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Publié le par Florian Rouanet
Nous voulions faire un papier sur l’anglicanisme, subséquemment à ce qui a été énuméré dans une émission d’Oremus, de septembre 2023. Un schisme qui continu et sombre !Résumé introductif :
L’anglicanisme, irruption née d’une crise politique et personnelle sous le roi Henri VIII fut un schisme marqué par l’usurpation de prérogatives spirituelles et une persécution anti-catholique d’une rare violence, annonçant des massacres ultérieurs.
Si la tentative de restauration catholique par Marie Tudor fut honorable, le poids de l’hérésie anglicane continue d’aggraver son emprise, jusqu’à nos jours, avec une agrégation « post-moderniste » qui plus est.
Sommaire :
I. Actualité inquiétante de l’anglicanisme
II. Origines historiques du schisme
III. Violences anti-catholiques : répression et martyres
IV. L’Angleterre catholique : entre sursauts et restauration
V. Gallicanisme : un parallèle français
I. Actualité inquiétante de l’anglicanisme
L’anglicanisme contemporain, loin d’être figé, poursuit son œuvre de décomposition doctrinale. Une étape a été franchie en 2014 lorsque ladite Église d’Angleterre a voté en faveur de « l’ordination des femmes en tant qu’évêques » – or, pas un seul apôtre n’était femelle !
Ces « réunions synodales biennales » (tous les deux ans) à York, et même celles très récentes, illustrent la dégénérescence croissante des réformes.
En outre, il y eut de récentes tentatives de modifier les traductions bibliques, afin de prétendre expurger les influences dites « patriarcales », démontrant un radicalisme progressiste, où ce dernier sert de ‘guide moral » au-dessus de la religion…, surpassant parfois même les modernistes romains !
Ces dérives traduisent une volonté d’adaptation contre-nature au monde moderne, au mépris des fondements scripturaires, dogmatiques et traditionnels.
Ainsi, l’anglicanisme, déjà issu d’une rupture avec Rome pour des raisons profanes, s’éloigne encore davantage de l’orthodoxie chrétienne…
II. Origines historiques du schisme
L’anglicanisme, arrivant avant, et lié à la Réforme protestante, ne s’en distingue pas tant que cela par ses racines politiques et doctrinales.
À la fin de la guerre de Cent Ans (lutte intestine à cause du protestantisme, 1337-1453), et après les luttes intestines des deux roses (dynastie des Tudor, 14550-1487), l’Angleterre, déchirée par le désordre, on voit son destin basculer sous Henri VIII donc. Ce dernier, mécontent et avide de rompre son mariage avec Catherine d’Aragon, défia l’autorité pontificale en s’arrogeant, non seulement la direction temporelle, mais la direction spirituelle de son royaume, produisant d’un incroyable mélange des genres, présent davantage en Islam.
Bien qu’Henri VIII ait d’abord été un catholique zélé, ayant même reçu le titre de « Défenseur de la Foi » par le Pape Léon X pour son ouvrage contre Luther, ses ambitions personnelles le menèrent à rompre avec l’Église catholique. L’Acte de Suprématie de 1534 officialisa cette rupture : le roi devenait chef de l’Église d’Angleterre, jetant ainsi les bases d’une « religion d’État » dépourvue de toute légitimité spirituelle, contre la papauté.
Ensuite, sous Élisabeth Ire, dont la numéro II a péri il n’y a pas si longtemps (!), l’anglicanisme s’institutionnalisa. Et comme nous le disions supra, les successeurs du roi iront plus loin dans l’ignominie en ne se définissant même plus « catholiques » tout en retouchant à tous les rites, souhaitant employer également la langue vernaculaire, et ce, à une époque où le « bas peuple » n’était pas très anglophone…
La réforme liturgique, réduisant déjà la messe à une simple commémoration de la Scène (et non à un sacrifice non sanglant renouvelé du Christ), et l’imposition de leurs « offices dominicaux » obligatoires, traduisent une volonté d’asservir la foi à l’autorité temporelle. Ceux qui s’y opposaient étaient qualifiés de traîtres à la patrie et lourdement réprimés, pour ne pas dire « jugés » et tués.
