• Quelle est la vision fasciste de la propriété privée ? (Ugo)



    Choissons la maisonée et avec qui nous voulons vivre ! #anticommunisme #anticapitalisme

  • Introduction

    Le fascisme articule une conception de la propriété privée radicalement différente du capitalisme, mettant l’accent sur la propriété à petite échelle des petits agriculteurs, des artisans et de la petite bourgeoisie comme pierre angulaire de la dignité humaine et de la communauté populaire nationale. Dans le fascisme, la propriété privée s’aligne sur ce que les communistes appellent la « propriété personnelle » — des biens tels que des maisons, des outils ou des petites exploitations agricoles qui répondent directement aux besoins individuels et contribuent au bien collectif —. Cependant, les fascistes rejettent la vision communiste de la « propriété privée » comme équivalente à la propriété du capital, englobant l’usure, le capital improductif, le capital boursier, la richesse spéculative, le capital financier, la consolidation verticale, les grands industriels, le libre-échange, l’économie créancière, le judéo-capitalisme, les barons voleurs et l’exploitation par les cosmopolites. Cette vision de la propriété privée est une fiducie socialement responsable, subordonnée aux intérêts de la nation, conçue pour prévenir les excès d’exploitation du capitalisme et favoriser une société cohésive et productive.

    Mise en œuvre pratique de la conception fasciste de la propriété

    Cette conception n’était pas seulement théorique, mais se manifestait dans des politiques concrètes. Dans l’Allemagne national-socialiste, l’Erbhofgesetz de 1933 désignait les petites exploitations agricoles – généralement de moins de 125 hectares – comme domaines familiaux inaliénables, les protégeant ainsi des marchés spéculatifs. En 1939, environ 700 000 exploitations étaient protégées, produisant des cultures et du bétail essentiels à l’autosuffisance nationale. Dans l’Italie fasciste, l’Ente Nazionale per l’Artigianato e le Piccole Industrie apportait un soutien financier et technique aux artisans, soutenant 150 000 ateliers en 1938 contre les pressions des monopoles industriels. Ces mesures soulignent l’engagement du fascisme en faveur de la propriété en tant qu’institution humaniste, distincte du capital spéculatif des marchés mondiaux.

    L’économiste national-socialiste Dr. Hans Buchner articule cette perspective :

    « La vision national-socialiste de la propriété ressemble au système féodal allemand médiéval d’inféodation. Tous deux établissent une relation fiduciaire entre le propriétaire et la communauté populaire. Cette forme de droit de propriété – englobant le profit, la participation et l’administration – est encadrée par une surveillance constante visant à protéger l’intérêt public. Elle empêche les propriétaires d’exploiter leurs biens sans scrupules et les oblige à les entretenir de manière responsable. Sous le national-socialisme, la propriété est considérée comme un prêt de la communauté populaire, qui peut la réclamer en cas d’abus ou de violation du bien public, garantissant ainsi la responsabilité au regard du droit commun. »

    — Dr. Hans Buchner, Esquisse d’une théorie économique national-socialiste

    L’analyse de Buchner met en évidence le caractère conditionnel de la propriété sous le national-socialisme, ancré dans des traditions germaniques historiques telles que le système des Allods, où la propriété foncière impliquait des obligations envers la communauté. Ce principe a inspiré le Reichsnährstand, qui a soutenu 1,5 million de petits agriculteurs par des subventions et des ressources en 1937, leur permettant de concurrencer les grandes exploitations tout en contribuant à l’autarcie nationale. De telles politiques reflètent une volonté délibérée d’aligner la propriété sur la Volksgemeinschaft (communauté populaire nationale), évitant ainsi la recherche individualiste du profit propre au capitalisme.

