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Publié le par Aryan France
Il est une légende couramment colportée dans nos milieux, autant parmi les cathos-tradis que les néo-païens (encore les mêmes !), à l’égard des croyances du Führer continuellement sujette à des accusations controuvées. Les invocations hitlériennes de l’ordre naturel et divin sont si rendues irrécusables par leur sommité alimentant ses écrits et discours que, plutôt que d’y voir une religiosité significativement chrétienne, certains affabulateurs sans aucune once de scrupule préfèrent à l’inverse y trouver une simple phraséologie rhétorique destinée au grand-public mais traduisant entre les lignes un mysticisme païen latent, sans lien avec la foi en Christ. Fort heureusement, cette gent-là va de plus belle être déçue du voyage car nous n’en avions jamais fini avec eux.
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Dans le n°13 de Parlement(s) : revue d’histoire politique, Johann Chapoutot a prétendu que le concept de providence, tel qu’Hitler l’entendait, aurait été dépourvu de toute valeur transcendante, sous prétexte qu’elle ressortait du savoir, ainsi que d’une certitude mathématique, apodictique selon laquelle la nature consacre le fort en détruisant le faible. Que je sache, la Providence est ce qui oriente des choses vers la fin pour que le bien triomphe, et tout cela inclut évidemment les lois de la nature (qui existent), voulues par l’Ordonnateur du monde, qui est Dieu. Et puisqu’elle est accessible à la raison naturelle, elle peut relever de la science, et elle peut même être la Providence du Dieu trine puisqu’il n’y en a qu’un. La Providence n’est pas de l’ordre de la foi, ainsi que l’enseignait Pie XII.
« […] La raison humaine est, par sa propre force et à sa seule lumière naturelle, apte à parvenir à la connaissance vraie et certaine d’un Dieu unique et personnel, qui par sa Providence protège et gouverne le monde, et à l’intuition aussi de la loi naturelle inscrite par Dieu en nos âmes, nombreux, pourtant, sont les obstacles qui empêchent cette même raison d’user de sa force native efficacement et avec fruits. » – Pie XII, dans l’encyclique Humani Generis
On se demande donc bien en quoi, sous ce rapport, la vision d’Hitler pouvait-elle contrevenir aux enseignements de l’Église, puisque ce n’est guère le cas. Il n’y eut aucun immanentisme dans son esprit, et pour en prendre conscience, il suffit de se reporter à l’un de ses discours notables :
« Peut-être ne suis-je pas ce qu’on appelle un hypocrite moralisateur ou un pieux. Je ne suis pas cela. Mais au fond de mon cœur, je suis un homme religieux, c’est-à-dire que je crois que l’homme qui, conformément aux lois naturelles créées par Dieu, combat courageusement et ne capitule jamais en ce monde, que cet homme ne sera pas abandonné par le Législateur. Au contraire, il recevra à la fin les bénédictions de la Providence. » – Adolf Hitler, extrait de son discours du 4 juillet 1944 au Platterhof
Comme on peut l’apercevoir, Hitler n’a nulle part fait dépendre la vie de l’absolu de la finitude humaine en laquelle ce dernier est supposé prendre conscience de soi (de sorte que c’est en dernier ressort, dans cette perspective, par le décret de cette conscience humaine que l’absolu est absolu, au point que c’est seulement en elle qu’il est véritablement absolu, en se convertissant donc en subjectivisme générateur de déification du Moi…). Il a seulement indiqué qu’il existait une loi éternelle (laquelle demeure gravée chez les êtres doués de raison et les inclinant vers l’acte et la fin qui leur conviennent), qui n’est autre que la raison éternelle du Dieu créateur et modérateur du monde, favorisant le triomphe de ceux ayant été dignes du droit à la vie, suite à un âpre combat. Il n’a pas non plus assimilé Dieu à l’ensemble de la nature, en le rendant consubstantiel à cette dernière (ce qui consisterait à verser dans le panthéisme), mais a bien affirmé qu’il était extérieur à sa création. La croyance en la loi naturelle n’a rien à voir avec l’adoration de la nature. Le paganisme ne croit pas à la loi naturelle, mais aux « dieux » du chaos. Qu’Hitler ait convoqué, à quelques passages ou chapitres distincts de Mein Kampf, les diverses « déesses » du droit éternel, de la nécessité, de la misère, de la vengeance