III. Violences anti-catholiques : répression et martyres
L’usurpation spirituelle d’Henri VIII s’accompagna d’une répression féroce. En se proclamant chef temporel et spirituel, il combina les deux glaives au service d’un pouvoir absolu, pour ne pas dire tyrannique. Les prêtres fidèles à Rome furent pourchassés, torturés et exécutés, de même que les fidèles refusant d’abjurer leur foi.
Parmi les martyrs les plus emblématiques figurent saint Thomas More (ancien chancelier du royaume) et saint John Fisher (docteur en théologie, évêque puis cardinal). Refusant de reconnaître l’autorité religieuse du roi, ils s’opposèrent courageusement aux Actes de Suprématie, au prix de leur vie.
« Je meurs en bon serviteur du roi, mais avant tout serviteur de Dieu. »
— Saint Thomas More, avant son exécution en 1535.Ces persécutions instaurèrent un climat de terreur dont Robespierre n’a pas grand-chose à envier, éradiquant toute source d’opposition catholique. Pourtant, la fidélité héroïque des martyrs anglais devint le symbole d’une pratique et d’une résistance spirituelle inébranlable. Hélas, ils ne furent point assez nombreux et organisés !
IV. L’Angleterre catholique : entre sursaut et restauration
La flamme de la foi catholique ne s’éteignit jamais complètement en Angleterre. Sous le règne de Marie Tudor (1553-1558), une tentative de restauration catholique fut entreprise. Cette dernière, surnommée « Bloody Mary » par ses adversaires, chercha à rétablir l’unité avec Rome dans un royaume fracturé par l’hérésie anglicane.
Si son règne fut marqué par des efforts sincères pour réintégrer l’Angleterre dans le giron de l’Église, il demeura hélas éphémère. À sa mort, Élisabeth Ire réinstaura violemment le protestantisme, consolidant la rupture avec Rome.
La courte période de Marie Tudor, dernière tentative de sursaut étatique (!), illustre néanmoins la possibilité d’un retour à l’ordre spirituel légitime, rappelant que la foi catholique resta vivace malgré les vives persécutions.
V. Gallicanisme : un parallèle français
Il est possible d’établir une filiation entre l’anglicanisme et le gallicanisme français. D’ailleurs le terme anglais d’anglican est créé de même que le nom de Gaulle donne gallican.
En revanche, le gallicanisme ne rompit pas totalement avec Rome, il partage avec l’anglicanisme une tendance à soumettre les affaires ecclésiastiques à l’autorité de l’État (nationalisation de la désignation des clercs, évêques notamment, ce qui est inacceptable et ce en quoi nous sommes « ultramontains »).
Conclusion :
L’anglicanisme, né d’un piteux caprice royal, prouve un danger de la politisation de la foi. Ce schisme, fondé sur des ambitions temporelles, continue d’influencer négativement tout le paysage religieux, anglo-saxon et mondial, par ses innovations modernistes de la première heure, ainsi que de son éloignement des vérités immuables.
Pour approfondir cet aspect, notamment dans un angle historique et religieux, nous orientons notre lectorat vers l’ouvrage de Michael Davies, titré « La réforme liturgique anglicane ».
Angleterre et universel ?
Si nous conservons ces quelques griefs historiques envers l’Angleterre, et notamment dans son attitude étatique lors de la Seconde Guerre mondiale, en revanche, nous lui reconnaissons une haute culture qui a contribué à l’universel dans certains domaines (vestimentaires, littéraires, cinématographiques, etc.).
Contre-exemples ?
Notre identification catholique, nationale et européenne doit revenir en priorité à l’empereur Charles Quint, mais surtout Philippe II d’Espagne contre le protestantisme, ou encore à la Sainte Ligue sous Henri III de France.
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Centralisme gallican antigermanique et fin d’unité pour l’Europe catholique
L’élégance vestimentaire masculine par David Veysseyre (Écrits de Paris)
Ultramontains : origine et évolution, contre le gallicanisme
Philippe II d’Espagne : monarque catholique contre protestantisme
Charles Quint : champion du catholicisme et de l’européanité

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