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Publié le par Florian Rouanet
— 🎖️ Au rebours des platitudes, voici un fil conducteur : de l’aperçu hugolien à la sapience catholique du cardinal Pie, réarmant la Cité
— ⚔️ Deux glaives, une seule fin : le règne social de Notre Seigneur.
⁂ 𝔄rène du quadrilatère
ℭher lecteur, il convient, d’entrée, de bander la plume comme on bande l’arc.
Nous voici, en plein no man’s land, sur un terrain quadrillé par les blaireaux républicains et roycos de tout poil, lesquels se répandent en imprécations contre tout ordre naturel, voire surnaturel.
Or, ne serait-ce que l’ordre naturel, il se rédige à coups de poing, ainsi, derechef, cassons dialectiquement des gueules, par une réaction de plénitude, féconde, riche, valeureuse, consistante et solide !
Le credo de ce papier est Humanitas & Ethnarchie.
📄 Sommaire ramassé des chapitres — Hugo démasque, Pie confirme ; vers une restauration impériale germano-latine ; débusquer le faux néo-humanisme maçonnique ; distinguer les deux modes de gouvernement du Christ-Roi.

🎙️ Antenna I.O. Vox Frequencia — Capsules audios :
📽️ 𝔇ocumentation audiovisuelle
☧ 𝔏exique de cogneur
🪢 Cordage de sémantique au clair, silhouettes nettes :
EUROPÉISTE→ terme souvent employé dans un contexte politique contemporain, surtout critique (connotation péjorative dans les milieux souverainistes), pour désigner un partisan de l’intégration européenne façon Union européenne .
EUROPÉANISTE → mot plus neutre et académique, désignant un spécialiste des questions européennes ou des études européennes, ou bien un partisan d’une identité ou d’une civilisation européenne dans un sens plus large (ethnique, historique, géopolitique).
MÉTAPOLITIQUE, subst. fém. → « Action doctrinale et culturelle, en amont des pouvoirs, ordonnant l’opinion et les mœurs, afin de rendre possible une politique. »
CHRÉTIENTÉ, subst. fém. → « Ensemble des peuples chrétiens ; ordre social et politique informé par la foi chrétienne. »
IMPÉRIALISME, subst. masc. → « Tendance à l’expansion d’une puissance, au sens noble : rayonnement d’un principe civilisateur au-delà de ses frontières. »
HUMANISME, subst. masc. → « Doctrine qui met en valeur la dignité de l’homme, par la culture des lettres et des arts, selon l’humanitas classique. »
ᛟ 𝔄ncienne école éprouvée
Les extraits longs ou semi-longs, authentiques et référencés — convoquant tantôt le cardinal Pie, tantôt Hugo, Drieu la Rochelle, Rebatet ou Jaeger — se trouvent disséminés dans les chapitres suivants.
Assurément — plusieurs Pontifes des XIXᵉ et début du XXᵉ siècles ont formulé exactement cette doctrine du gouvernement social de Notre Seigneur Jésus-Christ, bénissant les peuples dociles et laissant aux faux principes ceux qui Le repoussent.
⟦ Pie XI (1925) — le règne social du Christ, source de paix… ou la ruine en cas d’apostasie ⟧
« Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables — une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière. »
— Pie XI, Quas Primas, Lettre encyclique, 11 décembre 1925 (Vatican)« Fruits encore de cette apostasie, la paix domestique bouleversée par l’oubli des devoirs et l’insouciance de la conscience; l’union et la stabilité des familles chancelantes; toute la société, enfin, ébranlée et menacée de ruine. »
— Pie XI, Quas Primas, Lettre encyclique, 11 décembre 1925 (Vatican)⟦ Léon XIII (1885 & 1899) — devoir public envers Dieu, et châtiment des nations impies ⟧
« La société politique […] doit sans faillir accomplir par un culte public les nombreux et importants devoirs qui l’unissent à Dieu. »
— Léon XIII, Immortale Dei, Lettre encyclique, 1ᵉʳ novembre 1885 (Vatican)« C’est pourquoi, de même qu’il n’est permis à personne de négliger ses devoirs envers Dieu […], ainsi les sociétés politiques ne peuvent sans crime se conduire comme si Dieu n’existait en aucune manière, ou se passer de la religion comme étrangère et inutile […]. »
— Léon XIII, Immortale Dei, Lettre encyclique, 1ᵉʳ novembre 1885 (Vatican)« Il arrive fatalement, que les fondements les plus solides du salut public s’écroulent lorsqu’on laisse de côté la religion. Dieu, pour faire subir à ses ennemis le châtiment qu’ils avaient mérité, les a livrés à leurs penchants […]. »
— Léon XIII, Annum Sacrum, Lettre encyclique, 25 mai 1899 (trad. fr.) (La Porte Latine)⟦ Pie X (1906) — la séparation proscrit l’Ordre; la société ne dure pas sans religion ⟧
« Qu’il faille séparer l’État de l’Église, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur […]. Nous [devons] donc, non seulement un culte privé, mais un culte public et social, pour l’honorer. »
— Pie X, Vehementer Nos, Lettre encyclique, 11 février 1906 (Vatican)« Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion […]. »
— Pie X, Vehementer Nos, Lettre encyclique, 11 février 1906 (Vatican)Ainsi donc, de Léon XIII à Pie X et Pie XI, le Magistère affirma nettement — à l’unisson du Cardinal Pie — que la société a des devoirs publics envers Dieu et Son Christ; si elle s’y conforme, elle goûte la paix et la prospérité; si elle s’y soustrait, elle subit, par juste permission, l’emprise de ses passions et marche vers la ruine.
