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Publié le par Florian Rouanet
Scouts laïcs, scouts catholiques...
Préambule
Le scoutisme, mouvement de jeunesse aujourd’hui mondialisé, fut fondé par un général britannique et laïc, Robert Baden-Powell, en 1907. Au départ, inspiré d’une vision « anglo-saxonne et maçonnique » de l’éducation, il s’implanta progressivement en Europe, suscitant des adaptions diverses.
D’abord rejeté par l’Église catholique en raison de son origine protestante et rationaliste, il fut ensuite adapté et sanctifié par certains ecclésiastiques soucieux d’encadrer la jeunesse dans une perspective plus conforme à la foi catholique.
P.S. Dans les débuts du scoutisme, la swastika était une des plus hautes décorations et distinctions !

Sommaire
I. Fondations et diffusion du scoutisme
II. Le scoutisme catholique en France
III. Principes et philosophie
IV. Crises et mutations après 1945
V. Héritage et continuité
I. Fondations et diffusion du scoutisme
Le scoutisme fut fondé en 1907 par Lord Robert Baden-Powell, militaire britannique et franc-maçon notoire, lors d’un camp expérimental sur l’île de Brownsea. À l’origine, il s’agissait d’un programme éducatif destiné à former de jeunes Britanniques robustes et disciplinés, aptes à servir l’Empire, colonial notamment.
Si ce projet devait initialement se limiter aux territoires anglo-saxons, il fut rapidement exporté en Europe continentale, notamment en France, où il fut introduit par des laïcs, des catholiques et des protestants. L’Église catholique, hostile à ce mouvement perçu comme une infiltration idéologique étrangère, en entrava d’abord la diffusion.
Cependant, face à l’engouement croissant des jeunes catholiques pour cette méthode éducative (au final, de survivance naturelle assez traditionnelle et vertueuse), certains ecclésiastiques, notamment des jésuites, finirent par en modifier la philosophie afin de l’intégrer dans une vision chrétienne.
Le Père Jacques Sevin, jésuite français, a été l’un des principaux artisans de cette intégration. Après avoir rencontré Robert Baden-Powell en 1913, il a œuvré pour adapter le scoutisme aux valeurs catholiques. Il a notamment déclaré :
« Le scoutisme est une école de loyauté, de franchise, de pureté, de dévouement, de toutes les vertus chevaleresques. »
Par ailleurs, le chanoine Cornette, cofondateur des Scouts de France, a souligné le soutien pontifical à cette adaptation en affirmant :
« Les Souverains Pontifes Pie X, Benoît XV, et Pie XI ont donné à notre scoutisme leur lettre de naturalisation catholique. »
Ce processus d’adaptation catholique, qui dura de 1920 à 1934, permit l’émergence d’un scoutisme spécifiquement catholique, donnant notamment les chantiers de jeunesse sous le Maréchal Pétain et son État français.
II. Le scoutisme catholique en France
L’implantation du scoutisme en France ne fut ni homogène ni immédiate. Chaque région adopta le mouvement à un rythme différent. Finalement, les efforts d’intégration aboutirent à la fondation des Scouts de France, dont la philosophie initiale reposait sur deux axes majeurs :
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Une croisade missionnaire, visant à évangéliser la jeunesse, aussi bien dans les milieux populaires que bourgeois.
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Une croisade contre l’ennemi, en l’occurrence la IIIᵉ République maçonnique et corrompue, marquée par divers scandales débouchant notamment sur le 6 février 1934 (affaire Stavisky, etc.).
Le scoutisme catholique devint ainsi un instrument de formation spirituelle et morale, fondé sur la discipline, la cohésion de groupe et l’apprentissage de l’autonomie.
