte des classes – et le principe régalien de « royauté » – le chef comme clef de voûte, héritier sécularisé du Roi très-chrétien.
C’est cette articulation que les doctrinaires du « fascisme catholique » entendent examiner : comment purifier le faisceau de ses scories « païennes », tout en recueillant ce qu’il put contenir d’intuitions bonnes, contre-révolutionnaires si l’on veut, afin d’envisager, sous la férule de Notre Seigneur et de Son Église (pré-vaticane 1958…), un État fort, hiérarchisé, corporatif, mais baptisé et subordonné au droit naturel. Dans cette arène, les plumes croisent derechef celles de Benito Mussolini lui-même, auquel ils empruntent les grandes formules – « tout dans l’État » – pour mieux les relire à la lumière des monarchies disparues et des encycliques sociales, de rerum novarum à quadragesimo anno.
🕯️⚔️ Derrière les vociférations de l’anti-fascisme (de sacristie ou non), il y eut pourtant, en Italie, une tentative intellectuelle précise : marier l’État total, l’organisme national, les corps intermédiaires et le commandement unique, dans une perspective qui, rétrospectivement, fit rêver plus d’un contre-révolutionnaire en mal d’Empire
« De stormay à Mérel », pour penser la synthèse manquée entre l’État très actuel et l’ordre d’autrefois — chasse-aux-livres+7 librairiefrancaise+5
🎙️ 𝔄ntenna I.O. vox frequencia (capsule auditive)
☧ 𝔏exique martial
Cordage terminologique, 𝔬̂ lecteur, pour que le pugiliste lettré ne s’égare point dans les méandres des mots-épouvantails des bateleurs universitaires :
totalitarisme, masculin, Politique : « doctrine ou régime dans lequel l’État tend à confisquer l’ensemble des activités de la société, n’admettant aucun contre-pouvoir effectif » — CNRTLwikipedia+1
corporatisme, masculin, Politique et Économie : « système d’organisation professionnelle fondé sur des corporations représentant patrons et travailleurs, appelées à collaborer au sein de l’État » — CNRTLmaterialisme-dialectique+1
monarchie, féminin, Droit public : « régime dans lequel la fonction suprême de l’État est exercée par une seule personne, généralement héréditaire, s’inscrivant dans une continuité dynastique » — CNRTLbooks.google+1ᛟ 𝔄ncienne école
Sagesse ancienne, 𝔬̂ lecteur, où les siècles éprouvés et les docteurs de l’âme viennent récuser les fadaises du suffrage universel.
Les Quatre Piliers : Extraits Documentés
« Le fascisme est pour la liberté. […] Mais la liberté non pas des individus, mais la liberté de l’État et de l’individu dans l’État. Car, pour le fasciste, tout est dans l’État, et rien d’humain ni de spirituel n’existe et a fortiori n’a de valeur, en dehors de l’État. En ce sens, le fascisme est totalitaire, et l’État fasciste, synthèse et unité de toute valeur, interprète, développe et domine toute la vie du peuple. »
— Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme (La Dottrina del fascismo), 1932 (avec Giovanni Gentile).« Tout dans l’État, rien en dehors de l’État, rien contre l’État. »
— Benito Mussolini, Discours à la Chambre des députés, 26 mai 1927.« L’État, tel que le conçoit et le réalise le fascisme, est un fait spirituel et moral […]. C’est une forme intérieure et une norme. […] Le fascisme, en somme, n’est pas seulement un législateur et un fondateur d’institutions, mais un éducateur et un promoteur de vie spirituelle. Il veut refaire l’homme, le caractère, la foi. Et pour atteindre ce but, il veut une discipline et une autorité qui pénètrent les esprits et y règnent sans partage. »
— Benito Mussolini, La Doctrine du fascisme, Chapitre « Conception de l’État », 1932.« Le corporatisme, c’est l’économie disciplinée et donc contrôlée, car on ne peut imaginer une discipline sans contrôle. Le corporatisme dépasse le socialisme et dépasse le libéralisme, il crée une nouvelle synthèse. […] C’est seulement dans la corporation que s’identifient et s’intègrent l’État et l’individu, l’État et la nation. »
— Benito Mussolini, Discours au Conseil National des Corporations, 14 novembre 1933.« Nous avons constitué l’État corporatif et fasciste, l’État de la société nationale, l’État qui rassemble, contrôle, harmonise et tempère les intérêts de toutes les classes sociales, lesquelles se voient également protégées. Et tandis qu’auparavant, à l’époque du régime démo-libéral, la masse laborieuse regardait l’État avec méfiance, était en dehors de l’État, était contre l’État, elle considère aujourd’hui que l’État est le sien. »
— Benito Mussolini, Discours au Sénat, 11 mars 1926.« La hiérarchie est l’essence même du fascisme. Il implique une discipline, des devoirs, mais aussi une élite, c’est-à-dire des hommes qui ont le droit et le devoir de commander. […] Le chef n’est pas seulement le sommet de la pyramide, il est le centre vivant de l’action. »
— Benito Mussolini, Le Fascisme et les problèmes ruraux, discours cité in Œuvres et Discours, Ed. Flammarion, 1935.« Je veux vous guérir de cette illusion qu’il est facile de diriger une industrie. Il ne suffit pas de savoir, il faut savoir commander. Il ne suffit pas de produire, il faut savoir vendre. »
« Ouvriers ! Je veux vous dire que la grève est une arme dépassée […] et je veux surtout vous guérir de l’illusion qu’il est aisé de faire marcher une grande usine.
