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Publié le par Florian Rouanet
Quand la France sacrifie l’unité catholique sur l’autel du pouvoir...
Résumé
Le Royaume de France, à partir du XVIIe siècle, a adopté une politique « pragmatique » visant à affaiblir la Maison d’Autriche et les États catholiques germaniques en soutenant, au moins indirectement, les princes protestants.
Une stratégie machiavélique, entreprise notamment sous Richelieu et Mazarin, qui visait à centraliser le pouvoir français. En effet, cette politique fut source de divisions profondes au sein du monde chrétien catholique, alimentant des guerres civiles, comme la guerre de Trente Ans, et des conflits doctrinaux durables.
Cette ambition, gallicane pour ne pas la nommer, inspirée par une vision centralisatrice de l’État français (ou gouvernement royal) et l’envie de surpasser le modèle impérial germanique, a pavé la voie à des bouleversements profonds de l’ordre européen.
Sommaire
I. Stratégie d’affaiblissement des Habsbourg
II. Rôle clef des cardinaux de Richelieu et Mazarin
III. Conséquences pour l’unité de la catholicité et de l’Europe
IV. Et aujourd’hui ?
I. Stratégie d’affaiblissement des Habsbourg
Le contexte
Depuis la période médiévale, la France a été en rivalité constante avec la Maison des Habsbourg, qui dominaient, tout autour, à la fois l’Empire romain germanique et l’Espagne.
Cette double domination menaçait d’encerclement la France, qui se trouvait géographiquement prise entre ces puissances catholiques.
En conséquence, dès François Ier, la politique française chercha à saper l’autorité des Habsbourg, y compris par des alliances paradoxales avec des puissances non catholiques, telles que les Ottomans musulmans et, plus tard, les princes protestants allemands.
Même un grand homme et clerc, pourtant gallican, avouera et dénoncera :
« C’est une politique trop maligne qui sacrifie l’Église à l’État. »
Jacques-Bénigne Bossuet, Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte (1709).
La fracture religieuse comme outil politique
Le soutien de la France aux princes protestants allemands lors de la guerre de Trente Ans (1618-1648) était moins motivé par des considérations religieuses que par un calcul géopolitique. Mais cette vilaine stratégie, se retourne contre le Salut des âmes en Europe…
En favorisant la protestantisation dans le Saint-Empire, la France affaiblissait l’autorité impériale et empêchait une unification du continent sous l’égide catholique des Habsbourg.
Ce calcul, pragmatique mais idiot, peut être qualifié de « malin dans tous les sens du terme » : habile sur le plan stratégique, mais surtout néfaste pour la catholicité et nos frères chreitens.
En brisant odieusement l’unité chrétienne, la France a alimenté des divisions qui allaient engendrer des conflits durables.
II. Rôle clef des cardinaux de Richelieu et Mazarin
Richelieu, l’artisan de la politique anti-Habsbourg
Richelieu, principal ministre de Louis XIII (équivalent du Premier Ministre), est aisément cité comme l’architecte de cette politique. Cela l’a conduit à soutenir les forces protestantes dans le Saint-Empire, tout en réprimant certes durement le protestantisme en France (cf. Siège de La Rochelle, 1627-1628).
« Il faut affaiblir les puissances étrangères tout en consolidant l’autorité intérieure. »
Cardinal de Richelieu, Testament politique (posthume, 1688).
Mazarin et le traité de Westphalie
Mazarin, successeur de Richelieu, poursuivit cette stratégie en négociant les traités de Westphalie (1648). Ces traités consacrèrent l’affaiblissement de l’Empire germanique en reconnaissant l’autonomie des princes protestants et en octroyant à la France des territoires stratégiques comme l’Alsace.
« Ce traité est une victoire pour la France, mais une défaite pour la Chrétienté. »
Jacques-Bénigne Bossuet, commentaire sur Westphalie (1650).
III Conséquences pour l’unité de la catholicité et l’Europe
La fracture durable de l’Europe chrétienne
En soutenant au moins indirectement la Réforme dans le Saint-Empire, ou encore en s’alliant avec une foi contraire du temps de Charles Quint, la France a fracturé durablement l’unité chrétienne.
Les tensions « confessionnelles » générées par cette politique contribuèrent à l’éclatement des guerres civiles en Europe et à une perte d’influence de l’Église catholique dans des territoires entiers, jusqu’à ce que cela concerne la France elle-même, ou le Vatican lui-même (entérinant la laïcité moderne avec « Vatican II »).
Vers une « nouvelle Rome impériale »
La politique de centralisation de Louis XIV, avec sa vision absolutiste du pouvoir, s’inscrivait dans la lignée de cette prétention française à supplanter l’Empire romain germanique comme héritier du Saint-Empire.
Louis XIV se considérait comme une figure impériale, tout comme Napoléon le fera plus tard, en s’inspirant à la fois de l’Antiquité et de l’ordre médiéval. Effectivement, cette hostilité mènera à ce que la nouvelle Rome soit incarnée par Napoléon Bonaparte, pour le meilleur comme pour le pire (jacobinisme, souveraineté populaire, post-gallicanisme, etc.).
« Le Roi Soleil voulait régner comme Auguste ou Charlemagne, mais en sacrifiant les liens de foi qui faisaient la force des Empires catholiques. »
François Bluche, Louis XIV et son siècle (1986).
IV. Et aujourd’hui ?
Après l’ordre médiéval, et suite aux deux tiers protestants de l’Allemagne du temps d’Hitler, désormais, nous avons plutôt un quart catholique (grande majorité « conciliaire »), un quart protestant (et un peu plus d’origine !), 45% athée et 5% musulmane. Sans compter que le dernier pourcentage ajoute à cela le remplacement racial. Cela dit, vu le vide laisser, ça laisse une chance de repartir sur de bonnes bases !

Devant cela, imitons le modèle espagnol resté plus longtemps fidèle à l’Eglise et au corpus thomiste du docteur angélique, ou encore « l’infaillibilisme » des ultramontains.
Encyclique singulière sous le IIIe Reich (Papauté politique, après-guerre) 3/3
Ultramontains : origine et évolution, contre le gallicanisme
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