III. Principes et philosophie
Le scoutisme reposait sur des principes éducatifs qui varient selon les influences idéologiques et religieuses. L’opposition entre le scoutisme originel, fondé par Baden-Powell, et le scoutisme catholique se manifestait dans les formules utilisées :
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Loi de l’éclaireur (Baden-Powell) : « Le scout est fait pour aider les autres. »
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Loi scoute catholique : « Le scout a le devoir de servir et de sauver son prochain. »
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Baden-Powell : « Un éclaireur est propre dans ses pensées, ses paroles et ses actes. »
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Loi scoute catholique : « Le scout est pur dans ses pensées, ses paroles et ses actes. »
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Baden-Powell : « Je promets sur mon honneur que je ferai de mon mieux pour accomplir mon devoir envers Dieu et le Roi, pour aider autrui en tout temps, pour obéir à la loi de l’éclaireur. »
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Loi scoute catholique : « Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m’engage à servir de mon mieux l’Église et la Patrie, à aider mon prochain en toute circonstance et à observer la loi scoute. »
Le scoutisme catholique, tout en conservant les aspects pratiques du scoutisme originel (vie en plein air, discipline, esprit communautaire, chantant et débrouillard), l’ancra dans une vision traditionnelle et contre-révolutionnaire.
IV. Crises et mutations après 1945
L’après-guerre fut marqué par des tentatives de modernisation du scoutisme. Emmanuel Mounier, figure de la démocratie chrétienne et de la pseudo « Libération », entreprit de le rendre plus technologique, introduisant l’usage du talkie-walkie et de la moto – ce qui n’est pas un problème jusqu’ici…
À cette époque, les Scouts de France comptaient parmi leurs publications des journaux aussi divers que Aspects de la France (l’organe de l’Action française) et L’Humanité (voix du Parti communiste français), signe de leur éclatement idéologique. La gauche radicale et athée, de nos jours, n’utilise plus ce courant.
L’une des secousses les plus violentes survint avec ledit Concile Vatican II. L’« Église conciliaire », dans son esprit de rupture, rejeta ou adapta le scoutisme, jugé inadapté aux nouvelles orientations modernistes.
Enfin, la vague de Mai 68 infligea un coup supplémentaire au mouvement. Les scouts, nombreux parmi les étudiants, furent influencés par la contestation ambiante. Sous l’égide de François Le Bouteux, alors responsable des Scouts de France, la loi scoute catholique fut supprimée au profit d’une version édulcorée, plus conforme aux standards « progressistes ». L’objectif affiché était de « réconcilier le scout avec la société moderne », autrement dit de l’aligner honteusement sur la décadence ambiante.
Dès lors, l’éducation scoute se (re)mit à aborder des thèmes empruntés à l’idéologie républicaine et révolutionnaire : discussions sur la sexualité, la décolonisation, la lutte contre le « racisme », etc. Cela provoqua une scission avec les catholiques traditionnels et favorisa l’essor d’autres mouvements tels que les Scouts d’Europe, plus « fascisants », bien que souvent « conciliaires »...
V. Héritage et continuité
Le scoutisme, bien qu’altéré par ces diverses crises, demeure une structure formatrice.
Tout dépend de ce qu’il incarne :
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Un scoutisme catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire ? Il se révèle alors un outil précieux d’éducation et de résistance.
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Un scoutisme laïcisé et maçonnique ? Il devient un simple instrument de conditionnement idéologique progressiste.
En France, la véritable sanctification du scoutisme ne fut possible qu’avec des figures telles que le Père Sevin, le Chanoine Cornette et Édouard de Macédo, qui surent en faire un mouvement compatible avec la doctrine catholique.
Aujourd’hui, des organisations comme le MJCF (Mouvement de la Jeunesse Catholique de France) perpétuent un modèle proche du scoutisme catholique et monarchiste. De même, le Chantier de la Jeunesse française et le Scoutisme nationaliste (inspiré du Francisme et des Scouts d’Europe) constituent des alternatives plus sérieuses. Les Scouts de France sont hélas conciliaires et dépassés.
📌 Pour approfondir
🎧 À écouter :
- Chants du Chantier de la Jeunesse française
- Chants scouts nationalistes
📚 À lire :
- Philippe Laneyrie – Scouts de France
- Marcel Bucard – La Flamme
- MJCF, Mouvement de la jeunesse catholique de France
In Christo.
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