    Perspectives idéologiques et critiques du capitalisme

    Cette vision trouve un parallèle dans le fascisme italien, comme l’explique l’historien A. James Gregor :

    « Bien que la conception fasciste de la propriété refusât d’admettre la possession collective en tant que telle, les droits de propriété individuels étaient considérés comme strictement subordonnés à la discipline collective. Ce n’était pas la propriété individuelle qui préoccupait les fascistes, mais sa subordination au contrôle collectif. La propriété était considérée comme remplissant des fonctions sociales plutôt que comme la manifestation de droits individuels. Il était clair que la conception de la propriété comme fonction sociale était suffisamment large pour inclure la socialisation des moyens de production, si celle-ci était requise par les intérêts nationaux tels qu’interprétés par l’État. »

    — A. James Gregor, L’idéologie du fascisme : la raison d’être du totalitarisme

    L’interprétation de Gregor souligne l’engagement du fascisme italien à subordonner la propriété aux objectifs nationaux. La Carta del Lavoro de 1927 formalisa cet engagement, affirmant la légitimité de la propriété privée uniquement lorsqu’elle servait des fins collectives. L’Istituto per la Ricostruzione Industriale (IRI), créé en 1933, nationalisa les banques et les industries en faillite, contrôlant 21 % du capital des entreprises italiennes en 1939 afin de freiner l’effondrement spéculatif. Parallèlement, les petits artisans et agriculteurs bénéficièrent de programmes publics comme l’Opera Nazionale Dopolavoro, qui leur apportaient un soutien culturel et économique pour maintenir leur rôle productif dans le cadre national.

    Pour étayer mon propos, un ministre de l’Économie de l’Italie fasciste a essentiellement soutenu le même point :

    « Le syndicalisme fasciste, face au problème de la liberté d’entreprise et de la propriété individuelle, a adopté une attitude contraire à celle du socialisme. Le déni de la liberté individuelle d’entreprise, comme l’attribution de la propriété à l’État, est combattu par le syndicalisme fasciste. Il vise à permettre à chaque individu, en tant que producteur, de choisir librement sa propre politique économique et part du principe que la propriété de chacun doit bénéficier de larges garanties. En revanche, le droit de propriété connaît des limites sous le régime fasciste, lorsqu’il entre en conflit avec les intérêts de la communauté nationale, reconnus et incarnés par l’État d’Alessandria. La liberté d’entreprise est également soumise à diverses restrictions, dès lors qu’elle porte atteinte à l’intérêt public. Cette liberté d’initiative est protégée et encadrée par la législation italienne actuelle avec un soin tout particulier, étant considérée comme « l’instrument le plus efficace et le plus précieux au service de la nation. »

    — Fausto Pitigliani, L’État corporatif italien

    L’exposé de Pitigliani révèle l’équilibre nuancé du fascisme italien : préserver la propriété individuelle tout en imposant des contraintes étatiques pour garantir l’alignement sur les intérêts nationaux. Le système corporatif a opérationnalisé cela par le biais de syndicats, qui intégraient le travail et le capital sous le contrôle de l’État. La Battaglia del Grano, initiée en 1925, illustre cette approche, en fournissant aux petits agriculteurs une assistance technique et des prêts, ce qui a entraîné une augmentation de 50 % de la production de blé en 1935. Ces politiques ont privilégié la productivité nationale aux gains spéculatifs, renforçant ainsi la fonction sociale de la propriété.

    José Antonio Primo de Rivera affine cette interprétation en distinguant la « propriété de l’homme » — équivalente à la propriété personnelle, répondant aux besoins humains comme ceux des artisans ou des petits agriculteurs — et la « propriété du capital », liée aux systèmes bourgeois d’accumulation. Il soutient :

    « Quand on parle de capitalisme, on ne parle pas de propriété. La propriété privée est l’opposé du capitalisme : la propriété est la projection directe de l’individu sur la matière ; c’est un attribut humain fondamental. Le capitalisme a progressivement remplacé cette propriété de l’individu par la propriété du capital, instrument technique de domination économique. »

    — José Antonio Primo de Rivera, Écrits choisis

    L’analyse de Primo de Rivera éclaire la critique phalangiste du capitalisme, perçu comme contraire à la véritable propriété foncière. Son programme phalangiste prônait une réforme agraire visant à redistribuer les terres aux petits agriculteurs, reflétant ainsi les enseignements sociaux de l’Église catholique, tels que ceux de Rerum Novarum . Bien que le régime franquiste ait atténué ces efforts, le Servicio Nacional de Reforma Económica y Social a distribué 50 000 hectares aux paysans en 1938, soulignant ainsi l’engagement phalangiste envers la propriété comme extension de la dignité humaine plutôt que comme mécanisme de domination économique.