Pour cela, il ne suffit pas d’être un bon technicien ou un bon ouvrier ; il faut aussi l’esprit du commerçant qui achète les matières premières au meilleur moment, et celui du vendeur qui sait placer le produit sur les marchés du monde. »— Benito Mussolini, visite aux usines Fiat Lingotto à Turin, le 25 octobre 1923.
« Sa figure se dresse, lumineuse, personnifiant la victoire d’un idéal héroïque et supérieur, de la foi sur le matérialisme, de l’honneur sur la déloyauté, de la justice sur l’exploitation, du Sang sur l’or. (…) Et que l’amour du chef ne s’imposa point par décret, mais qu’il fut la réponse spontanée d’un peuple reconnaissant envers son libérateur et père. »
— Federico Rivanera Carlés, La Alemania de Hitler a través de la Prensa Mundial, Prologue, années 1990, Buenos Aires, Argentine« Il est donc nécessaire que la politique sociale mette tous ses soins à reconstituer les corps professionnels. Jusqu’à présent, en effet, la société reste presque étrangère aux professions et au travail ; c’est par l’effet d’une loi économique que les divers intérêts privés se heurtent et se contrarient ; le résultat en est la lutte des classes. »
— Pie XI, Quadragesimo anno, § 90 (trad. française) https://www.doctrine-sociale-catholique.fr/les-textes-officiels/196-quadragesimo-anno« Dans la monarchie tout est social : religion, pouvoir, distinctions ; dans l’état populaire tout est individuel, chacun a sa religion, chacun son pouvoir… Dans la monarchie, parce que le pouvoir est social, sa limite est dans les institutions sociales ; dans les démocraties, parce que le pouvoir est individuel, sa limite est dans l’homme. »
— Louis de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux (1796), passage cité d’après l’édition et l’analyse de la Sorbonne https://books.openedition.org/psorbonne/106355Σ 𝔓lan d’attaque
la riposte, 𝔬̂ lecteur, se doit d’être méthodique : distinguer les piliers, en jauger la valeur, puis esquisser la transposition catholique :
I. ⚡ totalitarisme : état absolu ou état catholique ?
II. 🌿 organicité : l’état-organisme ou le corps mystique profané
III. 🛠️ corporatisme : restauration manquée des corps intermédiaires
IV. 👑 mono-archie : duce séculier𝔉ascisme religieusement incorrect
I. ⚡ totalitarisme : état absolu ou état catholique ?
Le premier pilier, 𝔬̂ lecteur, est le plus décrié : le totalitarisme comme primauté absolue de l’État, présenté par le Duce comme synthèse de toutes les valeurs et centre éthique de la nation. Les textes doctrinaux décrivent un État qui prétend non seulement légiférer et administrer, mais encore « refaire l’homme », discipliner les consciences, interpréter et dominer toute la vie du peuple, de sorte que rien d’humain ni de spirituel n’existerait valablement hors de lui. une telle radicalité, reprise et analysée par Stormay, pose immédiatement la question classique : l’État peut-il devenir porteur d’une mission quasi-religieuse ?
