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Publié le par Florian Rouanet
⁂ Front liminaire d’un pugiliste lettré !
Fidèle lecteur,
À mille lieux des complotistes lacrymaux et autres fadaises pseudo-universitaires, il existe une veine méconnue de la recherche historique : celle des rapports entre le catholicisme et le national-socialisme allemand.
En effet, la littérature faisant le lien entre Église et national-socialisme allemand n’est pas si cloisonner qu’on ne le croit et mérite l’attention tant d’historiens que de doctrinaire.
Joseph Merel, l’auteur alliant scholastique thomiste avec la contre-révolution du « romantisme allemand », pour édifier sa synthèse de philosophie politiqué, ne s’est pas basé sur du vide.Nombre d’esprits éminents, à l’instar de Mgr Alois Hudal ou de Robert d’Harcourt, se sont aventurés dans cette contrée, parfois certes tumultueuse, mais sans compromis ni concession. Ce corpus, d’ordinaire relégué dans les antres obscurs de la mémoire collective, offre pourtant des enseignements capitaux concernant la conciliation entre Foi et doctrines politiques radicales.
Les références y sont religieuses, attestées et sérieuses en leur époque, souvent liées, d’une façon ou d’une autre, à l’Eglise d’Allemagne d’alors.
Ainsi, préparez vous à ce que, dans le temps, le noble soldat Franz, nous fournisse d’autres traductions extraites, à la fois véridiques et percutantes !Fondements du national-socialisme de Mgr Aloïs Hudal, 1937 (PDF)
☑️ ☓ Arsenal conceptuel
- NATIONAL-SOCIALISME, subst. masc. – « Doctrine politique du parti national-socialiste allemand (1919-1945), caractérisée notamment par l’antilibéralisme, l’antimarxisme, le racisme. »
- CATHOLICISME, subst. masc. – « Religion chrétienne professant la doctrine fondée sur l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ, tel qu’interprété par l’Église romaine. »
- CONCILIATION, subst. fém. – « Action d’amener à un accord des opinions divergentes. »
☑️ ☓ Sentences d’autorité
« Prêtre et Français, comment, dans un moment aussi décisif, refuserais-je d’approuver la noble entreprise commune, dirigée par l’Allemagne, susceptible de délivrer la Russie de la gangue qui depuis 25 ans tient enserré, étouffé, son vieux fonds humain et chrétien, de délivrer la France, l’Europe, le monde, des chimères les plus pernicieuses et les plus sanguinaires qu’ait connues l’humanité, de soulever les peuples au-dessus de leurs intérêts étroits et d’établir entre eux une sainte fraternité renouvelée du Moyen âge chrétien ? »
— Déclaration du cardinal Alfred Baudrillart publiée dans le journal Toute la Vie, le 7 août 1941 (PDF) – Catholique NS
« La messe de minuit avait été dite par monseigneur Mayol de Lupé, nous étions plus de deux mille à y assister ; c’était pour moi une petite revanche de voir bien des Waffen SS communier, l’Europe nouvelle dans ces conditions-là avait toute mon adhésion. »
— Pierre Piquemal, Pour Dieu et la Patrie – Des chantiers de jeunesse à la Waffen SS (Page 159)
« Le sermon d’aujourd’hui ne vise pas à accuser ou à attaquer le germanisme, mais à défendre le christianisme. Car j’ai la conviction profonde que défendre le christianisme c’est aussi défendre le germanisme. »
— « Judentum, Christentum, Germanentum », sermon de la Saint-Sylvestre 1933 du cardinal Faulhaber
« Ce sera une surprise pour beaucoup si j’affirme que les principes sociaux traduits par les encycliques du pape et les principes du national-socialisme sont les mêmes. Les principes des encycliques papales, les principes principaux sur lesquels sera fondée l’organisation sociale en Slovaquie, et les principes du national-socialisme sont identiques. Et seul celui qui n’a lu ni les uns, ni les autres, ou qui ne les a pas comparés, peut parler d’une lutte entre eux. »
— Mgr. Tiso, dans une tribune publiée par le journal « Slovák », le 7 septembre 1941.