    José condamne en outre les effets déshumanisants du capitalisme, le contrastant avec les systèmes de propriété féodaux qui imposaient des obligations mutuelles, alignant les vues fascistes de la propriété privée sur l’humanisme.

    « Considérez à quel point l’homme européen a été diminué par les mécanismes du capitalisme. Il n’a plus de foyer, ne possède plus de biens, ne conserve plus son individualité et ne pratique plus l’artisanat. Il n’est plus qu’un numéro parmi d’autres. Les démagogues de gauche dénoncent la propriété féodale, affirmant que les ouvriers vivent comme des esclaves. Pourtant, nous, qui rejetons la démagogie, affirmons que la propriété féodale était bien meilleure que la propriété capitaliste et que les ouvriers sont moins bien lotis que les esclaves. La propriété féodale imposait au seigneur, outre ses droits, une série d’obligations. Il était tenu d’assurer la défense, voire la subsistance, de ses sujets. La propriété capitaliste, en revanche, est froide et impitoyable. Au mieux, elle cesse d’exiger une rente, mais elle reste indifférente au sort de ceux qui sont sous son joug. Quant aux esclaves, ils constituaient un bien précieux du patrimoine du maître. Ce dernier devait veiller à ce qu’un esclave ne meure pas, car un esclave représentait un investissement financier, au même titre qu’une machine ou un cheval. Aujourd’hui, cependant, si un ouvrier meurt, les grands seigneurs de l’industrie capitaliste savent que des centaines de milliers de personnes affamées attendent à leurs portes pour prendre sa place. »

    — José Antonio Primo de Rivera, Écrits choisis

    L’invocation des obligations féodales par Primo de Rivera met en lumière la dimension morale de la théorie fasciste de la propriété, contrastant les devoirs réciproques des systèmes précapitalistes avec l’indifférence exploiteuse du capitalisme moderne. Cette perspective a nourri les aspirations phalangistes, même si sa mise en œuvre concrète a été limitée par les réalités socio-économiques de l’Espagne et les alliances de Franco avec les élites foncières.

    La rhétorique d’Adolf Hitler renforce cette critique, présentant le capitalisme comme un système d’exploitation, contraire à la vision fasciste de la propriété. Dans un discours de 1927, il déclarait :

    « L’ère capitaliste est révolue. Elle est déjà terminée dans les pays les plus importants d’Europe. Le capitalisme est la plus grande escroquerie que le monde ait jamais connue. Le capitalisme, c’est l’exploitation des faibles par les forts. C’est l’exploitation du plus grand nombre par une minorité. C’est l’exploitation du peuple par le pouvoir de l’argent. C’est l’exploitation de l’être humain par la machine. Le capitalisme, dans sa forme la plus impitoyable, est un système d’esclavage économique, où le travailleur n’est qu’un rouage de la machine du profit. Nous, nationaux-socialistes, voyons dans la propriété privée la condition préalable à notre conception de la personnalité. Mais nous n’admettons pas, à cet égard, qu’une clique de quelques centaines de capitalistes géants règne sur la vie de la nation. Nous combattons ce système d’exploitation. Nous combattons ce système qui permet à une petite clique internationale et impitoyable de financiers de profiter de la misère de millions de personnes. »

    — Adolf Hitler, discours du 1er mai 1927, lors du rassemblement de la Journée des travailleurs à Berlin

