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Publié le par Florian Rouanet
Mgr Richard Williamson a été hospitalisé cette nuit [25 janvier] pour une hémorragie cérébrale et a pu recevoir les derniers sacrements. (…)

Résumé introductif :
L’hospitalisation récente de Mgr Richard Williamson, ainsi que le rappel à Dieu de Mgr Tissier de Mallerais, mais également le basculement et le sacre de l’ex-abbé Roy, nous invitent à méditer sur le rôle central des évêques dits traditionnalistes, sacrés notamment par Mgr Lefebvre en 1988 – au nom du principe d’Epikie et de la juridiction universelle -, dans la préservation du sacerdoce catholique. Ces évêques, malgré les positions et les dissensions, internes ou non, que l’on connait, ont assuré par les rites de l’Eglise la succession apostolique en tentant d’y être fidèle.Nous allons lister les sacres épiscopaux des Mgrs Lefebvre, Thuc et Williamson, car nous ne sommes pas de ceux qui valident une lignée au détriment de l’autre.
Sommaire :
I. L’héritage des sacres de 1988 & lignées dites thucistes
II. Mgr Williamson, un défenseur dit anti-ralliement de la Tradition, non comme la FSSPX
III. Sa lignée épiscopale et avenir du sacerdoce
IV. Un héritage à préserver, mais à dépasser !
I. L’héritage des sacres de 1988 & lignées dite thucistes
Le 30 juin 1988, Mgr Marcel Lefebvre, assisté de Mgr Antonio de Castro Mayer, consacra quatre évêques (Tissier de Mallerais, Fellay, de Galaretta et Williamson) au séminaire d’Écône, en Suisse. Ces consécrations, accomplies dans des circonstances exceptionnelles, avaient pour but de préserver la liturgie traditionnelle et de garantir l’ordination de prêtres (sacerdoce), tentant à être fidèles à la doctrine immuable de l’Église catholique.
C’est ici que Mgr Lefebvre, animé d’une prudence surnaturelle, assura la pérennité d’une lignée épiscopale indépendante des réformes issues du non-concile de Vatican II. Dans son sermon ce jour-là, il déclarait avec une lucidité prophétique :
« C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Eglise, par l’Eglise de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. »
Monseigneur Marcel Lefebvre – Déclaration contre Vatican II du 21 novembre 1974.
Ce courage, de contrer un Vatican moderniste, en rupture avec la foi et l’Eglise catholique, peu l’ont eu, et notamment. le vietnamien Mgr Thuc.
En effet, Mgr Pierre Martin Ngô Đình Thục, archevêque de Hué, procéda à plusieurs sacres épiscopaux « sans mandat romain » dans le contexte troublé de l’après-Vatican d’eux. Ces sacres, réalisés dans une logique de résistance à l’évolution moderniste incluent : le sacre de Mgr Clemente Domínguez y Gómez le 11 janvier 1976 à Palmar de Troya (exemple mystique raté en Espagne…), celui de Mgr Michel-Louis Guérard des Lauriers le 7 mai 1981 à Toulon (donnant IMBC et RCI), ou encore, les sacres de Mgr Moïse Carmona (à Toulon, conclaviste) et Mgr Adolfo Zamora le 17 octobre 1981 à Acapulco (Mexique).
Cela ne peut se légitimer que par l’Epikie signifiant en grec l’intelligence dans l’application des lois (si la foi meurt sans cela, et que la foi ne peut mourrir, alors c’est ici que se trouve le vrai), mais aussi qu’en l’absence de Pape légitime, et à condition de penser, ensuite, que l’autorité légitime réside justement dans les évêques, fidèles à la tradition, car ils sont égaux aux apôtres, nécessaires à l’Eglise, et non en rupture avec la foi (a priori !) et les intentions de l’Eglise. Alors ici, effectivement, nous retrouverons en les Notes de l’Eglise.
II. Mgr Williamson, un défenseur dit anti-ralliement de la Tradition, non comme la FSSPX
Cette dialectique française du non-ralliement se nourrie de l’accusation fausse faite à Léon XIII vis-à-vis de la République… Celle-ci émane hélas des cercles royalistes d’Action française, et elle a été reprise, mais pour dénoncer autre chose : la tentation d’une partie des lefebvristes, tel que Mgr Fellay, de se rattacher à leur « mauvais pape » (sic).
Mgr Richard Williamson, né en 1940, s’est rapidement distingué parmi les évêques consacrés ce jour-là par son franc-parler, sa culture vaste et sa capacité à défendre la Tradition. En dépit de nombreuses controverses, notamment concernant son expulsion de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X en 2012.
