• Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social



    Social ou sociétal, deux visages d’une même révolte antinationale et anticatholique

  • Opposition en bloc aux (non) fondements du libéralo-marxisme par dialectique nationaliste et catholique

    Préambule :

    La dialectique marxiste tend à distinguer le libéralisme économique du libéralisme sociétal, comme si ces deux faces d’un même système pouvaient être largement dissociées. Or, dans une logique contre-révolutionnaire, réputée droitière, le libéralisme se présente comme un tout idéologique, unifiant déracinement économique/financier et dissolution sociale.
    De fait, cette pensée moderne, née dans les révolutions américaine & française, prône un individualisme corrosif, détachant l’homme de ses appartenances et déterministes (sexes, races, nationalités, religions) pour en faire une unité interchangeable, éclatant le tissu social, et mû par l’intérêt égoïste fait d’atomisation et d’homogénéisation planétaire.

    En face, autre matérialisme, le marxisme athée se dresse, et hélas, l’Eglise sans corps de doctrine claire (doctrine sociale, notamment sous Léon XIII) « tarde » à bien définir ce que souhaite le « catholique socialement » et la justice sociale, laissant le terrain aux précités. Les clercs, de façon générale, seront moins véhément contre le libéralisme que le communisme, aussi parce que le premier ennemi idéologique, dans sa mièvrerie, dans sa « douce folie », accepte à peu près tout le monde, et se rend ainsi moins directement hostile, mais d’autant plus pernicieux !

    Extraits :

    « Le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »
    — Léon Gambetta, Chambre des députés, 4 mai 1877 (discours sur les « menées ultramontaines »). Gallica

    « Nous combattons l’Église et le christianisme parce qu’ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d’asservissement humain. »
    — Jean Jaurès, Chambre des députés, séance du 3 mars 1904 (débat sur l’enseignement congréganiste), Journal officiel. Débats parlementaires. Chambre des députés, compte rendu in-extenso Gallica

    « Il n’y a, il ne peut y avoir de trêve entre la démocratie et la théocratie. Messieurs, l’autre monde est un assez beau domaine : régnez-y ! »
    — Georges Clemenceau, intervention à la Chambre des députés, fin du XIXᵉ siècle, citée avec contexte par un ouvrage universitaire (chap. « La liberté de conscience… ») OpenEdition

    -*-

    Sommaire :

    I. Libéralisme philosophique et économique, social et sociétal : une distinction artificielle
    II. L’Église catholique & la question économique : du corporatisme médiéval à la doctrine sociale au XIXème siècle
    III. Pie XII et monde post-Nuremberg, naïveté et échec face au libéralisme doublé un combat anticommuniste isolé

    I. Libéralisme philosophique et économique, social et sociétal : une distinction artificielle

    L’analyse marxiste, cherchant à compartimenter le libéralisme en économique ou sociétal, repose sur une vision matérialiste du monde. Certes, il est aisé de voir que les élites libérales ont d’abord prôné la libre circulation des marchandises avant d’encourager celle des mœurs – dans l’absolu, la distinction reste valable à ce niveau… Mais ce serait une erreur de croire que le second phénomène est une pure conséquence accidentelle du premier. En réalité, ces deux dynamiques procèdent d’une même volonté/idéologie de liquéfaction des structures sociales et morales naturelles.

    Le libéralisme économique, héritier du protestantisme/maçonnisme anglo-saxon et de la philosophie des Lumières, atomise les corps intermédiaires en dissolvant les corporations de travail médiévales, protecteurs des honnêtes travailleurs, tout en s’accaparant les « privilèges » préalablement dénoncés (les bourgeois, émergeant contre des ecclésiastiques et aristocrates), et en imposant la loi du marché comme seule « régulation sociale » prétendument automatique et organisatrice. L’individu, « libéré » de ses attaches et devoirs, fini soumis à une seule « autorité » faisant foi : celle du profit immédiat.

    Mais cette notion/destruction ne pouvait rester confinée au champ économique. Une fois l’homme réduit à une unité productive, il était inévitable/logique que les structures morales, religieuses & familiales fussent à leur tour attaquées et ruinées. Ainsi, dans cette fausse liberté arasante : la « liberté des échanges » s’est naturellement muée en « liberté des modes de vie », entraînant l’apologie de l’(dés)orientation sexuelle, l’immigration massive incontrôlée et la promotion d’identités fictives (république universelle, basé sur la langue française ici, tout en nivelant par le bas) servant à maintenir l’individu dans un état d’indéfinition perpétuelle, sans racines ni devoirs.
    Mais cela ne s’arrêtera pas là, une idéologie va toujours plus loin dans sa lancée, et comme il faut aider ses petits protégés, ainsi tous les instruments qui suivront, tel que la discrimination positive, sont logiques, mais en plus témoignent de leur échec – « l’indistinction de principe » et les apôtres de l’égalitarisme, d’un coup d’un seul, appui les présumés plus faibles/nuls, également jugés différent. Lorsque l’on prône une liberté totale, la société finie en « société ouverte », faisant sauter toutes les digues : morales et physiques !

    Dès lors, le discours moderne ne vise plus l’amélioration matérielle, notamment du prolétariat (pouvoir d’achat, insécurité, etc.), comme dans le socialisme depuis le XIXᵉ.
    Là où les luttes ouvrières réclamaient du pain, des jeux et une rétribution du travail, le libéralisme dit sociétal, détournait de ces aspirations vers des revendications de seconde zone, vidant la « question sociale » de sa substance au profit d’une guerre permanente des partis.

    Cette distinction critique gauche, entre social et sociétal, tient du fait que la gauche influencée par le marxisme ne tient compte plus que des thèmes d’économie et de finance, et non de philosophie politique profonde, de la place de l’homme, la vie, non vu simplement par son organisation au travail par exemple : ce que fait en revanche l’anti-libéral contre-revolutionnaire – soit une vraie droite, non libérale !

