• Magistère & condamnation du prêtre errant



    Anathème sur le prêtre errant, fut-il de constat sédévacantiste

  • Préambule :

    Bien que nous savons les noms pour une part, en milieu sédévacantiste,
    nous ne donnerons pas de nom par charité, mais nous n’en pensons pas moins !

    Le clerc vagus, vagante – ou clerc errant – désigne un ecclésiastique qui, sans rattachement à un évêque légitime ou à une juridiction ecclésiastique déterminée, exerce un ministère de manière autonome.
    Cette situation, historiquement condamnée par l’Église, trouve un écho particulier de nos jours dans les controverses entourant certains prêtres issus notamment de cercles sédévacantistes, non rattachés à un Évêque valide.

    Sommaire :

    I. Condamnation du clerc errant dans la tradition conciliaire
    II. Application aux controverses contemporaines
    III. Les évêques selon le rite de l’Église

    I. Condamnation du clerc errant dans la tradition conciliaire

    Dès les premiers siècles du christianisme, l’Église condamna la pratique des clercs errants qui, sans autorisation de leur évêque – et cela se nourrie de thématique juridictionnelle -, se rendaient d’un diocèse à un autre pour exercer un ministère.

    Concile d’Antioche (341) – Canon 3

    « Qu’aucun évêque, prêtre ou diacre ne quitte son diocèse pour s’établir dans un autre sans la permission de son évêque propre et de celui de la région où il veut se rendre. S’il agit ainsi, qu’il soit réduit à l’état laïc. »

    Concile de Sardique (343-344) – Canon 15

    « Un évêque ne doit pas recevoir un autre clerc étranger à son diocèse, à moins qu’il n’ait une lettre de son évêque propre. »

    Concile de Carthage (397) – Canon 64

    « Qu’aucun évêque ne reçoive un clerc étranger sans s’assurer que ce dernier est muni de lettres pacifiques et d’une autorisation de son évêque. »

    Décrétales du pape Gélase Ier (492-496)

    « Nul clerc ne peut errer sans évêque, car c’est par l’évêque qu’il tient son ministère et son autorité. »

    Concile de Chalcédoine (ENG)…

    Ainsi, la structure hiérarchique apostolique repose sur l’obéissance et l’incardination du « clergé » sous l’autorité d’un évêque en communion avec l’Église.

    II. Application aux controverses contemporaines

    Dans le contexte actuel, notamment parmi les prêtres sédévacantistes, cette question ressurgit avec acuité. Un prêtre qui refuserait de se soumettre à un évêque, surtout dans un contexte où la vacance du Siège apostolique est affirmée, tombe-t-il sous le coup de ces condamnations antiques ?

    La réponse qui fut avancée par certains critiques est tranchante :

    L’Église a toujours condamné les clercs vagantes, il suffit de lire les canons des Conciles. Un prêtre vagus (non lié) qui continue à être vagus malgré des admonitions n’est plus considéré que comme un prêtre rebelle, étranger à l’Église, par l’Église…

    Cette position trouve un écho chez certains évêques sédévacantistes & traditionalistes qui insistent sur la nécessité d’une autorité ecclésiastique légitime, et d’autant plus en période de crise aggravée, sans précédent historique dans l’absolu…

    Et en effet, il ne suffit pas d’avoir un sacerdoce valide, mais bien une autorité légitime à laquelle se rattacher !

    III. Les évêques selon le rite de l’Église

    Au regard du choix, de cette variété « épiscopale », il n’y a aucune excuse valable pour ne pas se rattacher à un évêque, proche de ses « tendances propres » durant cette dite crise de l’Eglise visible. Ainsi, et afin de faire bonne œuvre, démarchez en ce sens vos prêtres de paroisse, en manque de « structure ».

    Par exemple, les évêques issus du courant guérardien (du nom de Mgr Guérard des Lauriers) soutiennent généralement que l’Église « continue à exister sous forme d’une hiérarchie réduite » ou encore dite materialiter, ayant licéité.

    Liste des évêques guérardiens actuels

    Actuellement, ces évêques sont en nombre restreint :

    • Mgr Joseph Selway (RCI, 🇺🇸)
    • Mgr Daniel Dolan (RCI, 🇺🇸)
    • Mgr German Fliess (RCI, 🇦🇷)
    • Mgr Geert Stuyver (IMBC – Institut Mater Boni Consilii, 🇧🇪)

    À noter que Mgr George McLaughlin (SHG – Society of the Holy Ghost) est récemment décédé, sa messe de Requiem ayant été célébrée le 3 avril 2024 par le P. Christopher Spray 🔗 ; idem pour Mgr Donald J. Sanborn (RCI – Roman Catholic Institute, 🇺🇸).

    Autres évêques sédévacantistes ou conclavistes :

    • Mgr Giles Butler en Grande-Bretagne, Mgr Luis Alberto Madrigal au Brésil, Mgr Pierre Roy au Canada plutôt reliés.

    • Mgr Cloquell en Espagne.

    • Mgr Scharf à Antibes en France et sa Concorde augustinienne.

    • Mgr Pivarunas aux États-Unis (CMRI).

    L’argument selon lequel il serait impossible de trouver un « rattachement canonique » en temps de crise, ne tient donc guère, tant les possibilités sont diverses, bien que parfois marquées par des différences doctrinales et linguistiques nettes.

    Σ

    De l’impossibilité d’être un prêtre errant

    L’impossibilité de la théorie d’un « épiscopat diminué »

    À propos du sédévacantisme et du conclavisme… – Abbé Francesco Maria Paladino

    Sédévacantisme, plausible ? Lavagna, Abauzit & abbé Veyron

    Ledit « sédévacantisme solitaire » et situation ecclésiale

    Mgr Lefebvre et le sédévacantisme

    Lettre ouverte à Mgr. Lefebvre publiée dans le « Bulletin du Sacré-Cœur » en novembre 1983 par Mgr. George Musey (sédévacantisme/conclavisme)

    Débat entre l’abbé Zins (sédévacantisme) et l’abbé Célier (lefebvrisme) à Radio Courtoisie le 21 mai 2013

    Par Joseph Mérel : critique du sédévacantisme et perspective conclaviste


  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 2 commentaires




    […] Magistère & condamnation du prêtre errant […]


    Répondre

    […] Magistère & condamnation du prêtre errant […]


    Répondre