Σ Plan d’attaque par manche
- 🇫🇷 I. Une dénonciation salutaire sous la plume d’Hugo
- 🛡️ II. Vers une restauration impériale « germano-latine »
- 🧱 III. Contre le faux néo-humanisme maçonnique
- ✝️ IV. Les deux modes du gouvernement du Christ-Roi
La prose qui suit vise la clarté, l’économie du mot juste, et l’auguste revanche des réalités.
De la vision au casque lourd des principes — Il est de mise de s’hasarder en palabres sucrées, de sacrifier à l’autel des émotions cosmopolites, et d’appeler éhontément cela « progrès ». La Cité est une chose trop grave et probe, pour la laisser à ces baltringues mentales.
🇫🇷 I Une dénonciation salutaire sous la plume d’Hugo
Songeons qu’il y a du bon et du vrai chez Victor Hugo, et qu’il sied de le reconnaître sans pour autant se renier. Certes, il sombra par ailleurs dans les écueils bien connus des libéraux, du pacifisme, du néo-humanisme parfois (non celui instructif et sévère de la Renaissance, mais celui maçonnique abstrait des sentiments) et de la laïcité, mais sur ce point précis — « vocation naturelle » des nations européennes, union continentale et civilisationnelle —, il se montra moins aveugle, moins fou et moins flou que la moyenne de ses contemporains.
Son intuition rejoint d’ailleurs certains propos de Tocqueville cités récemment par nous, en ce qu’elle va à rebours de la logique spécifiquement française héritée du gallicanisme et du jacobinisme, où la raison d’État et le principe machiavélien/léniniste de « la fin qui justifie les moyens » prévalent sur la vérité et la justice. Ainsi, dans le tumulte du XIXᵉ siècle, Hugo, malgré ses dérives, sut entrevoir un ordre véritable auquel les nations sont appelées, et réaliseront sous un masque certes « démocratique ».
