• Anatole France, un univers mental français au XIXe siècle



    De quoi s’adonner à quelques loisirs studieux.

  • Chose plaisante pour les amoureux de littérature, précédemment, nous vous régalions  ici ou là des documents sur Platon, Rousseau, Hugo, Montaigne, Rivarol, etc.

    Pour cette fois-ci, nous évoquerons ce brave Anatole France, auteur du XIXe qui vantait régulièrement dans  ses romans l’utilisation des « antiquités sacrées » et de la théologie chrétienne. Il représente du reste, un univers mental que nous aimons, situé entre l’ancienne France et la société moderne.

    Le vocabulaire y est riche et la patte d’écriture bien tournée. C’est même un délice exquis à chaque paragraphe. Cet auteur n’ira hélas pas jusqu’au bout et jouera double jeu, moquant tantôt « l’armée catholique », tantôt la mainmise « judéo-maçonnique » sur la France et sa série de tourments que provoquent les « fils d’Hiram » dans le cours des évènements.

    Car, quant à l’agréable mise en scène des personnages – il s’agit d’une véritable personnalisation -, nous vous laissons la découvrir. L’île aux pingouins contient un peu de tout ce qui a été mentionné et même : un semblant d’affaire Dreyfus, des échanges théologiques de haute volée et le fait de vanter notre culture classique gréco-romaine et humaniste française.

    Ce n’est pas forcément les meilleurs passages en terme littéraire, mais ceci vous donnera une indication sur les libertés que s’arrogeait Anatole France attachant à lui des sujets de sociétés malgré l’aspect romanesque :

    Vous apprécierez la liberté de ton :

    « Deux mois s’écoulèrent ; le remue-ménage ne cessant pas, M. Sariette songea aux francs-maçons. Les journaux qu’il lisait étaient pleins de leurs crimes. M. l’abbé Patouille les jugeait capables des plus noires scélératesses et croyait qu’ils méditaient, d’accord avec les juifs, la ruine totale de la société chrétienne. »

    Et ici vous découvrirez l’utilisation d’un bel oxymore rappelant le Cid de Corneille :

    « Il essaya de lire le Journal La Croix : mais les lignes lui dansaient sous les yeux. Alors, il regarda fixement devant lui, ne vit rien que l’ombre, n’entendit rien que le vent et s’endormit.
    Quand il se réveilla, le feu était mort ; la lampe, éteinte, répandait une âcre puanteur ; autour de lui, les ténèbres étaient pleines de clartés laiteuses et de lueurs phosphorescentes. »

    In. La révolution des anges.

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    […] maîtrise du français classique. Céline est passé par Corneille, Racine, Saint-Simon, Balzac, Anatole France, […]


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