    La dénonciation véhémente par Hitler du capitalisme comme système d’exploitation s’inscrit dans le rejet fasciste plus large du capital spéculatif. Ce sentiment a été repris par Robert Ley — qui fera l’objet d’un article à venir —, chef du Front allemand du travail (DAF), qui a affirmé la primauté morale du travail et de l’honneur sur l’accumulation capitaliste:

    « Ici, nous brisons le capitalisme – le capitalisme juif des rassasiés, des indolents, qui voulaient la guerre et contre lequel les nations européennes se battent aujourd’hui pour l’honneur, l’indépendance et une juste part des biens mondiaux. Nous plaçons l’honneur au-dessus de l’argent, le travail au-dessus du capitalisme, les droits de l’homme au-dessus du droit à l’or. »

    — Robert Ley cité dans La guerre nazie contre le capitalisme par Nevin Gussack

    La déclaration de Ley résume parfaitement l’éthique fasciste qui privilégie la dignité humaine et le bien-être national aux impératifs du profit du capitalisme mondial. Le DAF cherchait à concrétiser cette philosophie en régulant les salaires et les profits, tandis que le Plan quadriennal de 1936 subordonnait la production industrielle aux directives de l’État, limitant ainsi l’autonomie des grands capitalistes.

    Cette conception fasciste de la propriété privée comme bien socialement responsable, comparable à la propriété personnelle, est illustrée par des mises en œuvre concrètes au sein des régimes fascistes. Dans l’Allemagne national-socialiste, les politiques agricoles privilégiaient les petites exploitations familiales, encourageant la propriété foncière paysanne pour la production de cultures essentielles comme les pommes de terre, les légumes et le bétail, renforçant ainsi l’autosuffisance de la communauté populaire nationale sans dépendre du cosmopolitisme. De même, dans l’Italie fasciste, les petits artisans et agriculteurs étaient soutenus par des politiques publiques protégeant leurs exploitations des grands trusts, garantissant que leurs biens servent la productivité nationale plutôt que le profit spéculatif. Ces efforts reflètent l’engagement fasciste en faveur de la propriété privée comme forme d’humanisme, distincte du capital usuraire et improductif des bourses et de la dette.

    La Siedlungspolitik (Politique de peuplement) national-socialiste illustre cet engagement, offrant aux ouvriers et aux vétérans de petites parcelles agricoles ou des logements pour les ancrer dans la communauté nationale, bien que les contraintes du temps de guerre en aient limité la portée. En Italie, la Confédération générale de l’industrie italienne a accordé des incitations fiscales aux petites entreprises, les protégeant ainsi de la consolidation monopolistique. Les initiatives de la Casa del Fascio ont permis de construire des logements abordables pour les ouvriers, inscrivant la propriété foncière dans la vision fasciste de justice sociale. En Espagne, le programme phalangiste Hogares Nuevos poursuivait des objectifs similaires, bien que son impact ait été limité par Franco.

    Bien que la fiabilité du livre Les propos de Tables d’Adolf Hitler ait été plusieurs fois remise en question, celui-ci développe ce point, privilégiant les structures familiales plutôt que les systèmes d’actionnariat anonyme, et affirmant que les profits doivent servir la nation plutôt que les financiers internationaux. Cette approche s’inscrit dans la lignée des politiques de nationalisation nazies et de la rhétorique de Joseph Goebbels, qui présentait les industriels comme des gestionnaires temporaires jusqu’à ce que les travailleurs puissent prendre le contrôle, rejoignant ainsi les vues du fasciste italien Edmondo Rossini, selon lesquelles les industriels devaient conserver leur rôle jusqu’à ce que les travailleurs soient prêts à gérer l’économie.

    Dans cette optique, la propriété doit servir le bien collectif. Les Problèmes du travail de Rossini présentaient les industriels comme des intendants responsables devant l’État. Le processus de coordination (Gleichschaltung) national socialiste et les nationalisations de l’IRI en Italie constituent la subordination du grand capital à des objectifs nationaux.