Ce morceau du Rhin (1842) figure parmi les pages les plus prophétiques de Victor Hugo, qui y dessinait l’avenir de l’Europe par l’alliance du cœur allemand et de la tête française :
« […] La France et l’Allemagne sont essentiellement l’Europe. L’Allemagne est le cœur ; la France est la tête. L’Allemagne et la France sont essentiellement la civilisation. L’Allemagne sent ; la France pense. […] Il y a entre les deux peuples connexion intime, consanguinéité incontestable. Ils sortent des mêmes sources ; ils ont lutté ensemble contre les Romains ; ils sont frères dans le passé, frères dans le présent, frères dans l’avenir. Leur mode de formation a été le même. Ils ne sont pas des insulaires, ils ne sont pas des conquérants ; ils sont les vrais fils du sol européen. […] Il faut, pour que l’univers soit en équilibre, qu’il y ait en Europe, comme la double clef de voûte du continent, deux grands États du Rhin, tous deux fécondés et étroitement unis par ce fleuve régénérateur ; l’un septentrional et oriental, l’Allemagne, s’appuyant à la Baltique, à l’Adriatique et à la mer Noire, avec la Suède, le Danemark, la Grèce et les principautés du Danube pour arcs-boutants ; l’autre, méridional et occidental, la France, s’appuyant à la Méditerranée et à l’Océan, avec l’Italie et l’Espagne pour contre-forts. […] Quand l’Europe centrale sera constituée, et elle le sera un jour, l’intérêt de tous sera évident ; la France, adossée à l’Allemagne, fera front à l’Angleterre, qui est, comme nous l’avons déjà dit, l’esprit de commerce, et la rejettera dans l’Océan ; l’Allemagne, adossée à la France, fera front à la Russie, qui, nous l’avons dit de même, est l’esprit de conquête, et la rejettera dans l’Asie. […]
Résumons. L’union de l’Allemagne et de la France, ce serait le frein de l’Angleterre et de la Russie, le salut de l’Europe, la paix du monde. » « « L’ancienne Europe, qui était d’une construction compliquée, est démolie ; l’Europe actuelle est d’une forme plus simple. Elle se compose essentiellement de la France et de l’Allemagne, double centre auquel doit s’appuyer au nord comme au midi le groupe des nations. L’alliance de la France et de l’Allemagne, c’est la constitution de l’Europe. L’Allemagne adossée à la France arrête la Russie ; la France amicalement adossée à l’Allemagne arrête l’Angleterre. La désunion de la France et de l’Allemagne, c’est la dislocation de l’Europe. L’Allemagne hostilement tournée vers la France laisse entrer la Russie ; la France hostilement tournée vers l’Allemagne laisse pénétrer l’Angleterre. Donc, ce qu’il faut aux deux états envahisseurs, c’est la désunion de l’Allemagne et de la France. […]
Grâce à la politique de Londres et de Saint-Pétersbourg, depuis vingt-cinq ans nous sentons l’ardillon de l’Allemagne dans la plaie de la France. De là, en effet, entre les deux peuples, faits pour s’entendre et pour s’aimer, une antipathie qui pourrait devenir une haine. Pendant que les deux nations centrales se craignent, s’observent et se menacent, la Russie se développe silencieusement, l’Angleterre s’étend dans l’ombre. Le péril croît de jour en jour. Une sape profonde est creusée. Un grand incendie couve peut-être dans les ténèbres. L’an dernier, grâce à l’Angleterre, le feu a failli prendre à l’Europe. Or qui pourrait dire ce que deviendrait l’Europe dans cet embrasement, pleine comme elle est d’esprits, de têtes et de nations combustibles ? La civilisation périrait. Elle ne peut périr.
Il faut donc que les deux nations centrales s’entendent. Heureusement, ni la France ni l’Allemagne ne sont égoïstes. Ce sont deux peuples sincères, désintéressés et nobles, jadis nations de chevaliers, aujourd’hui nations de penseurs ; jadis grands par l’épée, aujourd’hui grands par l’esprit. Leur présent ne démentira pas leur passé ; l’esprit n’est pas moins généreux que l’épée. […] Tous les peuples y gagneront. L’Espagne, par exemple, qui est restée illustre, pourra redevenir puissante. L’Angleterre voudrait faire de l’Espagne le marché de ses produits, le point d’appui de sa navigation ; la France voudrait faire de l’Espagne la sœur de son influence, de sa politique et de sa civilisation. Ce sera à l’Espagne de choisir : continuer de descendre, ou commencer à remonter ; être une annexe à Gibraltar, ou être le contre-fort de la France. L’Espagne choisira la grandeur. Tel est, selon nous, pour le continent entier, l’inévitable avenir, déjà visible et distinct dans le crépuscule des choses futures. Une fois le motif de haine disparu, aucun peuple n’est à craindre pour l’Europe. Que l’Allemagne hérisse sa crinière et pousse son rugissement vers l’Orient ; que la France ouvre ses ailes et secoue sa foudre vers l’Occident. Devant le formidable accord du lion et de l’aigle, le monde obéira. »— Victor Hugo, Le Rhin. Lettres à un ami, Bruxelles, J.-J. Albert Lacroix, 1842 (1ʳᵉ éd.), Quatrième partie, chapitres XXIV–XXV. ReadIngroo
🛡️ II Vers une restauration impériale « germano-latine »
Il est loisible de concevoir, dans l’esprit des antiques et médiévales continuités, une restauration d’un Saint-Empire à la fois actuel et traditionnel, lequel unirait la vigueur germanique et la profondeur latine, idéalement, toujours sous l’égide de la Foi catholique.
