• L’Intégralisme catholique à travers l’histoire



    Retour aux sources doctrinales et historiques

  • Intégralisme catholique : doctrine au service de l’Ordre et du Bien commun

    De l’émergence d’une pensée totalisante à la défense de la Cité humaine et chrétienne : unité de l’âme et de la patrie


    Introduction

    Chers lecteurs,
    Dans un monde marqué par la fragmentation des identités et des principes, nous proposons ici un retour aux sources avec une pensée forte, nourrie d’un attachement rigoureux à la tradition politique catholique et aux ordres naturel et surnaturel.
    En effet, l’intégralisme catholique, revu en cinq chapitres, est une doctrine complète à la fois théologique, politique et philosophique, s’érigeant contre les désordres modernistes, athées, gnostiques et révolutionnaires, proposant une vision fondée sur le respect des hiérarchies divines et humaines, unissant le temporel et le spirituel selon une harmonie inspirée des grands principes du thomisme et des enseignements de l’Église.
    Nous vous proposons donc d’en explorer l’origine, aux côtés de celles de l’intégrisme religieux et du traditionalisme catholique, les grandes figures qui en sont les hérauts, et l’héritage d’une tradition contre-révolutionnaire, pour en démontrer, en définitive, l’actualité et la nécessité.


    I : Les fondements doctrinaux et le Bien commun

    L’intégralisme catholique prend ses racines dans le thomisme, cette philosophie fondée par Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), lequel s’inspira d’Aristote (384-322 av. J.-C.), le Stagirite antique. À travers son concept de la totale « ordonnation de l’homme » (ordinatio ad totum), l’Aquinate affirmait que l’humanité entière devait être subordonnée au Bien commun, un bien supérieur dépassant les intérêts individuels pour embrasser l’entièreté de la société, depuis les plus humbles couches jusqu’aux échelons les plus élevés (familles, communes, villes, provinces, ensembles régionaux, patrie). Le thomisme repose sur une articulation profonde de la philosophie naturelle et de la théologie : le monde terrestre, imparfait mais ordonné, trouve sa perfection dans le divin, chaque partie servant l’ensemble, tout comme l’homme sert Dieu.

    C’est sur ce fondement que l’intégralisme catholique s’érige, affirmant la suprématie du Bien commun spirituel et temporel contre toute conception individualiste ou naturaliste. En ce sens, l’intégralisme rejoint la proclamation du Christ Roi, ainsi que la doctrine sociale de l’Église qui, notamment par le Concile de Trente (1545-1563), se pose en rempart contre le protestantisme et d’un certain gallicanisme des rois de France, qui subordonnaient les clercs français de l’Église au pouvoir séculier.
    Cet appel à l’ordre supérieur et à l’intégration de l’homme dans la hiérarchie divine est une constante de la pensée intégraliste.

    Vous pouvez prendre connaissance, à cet effet, de notre conférence présentant notre ligne éditoriale.


    II : La genèse, ses figures et ses mouvements majeures

    Monde hispanique & lusitanien contemporaine :

    L’intégralisme, de façon plus récente, a vu naître des penseurs et des militants qui marquèrent durablement son développement. Parmi les plus notables, citons l’abbé Félix Sardá y Salvany (1844-1916), auteur espagnol de « Le Libéralisme est un péché », qui dénonça l’erreur fondamentalement individualiste et libertaire du libéralisme, incompatible avec l’unité chrétienne, et ce, dans la foulée de la lettre du Syllabus donnée par le Pape Pie IX. Son œuvre est emblématique du mouvement intégraliste espagnol et inspira les cercles hispaniques à travers l’Europe et les Amériques.

    Au Portugal, António Sardinha (1887-1925) et le mouvement monarchiste, nationaliste et intégraliste s’attachèrent à défendre l’ordre chrétien de la Cité, voyant dans la tradition catholique, la seule garantie de stabilité et de justice sociale.
    Le Brésil colonisé n’échappa pas à cette bonne dynamique : Miguel Reale (1910-2006), figure de proue du fascisme brésilien de la première moitié du XXe siècle, intégra les concepts catholiques à sa pensée, formulant une synthèse visant à promouvoir une société ordonnée, autour de principes spirituels et moraux.

    Ailleurs, au XXe siècle :

    Ce mouvement trouva aussi des échos et éléments non négligeables chez certains clercs de l’Italie mussolinienne, tel que Mgr Benigni, employant l’expression de « catholiques intégraux »,  ou encore dans certains pays de l’Est, en collaboration avec l’Allemagne hitlérienne, à l’instar de Mgr Tiso en Tchécoslovaquie, ou encore dans la France de Charles Maurras (1868-1952) et de Jean Ousset (1914-1994), ce dernier fondant l’Office international des œuvres de formation civique et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien.
    Ces penseurs, bien que parfois différents dans leurs approches, s’accordaient sur la nécessité de défendre la civilisation chrétienne, face aux menaces révolutionnaires et modernistes.