    Le fasciste américain Lawrence Dennis a soutenu que la transition fasciste a préservé l’expertise tout en freinant les excès de la propriété capitaliste:

    « La méthode fasciste-nazie de transition du capitalisme au socialisme était évidemment plus humaine pour les capitalistes et les dirigeants d’entreprise, et bien meilleure pour la communauté, que la méthode communiste de liquidation brutale d’un système et de son personnel d’encadrement, suivie de l’instauration du système successeur sans experts adéquats. Il est préférable de faire des industriels capitalistes des commissaires socialistes de l’industrie plutôt que de les réduire à des cadavres, tant pour eux que pour la société, qui peut mieux les utiliser vivants que morts. »

    — Lawrence Dennis, La dynamique de la guerre et de la révolution

    L’analyse de Dennis met en évidence la rationalité pragmatique de la stratégie économique fasciste, qui cherchait à exploiter l’expertise existante tout en la réorientant vers des objectifs collectifs. En Allemagne, la Communauté principale de l’économie allemande a formé les industriels pour les aligner sur les priorités de l’État, tandis qu’en Italie, les syndicats ont intégré les grandes entreprises dans un cadre étatique, atténuant ainsi les liquidations perturbatrices caractéristiques de la collectivisation soviétique.

    Giovanni Gentile imaginait le fascisme comme un système privilégiant le travail et l’équité par le corporatisme, où la propriété privée servait des fins sociales. L’Italie fasciste a fusionné les grandes entreprises en syndicats d’État, laissant les petites entreprises – reflétant l’idéal fasciste de la propriété privée comme propriété personnelle et centrée sur l’humain – privées, instaurant une dictature prolétarienne médiatisée par l’État. Cette structure garantissait que la propriété restait productive, à l’abri des pratiques spéculatives et exploitantes des bourses et des marchés de la dette. À l’instar de Robert Ley en Allemagne, Mussolini présentait l’Italie comme une nation prolétarienne opposée aux démocraties capitalistes ploutocratiques, mettant l’accent sur le rejet du capitalisme.

    « Cette lutte gigantesque n’est rien d’autre qu’une étape du développement logique de notre révolution ; c’est la lutte des peuples pauvres mais riches en travailleurs contre les exploiteurs qui s’accrochent farouchement au monopole de toutes les richesses et de tout l’or de la terre… »

    — Benito Mussolini, Discours de déclaration de guerre à la France et à l’Angleterre

    La rhétorique de Mussolini, nourrie par le cadre philosophique de Gentile, positionnait la propriété comme une extension éthique de la communauté nationale. La doctrine du fascisme soutenait que la propriété n’était légitime que lorsqu’elle était intégrée à la finalité morale de l’État. La Dichiarazione del Lavoro de 1927 renforça cette position en protégeant la petite propriété tout en régulant le capital industriel. Des programmes comme Case Popolari fournissaient des logements abordables aux travailleurs, concrétisant ainsi le lien entre propriété et équité sociale. En considérant la propriété privée comme un bien personnel – un actif socialement responsable au service des besoins humains – et en rejetant la propriété du capital, le fascisme se présente comme un protecteur de la dignité humaine. Cela constitue le fondement d’une société ancrée dans la justice sociale.

    « Le fascisme établit l’égalité réelle des individus devant la nation… L’objectif du régime dans le domaine économique est d’assurer une plus grande justice sociale à l’ensemble du peuple italien… Que signifie la justice sociale ? Cela signifie un travail garanti, des salaires équitables, un logement décent, la possibilité d’une évolution et d’un perfectionnement continus. Mais cela ne suffit pas. Cela signifie que les travailleurs doivent s’intégrer de plus en plus étroitement au processus productif et en partager la discipline nécessaire… Comme le siècle dernier fut celui du pouvoir capitaliste, le XXe siècle est celui de la puissance et de la gloire du travail. »

