• JMLP : foi, Vatican II et anticléricalisme « démocrate-chrétien »



    Un Jean-Marie Le Pen au sommet !

  • « Maintenant, en bout de piste, je me demande, bien sûr, si je vais disparaître ou paraître ailleurs. L’Église, jadis, me donna une foi. Certains de ses ministres m’ont fâché avec eux, au point que j’ai cru qu’ils m’avaient fâché avec Dieu, je l’ai même écrit. Ma rupture avec l’Église fut brutale et non sans souffrance. J’ai été orphelin de l’Église et j’ai dû m’assumer moi-même sur le plan spirituel. Cela n’a rien de facile, ni d’agréable, ni de satisfaisant au bout du compte. La raison tourne vite en rond. La lanterne des philosophes n’a jamais éclairé personne. L’orgueil et le désespoir vous harcèlent tour à tour.

    Il me paraît aujourd’hui que j’ai donné à un mouvement d’humeur une trop grande ampleur. J’ai confondu l’Église avec les prélats modernistes qui souvent parlent en son nom et semblent s’être donnés pour mission de la perdre. Nous sommes tous orphelins de quelque chose en Europe. J’ai regardé la foule qui se pressait aux funérailles de Johnny. Elle avait besoin d’être ensemble, besoin de sacré, besoin de communier. Beaucoup d’évêques en France, et la hiérarchie laïque qui les conseille, ne les satisfont plus. La pratique s’en est allée, c’est-à-dire le lien principal de la communauté chrétienne qui se retrouvait à l’église tous les dimanches et ne se retrouve plus qu’aux fêtes carillonnées, mariages, baptêmes, obsèques.

    Je crois que l’Église a beaucoup erré après Vatican II. Elle aussi, Elle comme nous tous, Elle comme toute la société, Elle qui n’en avait pas le droit. Sans doute les découvertes scientifiques avaient-elles donné des coups de bélier dans le dogme, mais les arguties infinies des clercs et leurs abandons ont plus encore contribué à son affaissement. Le purgatoire a disparu, l’enfer aussi, pratiquement, et cela nous a rapprochés singulièrement du néant.

    À cette espèce de flou et de mou généralisé se combine bizarrement une sorte de férocité. En 1992, ils m’ont fermé un dimanche l’accès à la cathédrale de Reims. Pour quel motif avouable ? Si l’Église a une mission, elle n’est sûrement pas politique. J’ai peur qu’Elle ne mute, qu’Elle ne serve de supplétive, avec ses ors et ses orgues, au discours bisounours de l’humanisme maçon, sa politique de la bougie et du bouquet de fleurs face au terrorisme, le bêlement d’amour entendu comme arme absolue des moutons contre les loups. Il me semble que c’est une attitude chrétienne devenue folle, une profanation du message évangélique par la sottise.

    Je sens bien que l’espèce de passion que j’y mets avoue assez que je ne suis pas détaché tout à fait de Celle qui fut ma mère. Je pourrais dire à certains moments comme Léon Bloy, j’attends les cosaques et le Saint-Esprit. Je pense à d’autres moments qu’il faut savoir finir simple et digne. Certains articles de la foi catholique me surprennent, mais je garde comme une confiance immense, qui me rassérène, et je demande sincèrement pardon à ceux que j’ai blessés du mal que je leur ai fait.

    J’espère en tout cas avoir été un chaînon français honorable, non pas un maillon faible, mais un maillon utile aux autres, dont les miens puissent être fiers. Il n’y faut pas trop de gravité cependant. Je veux finir comme une chanson. Sans cuivres ni cymbales. J’aurai vécu et je mourrai libre, comme un air se perd dans le vent. »

    Jean-Marie Le Pen, Tribun du peuple (Mémoires, II), Paris : éd. Muller, 2019, derniers mots (FNAC).

    Religieusement : en ce discours remarquable, il y a à boire et à manger, car le propos semble effleurer tantôt le lefebvrisme tantôt le sédévacantisme, mais M. Le Pen ne nourrissait, en vérité, aucune prétention théologique. C’est en tout cas, un beau témoignage, et relativement lucide, eu égard à sa formation politique et religieuse.

    Politiquement : Jean-Marie Le Pen aura subi les mêmes ennuis et les mêmes engeances que Léon Degrelle, à savoir un certain cléricalisme politique, version moderniste, surnaturaliste et/ou dite démocrate chrétienne / personnaliste, post-Vatican II qui plus est, c’est à dire de faux clercs traîtres, plus affairés à dénoncer la droite radicale que les lois sur l’avortement d’alors !

    -*-

    Le passage vidéo ci-dessous en témoigne encore avec brio, sans compter tous les personnages insignifiants, désormais disparus, tels que l’abbé de la Morandais. Ces derniers ne sont plus utiles pour les médias aux ordres, il leur suffit d’inviter des rabbins et des imams dans la France de 2025 :

    Brève intervention publiée sur Twitter-X

    Cantonales, Mars 1985

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    Découvrez ici notre hommage et nos anciennes archives sur JMLP !

    https://integralisme-organique.com/2024/06/leon-xiii-et-cardinal-pie-contre-surnaturalisme/

    https://integralisme-organique.com/2024/05/apres-le-quietisme-au-tour-du-jansenisme/

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    https://integralisme-organique.com/2024/05/personnalisme-contre-bien-commun/


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  • 9 commentaires




    À la manière du Zentrum face à Hitler, notre clergé politique contemporain usait des mêmes artifices à l'endroit de notre grand Jean-Marie avec cette inclination à vouloir cibler ledit « paganisme » du FN (il y avait certes des pans de la nouvelle droite en son sein, mais ils furent loin d'être une généralité, le Front National d'alors était plutôt une espèce d'auberge espagnole analogue à celle du NSDAP), comme le fît perfidement cet imposteur qu'était (((Mgr. Lustiger))) pour orienter les voies catholiques vers des partis centristes, qui, eux, étaient d'inspiration maçonnique et gaulliste, donc anti-chrétienne.


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    J'en profiterais au passage pour donner du grain à moudre à un courrier méticuleux et cinglant que le camarade Vincent fît parvenir au Menhir, à l'approche de sa dernière candidature aux présidentielles, où il pointait justement son absence d'idéalisme, en entrevoyant dans cette pusillanimité, par laquelle il était mu à la toute fin, un prémisse de la dédiabolisation ultérieure. Voilà un pavé capital qu'il sied de dépoussiérer et auquel le beau Léon de Bouillon n'eût pu qu'acquiescer tant il nous remémore les critiques légères qu'il formulât à ce sujet sur son « vieux copain » (et admirateur de Tonton en prime, Degrelle n'avait jamais sa langue dans sa poche pour admettre cela au calme devant des journalistes) JMLP : https://www.stormfront.org/forum/t509736/


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