inexorable, ou de la paix, et une seule fois le « dieu » de la guerre, n’implique certainement pas une croyance païenne, mais plutôt une manière métaphorique de rendre justice au peuple allemand, en faisant correspondre des allégories aux thèmes qu’il abordait. D’autres, quand il n’est point question d’accuser Hitler d’avoir déifié la nature, objectent qu’il eût souhaité se créer un « dieu » particulier (comme Robespierre voulut le faire dans la Convention). Ceci est d’autant plus faux car le déisme (culte de « l’Être suprême ») consiste à réduire l’univers, le cosmos, doté d’un ordre naturel, à une machine manipulable dont l’homme serait le démiurge, pour ainsi exalter la subjectivité calculatrice et scientiste. Hitler n’a pas soutenu que Dieu ne serait que le déclencheur du processus mondial, et non son soutien constant, vu qu’il croyait en son intervention providentielle. Afin de démontrer que ce Dieu, dont Hitler invoquait régulièrement, n’était aucunement désincarné ou abstrait, je citerai soigneusement le prochain passage :
« La nature éternelle se venge impitoyablement quand on transgresse ses commandements. C’est pourquoi je crois agir selon l’esprit du Tout-Puissant, notre créateur, car : En me défendant contre le Juif, je combats pour défendre l’œuvre du Seigneur. » – Adolf Hitler, Mein Kampf : Eine Abrechnung, p.36
Ici, on peut voir la Trinité : les chrétiens disent, dans le symbole de Nicée-Constantinople, qu’ils croient « en un seul Dieu le Père, Tout-Puissant », « l’esprit du Tout Puissant » serait le Saint-Esprit, et « l’œuvre du Seigneur » semble rimer avec l’humanité façonnée par Dieu (ainsi que ses lois : la « nature éternelle »), et contre laquelle les juifs se sont toujours insurgés en tant qu’ennemis de sa création. En récitant le credo, les chrétiens disent également qu’ils croient « en un seul Seigneur Jésus-Christ ». On peut voir qu’Hitler a donc associé la nature à Dieu, mais que dans le sens où elle est le fruit de la volonté divine. Ce n’est pas un concept païen, mais un précepte chrétien. De plus, lorsqu’Hitler s’exprimait, à propos des juifs, de la manière suivante : « Toute leur existence n’est qu’incarnation de leur reniement de l’esthétique symbolisée par l’image du Seigneur. » (Mein Kampf : Eine Abrechnung, p.92), il rappelait, au passage, avec justesse, que, conformément au fondement de l’anthropologie chrétienne telle que l’exprime la Genèse, l’image de Dieu, à laquelle souscrit la ressemblance divine du Fils, apparaît dans l’homme sous sa forme imparfaite, et qu’en tant qu’il porte dans son âme la beauté des vertus divines que la nature lui a assignée, l’Aryen s’oppose aux images mortes des Juifs (dont l’art qu’ils conçoivent se révèle comme la manifestation de leur être en révolte contre le divin). Cet enseignement dénote une vision typiquement platonicienne relative à la contemplation du Beau qui mène à une élévation spirituelle. Chez les anciens Grecs, ce processus commence par l’appréciation de la beauté physique, mais il progresse vers la beauté de l’âme, puis vers la beauté des idées, et enfin vers l’idée suprême de la beauté elle-même, qui est une forme divine, une manifestation du Bien. Désolé les candaules, mais Hitler croyait bien au Dieu transcendant.
« [NdA : Un certain commandant P.E. de l’Ordensburg a dit] « Les Allemands du NS repoussent le monisme matérialiste et le déisme. Devant le monisme matérialiste, ils disent qu’ils ne peuvent comprendre la lumière, que parce qu’ils savent ce que c’est que l’ombre… Je sais ce que je suis comme homme, parce que j’ai pris conscience de ce qu’est l’univers, comme non-homme, en dehors de moi. C’est la preuve par les contraires. Nous repoussons le déisme, en ce sens que nous n’acceptons pas l’idée que, le monde ayant été créé une fois, il résulte de cette création originelle un déterminisme législateur assurant le triomphe de ce que les hommes appellent la fatalité. C’est là le déisme voltairien : l’automatisme aveugle de la loi découlant de l’aveugle création première. Automatisme qui est le père de ce libéralisme dont notre époque a tant souffert, et dont on peut même dire qu’il a été dans tout l’ordre de sa pensée pratique, un fléau dévastateur. » » – Alphonse de Châteubriant, La gerbe des forces, pp.299-300

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