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Publié le par Florian Rouanet
â ĂnoncĂ© liminaire
FidĂšle lecteur,
Que ne donnerait-on point, de nos jours, pour entendre Ă nouveau parler dâanimaux sans anthropomorphisme, de nature sans religiositĂ© paĂŻenne, dâordre du monde sans lâĂ©galitarisme forcenĂ© dâidĂ©ologues dĂ©sĆuvrĂ©s.
Las, lâĂšre prĂ©sente nâest plus celle du bon sens paysan, mais celle du reniement ontologique. Voici que sâimpose lâantispĂ©cisme, fruit vĂ©reux dâun post-humanisme retournĂ© contre lâhomme, nouvelle gnose oĂč la chĂšvre cĂŽtoie lâenfant et oĂč la viande devient un crime contre lâunivers. Il convenait dĂšs lors de rappeler les fondements.Ălever lâanimal Ă la dignitĂ© dâhomme revient Ă le mĂ©connaĂźtre profondĂ©ment, en le soumettant Ă des catĂ©gories Ă©trangĂšres Ă son ĂȘtre. Et, en effet, chez saint Thomas d’Aquin, nous retrouvons ces trois distinctions Ă©lĂ©mentaires :
- L’Ăąme vĂ©gĂ©tative : propre aux plantes, responsable des fonctions de nutrition et de croissance.
- L’Ăąme sensitive : que possĂšdent les animaux, leur confĂ©rant sensation et mouvement.
- L’Ăąme intellective : exclusive Ă l’homme, dotĂ©e de raison et immortelle.
đłïž Contresens sur lâanimal & nĂ©gation du rĂ©el,
entendant impatroniser une vision hallucinĂ©e de la nature & du vivant đ
â§ Assise conceptuelle
ANTISPĂCISME, subst. masc. â Courant de pensĂ©e contestant la supĂ©rioritĂ© morale de lâhumain sur les autres espĂšces animales & prĂŽnant lâĂ©galitĂ© de traitement des ĂȘtres sensibles.
ANTHROPOMORPHISME, n. m. – Attribution, dans certaines religions et en particulier celle des Grecs et des Romains, d’une forme humaine et de sentiments humains aux phĂ©nomĂšnes de la nature qui devenaient par suite autant de divinitĂ©s. Il s’est dit aussi spĂ©cialement de l’Attribution Ă Dieu d’une forme humaine.
NIHILISME, subst. masc. – A. â PHILOSOPHIE – Doctrine selon laquelle rien n’existe au sens absolu; nĂ©gation de toute rĂ©alitĂ© substantielle, de toute croyance. (v. éternalisme rem. s.v. Ă©ternitĂ©). Nihilisme critique, ontologique.
MILLĂNARISME, subst. masc. – RELIG. Croyance selon laquelle le Messie rĂ©gnera sur terre pendant mille ans avant le jugement dernier.
â© Ăpigraphes prĂ©ludiales
La presse nulle et les officiels tombent juste lorsqu’il s’agit de rĂ©futer des inepties faciles et outranciĂšres:
«âŻL’antispĂ©cisme est une expression nouvelle du narcissisme humain. La pensĂ©e humaine rĂ©git tout dans ce systĂšme, alors mĂȘme qu’il est question de comportements parfaitement naturels. Les agissements basiques des humains, comme le fait de manger de la viande, sont perçus comme anormaux. L’exigence de moralitĂ© doit devenir la principale caractĂ©ristique de l’espĂšce humaine. Homo sapiens doit cĂ©der la place Ă Homo bonus.âŻÂ»
âAriane Nicolas, entretien accordĂ© au magazine Marianne – ActualitĂ©s et dĂ©bats«âŻLe traitement des animaux doit Ă©viter le ridicule anthropomorphisme qui consiste Ă prĂȘter aux animaux des intentions ou des sentiments humainsâŻÂ».