« Une étude raciale et une attention portée à la race, qui élèveraient la race elle-même à la plus haute valeur en tant que vision du monde et de la vie et qui seraient ainsi tentés d’attaquer le christianisme, se trouveraient fatalement dans l’erreur. Parce que la race et le christianisme ne sont pas opposés, mais différents ordres qui se complètent l’un l’autre. »
— Archevêque Conrad Gröber, 1937, p. 437-438, Manuel des questions religieuses contemporaines
Σ Schéma directeur
- 📖 Fondements du national-socialisme selon Mgr Hudal
- 🔍 Convergences théologiques d’après Michael Schmaus
- 📊 Lecture catholique du national-socialisme par Joseph Lortz
- 🚶️ Manuel doctrinal de Conrad Gröber
- 🔒 Philipp Haeuser contre le « pharisaïsme »
- 🌍 Robert d’Harcourt, adepte du catholicisme « germaniste »
- 📚 Héritage catholique-conservateur & malaise du précurseur liturgique (Herwegen & Laach)
- ✨ Ouvrage anonyme de qualité

✨ Osons aujourd'hui lever le voile sur ces œuvres inéluctables, émaillées d'espoir ✨
📖 I. Fondements du national-socialisme selon Mgr Hudal
Dans Les Fondements du national-socialisme (1937), déjà cité dans nos colonnes, Mgr Alois Hudal, évêque autrichien et recteur du Collège Teutonique à Rome, tente une conciliation, sans s’hasarder en conjectures, entre catholicisme et national-socialisme hitlérien.
Mgr Hudal voit dans le régime une barrière contre le péril bolchevique, et pense y discerner une restauration de l’ordre chrétien. Il exprime ainsi une admiration pour Adolf Hitler, proche de celle de Mgr Joseph Tiso, se distinguant relativement de la prudence romaine incarnée par le Saint-Siège d’alors.
Naguère admiré pour son érudition, Hudal appuya idéologiquement le Troisième Reich, dans une démarche sincère et pour une sauvegarde spirituelle.
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🔍 II. Convergences théologiques d’après Michael Schmaus
Théologien allemand de renom et prêtre catholique depuis 1922, Michael Schmaus publie en 1933 Rencontres entre le christianisme catholique et la conception du monde nationale-socialiste (Begegnungen zwischen katholischem Christentum und nationalsozialistischer Weltanschauung).
Dans ce texte, Schmaus affirme, sans vergogne et pour cause (!), que « les tables des devoirs du national-socialisme et les impératifs catholiques pointent dans la même direction ».
Schmaus tente de souligner les vertus de discipline, de travail, de communauté organique et de rejet du matérialisme libéralo-communiste qui, rapprocheraient catholiques et nationaux-socialistes.
En ce sens, il cautionne et préfigure des rapprochements doctrinaux, que d’autres ont effectués.
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📊 III. Lecture catholique du national-socialisme par Joseph Lortz
Joseph Lortz, historien réputé de l’Église et autre prêtre catholique, publie en 1933 Katholischer Zugang zum Nationalsozialismus (« Approche catholique du national-socialisme »).
Lortz, fervent disciple de la scolastique thomiste, derechef non éhonté, affirme percevoir dans le mouvement hitlérien une réaction providentielle contre le chaos libéral et l’athéisme marxiste.
En mai 1933, dans un geste immédiat, il rejoint même le Parti national-socialiste. Toutefois, ce serment d’allégeance s’avéra bientôt changeant et il tenta autour de l’année 1937, de prendre ses distances.
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🚶️ IV. Manuel doctrinal de Mgr Conrad Gröber
Conrad Gröber, archevêque de Fribourg, membre du Parti national-socialiste et même bienfaiteur de la SS entre 1933 et 1938, s’attacha à publier un Manuel des questions religieuses contemporaines (1937), visant à fournir aux fidèles une grille de lecture adaptée aux temps troublés.
Gröber y aborde des thématiques brûlantes telles que la race, la nation, l’autorité et l’ordre social. Il y affirme sans ambages que « chaque race a reçu de Dieu des dons particuliers », cautionnant ainsi une lecture religieuse des théories raciales de l’époque. Ce faisant, il légitime en bonne partie une vue ethnocentrée, sous le regard de la Providence.
Par cette entente doctrinale, Mgr Gröber se fit l’instrument d’une collusion nécessaire et louable entre catholiques et racialistes, montrant combien l’absence de discernement philo-théologique pouvait s’avérer funeste, lorsque cela n’était pas professé intégralement et proprement.
🔒 V. Philipp Haeuser contre le « pharisaïsme »
Philipp Haeuser, prêtre catholique et soutien affiché du national-socialisme, encore un, incarne une forme plus encore extrême de « collaboration ». Dans ses écrits, il développe une critique acerbe du « pharisaïsme », soit l’esprit juif, qu’il associe aux pratiques essentielles de la foi catholique et du combat politique.
Selon lui, il faut nourrir le combat religieux avec l’idéal viriliste et martial exalté par le national-socialisme, prônant une profession de foi, en phase avec un certain esprit du Volk.
Cette attaque frontale, devant le judaïsme politique, éperdu de nationalisme, fait que Philipp Haeuser demeure ainsi un exemple de ces prêtres engagés, s’étant rallié au mouvement général.