Un tel corps politique, enraciné dans l’héritage ancestral — notamment gréco-romain —, mais restant attentif aux exigences de l’époque présente, serait appelé à s’ouvrir aussi vers l’Orient slave, afin d’y rallier les peuples frères (indo-européens) dans une même civilisation blanche et chrétienne.
Ainsi se dessinerait une grande symphonie impériale d’identités véritables et d’unité, où l’Europe — et plus largement l’Occident encore —, réconciliée avec son passé et ordonnée au Christ-Roi (nous allons y venir), retrouverait sa mission providentielle de gardienne de la Vérité et de rempart des nations.
« J’admire Hitler. Nous admirons Hitler, et nous avons pour cela de très sérieuses raisons. (…) C’est lui qui portera devant l’histoire l’honneur d’avoir liquidé la démocratie. » « Par ces notions si claires (…) Hitler entend restaurer les formes naturelles, éternelles, du gouvernement des hommes. » « Entre le bolchevisme russe et l’hypercapitalisme yankee, le national-socialisme occidental seul demeure à la mesure de l’homme, laisse à la vie de l’individu ses prérogatives, sa personnalité. »
— Lucien Rebatet, « Fidélité au national-socialisme », Je suis partout, 28 juillet 1944 (libertas.co)
« Il faut bien faire les États-Unis d’Europe par la violence. »
« Hitler sera le faiseur de l’Europe après Napoléon. »
— Pierre Drieu la Rochelle, Journal 1939-1945 (entrée de 1940 , p. 5 & mars 1940 p. 67), « Europe « germanique et latine » sous férule césarienne » cités d’après T. Visone et Corso di Laurea, « Eurosceptic Federalism… », 2018 (archive.sciendo.com PDF)
« L’État fasciste est une volonté de puissance et d’empire. La tradition romaine y est une idée de force. Dans la doctrine du fascisme, l’empire n’est pas seulement une expression territoriale, militaire ou commerciale, mais aussi spirituelle et morale. On peut concevoir un empire, c’est-à-dire une nation qui, directement ou indirectement, en guide d’autres, sans qu’il soit besoin de conquérir un seul kilomètre carré de territoire. »
— Benito Mussolini, La dottrina del fascismo, Enciclopedia Italiana, 1932 (Treccani)
« Le dépassement du nationalisme, seuls les nationalistes peuvent le faire. […] la communauté européenne doit être nécessairement une unité politique absolument indépendante. »
— Maurice Bardèche, L’Œuf de Christophe Colomb. Lettre à un sénateur d’Amérique, Paris, Les Sept Couleurs, 1951, p. 138 & p. 144.
(libertas.co, Amis de Brasillach)
🧱 III Contre le faux néo-humanisme maçonnique
Pour préciser notre pensée ici, il importe de distinguer le noble humanitas antique, lequel formait des hommes de devoir et de raison sous l’égide de Cicéron, de César ou encore des stoïciens ; de même que l’humanisme classique, lequel, de Molière à Racine, mettait en lumière la nature humaine par l’art et la morale ; ou encore l’humanisme sévère et savant de la Renaissance italienne, tel qu’en rend compte l’Italien Eugenio Garin, où l’instruction et la discipline intellectuelle se conjuguaient avec l’amour des lettres.
Le néo-humanisme contemporain, en revanche, procède d’une tout autre veine : il s’agit d’une abstraction judéo-maçonnique totale, réduisant l’homme à un faisceau de sentiments généreux proclamés universels, mais presque toujours viciés, trompeurs, inconsistants. Cette bienveillance affectée, souvent mièvrerie, qui se pare des dehors de ladite fraternité, se traduit en réalité par l’effacement de tout enracinement, de toute transcendance, conduisant à l’exaltation d’un vague « amour de l’humanité » niant les patries, les traditions et jusqu’à l’ordre naturel.
Là où l’humanisme véritable élevait l’homme vers la sagesse et la vertu, ce néo-humanisme bâtard, l’abaisse vers l’utopie sentimentale, dénaturant la Cité au profit d’une solidarité illusoire, immérité et désincarnée.
Les vrais « humanités » et les fausses :
« Nous pouvons désormais définir le caractère spécifique de l’Hellénisme, par contraste avec l’Orient. En découvrant l’homme, les Grecs ne découvrirent pas le moi subjectif, mais prirent conscience des lois universelles de la nature humaine. Le principe intellectuel des Grecs n’est pas l’individualisme, mais l’humanisme — humanitas — au sens originel et classique du terme. Ce mot vient de humanitas : laquelle, depuis Varron et Cicéron du moins, possédait, outre son premier sens vulgaire de bienveillance — ici sans pertinence —, un sens plus noble et plus sévère. Il désignait le processus par lequel l’homme était éduqué en sa forme véritable, la nature humaine réelle et authentique.