Les auteurs catholiques traditionalistes, en bons héritiers de la théologie politique d’autrefois, distinguent ici entre un État fort, subordonné à la fin surnaturelle, et un État total, qui prétend absorber toute réalité, même religieuse, dans son orbite. le premier, qu’esquissaient les monarchies d’Ancien Régime, recevait sa mission de l’Église et se reconnaissait limité par le droit naturel et divin ; le second, risque de verser dans une pseudo-religion civique, nationale, où les liturgies politiques se substituent, insensiblement, au culte véritable : l’appel à l’ordre contre le chaos libéralo-marxiste ne justifie point l’impatronisation d’un Léviathan séculier qui s’arrogerait la garde des âmes. chire+6
II. 🌿 organicité : l’état-organisme ou le corps mystique profané
Le second pilier, 𝔬̂ lecteur, semble de prime abord plus sympathique à nos instincts organiques : l’État-organisme, conçu comme un corps vivant, traversé d’une foi commune, éducateur des caractères et promoteur d’une vie spirituelle. Mussolini insiste, dans ses écrits, sur cette dimension morale de l’État fasciste, qui ne se veut pas simple machine administrative, mais forme intérieure, norme, discipline pénétrant les esprits et y régnant sans partage, afin de « refaire l’homme ». Stormay y discerne une intuition à double tranchant : la reconnaissance de la dimension morale de la politique, en rupture avec le positivisme libéral, mais aussi la tentation de substituer à l’Église un magistère d’État, national et immanent. digamoo.free+6
Pour un intégraliste catholique, l’organicité véritable réside dans la hiérarchie voulue par Dieu : famille, corps intermédiaires, royaume, tous ordonnés au Corps mystique de Notre Seigneur, dans lequel chaque membre a sa fonction et reçoit sa grâce. l’État-faisceau en contribuant à cette organicité, imite la structure du corps mystique sans en détourner la finalité. books.google+4
III. 🛠️ corporatisme : restauration manquée des corps intermédiaires
Le troisième pilier, 𝔬̂ lecteur, est le plus aisément compatible avec l’histoire médiévale : le corporatisme, c’est-à-dire l’organisation des métiers et des fonctions en corps reconnus, chargés de tempérer le conflit social et de coordonner l’économie au service du bien commun. Mussolini présenta l’État corporatif comme dépassement du socialisme et du libéralisme, rassemblant, contrôlant, harmonisant les intérêts des classes, de sorte que la masse laborieuse ne se sentît plus hors de l’État ni contre lui.
Mérel, dans sa tentative de conciliation entre fascisme et monarchie, voit là une ébauche tardive de ce que les rois très-chrétiens avaient autrefois bâti. librairiefrancaise
IV. 👑 mono-archie : duce séculier
Le quatrième pilier, 𝔬̂ lecteur, parle aussitôt aux instincts francs-français : la mono-archie, principe du chef unique, du duce, clef de voûte de l’édifice, incarnation de la volonté nationale et centre vivant de l’action. La doctrine fasciste affirme que la hiérarchie est l’essence du régime, impliquant discipline, devoirs, mais aussi élite chargée de commander ; le chef n’est pas simple sommet géométrique, mais cœur battant de la nation, auquel le peuple doit, en retour, un attachement filial.
Dans cette perspective s’inscrivent également des plumes nationales-socialistes assumées comme Federico Rivanera Carlés, décrivant la figure du chef comme victoire d’un idéal héroïque, de la foi sur le matérialisme, de l’honneur sur la déloyauté, et soulignant que l’amour du chef ne procède point du décret, mais d’une reconnaissance spontanée d’un peuple envers son libérateur. nacionalsocialismopresente.blogspot+5
Cela change du roi catholique oint par certains aspects, inscrit dans une dynastie, limité par le droit divin et par les coutumes. Mérel insistent alors sur la nécessité d’une « monarchisation » du fascisme catholique : non point un chef purement politique, sujet aux enthousiasmes et aux mécomptes des foules, mais un souverain inscrit dans l’orbe impérial, reconnaissant par-dessus lui l’Autorité surnaturelle. La mono-archie fasciste, si elle rompt avec l’anarchie démocratique, n’échappe donc au néant que si elle consent à se laisser baptiser. chasse-aux-livres+4
☩ ℭoup de grâce
🛎 gong final, 𝔬̂ lecteur, le faisceau mussolinien, relu à travers la grille Stormay, apparaît comme une tentative en partie inachevée, mais plus aboutie que l’ordre médiéval : totalitarisme et organicité, corporatisme et mono-archie : tous résonnent comme des échos d’Ordre naturel.
Appelez l’ambulance, car le malade – l’Europe chrétienne – n’en aura pas moins expiré sur la table d’opération, victime à la fois de la Révolution libérale et de contre-propositions trop terrestres, qui crurent sauver la cité sans se retremper aux sources surnaturelles. Au catholique traditionaliste incombe donc, non de crier au viol à chaque évocation du fascisme, comme le font les histrions universitaires, mais d’aiguiser son verbe : discerner, dans ces doctrines vaincues, ce qui pourrait encore concourir à un État catholique intégral – hiérarchisé, corporatif, enraciné.
📄 Aparté — entre naïveté nostalgique et diabolisation pavlovienne, la voie catholique consiste à juger les régimes politiques à l’aune des fins dernières de l’homme, non à l’aide des pseudo-catéchismes républicains ou des légendes noires de la propagande de guerre.
— Les quatre piliers mussoliniens – totalitarisme, organicité, corporatisme, mono-archie – constituent un faisceau doctrinal hétérogène, que Stormay/Mérel relisent à partir d’une perspective catholique.
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— La Rédaction
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