• Prémices et doctrine de l’Intégralisme



    Les abbés Félix Sardá et Paul Boulin entrent en scène.

  • L’Intégralisme est l’acmé de ce qui est catégorisé comme fascisant (n’est-ce pas fascinant ?!) comme le rappelait Miguel del Reale (intégraliste brésilien), peut-être est-ce à tort ou à raison que l’on m, à vrai dire peu nous en chaut, car les ronds de jambes superflus ne sont et ne seront jamais notre marque de fabrique.

    Pour nous intéresser cette fois-ci aux origines de ce courant, il nous faut d’abord jeter un œil du côté du monde hispanique et galicien. Dans ces contrées, le « totalitarisme du bien commun » (abbé Julio Meinvielle), autrement dit le principe de totalité thomiste, n’ayant pas sombré dans l’oubli, il n’est point étonnant que ce vocable ait été si diffus d’abord dans le « pays de la tauromachie ».

    Ce phénomène, une fois exporté, a eu sa référence française dans le texte et l’heureux élu sera l’abbé Paul Boulin – qui influença partiellement Charles Maurras dans son très monarchiste « nationalisme intégral »), dont la vie fut étudiée par Emile Poulat in. « Intégrisme et catholicisme intégral. Un réseau secret international antimoderniste: la ‹Sapinière› (1902-1921) », Tournai 1969, 76 note 22.

    Abbé Félix Sardá.

    Nous traduisons pour vous ci-dessous l’essentiel d’un article synthétique rédigé à l’origine dans la langue de Cervantès [les notes entre crochets sont de Notre fait] :

    Prémices :

    L’origine de l’intégralisme remonte à 1880 en Espagne, lorsque le premier parti intégriste au monde a été fondé. Il a été utilisé par un groupe qui s’est appelé « catholiques et carlistes » et qui a suivi à la lettre le Syllabus donné par le Pape Pie IX. C’est lors d’une conférence tenue en 1889 que le prêtre Félix Sardá (LIEN), l’un des plus importants représentants de l’intégrisme catholique, proposa le nom

    Son histoire commence en Espagne, puis, quelque temps plus tard, le mouvement parvient à atteindre la France par l’intermédiaire de l’abbé  Paul Boulin [1875-1933] (LIEN) qui a donné son nom au mouvement intégraliste. C’était un groupe qui était toujours contre les « démocrates-chrétiens » et qui de plus, se chargeait de donner leur soutien au mouvement nationaliste et monarchique. Plus tard, le courant a réussi à atteindre l’Italie chez ceux qui étaient contre le modernisme.

    Idées et définitions :

    L’intégralisme est un type d’idéologie nationale populiste qui édicte que les nations sont des unités complètement organiques. Il défend principalement la hiérarchie sociale et la coopération existantes entre les différentes classes de la société laissant de côté les conflits qui peuvent survenir entre les différents groupes sociaux et économiques qui composent une nation. C’est un type de mouvement qui cherche à défendre le syndicalisme, le corporatisme et la représentation politique à travers une série de déclarations qui indiquent que les institutions politiques diffèrent selon l’histoire, la culture et les habitants. (…) L’intégralisme est un type de doctrine basée sur la philosophie et la politique qui voit la société comme une unité organique et fonctionnelle. C’est un mouvement qui cherche la coopération des différentes classes sociales constituant une place particulière et tentant de mettre de côté les différents conflits qui peuvent survenir au sein d’une société entre les groupes sociaux et économiques. Il n’accepte pas les différents types d’idéologies politiques parce qu’elles sont principalement basées sur le libre-syndicalisme et le corporatisme.

    Voici quelques-uns des principaux avantages de l’intégralisme :

    Il voit la société comme un organe qui a la capacité d’établir les fonctions sociales de façon indépendante.
    Il cherche la coopération entre les différentes classes sociales qui existent au sein d’une société.
    Il ne favorise pas la création d’une église nationale afin de pouvoir respecter les différentes croyances religieuses  [ou plutôt de ne pas sombrer dans une forme d‘anglicanisme].
    Il défend l’histoire et l’atmosphère des lieux où il se développe.
    Il est contre le fascisme, le national-socialisme et le franquisme [ou du moins il fait partie de cette famille tout en étant sa forme la plus accomplie, car universaliste] (…)

    A) Intégralisme lusitanien :

    L’integralisme lusitanien est un mouvement qui est originaire du Portugal (LIEN) et était contre le soutien apporté au conservatisme. Il a été fondé en 1914 et a toujours été opposé au système parlementaire et aux partis idéologiques. Il soutient la représentation municipale, les syndicats et la religion catholique. C’est un mouvement qui prône la décentralisation de l’État [bien que ne contituant pas le négatif de la monarchie et du national].

    B) Intégralisme catholique :

    On peut dire avec certitude que l’intégralisme catholique est une façon de nier la médiation en provoquant le rejet de la raison [entendre le rationalisme des Lumières, sauf  en cas d’augustinisme], de la cohérence et de l’autonomie. C’est un mouvement qui place une ligne de démarcation entre les différents principes et doctrines catholiques et la réalité culturelle et sociale d’une nation. De cette façon, toutes les normes morales doivent exister en étant concentrées en un seul point pour être présentées comme le seul moyen d’atteindre l’ordre social, et même s’il n’y a aucune raison les reliant directement.

    C’est un phénomène politique qui voit les valeurs théologiques du même point de vue et utilise la religion pour réaliser un certain nombre de projets politiques variés. C’est un mouvement caractérisé par un traditionalisme profondément enraciné, la pratique du rigorisme moral dans certains domaines et une tendance nationaliste qui, laquelle  se manifeste d’une manière extrême, est totalement contraire à la foi [on ressent ici une rédaction gauchisto-moderniste qui n’a pas su saisir la juste relation entre foi et raison ; c’est la partie la moins bonne].

    C) Intégrisme brésilien :

    L’intégrisme brésilien est un mouvement né en 1932 et fondé par Plinio Salgado. Il a adopté un certain nombre d’aspects du fascisme italien et du national-socialisme allemand, bien qu’il soit contre le racisme [société  multiraciale du Brésil oblige, bien que la population blanche fut majoritaire dans ses rangs]. Son organisation était entièrement militaire ; ils ont effectués des démonstrations et des discours qui allaient à l’encontre du marxisme et du libéralisme. Sa principale composante était la classe moyenne et permettait aux gens de toute origine ethnique, y compris les femmes, d’intégrer leurs milices.

    C’est un mouvement qui s’est développé avec vélocité dans le pays et a comblé le vide idéologique qui était resté après la révolution de 1930. Les intégralistes brésiliens se sont également dédiés à la persécution des communistes provoquant différentes luttes et actions de rue violentes. (…)

    EUSTON (LIEN).

    Plínio Salgado fondateur de l’Action intégraliste brésilienne. #LesAnnées30

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