Voilà la vraie paideia grecque, adoptée par l’homme d’État romain pour modèle. Elle part de l’Idéal, non de l’individu. Au-dessus de l’homme membre de la horde, et de l’homme supposé personnalité indépendante, se dresse l’Homme comme Idéal ; et cet Idéal était le modèle vers lequel éducateurs grecs, poètes, artistes et philosophes tournèrent toujours leur regard. Mais qu’est-ce que l’Homme idéal ? C’est le modèle universellement valable de l’humanité que tous les individus sont tenus d’imiter. »— Werner Jaeger, Paideia : L’idéale de la culture grecque, vol. I, New York, Oxford University Press, 1945, Introduction, pp. xxiv–xxv — Internet Archive.
✝️ IV Les deux modes du gouvernement du Christ-Roi
En effet, placée devant les fonts baptismaux, cette vision d’une France et d’une Allemagne soudées au service de l’Europe trouve un prolongement supérieur dans l’enseignement du cardinal Pie : car la cité n’est véritablement ordonnée et pacifiée que lorsqu’elle se soumet au gouvernement social de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi, le « rêve » hugolien, certes purifié de ses illusions, peut se conjuguer heureusement avec l’idéal de la Chrétienté restaurée, où l’unité politique de l’Europe s’adosse au règne du Christ-Roi sur les nations.En conséquence, Notre Seigneur Jésus-Christ gouverne les sociétés par deux voies distinctes. Lorsque les hommes, dociles à Sa Loi, reconnaissent Son autorité et se conforment à Ses commandements, Il agit directement, bénissant leurs institutions et soutenant leur prospérité. Mais lorsque les peuples, ingrats et orgueilleux, repoussent volontairement Son joug doux et salutaire, alors Il les abandonne à eux-mêmes : livrés à leur perdition, à leurs passions et à leurs faux principes, ils avancent inexorablement vers leur propre ruine.
Ainsi se vérifie l’enseignement catholique dispensé notamment par le cardinal Pie : ou bien le Christ règne, et la Cité demeure, ou bien Il est rejeté, et la Cité s’effondre.Ligne directrice — Depuis les meilleures époques, partant d’Europe ou d’Occident, impérialisme catholique !
— Cardinal Louis-Édouard Pie, Évêque de Poitiers
⟦ Le principe général ⟧
« Quand ce n’est pas Dieu qui gouverne les hommes, les formes de gouvernement sont également mauvaises ou également impuissantes ; et, les pires de toutes, sont celles qui, en mettant la souveraineté dans le nombre, touchent de plus près à l’anarchie. »
— † Cardinal Pie, Œuvres de Monseigneur l’Évêque de Poitiers, t. VII, p. 290 (éd. Oudin, livre mystique)⟦ L’axiome célèbre face à Napoléon III ⟧
« Sire, quand de grands politiques comme votre Majesté m’objectent que le moment n’est pas venu, je n’ai qu’à m’incliner parce que je ne suis pas un grand politique. Mais je suis évêque, et comme évêque je leur réponds : le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? Eh bien ! alors le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer. »
— † Cardinal Pie, propos rapportés à l’Empereur (audience des années 1859–1860), repris par les éditeurs de la Royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, Christ-Roi.net⟦ Ni théocratie cléricale, ni neutralité athée : la vraie « gouvernance » du Christ ⟧
« Non, Jésus-Christ n’est pas venu fonder la théocratie sur la terre […] Qu’est-ce donc que la théocratie ? La théocratie, c’est le gouvernement temporel d’une société humaine par une loi politique divinement révélée et par une autorité politique surnaturellement constituée. […] Comme Jésus-Christ n’a point imposé de code politique aux nations chrétiennes, […] il en résulte que le Christianisme n’offre pas de théocratie. […] Mais, nonobstant cette consécration des pouvoirs humains par l’Église, je répète, il n’y a plus, depuis Jésus-Christ, de théocratie légitime sur la terre. »
— † Cardinal Pie, Œuvres de Monseigneur l’Évêque de Poitiers.⟦ Conséquence pratique : quand le Christ ne règne pas publiquement ⟧