    — Benito Mussolini, discours aux ouvriers de Milan, 1935

    « Nous luttons pour imposer une plus grande justice sociale. Les autres luttent pour maintenir les privilèges de caste et de classe. Nous sommes des nations prolétariennes qui se soulèvent contre les ploutocrates. »

    — Benito Mussolini, 20 mars 1945

    La conception mussolinienne de la justice sociale, qui englobe la sécurité de l’emploi, l’équité salariale et l’accès à la propriété, reflète l’aspiration fasciste à transcender l’exploitation capitaliste. Le programme nazi de secours d’hiver redistribuait les ressources pour soutenir les familles démunies, tandis que l’Opéra national de Balilla formait les jeunes à des métiers pour leur assurer un avenir foncier. Ces initiatives visaient à inscrire la propriété dans un cadre de solidarité nationale et de valeurs axées sur le travail.

    Conclusion

    Comme on le voit, les fascismes européens définissent précisément la propriété privée comme la propriété personnelle — des biens socialement responsables comme les maisons, les outils ou les petites fermes détenues par les artisans, les agriculteurs et la petite bourgeoisie, au service des besoins humains et de la communauté populaire nationale —. En contraste frappant avec la conception capitaliste de la propriété comme capital — richesse usuraire et spéculative liée aux marchés boursiers, à la consolidation verticale, aux trusts mondiaux, aux banques et à l’influence juive — que les fascistes dénonçaient comme une forme d’exploitation. La position anticapitaliste du fascisme, privilégiant le travail et le bien-être collectif, est étroitement liée au communisme, mais le maintien de la propriété individuelle sous le contrôle de l’État crée une distinction cruciale. Cette divergence alimente les problèmes de dialogue avec les marxistes-léninistes, qui rejettent toute propriété privée comme une forme d’exploitation, interprétant à tort la vision humaniste du fascisme comme une forme d’apaisement capitaliste, tandis que les fascistes considèrent le collectivisme communiste comme une atteinte à la dignité personnelle. L’incompréhension mutuelle qui en résulte exacerbe le conflit idéologique.

    Cette tension idéologique est mise en lumière par les approches contrastées de la propriété entre fascistes et communistes. Dans l’Allemagne national-socialiste, le Service du travail du Reich formait les ouvriers aux métiers agricoles et artisanaux, alignant leur travail sur les objectifs de propriété nationale. En Italie, la Scuola di Mistica Fascista inculquait la notion de propriété comme un devoir national. Les théoriciens communistes, comme Nicolas Boukharine, rejetaient le fascisme, le qualifiant de façade capitaliste, négligeant des politiques comme l’Institut pour la reconstruction industrielle ou l’Erbhofgesetz  (loi sur la ferme héréditaire). À l’inverse, des intellectuels fascistes comme Ugo Spirito critiquaient le collectivisme soviétique, le jugeant déshumanisant, arguant qu’il éliminait la participation de l’individu aux biens productifs.


    Judeo-bolchevisme, mythe ou réalité ? (Ugo)
    Le fascisme italien, une idéologie antiraciste ? (Ugo)
    Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social
    Connaissance élémentaire du libéralisme (non) catholique – AFS
    Du libéralisme libertaire au libéralisme sécuritaire ?
    Pie XII et le communisme, au lendemain de la Guerre
    Le franco-libéralisme d’Henry De Lesquen, jusqu’à l’hérésie
    “Source” Martin Bormann suite – Aryan France
    Le Front Allemand du Travail : organisation unitaire, aristocratique, harmonieuse et l’État arbitre
    Critique de droite radicale de la bourgeoisie et auteurs
    Littérature : catholicisme & national-socialisme allemand : une gageure historique et doctrinale

  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 3 commentaires




    Le fascisme est un socialisme positif et humaniste contrairement au communisme qui n'est qu'une autre face du capitalisme.


    Répondre

    […] Quelle est la vision fasciste de la propriété privée ? (Ugo) […]


    Répondre

    […] Quelle est la vision fasciste de la propriété privée ? (Ugo) […]


    Répondre