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Publié le par Florian Rouanet
De la montagne alsacienne à la forêt des contes
⁂ Front liminaire
Lecteur bienveillant,
Bien avant que Netlix & la gauchiste Manon Aubry ne salissent tout sur son passage, les âges anciens ont façonné des figures de femmes (blanches) sublimes : vierges mystiques ou héroïnes de contes, toutes, dans la mémoire de nos peuples, suscitent émerveillement : or, que l’on contemple la lumineuse sainte Odile ou l’énigmatique Blanche-Neige, l’on perçoit — à rebours de la quotidienneté matérialiste, cosmopolite et ultra-féministe — une commune trame. Car toutes deux furent éprouvées, toutes deux relevées.Évidemment, la comparaison voyant le jour ne traite pas des mêmes plans, car une véritable personne, devenant sainte, n’est point, un mythe culturel et un conte populaire !
À l’heure où l’on veut effacer les saints pour célébrer des simulacres d’héroïsme, il sied de rehausser les passerelles symboliques entre la sainte de chair et l’allégorie de papier, entre le mont Sainte-Odile et la forêt profonde des frères Grimm. Voici donc un propos qui n’entend ni niveler, ni travestir, mais relier sans confondre.
Et, en effet, cela dénote et détone par rapport à la vacuité des Marron-Neige ou autre Marron-Soufre !
Sainte Odile, enfant de la foi chrétienne, & Blanche-Neige, fruit du merveilleux "païen"

☧ Arsenal conceptuel
INITIATION, subst. fém. : Accès progressif à une connaissance, un état, un statut supérieur à travers l’épreuve et le dépouillement.
ALLÉGORIE, subst. fém. : Représentation d’une idée abstraite par une image, un récit ou un symbole visible ou sensible.
SAINT, adj. et subst. : Personne reconnue par l’Église comme modèle d’excellence chrétienne en raison de sa foi et de ses vertus.
☩ Sentence d’autorité
« Mythe est le nom de tout ce qui n’existe et ne subsiste qu’ayant la parole pour cause. »
Paul Valéry – Petite lettre sur les mythes Littérature Française
Σ Schéma directeur
👶 I. Naissance dans l’épreuve : cécité & jalousie
🕊 II. Figures tutélaires & abris symboliques
💧 III. Eau, blancheur, lumière : signes de purification
🏔 IV. Montagne sacrée & forêt mythique
👑 V. Guérison & transfiguration féminine
Un parallèle que l’ami Rémy Daillet avait effectué :
Sainteté historique & mythe "initiatique" 👁 Figure historique religieuse & archétype humain conté 🌲
👶 I. Naissance dans l’épreuve : cécité & jalousie
Sainte Odile, née dans la haute noblesse alsacienne, fut immédiatement marquée par la douleur : aveugle de naissance, chose rapportée par la tradition hagiographique, fut rejetée par son propre père, le duc d’Alsace, Adalric, comme objet d’opprobre.
Ce handicap, loin d’être une malédiction, devint le lieu d’un miracle fondateur. Son baptême, ô combien attendu, fut le moment de son illumination : elle recouvra la vue, signe tangible d’une élection divine.Blanche-Neige, quant à elle, subit la jalousie destructrice d’une marâtre vaniteuse – une mère dénaturée. Sa beauté, image de pureté, lui valut la haine. Dans un autre registre, mais avec une intensité semblable, elle dut fuir, souffrir, se cacher.
L’une et l’autre, dès l’origine, sont isolées et éprouvées, selon les lois d’une initiation féminine en société traditionnelle.
🕊 II. Figures tutélaires & abris symboliques
Sainte Odile, écartée par son père, fut recueillie secrètement dans un monastère, puis ramenée par un moine compatissant. Ce religieux incarna la bonté active, et l’Église, refuge des âmes blessées.
Blanche-Neige, dans un registre merveilleux, sa fuite, rencontre sept nains : figures ambivalentes, mais protectrices, artisanales, presque monastiques dans leur isolement. Leur maisonnée en forêt devient une cellule de repos et de transformation.
Dans les deux récits, « l’héroïne » est secourue par une communauté masculine bienveillante, substitut à la famille défaillante, prélude à une renaissance.
💧 III. Eau, blancheur, lumière : signes de purification
La guérison d’Odile survient par le baptême : l’eau, sacrement de lumière véritable et d’incorporation au Christ. Blanche-Neige, par son nom même, évoque la blancheur, cette clarté virginale qui traverse l’opacité du monde.
Le motif de la pomme empoisonnée, chez Blanche-Neige, reprend l’idée de chute d’Adam et Eve — mais aussi celle d’une épreuve, à travers laquelle l’innocence subsiste. Le retour à la vie — grâce au baiser du prince — symbolise un genre de résurrection.
Ainsi, l’eau, la lumière, le sommeil apparent et le réveil final sont autant d’éléments de transformation intérieure et spirituelle.
🏔 IV. Montagne sacrée & forêt mythique
Le mont Sainte-Odile, dominant l’Alsace, fut le lieu de la fondation d’un monastère. Odile y vécut, rédigea, guérit, pria. Ce sommet devient le topos sacré, la montagne biblique, préfiguration de la Jérusalem céleste.
La forêt de Blanche-Neige, lieu d’épreuve et d’asile, est un autre monde : celui du mythe indo-européen, des seuils et des créatures archétypiques. Elle est plus tellurique – terrien – qu’éthérée, mais offre un cheminement initiatique similaire ou parallèle.
Deux espaces : l’un vertical, tourné vers Dieu ; mais l’autre, souterrain, mais menant également à la clarté.
👑 V. Guérison & transfiguration féminine
Odile, après ses épreuves, devient abbesse. Elle fonde, gouverne, soigne. Son autorité vient de sa sainteté. Elle est une catholique transfigurée par la grâce.
Blanche-Neige, sauvée du sommeil par un baiser, s’élève au rang de princesse épouse. Ce baiser peut être lu, au-delà de la façon profane, mais comme une forme de bénédiction : le passage de la mort symbolique à la vie glorieuse.
Dans les deux cas, la femme se relève, non par sa propre force, mais par l’intervention d’un Autre : Dieu chez Odile, le prince archétypal chez Blanche-Neige. Deux figures de résilience qui révèlent, à leur manière, la transcendance, ainsi qu’une féminité tempérée.
⚜️ Scellement tactique
Elles incarnent l’initiation par la douleur et la transfiguration, une même voie de la pureté victorieuse par la souffrance s’ouvre
Sans opposer le récit hagiographique et le conte populaire, il sied de contempler les correspondances.
Sainte Odile et Blanche-Neige ne sont point égales, certes : l’une est sainte, l’autre est symbole, et la seconde est probablement inspirée de la première. Mais toutes deux, par l’épreuve, la lumière, la solitude et la grâce, dévoilent une même vérité éternelle : celle d’un cœur purifié par le combat, et couronné par la Miséricorde.
Ainsi, dans notre époque désenchantée, déclivité, il est salutaire de faire mémoire de ce qui fut — et demeure — source de beauté morale et de foi. C’est en cela que Blanche-Neige ne fait point ombre à Odile ; elle préfigure en allégorie ce que l’histoire accomplit dans la sainteté.
✍️ La Rédaction
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