Jean-Yves Goffi, Dictionnaire d’Ă©thique et de philosophie morale (philosophe français spĂ©cialisĂ© en Ă©thique animale) – Port Saint-NicolasÎŁ Arborescence des matiĂšres
I.đ Confusion doctrinale & gnose Ă©galitariste
II. 𩮠Anthropomorphisme, mĂ©pris dĂ©guisĂ© de lâanimal
III. đŸ L’expĂ©rience paysanne contre les abstractions urbaines
IV. đ§Ș Logiques biologiques & lois naturelles bafouĂ©es
V. đȘ Une idĂ©ologie de la nĂ©gation de l’homme
VI. đLa doctrine catholique, thomiste et biblique sous forme d’extraits
Femme-patate, mais oĂč est donc « sainte » Greta Thunberg ?!
I. đ Confusion doctrinale & gnose Ă©galitariste
Sous lâauguste nom dâ« antispĂ©cisme » se dissimule, en vĂ©ritĂ©, une subversion du rĂ©el â un de ces virus conceptuels, fort prisĂ© des cĂ©nacles progressistes, oĂč lâidĂ©e prend le pas sur lâĂȘtre, oĂč lâon prĂ©tend faire violence Ă la nature en lâassujettissant Ă lâutopie.
Ce courant millĂ©nariste, de type dit de Nouvelle Ăąge, dont lâapparition gĂ©nĂ©ralisĂ©e date des annĂ©es 1970, emprunte Ă la morale utilitariste (notamment via Peter Singer) une dialectique faussement sĂ©duisante et surtout fallacieuseâŻ: Ă savoir que la souffrance Ă©tant un mal universel, tout ĂȘtre capable de souffrir mĂ©riterait le mĂȘme traitement Ă©thique. Le terme « spĂ©cisme » est donc forgĂ©, par mimĂ©tisme prĂ©tendument injurieux, sur le modĂšle de « racisme » ou « sexisme », insinuant que considĂ©rer lâhomme comme supĂ©rieur relĂšverait du crime moral.
Or, câest lĂ une gnose Ă©galitariste – lĂ oĂč le fĂ©minisme indiffĂ©rencie homme et femme, on indiffĂ©rencie homme et animal –, en ce quâelle postule lâindistinction des ĂȘtres par nature distincts. LâantispĂ©cisme ne dĂ©fend pas lâanimal en tant quâanimal â il le dĂ©fend contre sa propre nature, au nom dâune abstraction, toute humaine.
Ce nâest point tant la condition de la vache, du chien ou du renard qui intĂ©resse ces « doctrinaires de l’abstrait », que la rĂ©alisation dâun monde thĂ©oriquement purifiĂ© de toute hiĂ©rarchie, ordre ou diffĂ©renciation â monde chimĂ©rique oĂč lâhomme serait haĂŻssable prĂ©cisĂ©ment parce quâil est homme.VoilĂ bien pourquoi lâantispĂ©cisme se range sans peine dans la galerie des idĂ©ologies dites de dĂ©construction : il ruine les catĂ©gories naturelles pour les fondre dans un tout amorphe, comme lâalchimiste dĂ©sespĂ©rĂ© qui croit transmuer les espĂšces en leur contraire. Loin de la sagesse antique qui hiĂ©rarchisait le vivant selon ses facultĂ©s propres, voilĂ que lâon entend punir lâhomme pour avoir respirĂ©, cultivĂ©, sacrifiĂ©, mangĂ©.
Lâon soupĂšse, avec une gravitĂ© grotesque, le droit du lombric Ă lâintĂ©gritĂ© physique, et lâon sâindigne que la panthĂšre nâait point de statut juridique… Cela est fort risible, mais endommage hĂ©las nombre de cerveaux !II. 𩮠Anthropomorphisme, mĂ©pris dĂ©guisĂ© de lâanimal
La premiĂšre absurditĂ© logique du projet antispĂ©ciste repose sur un anthropomorphisme mal dĂ©gourdi, par lequel lâon projette sur lâanimal une intĂ©rioritĂ© humaine â affective, morale, et mĂȘme juridique â que rien ne vient corroborer dans les faits.
