• La notion d’intégralisme organique, missive de Louis Le Carpentier



    Une formulation explicite qui intrigue et attire

  • En cherchant à nommer la doctrine qui nous anime, une réflexion est venue à l’esprit de notre cher auteur édité chez Reconquista Press à propos d' »intégralisme organique ». Le concept peut sembler abscons au premier abord, mais au-delà des apparences il est bien précis. Il est celui qui désigne adéquatement le « fascisme clérical » que nous prônons. Voici l’extrait en question :

    Σ

    « Le terme d’ « intégralisme » nous vient du début du XXème siècle, en premier lieu du Portugal et du Brésil. Au Portugal, il désignait un mouvement intellectuel contre-révolutionnaire de type maurrassien, appelé « intégralisme lusitanien » (Antonio Sardinha, Hipolito Raposo, Alberto de Monsaraz) ; au Brésil, un mouvement politique prenant racine dans le premier mais de type fasciste, nommé « intégralisme brésilien » (Plinio Salgado, Gustavo Barroso). Les deux appuyèrent les régimes respectifs de Salazar et de Varga (même si les intégralistes lusitaniens reprochaient à Salazar d’être trop « fascisant », et les intégralistes brésiliens, à Vargas de ne l’être pas assez).

    Le terme d’intégralisme a par ailleurs été approprié par les catholiques antimodernistes de la première moitié du XXème siècle, qui défendaient le règne du Christ dans la société et s’opposaient en conséquence à la démocratie faussement chrétienne (le terme d’ « intégrisme » étant le qualificatif utilisé par les démochrétiens pour désigner leurs ennemis droitiers).

    Aussi l’intégralisme en son acception large s’est-il peu à peu mis à désigner ce mouvement politico-religieux qu’on nomme « national-catholicisme », parce qu’il intègre le nationalisme et le catholicisme l’un à l’autre. Comme la démocratie chrétienne et ses dérivés (mouvement des prêtres ouvriers en Europe, théologie de la libération en Amérique du Sud), l’intégralisme avait la volonté de ne pas séparer le politique et le religieux : le combat politique devait être imprégné de christianisme, et l’Église ne pas se désintéresser de la politique en général – la Cité – et de l’économie en particulier – c’est-à-dire le monde de l’entreprise et de l’action sociale – ; en cela, les deux mouvements étaient opposés à un certain catholicisme bourgeois et peu enclin à la charité, favorable à la séparation des domaines. Mais, pour résumer, alors que la démocratie chrétienne naturalisait la charité en la remplaçant par la simple fraternité humaine, l’intégralisme voulait au contraire que la fraternité soit élevée par la charité.

    Par ailleurs, l’intégralisme se caractérisait par un certain universalisme, qui prônait un juste enrichissement mutuel entre les races, avec l’idée que Dieu cache des trésors particuliers qui manifestent Sa gloire dans chaque civilisation (surtout chez Salgado).

    Enfin, notons qu’au terme d’ « intégralisme » fut parfois adjoint celui d’ « organique » – notamment au Portugal –, afin d’insister sur le fait que le national-catholicisme ne devait pas se limiter à une doctrine, mais imprégner l’ensemble des aspects de la vie de la société. Et c’est alors qu’on obtient un authentique fascisme doublé d’un certain cléricalisme, qu’on résume dans le terme « fascisme clérical ». »

    Missive complémentaire du camarade et ami David Veysseyre auteur aux Écrits de Paris :

    Intégralisme organique sonne bien, mais est pléonastique si on connait bien l’histoire des idées et la philosophie politique, l’intégralisme est organique en soi. Lisez Mes idées politiques que de Maurras, c’est de l’intégralisme contre-révolutionnaire pur et rien n’est plus organique que sa doctrine.

    Le seul avantage de intégralisme organique est phonétique on va dire, cette forme de redondance avec des termes savants aux significations approchantes s’impose à l’esprit et assez singulière. (…)

    Je pense qu’il faut désormais assumer cette redondance et la revendiquer en disant qu’il vaut mieux s’assurer de la représentation d’une idée en l’exprimant tautologiquement. Après tout comme disait Horace, bis repetita placent, plutôt deux fois qu’une.

    Pour conclure, l’idée générale que j’ai eue au moment du lancement du site avec cette formule résumant la doctrine que je professe, était de prendre en mesure « l’intégralité » du Bien commun et comme celui-ci devait se faire vivant, il était ainsi « organique ».

    Mes articles sur le thème : prémices de l’intégralisme hispanique ; incarnation historique et fascisante. ; exemple portugais.

    Intervention audio à ce sujet

  • Vous avez aimé cet article ? Partagez-le sur les réseaux sociaux !

    [Sassy_Social_Share]

  • 2 commentaires




    […] vous pouvez compléter en lisant nos précédents articles exprimant le fond de notre combat (propos de Le Carpentier, contributions hispaniques, fascisme brésilien, ligne éditoriale). Vous aviez aussi la […]


    Répondre

    […] La notion d’intégralisme organique, missive de Louis Le Carpentier […]


    Répondre