• Nouveaux sacres et possible “excommunication” moderniste ?



    L’inaction : péril mortel ou des sacres inévitables ? (FSSPX, abbé Gleize)

  • Le dilemme et l'attitude timorée

    Préambule :

    Alors que la crise au sein de la secte conciliaire ne cesse de s’aggraver, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) se retrouve dans une situation délicate : manque d’évêques, pression des fidèles et menaces tacites des modernistes romains.

    La re-re-annonce…, de nouveaux sacres épiscopaux pourrait la placer dans une position des plus critiques, surtout si elle tarde trop à les effectuer en réalité, oscillant entre un acte nécessaire pour sa survie (sans évêque, pas d’autonomie, pas « d’indépendance sacramentelle ») et la crainte des représailles romaines.

    Cette tension rappelle celle qui précéda les sacres de 1988 par Mgr Marcel Lefebvre, mais avec un contexte doctrinal et ecclésial encore plus troublé, et une réaction plus vive.

    Sommaire :

    I. L'inaction : un péril mortel
    II. Des sacres inévitables ?

    I. L’inaction : un péril mortel

    Il est manifeste qu’au sein de la FSSPX, se vit une situation périlleuse :

    • d’un côté, elle doit garantir sa pérennité en assurant la transmission des rites traditionnels, sans lequel elle s’expose à une progressive dilution dans la structure conciliaire ;
    • de l’autre, la menace d’une nouvelle excommunication (sans valeur intrinsèque) pèse lourdement sur les consciences, notamment des « chefs de district », freinant ainsi les décisions les plus radicales.

    Or, cette posture attentiste ressemble à s’y méprendre aux hésitations des apôtres face aux persécutions juives. Si jadis nous avions « la crainte des juifs », c’est aujourd’hui la crainte de Jean-Conciliaire.

    Le Vatican moderniste sous François, ne masque guère son aversion envers tout ce qui rappelle la Tradition catholique : les condamnations récentes de Mgr Viganò ou encore des Sœurs Clarisses en sont une illustration éclatante. Dès lors, peut-on réellement croire qu’un évêque fidèle à la foi « d’avant Vatican II » puisse jouir d’une quelconque clémence ? De la part d’ennemi déclarés qui plus est ?

    L’exemple des précédents sacres de 1988 démontre pourtant historiquement que la fermeté paie davantage que ladite compromissiontendance Mgr Fellay des années 2010.
    Mgr Lefebvre, bien que « sanctionné », a garanti pour une bonne part la survie du sacerdoce traditionnel, contrairement à ceux qui, en son temps, choisirent la voie du compromis et se retrouvèrent peu à peu absorbés par l’autorité illégitime moderniste – lesdits ralliés : FSSP, IBP, ICR, etc.

    Le problème actuel réside dans l’absence d’évêques supplémentaires pour la FSSPX. Sans sacres, elle ne pourra plus ordonner de prêtres dans des conditions visiblement et objectivement valides. Or, une Fraternité sans autonomie sacramentelle finit nécessairement sous la coupe de Rome, à la merci de décisions destructrices.

    II. Des sacres inévitables ?

    Face à ce dilemme, la FSSPX pourrait bien se résoudre à l’inévitable (elle le doit) : consacrer de nouveaux évêques, comme le suggère encore l’abbé Jean-Michel Gleize dans son article détaillé sur la question (source).

    Toutefois, ce qui étonne, ce qui laisse sans voix, c’est l’hésitation qui entoure cet acte pourtant vital et évident… On constate un mutisme pesant autour de figures historiques comme Mgr Williamson, ainsi qu’une prudence extrême lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur la tendance dite sédévacantiste croissante au sein des fidèles de la Fraternité.

    Certains évoquent la possibilité que, cette fois, Rome ne se prononce pas, adoptant une posture silencieuse et ambiguë afin d’éviter de froisser les courants dits « conservateurs » encore liés à François, ce qui ne semble pas si évident. Un tel scénario s’inscrirait dans la logique d’une (soi-disant) église conciliaire jouant sur l’ambiguïté pour maintenir son emprise, ses tentacules.

    Quoi qu’il en soit, le temps presse, et la Fraternité ne pourra indéfiniment reporter une décision essentielle à sa survie. La prudence excessive pourrait bien s’avérer plus néfaste que bénéfique, risquant d’entraver la mission pour laquelle elle fut fondée.

    Cela n’empêche évidement pas de prier pour, même lorsque l’on est en désaccord avec certains points de doctrines/théologies.

    Les sacres • Abbé Jean-Michel Gleize • LPL

    Σ

    Propos de fin

    C’est incroyable comme le titre est contradictoire : c’est à la fois possible et nécessaire… Nous ne pouvons le traduire que par un flou…, rabbinique, placé entre deux chaises :

    • coucou les fidèles vous le voulez alors on va le faire ;
    • coucou les conciliaires, non lol, on va rien faire !

    C’est en effet béat que l’on assiste à cela, car en tant que laïc nous ne pouvons rien faire, sinon constater qu’une sorte de Déluge se profile pour cette structure de Tradition, mais avec un Noé qui se tâte, devant les montagnes englouties :

    – Vais-je sauver une pair de bête de chaque espèce ? Possible, nécessaire, peut-être ?

    Savent-ils ce qu’il veulent ? Se sentent-ils suffisamment légitimes ? C’est ce que nous verrons.

    P.-S. Philosopher c’est bien, agir en adéquation avec la foi et sa pratique, c’est mieux !

    Suite aux trépas de Mgr Tissier de Mallerais, puis de Mgr Williamson (le second avait été exclu de la FSSPX, plus d’une décennie avant son rappel à Dieu), les deux « meilleurs évêques » de la FSSPX (Mgr de Galaretta étant effacé et Mgr Fellay trop pro-modernistes) la situation « urge », tandis que les « candidats » ne doivent pourtant pas manquer.

    L’heure en est à la décision pour la FSSPX et ce n’est pas elle qui fera fuir principalement, tandis que l’indécision prolongée ne fera qu’accentuer les divisions internes et la rendre vulnérable aux pressions romaines : si elle ne fait rien, elle renforcera les courants ralliés et les courants plus durs du sédévacantisme.

    L’histoire jugera plus tard si cet acte, aujourd’hui perçu comme une nécessité par certains et une provocation par d’autres, sera le gage du « maintien de la Tradition » ou un pas de plus vers une compromission qui s’avèrera fatale pour eux.

    🎥 Pour approfondir :

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    « Il se pose alors, de nouveau, le dilemme qui s’est présenté à Monseigneur Lefebvre en 1988 » – Fraternité de la Transfiguration

    Retour sur Mgr Viganò et François Zéro

    Mgr Tissier de Mallerais – Éditorial de Bruno Saglio

    Mgr Williamson, nécessité du divin dans le salut des nations

    Sœurs Clarisse, Abbé Thomas Le Gal et juridiction universelle…

    Par Joseph Mérel : critique du sédévacantisme et perspective conclaviste

    Qui peut élire le Pape ?

    « Par crainte des juifs » – Père François Chazal (CMSPX)

    Mgr Lefebvre – Déclaration contre Vatican II du 21 novembre 1974

    Errements du courant dit « Reconnaître et Résister » en 14 points — Abbé Zins


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