    III : L’intégralisme et son héritage

    Ainsi, la meilleure des politiques médiévales reste notre référence ultime, avec un saint Louis IX de France, lequel incarna la vertu d’un pouvoir saint et juste. L’intégralisme envisage l’homme comme un animal politique, un être destiné à la communion dans la Cité. Ce modèle contredit et renvoie dos-à-dos le naturalisme, qui refuse toute transcendance, et le surnaturalisme extrême, qui nie l’importance de la structure sociale naturelle voulue par Dieu.
    La doctrine intégraliste se veut ainsi une défense équilibrée du Bien commun dans une optique de hiérarchie harmonieuse, tant naturel que surnaturel.


    IV : Contre-révolution, Saintes ligues – une tradition 

    L’intégralisme s’inscrit également dans le prolongement de la contre-révolution. Contre la révolution française de 1789, les intégralistes se posent en défenseurs d’un ordre supérieur et sacré, extérieur à l’homme. La réaction catholique, qu’elle soit celle des Vendéens, des Chouans ou encore des Cristeros du Mexique, incarne cette volonté de s’opposer aux forces de subversion et au chaos dit révolutionnaire, car nous n’en rejettons pas le processus (Joseph Merel). Le Pape Pie VI (1717-1799) condamna le constitutionnalisme et les excès révolutionnaires, dès le départ, en constatant en eux une trahison de la mission chrétienne de la France, hautement dangereuse pour le reste de l’Europe.

    Cette lutte contre l’ennemi intérieur et extérieur avait donné naissance aux Saintes ligues, contre régulières les insuffisances de la royauté franque qui, comme en France, sous Henri III (1551-1589), s’opposèrent aux réformes destructrices de l’Église. Nous étayerons plus tard ce dernier point fort intéressant.


    V : L’organicité politique : défense de la Cité chrétienne

    L’intégralisme catholique conçoit l’organisation de la société comme fondamentalement organique, chaque entité étant subordonnée à un tout qui les dépasse, illustrant le concept d’ordo amoris (ordre de l’amour) : invitant à aimer l’ensemble de la création en Dieu.
    Inspiré par les modèles médiévaux, et l’impérialisme catholique du Roi Charlemagne (Carolus Magnus), l’intégralisme prône une unité ordonnée, plaçant la patrie ou l’Empire, et l’Église, au-dessus des intérêts particuliers. Cette défense des Nations ne signifie pas une fermeture, mais au contraire, une intégration dans un Ordre international et universel supérieur, dont le Christ est le vrai Roi.

    Cette vision permet de dépasser les oppositions faussement dualistes entre patriotisme et universalisme, le tout trouvant sa perfection dans l’amour viril du Bien commun, seule réalité politique légitime.


    Conclusion

    En conclusion, chers lecteurs, il n’est de « véritable droite politique » que celle qui défend un ordre enraciné dans les traditions chrétiennes et les hiérarchies naturelles.
    Ce courant intégraliste, qui se veut à la fois totalisant (totaliste, totalitariste), rappelle que l’ennemi véritable n’est point l’ennemi ou l’étranger, mais la faiblesse et le péché qui s’installent au cœur de la Cité. Afin d’éviter de nouvelles subversions, et submersions, il nous faut un retour, certes actualisé, du modèle chrétien et « monarchique », purifié de tout idéalisme passé et moderne, car seule cette voie permettra d’éloigner les spectres d’une déstabilisation future.

    Ainsi, l’intégralisme catholique s’affirme comme une réponse à la crise de la modernité, offrant une vision cohérente, ordonnée, et résolument ancrée dans le Bien, le Beau, et le Vrai (kalos kaghatos !).


    Définition
    Soutien de Louis Le Carpentier

    Florian Rouanet, pour Intégralisme Organique.


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  • 5 commentaires




    L'Islam aussi est une forme d'intégralisme car c'est une religion unitariste n'acceptant pas la séparation du spirituel et du temporel.


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    Vous dites bien sur l'unitarisme car religion et politique s'y expriment en un seul bloc islamique. Dans la religion catholique on distingue temporel et spirituel avec des rôles prédéfinis. Cependant, l'un ne doit pas dévorer l'autre et donc ils marchent de concert. Après pour l'intégralisme c'est quelque chose de bien précis et on y parle du Bien commun intégral, de haut en bas, de chaque échelon, donc du bien de la Cité, mais aussi du Salut des âmes, possible que dans la "religion vraie".


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