Son expulsion, d’ailleurs, a été motivée officiellement par des désaccords politiques, diplomatiques (profession d’un révisionnisme et d’un « antisémitisme » à toute épreuve !) et ralliementistes. Il est ensuite logique, que certains clercs réprouvés, et de caractère, soient venus renforcer la structure, notamment les dominicains d’Avrillée.
Son Excellence a maintenu, souvent en opposition avec les orientations politiques et diplomatiques de la FSSPX. Son hospitalisation nous rappelle qu’il incarne l’une des dernières figures éminentes d’une génération d’évêques ayant porté le flambeau de la Tradition au péril de leur réputation et parfois de leur santé, offrant aux fidèles un « clergé » valide, bien qu’imparfait.
III. Sa lignée épiscopale et avenir du sacerdoce
Contrairement à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, qui ne compte aujourd’hui que deux évêques actifs, déjà avancés en âge, été semblant réagir doucement à ce manque, Mgr Williamson a pris soin d’assurer une succession apostolique plus large : il a fait de nombreux « enfants » !
En effet, il convient de souligner que cette prévoyance contraste avec une certaine stagnation observée au sein de la FSSPX, où le refus d’envisager de nouvelles consécrations limite ses perspectives à long terme.
Mgr Williamson, malgré des divergences doctrinales, d’ailleurs ponctuelles, car encore lefebvriste bien que « non ralliée » physiquement, a démontré une vision pastorale plus soucieuse de l’avenir, et ce, malgré une plus faible présence de prêtres, au nombre d’environ 60 – la CMRI sédévacantiste en a presque une centaine.
Si certains des évêques qu’il a consacrés se sont tournés vers des positions sédévacantistes (Mgr Viganò et son Mgr Stobnicki) – position que nous partageons –, il demeure évident qu’il a agi sans grand sectarisme.
Mgr Richard Williamson, évêque britannique connu pour sa position traditionaliste, a procédé à plusieurs sacres épiscopaux sans mandat pontifical. Le 19 mars 2015, il a consacré Mgr Jean-Michel Faure au Brésil. Le 19 mars 2016, il a sacré Mgr Tomás de Aquino Ferreira da Costa, également au Brésil. Le 11 mai 2017, il a consacré Mgr Gerardo Zendejas aux États-Unis. Le 14 janvier 2021, il a sacré Mgr Giacomo Ballini en Irlande. Le 15 août 2022, il a consacré Mgr Michał Stobnicki en Pologne. Enfin, en décembre 2023, Mgr Williamson a procédé à une reconsécration conditionnelle de Mgr Carlo Maria Viganò.
En outre, une génération entière est en train de partir, en témoigne par ailleurs le trépas de Jean-Marie Le Pen.
IV. Un héritage à préserver, mais à dépasser !
Il ne s’agit pas ici d’une critique conspirationniste de notre part (cette dernière ne manque pas !) car la symbolique williamsonienne ne prouve rien. La rose Tudor (qui figure sur les armoiries de l’évêque Williamson) n’est pas la même que la rose rosicrucienne – ésotérisme et alchimisme type de la Renaissance, avant l’arrivée des cercles maçonniques. Parmi les rois de la dynastie des Tudor, Mary Tudor, reine catholique, a combattu l’anglicanisme de son père, notamment en faisant brûler des centaines de « sorcières anglicanes » sur le bûcher. Ainsi, il ne faut pas voir des infiltrations partout, car il y a aussi de la faiblesse et de la compromission, ou encore des affections déréglées, dans la FSSPX et l’IMBC envers leur fondateur et leur supérieur.
Face à l’incertitude qui plane sur l’avenir de la FSSPX, il est temps de reconnaître que la multiplication des évêques fidèles à la Tradition demeure la clef pour préserver la foi catholique. Prions pour Son Excellence, afin qu’il recouvre la santé, ou le cas échéant, qu’il puisse sauver son âme.
Que son exemple inspire une nouvelle génération, de fidèles et de clercs, prêts à défendre la foi catholique face aux tempêtes du modernisme, toutefois en concluant bien cette fois-ci, sans passion aucune, sur la tradition, la vacance du Saint-Siège et la volonté de retrouver, par les évêques, et universellement, un Pape véritable, suite à un Concile Général Imparfait.
Articles :
La nocivité du rite bâtard & FSSPX – Mgrs Tissier & Williamson
Hypothèse « sede vacante » a pour elle arguments sérieux – Mgr Lefebvre
Extraits sur l’Église et la fausse autorité – Mgrs Roy et Pivarunas
Errements du courant dit « Reconnaître et Résister » en 14 points — Abbé Zins
« Concile général » des « évêques restés fidèles » (Père Guillaume-Marie Hecquard)
Du principe de l’épikie dans l’Église catholique (l’intelligence dans l’application des lois)

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