    II. L’Église catholique & la question économique : du corporatisme médiéval à la doctrine sociale au XIXème siècle

    Contrairement aux idéologies modernes, capitalisme et communisme, l’Église n’a jamais sacralisé un modèle économique en particulier. Appuyée de la sagesse grecque, son critère essentiel demeure l’orientation vers le Bien commun. Si, durant l’époque médiévale, ledit corporatisme apparut comme le mode d’organisation le plus naturel, c’est parce qu’il garantissait à la fois justice & hiérarchie, travail & ordre dans le concert de l’anthropologie humaine.

    La condamnation religieuse de l’usure, pilier du capitalisme financier, en est l’exemple le plus évident. Par cette interdiction, la Chrétienté médiévale protégeait les hommes contre l’asservissement par la dette, tandis que l’éthique du labeur bien fait primait sur la spéculation.
    Cette vision fut reprise dans les encycliques « politiques » de Léon XIII, notamment Rerum Novarum, qui posa les bases du catholicisme social, en faveur du Christ-Roi et en réaffirmant le droit à une propriété modérée, tout en prônant la solidarité/charité entre les classes sociales et la préservation de corps intermédiaires, d’une façon plus ou d’une autre.

    Ainsi, l’Église a laissé aux États catholiques ou non, la latitude de fixer leurs propres modèles économiques, tant qu’ils servaient la justice et la charité et ne s’opposait pas à la morale chrétienne.
    Loin du capitalisme anonyme & du collectivisme marxiste, la vision catholique demeure enracinée dans une harmonie organique, où chacun contribue selon sa place, sans qu’aucune force extérieure ne vienne déséquilibrer le tout.

    Toutefois, cette bonne conception fut lentement sapée par la montée du libéralisme « interne », sous couvert de démocratie chrétienne, au final incroyante et même acquis aux idéologies modernes, en a affaibli l’esprit, acceptant l’influence grandissante des principes révolutionnaires.

    III. Pie XII et monde post-Nuremberg, naïveté et échec face au libéralisme doublé d’un combat anticommuniste isolé

    Ensuite, après 1945 et le socle du Tribunal de Nuremberg, nous nous retrouvons dans un monde, dicter par les deux faces du matérialisme à réunir sous l’appellation de « libéralo-marxisme », et ce, sur les cendres des régimes fascistes puis nationalistes en Europe de l’Ouest.

    Si Pie XII a combattu vigoureusement, et quasiment seul, le communisme, un péril immédiat, il s’est révélé d’une naïveté tragique face aux démocrates-chrétiens & aux libéraux, dont il ne mesura pas l’étendue de leur duplicité et de leur poison insidieux.

    Et si la seconde partie du XXᵉ siècle fut marqué par la domination croissante du libéralisme, sous ses formes relativement diverses, il existait également une forte opposition/présence de la gauche ouvrière, encore homogène.
    Le Pape, entrée en lutte ouverte contre l’athéisme marxiste, mais dans ce contexte d’époque, Pie XII donc, ne trouva guère d’alliés parmi les États et le clergé, eux-mêmes déjà contaminés, compatibles et compromis. En effet, les bons étaient déjà morts sous l’égide du IIIe Reich !
    L’après Seconde Guerre mondiale puis la guerre froide achevèrent d’isoler le Saint-Siège, qui vit le monde basculer dans cet affrontement entre deux matérialismes : le collectivisme soviétique d’une part, le consumérisme occidental américain de l’autre.

    Or, si le communisme s’imposa avec violence et brutalité, le libéralisme, lui, se diffusa plus insidieusement, se parant des vertus de tolérance et de liberté. Ce fut là son plus grand « triomphe » : il s’imposa comme un effondrement progressif de tout ce qui est enraciné, productif et vivant, acceptant de « coexister » avec l’Église, pour mieux en ronger lentement l’autorité, poussant cette dernière à adopter un discours de plus en plus conciliant, jusqu’à la rupture doctrinale et théologique du « concile Vatican II ».

    En cela, Pie XII, bien que ferme sur le plan doctrinal, et de ses commissions, contre les Rouges, il sous-estima la menace libérale, véritable cheval de Troie, laissant prospérer jusque chez ses fidèles et en ses lieux, les germes de la décadence future.

    Σ

    Pour approfondir :

    • Léon XIII, Rerum Novarum (1891) et d’autres encycliques
    • Pie XII, discours contre le communisme… (à partir de 1949)
    • P. Virion, Bientôt un gouvernement mondial ? (1967)
    • J. Bainville, Les Conséquences politiques de la paix (1920)

    Quand gauche et sciences sociales réprouvaient ladite homosexualité : une mémoire oubliée

    Quand ladite démocratie chrétienne belge sabordait la “révolution nationale” rexiste

    Du libéralisme libertaire au libéralisme sécuritaire ?

    Connaissance élémentaire du libéralisme (non) catholique – AFS

    Pie XII et le communisme, au lendemain de la Guerre

    Nations et classes sociales par François Fontan

    Encyclique singulière sous le IIIe Reich (Papauté politique, après-guerre) 3/3

    Nuremberg ou la Terre Promise : la tricherie – Augustin

    Modèle économique contre le capitalisme – Guillaume Travers


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 10 commentaires




    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] mythe ou réalité ? (Ugo) Le fascisme italien, une idéologie antiraciste ? (Ugo) Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social Connaissance élémentaire du libéralisme (non) catholique – AFS Du libéralisme libertaire […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre

    […] Libéralisme & marxisme : du matérialisme économique à l’effondrement social […]


    Répondre