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Publié le par Florian Rouanet
Dans le contexte sociopolitique tumultueux du XIXᵉ siècle, la France connaît une période de laïcisation radicale, marquée par des tensions entre l’État français et l’Église catholique.
Les catholiques français, sans excuses aucunes, malgré les avertissements pontificaux, tels que l’encyclique Humanum genus de Léon XIII en 1884, laquelle dénonçait les dangers de la franc-maçonnerie (« arracher le masque de la franc-maçonnerie ! »), voient une partie significative de sa population manifester une certaine acceptation et passivité, face à ces dangers.
Et cette attitude se reflète clairement dans les choix électoraux de l’époque.
Les élections législatives de 1898 offrent un éclairage pertinent sur cette dynamique. À cette époque, la France compte environ 38 millions d’habitants, dont une majorité se déclare catholique. Toutefois, les résultats électoraux, dont leurs choix, montrent une prédominance des votes reportés en faveur des républicains modérés, au détriment des monarchistes et des légitimistes radicaux, traditionnellement, soutenus par l’Église.
Elections de 1898
À l’aube du XXe siècle, selon les données disponibles, les républicains progressistes obtiennent 43,4 % des voix, les radicaux 30,5 %, tandis que les monarchistes ne recueillent que 14,7 % des suffrages.
Lors de ces élections législatives des 8 et 22 mai 1898 donc, les candidats monarchistes catholiques étaient principalement affiliés aux groupes légitimistes et ralliés.
Parmi les figures notables de ce courant, un porteur du catholicisme social, Albert de Mun, influencé par l’encyclique Rerum Novarum et chef de file des légitimistes, se distinguait de la société molle et laïcarde.
Les ralliés, quant à eux, étaient des catholiques qui, suivant explicitement l’appel du pape Léon XIII, avaient accepté la forme du régime républicain pour lutter catholiquement, tout en conservant leurs convictions.
Ainsi, toute la catholicité savait ce qui se tramait… Nous avons non seulement les gouvernements, mais aussi l’opposition que l’on mérite, car nul individu ne sort de nul part.

La distinction entre le « pays légal » et le « pays réel » maurrassienne
Il y a un caractère spectacle inhérentes aux démocraties modernes, mais ce n’est pas que cela.
Si le peuple n’a certes pas le pouvoir et que diverses plusieurs tendances existent en son sein, il n’y a pas de classique « l’Etat maçonnique tyrannise le gentil peuple pieux », il s’agit d’un extrême, ne collant guère avec la réalité complexe !L’expression ci-dessus suggère que les institutions politiques ne reflètent pas fidèlement les aspirations profondes de la population. Cependant, les choix électoraux indiquent une large acceptation, voire un soutien, des politiques laïques par une bonne partie des citoyens, catholiques compris.
Il serait simpliste d’attribuer ces évolutions à une conspiration minoritaire sans le consentement populaire. Des facteurs tels que l’hédonisme, l’individualisme et le conservatisme, c’est à dire une certaine tiédeur dans l’affirmation de la foi catholique ont également grandement contribué à cette situation. Il est donc essentiel de reconnaître la responsabilité collective, des « nôtres » pour commencer, et d’éviter de rejeter la faute (uniquement surtout !) sur des « boucs émissaires », conformément aux principes chrétiens de charité, d’objectivité, d’introspection et de responsabilité personnelle.
Soyons justes et raisonnables et sachons ainsi saisir les causes profondes et trouver des solutions à ces problèmes, en professant un catholicisme intégral.
Ce type d’exemple riche en enseignements est inspiré de divers propos de l’échange entre Vincent Reynouard et Oremus.
Approfondir l’héritage contre-révolutionnaire avec la Sainte ligue.
Lire également le Concordat entre Pie VII et Napoléon Bonaparte.

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