Ainsi, des penseurs de salon sâĂ©meuvent du sort du cochon dâabattoir, comparant ses cris Ă ceux dâun enfant suppliciĂ©. On prĂȘte des Ă©motions, des volontĂ©s, voire des pensĂ©es abstraites aux ĂȘtres vivants que lâon ne connaĂźt guĂšre que par Ă©cran interposĂ©. Il ne sâagit plus de comprendre lâanimal selon sa propre nature, mais de le tirer de force dans un systĂšme moral conçu pour â et par, et contre (!) â lâhomme moderne culpabilisĂ©.
Comme avec le racialisme et le fĂ©minisme, cette confusion ruine la vraie relation respectueuse, qui repose non sur lâĂ©galisation, mais sur la juste place. Le loup nâest point un « gentil incompris »âŻ; le chat ne connaĂźt pas la compassionâŻ; le bĆuf nâa cure du droit Ă la retraite – MDR. Lâanimal vit, sent, parfois souffre, certes â mais il nâa point la conscience rĂ©flexive, ni la raison universalisante, ni la transcendance religieuse qui caractĂ©risent lâĂȘtre humain.
Or, en voulant Ă©lever lâanimal Ă lâhomme, lâon rabaisse en rĂ©alitĂ© les deux : lâun, parce quâon le prive de son mystĂšre propre ; lâautre, parce quâon lâarrache Ă sa responsabilitĂ©. Lâanthropomorphisme qui motive lâantispĂ©cisme nâest point amour de la bĂȘte, mais rejet de lâhomme dans sa nature intrinsĂšque â et surtout de ce qui lâĂ©lĂšve au-dessus du rĂšgne animal, Ă savoir : lâintellect, le langage, la morale, la priĂšre. VoilĂ bien un Ă©trange amour que celui qui ignore lâobjet quâil prĂ©tend chĂ©rir.
III. đŸ L’expĂ©rience paysanne contre les abstractions urbaines
Il nâest point anodin que lâantispĂ©cisme soit nĂ©, puis se soit rĂ©pandu, dans les cercles urbains, hors-sol, dĂ©connectĂ©s des rĂ©alitĂ©s concrĂštes, notamment des campagnes. Ceux-lĂ mĂȘme, ces comiques consommĂ©s, qui nâont jamais plantĂ© un navet, jamais vĂȘlĂ© une vache, jamais assistĂ© Ă lâabattage dâun sanglier dans la cour dâune ferme, entendent aujourdâhui rĂ©genter lâordre agricole et moral de la CrĂ©ation…
Ă rebours, les populations enracinĂ©es â Ă©leveurs, bergers, vachers, paysans â connaissent lâanimal, non par fantasme sentimental ou pamphlet militant, mais par expĂ©rience, par les lois empiriques... Elles savent quâun chien a besoin dâun chef, quâun cheval mal traitĂ© devient dangereux, quâun cochon heureux se roule dans la boue, et quâun coq, pour vivre, doit picorer. Elles savent en outre, que lâhomme doit disposer des animaux avec mesure et sans cruautĂ© adolescente.
Câest lĂ une sagesse immĂ©moriale, qui rĂ©git la relation homme-animal depuis des siĂšcles : union fonctionnelle, parfois affective, toujours hiĂ©rarchique, dans laquelle le soin donnĂ© vaut respect, et le sacrifice bien menĂ© nâest point acte de barbarie, mais de nĂ©cessitĂ©.
Lâanimal bien traitĂ© nâest point cet ĂȘtre imaginaire qui « veut vivre libre », mais celui que lâon nourrit, soigne, loge, attelle, parfois tue â et qui, dans cet ordre, trouve une forme de bonheur Ă sa maniĂšre, une paix conforme Ă sa nature. Car lâamour vĂ©ritable nâest point une devise mercantile, mais une Ćuvre !IV. đ§Ș Logiques biologiques & lois naturelles bafouĂ©es
LâantispĂ©cisme, en prĂ©tendant abolir les « discriminations dâespĂšce », se heurte frontalement aux fondements mĂȘmes du vivant. Cette idĂ©ologie, qui croit civiliser la nature, nâen comprend ni la violence nĂ©cessaire, ni lâordre organique, ni la finalitĂ© intrinsĂšque des ĂȘtres.