« Partout où Jésus-Christ n’exerce pas ce règne, il y a désordre et décadence. »
— † Cardinal Pie, propos cités dans la Mission divine de la France (recueil de textes).⟦ Devoir public des peuples envers Dieu ⟧
« Mais ce ne sont pas seulement les particuliers, ce sont encore les peuples qui sont tenus de rendre hommage à Dieu par l’affirmation de leur croyance. […] Nation chrétienne et catholique depuis le premier instant de sa formation, la France en est venue à ce point que la neutralité religieuse est présentée désormais comme essentielle à son droit public. »
— † Cardinal Pie, Œuvres de Monseigneur l’Évêque de Poitiers, t. I, Discours, éd. H. Oudin, 7ᵉ éd., p. 83–84. (Archive.org)⟦ L’athéisme social, fruit d’un État « neutre » ; « Dieu exilé de la société » ⟧
« Si donc le gouvernement n’avait aucune croyance religieuse déterminée, la société n’aurait aucune croyance déterminée ; s’il ne professait aucune religion, la société ne professerait aucune religion ; s’il ne reconnaissait aucune loi divine ni aucun droit divin, la société ne reconnaîtrait aucune loi divine ni aucun droit divin. Logiquement parlant, la société serait athée, et le gouvernement aussi. »
« Mais cela ne change rien à l’état social, qui n’en reste pas moins sans loi divine, sans religion et sans culte public. Dieu est toujours exilé, sinon de la nature, du moins de la société. »
— † Cardinal Pie, Œuvres, t. I, Discours, éd. Oudin, 7ᵉ éd., p. 84–85.⟦ Le vrai siège de la souveraineté ⟧
« Achevez d’effacer du frontispice de nos lois cette maxime féconde en révolutions : “Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans le peuple.” Tous les législateurs n’ont-ils pas protesté que “le principe de toute souveraineté réside essentiellement en Dieu” ? »
— † Cardinal Pie, Œuvres, t. I, Discours, éd. Oudin, 7ᵉ éd., p. 85–86.⟦ Sanction des lois de la nature sociale & condition normale de toute souveraineté chrétienne ⟧
« Les États qui violent les lois essentielles de leur nature ne vivent pas longtemps. »
« [Ce qu’on voulait abolir,] c’était non pas précisément et uniquement l’union des deux sceptres dans la même main et des deux couronnes sur la même tête […] ; c’était l’alliance et la subordination du temporel au spirituel, seule condition normale de toute souveraineté chrétienne, si laïque soit-elle. »
— † Cardinal Pie, Œuvres, t. I, Discours, éd. Oudin, 7ᵉ éd., p. 86 & p.527. Tome IV (Gallica)
☩ 𝔖entence par KO
Ô lecteur instruit, souffrez que nous frappions, à présent, d’un dernier coup de semonce : la Cité ne se sauvera ni par les mantras dégénérés de l’égalitarisme, ni par les bricolages d’un parlementarisme essoufflé.
L’Europe, si elle désire n’être point bouse à l’histoire, devra consentir à sa propre métamorphose — non point transition molle, mais retour aux sources, du meilleur aloi. Alors, le souffle spartiate retrouvera ses poumons ; et la France, tête, avec l’Allemagne, cœur, feront derechef résonner la grande cloche impériale.
Elle se sauvera par l’orthodoxie du réel, qui n’est autre que la Création, et le règne social du Christ. Qu’il gouverne, et l’armature demeure ; qu’Il soit banni, et les façades croulent. Au-delà des velléités, c’est affaire de (maître du) logos et de conversions.
📚 Pour approfondir
- Victor Hugo, Le Rhin. Lettres à un ami (1842), texte intégral : https://readingroo.ms/4/0/2/3/40239/40239-h/40239-h.htm
- Cardinal Pie, Œuvres de Monseigneur l’Évêque de Poitiers (éd. H. Oudin) — collection Gallica (tomes variés).
- Julius Evola, Révolte contre le monde moderne (1934), trad. fr., chap. sur l’Empire, p. 47-48 (ia801200.us.archive.org PDF)
- Alexis de Tocqueville, Souvenirs, Partie III, chap. IV « Affaires étrangères », texte établi par Christian de Tocqueville, Paris, Calmann-Lévy, 1893, p. 402-403. https://fr.wikisource.org/wiki/Souvenirs_(Tocqueville)/03/04
- Eugenio Garin, L’humanisme italien.
- Werner Jaeger, Paideia. L’idéal de la culture grecque.
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