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🌍 VI. Robert d’Harcourt, adepte du catholicisme « germaniste »
Robert d’Harcourt, membre de l’Académie française, professeur à l’Institut catholique de Paris et germaniste éminent, livre en 1938 une analyse magistrale dans Catholiques d’Allemagne. Témoin pénétrant des tendances, il y dresse un tableau sans concession du catholicisme allemand lors de l’époque national-socialiste.
D’Harcourt semble souligner combien, loin d’opposer une « résistance unanime », l’Église d’Allemagne fut fragmentée entre collusion, soumission prudente et oppositions clairsemées. Il répertorie certains prélats séduits par l’idée d’un ordre restauré, ainsi que leur fidélité intransigeante de clerc.
Son ouvrage, remarquable par sa précision documentaire et sa haute tenue morale, demeure une référence incontournable pour comprendre les dilemmes et contextes du catholicisme devant la montée des régimes nationalistes.
📚 VII. Héritage catholique-conservateur & malaise du précurseur liturgique (Herwegen & Laach)
En 1934, paraît un ouvrage demeuré à l’écart des grands inventaires historiques : Katholisch-konservatives Erbgut: Eine Auslese für die Gegenwart (« Héritage catholique-conservateur : une sélection pour le présent »).
Sous l’égide principale d’Ildefons Herwegen, bénédictin allemand et abbé de Maria Laach, ce recueil tente d’articuler, à la manière d’un vade-mecum spirituel, un éthos catholique en harmonie avec certaines aspirations déclarées du national-socialisme.
Herwegen, théologien fervent, était déjà engagé, avec une passion non dissimulée, dans la recherche d’une réforme liturgique, hélas, de mauvais alois : une dynamique « communautaire » qui, ultérieurement, émana tel un parfum persistant, jusque dans les plus funestes innovations dudit concile Vatican II, soit portées aux fonts baptismaux du modernisme !
« Seul un peuple enraciné dans la communauté catholique pourra assurer à la nation allemande son salut spirituel »
Père Ildefons Herwegen et abbé de Maria Laach, Héritage catholique-conservateur : une sélection pour le présent, 1934.
Ce propos, bien que bon à première vue, se mêle entre un curieux « salut spirituel » et « salut national ». Et après guerre, l’esprit fut peu à peu encombré par des idées hétérodoxes, sous la pression d’une repentance coupable inculquée après-guerre par l’étranger vainqueur.
✨ VIII. Ouvrage anonyme de qualité
Cela constitue une pièce singulière dans le corpus des écrits explorant les relations entre catholicisme et national-socialisme. Bien que son auteur demeure anonyme, ce texte se distingue par sa profondeur doctrinale et sa rigueur intellectuelle donnant un appuie supplémentaire au travail de Pierre Moreau, dit Maximin.
Il offre une analyse critique de ceux qui dénoncent les tentatives de conciliation entre la foi catholique et l’idéologie nationale-socialiste, mettant en lumière les contradictions inhérentes à une telle entreprise.
L’ouvrage, d’une clarté remarquable, s’inscrit dans une tradition de pensée catholique intransigeante, refusant toute compromission avec les doctrines post pseudo-Libération. Il examine les fondements théologiques du catholicisme et les confronte aux principes du national-socialisme, révélant laisions fondamentales entre les deux systèmes de pensée, du moins sur le plan naturel.
Malgré son anonymat, ce dernier a suscité un intérêt renouvelé ces dernières décennie. Des initiatives sont actuellement en cours pour sa réédition, témoignant de sa pertinence et de son importance dans le débat intellectuel contemporain sur les relations entre religion et politique.
📖 Lire aussi en ligne : editionssaintbarthelemy.fr/2024/02/07/national-socialisme-et-catholicisme-limpossible-conciliation
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⚜️ Scellement tactique
Pareille exploration historique et intellectuelle, loin de verser dans l’eschatologie de bazar, nous enseigne la fragilité humaine à l’épreuve des événements fuligineux du XXᵒ siècle.
Ô Fidèle lecteur, gardons à l’esprit que le combat pour la vérité n’est pas terminé, et il permet d’éviter les écueils des tragiques compromission post-1945. Que ces pages douloureuses servent de leçon pour les siècles à venir.
Post Scriptum : pour ceux qui voudraient approfondir ce thème, il sied de s’armer d’une âme forte et d’un esprit circonspect !
Pour approfondir
- Mgr Alois Hudal, Les Fondements du national-socialisme, Archive.org
- Michael Schmaus, Begegnungen zwischen katholischem Christentum und nationalsozialistischer Weltanschauung, Wikipedia.de
- Robert d’Harcourt, Catholiques d’Allemagne, AbeBooks
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OpenEdition Journals : Revue Histoire, monde et cultures religieuses sur le catholicisme sous le Troisième Reich.
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