Quâun lion dĂ©vore une gazelle, quâun renard saigne une poule, voilĂ qui est dans lâordre des choses. Ces faits ne sont ni bons ni mauvaisâŻ: ils sont. La prĂ©dation, la hiĂ©rarchie trophique (alimentaire), la sĂ©lection naturelle ne procĂšdent point dâune cruautĂ© cosmique, mais dâune mĂ©canique de maintien des Ă©quilibres. Une loi Ă©ternelle s’en dĂ©gage : supprimer la mort, dans la nature, câest condamner la vie.
Par une inversion comique et destructrice, ils rĂȘvent dâun monde dans lequel tous les animaux seraient herbivores, frugivores, pacifiques â câest-Ă -dire dĂ©sanimĂ©s, castrĂ©s de leur instinct, reconfigurĂ©s pour satisfaire la sensibilitĂ© urbaine contemporaine. Tel est le dĂ©lire : au nom du bien-ĂȘtre animal, ils veulent abolir le loupâŻ; au nom de la vie, ils veulent faire taire la mort.
Il sâagit lĂ dâun excĂšs de compassion surtout doublĂ© dâun narcissisme et d’un aveuglement d’histrions et de cuistres. En refusant de reconnaĂźtre la nature pour ce quâelle est â dure, belle, tragique â les antispĂ©cistes substituent Ă la rĂ©alitĂ© une fiction moralisĂ©e.
Confusion des plans et disciplines : ils passent de la biologie au moralisme, de lâĂ©thologie au procĂšs dâintention. Et leur discours sâembourbe dans lâincohĂ©rence : faudrait-il, pour leur bien, empĂȘcher les oiseaux de voler, car cela exclut les autres espĂšcesâŻ? Ou encore, reprocher au chat de jouer avec sa proieâŻ?La rĂ©ponse relĂšve de absurditĂ©, car leur logique y mĂšne fatalement. Lâordre naturel est ainsi remplacĂ© par un juridisme fantasmatique. Contre toute « écologie vĂ©ritable », cette idĂ©ologie relĂšve dâun constructivisme qui sâapplique au vivant comme il le fit dĂ©jĂ au genre, Ă la famille, Ă la langue.
V. đȘ Une idĂ©ologie de la nĂ©gation de l’homme
Ă y regarder de plus prĂšs, le cĆur de lâantispĂ©cisme nâest guĂšre lâamour des bĂȘtes, mais bien la haine de lâhomme. Son vĂ©ritable ressort est anthropophobe, au sens mĂ©taphysiqueâŻ: il sâagit de nier la singularitĂ© humaine, son exception parmi les crĂ©atures, son statut dâimage de Dieu.
Que lâhomme parle, prie, crĂ©e, rie, enterre ses morts, Ă©rige des cathĂ©drales ou des tombeaux, rien ne leur importe. LâhumanitĂ© nâest plus quâune espĂšce parmi dâautres, et sa supĂ©rioritĂ© â Ă©vidente, ontologique, sacrĂ©e â est dĂ©sormais traitĂ©e hautainement comme un prĂ©jugĂ©.
Câest lâapogĂ©e du socle bancale Ă©galitariste, cette dĂ©mence/hubris qui ne distingue plus lâenfant de la bĂȘte, le porc du nourrisson, lâhomme de lâarbre.Ce nivellement par le bas procĂšde dâun nihilisme absolu. En niant lâhomme, on nie son autoritĂ© sur la nature, sa vocation Ă lâordonner, Ă en user avec justice. LâantispĂ©cisme nie lâĂąme, nie lâintelligence, nie la transcendance. Il promeut un homme sans verticalitĂ©, honteux de lui-mĂȘme, priĂ© de demander pardon dâexister. Ă cette figure rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e du jardin dâĂden, lâon substitue une sorte de culpabilitĂ© nĂ©o-paĂŻenne oĂč la terre mĂšre – pachamama– devient une dĂ©esse outragĂ©e, et lâhomme, un parasite.
Or, lâhomme est roi non parce quâil dĂ©truit, mais parce quâil nomme, organise, oriente. Sa supĂ©rioritĂ© ne lâautorise pas Ă la tyrannie â elle lâappelle Ă la responsabilitĂ© et au mĂ©rite. Câest prĂ©cisĂ©ment ce quâavaient compris les grandes civilisations : que lâhomme avait mission dâharmonie, non de fusion, ni dâabolition. En sapant cette mission, lâantispĂ©cisme dĂ©truit les deux termesâŻ: lâhomme, ravalĂ© au rang dâanimal honteux, & lâanimal, dĂ©naturĂ© par lâassignation Ă des rĂŽles humains.
VI. đLa doctrine catholique, thomiste et biblique sous forme d’extraits
« On ne trouve pas dans les Ăąmes des bĂȘtes dâopĂ©ration supĂ©rieure Ă celle de la partie sensitive : elles nâont ni intellection ni raisonnement. Câest ce qui ressort du fait que tous les animaux de la mĂȘme espĂšce opĂšrent de la mĂȘme maniĂšre, puisquâils sont mus par la nature et non agissant par lâart : toute hirondelle fait son nid de la mĂȘme maniĂšre, et toute araignĂ©e sa toile. »
« Plus une forme est noble et Ă©loignĂ©e de la forme de lâĂ©lĂ©ment, plus il doit y avoir de formes intermĂ©diaires, par lesquelles on parvient graduellement Ă la forme ultime, et donc plus il doit y avoir de gĂ©nĂ©rations intermĂ©diaires. […] LâĂąme vĂ©gĂ©tative, lorsque lâembryon vit de la vie dâune plante, se corrompt, et une Ăąme plus parfaite lui succĂšde, qui est Ă la fois nutritive et sensitive, et lâembryon vit alors dâune vie animale. Une fois celle-ci corrompue, une Ăąme rationnelle lui fait suite. »
« Le bonheur est le bien propre de lâhomme. Câest donc en ce qui, parmi les biens humains, est le plus propre Ă lâhomme en comparaison des autres animaux quâil faut chercher son bonheur ultime. Or tels ne sont pas les actes des vertus morales, car certains animaux ont quelque part Ă la libĂ©ralitĂ© ou Ă la force ; en revanche, aucun animal nâa part Ă lâactivitĂ© intellectuelle. Donc le bonheur ultime de lâhomme nâest pas dans les actes moraux. »
« Chez les crĂ©atures animĂ©es que sont les bĂȘtes, les sens et leurs dĂ©sirs nâobĂ©issent pas Ă la raison. Dans la mesure toutefois oĂč elles sont guidĂ©es par une certaine prĂ©disposition naturelle, qui les soumet Ă une raison supĂ©rieure, Ă savoir celle de Dieu, il existe bien chez elles, en rapport avec les mouvements de l’Ăąme, une similitude avec ce quâest le bien moral. »
« Les animaux possĂšdent de mĂȘme une connaissance anticipĂ©e des effets qui peuvent se produire dans le monde, du simple fait quâils peuvent ĂȘtre reconnus Ă partir de ce qui les cause et qui met en mouvement les facultĂ©s imaginatives de lâanimal, et ceci plus efficacement que chez lâhomme : car, chez ce dernier, les reprĂ©sentations, surtout Ă lâĂ©tat vigile, viennent plus de la raison que de lâinfluence des causes naturelles.. »
Somme contre les Gentils, trad. Cyrille Michon, Paris, Garnier-Flammarion, 1999.
Ancien Testament :
GenĂšse 1:26-28
«âŻ26 Puis Dieu ditâŻ: Faisons l’homme Ă notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bĂ©tail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.â
27 Dieu crĂ©a l’homme Ă son image, il le crĂ©a Ă l’image de Dieu, il crĂ©a l’homme et la femme.â
28 Dieu les bĂ©nit, et Dieu leur ditâŻ: Soyez fĂ©conds, multipliez, remplissez la terre, et l’assujettissezâŻ; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.âŻÂ»ââ
GenĂšse 2:18-20â
19 L’Ăternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, afin que tout ĂȘtre vivant portĂąt le nom que lui donnerait l’homme.â
20 L’homme donna des noms Ă tout le bĂ©tail, aux oiseaux du ciel et Ă tous les animaux des champsâŻ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable Ă lui.âŻÂ»
âïž SynthĂšse conclusive
Le « spĂ©cisme » est-il une fauteâŻ? Non, il est une reconnaissance : celle des hiĂ©rarchies du vivant, des distinctions fondatrices, de lâordre naturel voulu par Dieu.
LâantispĂ©cisme, au contraire, est une impostureâŻ: il travestit lâamour des bĂȘtes en haine de soi, le respect de la vie en nĂ©gation de ses formes. Il ignore la forĂȘt, la ferme, le sacrifice, les saisons. Il rĂȘve un monde ascĂ©ptisĂ© sans nĂ©cessitĂ©, sans tragĂ©die, sans finalitĂ©.Lâhomme nâest pas un animal comme un autre, et tout nous le rappelleâŻ: le langage, le visage, la priĂšre, le soin des morts, la transmission. Gageons donc quâil existe un amour vrai des bĂȘtes, enracinĂ©, simple et ferme. Celui des anciens, celui des ruraux, celui qui voit dans lâanimal non un double de soi, mais un compagnon silencieux de la CrĂ©ation, tel le chien gardien.
Cet amour-lĂ ne revendique rien, ne manifeste point dans les rues â il se vit au quotidien, dans la responsabilitĂ© et la gratitude. Il conviendrait, en somme, de se retremper aux sources : non point dans la fange idĂ©ologique des manifestes vĂ©ganes, mais dans la sagesse silencieuse de lâĂtable : lĂ oĂč le sacrifice est offrande, lĂ oĂč lâhomme, debout, demeure le gardien et non lâennemi du vivant.
đ Ă approfondir dans notre bibliothĂšque :
đ± LâĂ©cologisme â Une imitation gauchiste de la religion catholique †https://integralisme-organique.com/2025/02/lecologisme-une-imitation-gauchiste-de-la-religion-catholique/
đ Ăcologie anthropologique de droite vĂ©ritable â Julien Rochedy †https://integralisme-organique.com/2025/01/ecologie-anthropologique-de-droite-veritable-julien-rochedy/
đ ïž LâĂ©dit survivalisme â Retour aux fondamentaux dâun homme debout †https://integralisme-organique.com/2025/01/ledit-survivalisme-retour-aux-fondamentaux-dun-homme-debout/
đ„ Georges Sorel â Penseur de la violence et du mythe rĂ©volutionnaire †https://integralisme-organique.com/2025/01/georges-sorel-penseur-de-la-violence-et-du-mythe-revolutionnaire/
âïž Scouts catholiques et fascistes â Influences, oppositions et rĂ©cupĂ©rations †https://integralisme-organique.com/2025/02/scouts-catholiques-et-fascistes-influences-oppositions-et-recuperations/
đ§© UnitĂ© large radicale â ImpĂ©ratif du renouveau vs catho-zombis (Jean Boomer) †https://integralisme-organique.com/2025/03/unite-large-radicale-imperatif-du-renouveau-vs-catho-zombis-jean-boomer/
đ De la gĂ©nĂ©ration sacrifiĂ©e aux hĂ©ritiers numĂ©riques â 1940-2025 en France †https://integralisme-organique.com/2025/02/de-la-generation-sacrifiee-aux-heritiers-numeriques-1940-2025-en-france/
đčïž PhĂ©nomĂšne gĂ©nĂ©rationnel â Jeux vidĂ©o rĂ©tro-HD en 2D †https://integralisme-organique.com/2025/03/phenomene-generationnel-jeux-video-retro-hd-en-2d/
đ DĂ©clin Ă©lectoral des monarchistes radicaux en contexte de laĂŻcisation radicale †https://integralisme-organique.com/2024/12/declin-electoral-des-monarchistes-radicaux-en-contexte-de-laicisation-radicale/

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