• Conférences : races humaines, nationalisme japonais, panceltisme, eugénisme, Vatican et religion



    Clergé et races humaines.

  • Le principe d’existence des races humaines et la foi ne s’opposent pas par définition. Tout simplement parce qu’elles n’appartiennent pas au même cadre, l’un étant d’ordre naturel et l’autre d’ordre surnaturel. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les définitions de la race vous pouvez vous reporter à ces anciennes citations. On objectera que la religion chrétienne est la moins terrestre qui soit – anti-matérialisme radical -, mais c’est justement pour ça que dans sa théologie elle ne s’embarrasse pas directement de cette trame.

    Les différences entre races sont généralement admises, et pas qu’au sens biologique, mais leur hiérarchisation devient plus compliquée. Car ce principe obéit à nombre de paramètres définis (intelligence, vertu, œuvre, moral, foi, supériorités, etc) : et des peuples dégénérés actuellement comme ceux d’Europe de l’Ouest après 1945 sont difficilement défendables moralement et ne peuvent prétendre vouloir être traités comme des sommités…

    Aussi, la « race pure » n’existe pas vraiment, ou appelle quelques nuances, comme en témoigne les mélanges entre indo-européens et populations autochtones par exemple. A contrario, cela ne fera pas de l’institution catholique un cosmopolitisme bis. Car s’il « n’existe ni Grecs, ni Juifs au royaume des cieux », ici-bas, les ethnies, les nationalités et les races ne sont pas abolies et ainsi relèvent toujours du droit naturel.

    L’idéologie « raciste » peut être modérément acceptée tant que l’on lutte pour sa race 1. avec des moyens honnêtes et que 2. l’on en fait pas un point de départ religieux indépassable, dogmatique. On peut réduire cette notion dans l’Église à ce passage, paroles de Pape :

    « Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine – toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable – quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi. »

    Mit brennender Sorge, lettre encyclique de Pie XI.

    L’analyse la plus concise et précise, sur laquelle on peut se former avec diligence, est ce document du cardinal Faulhaber sur le germanisme, le judaïsme et le christianisme.

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    La documentation abonde maintenant au Vatican à propos des différents rapprochements et oppositions de tel ou tel clerc dans les différentes histoires nationales des pays occidentaux – et en particulier ceux fascisants.

    Les lois raciales et anti-juives de 1938 promulguées par l’État fasciste italien va déclencher une réaction et s’en suivra un traitement théologique et philosophique objectif du sujet de la part de l’Église. Après guerre, dans l’encyclique Humani Generis du 12 août 1950, le Pape répondra rétrospectivement en traitant des échelles universelle et surnaturelle de l’Église. De même, pour l’Église, la question juive est plus une question théologique que raciale. Ainsi, cela relève aussi du travail des laïcs, de découvrir rationnellement la place exacte des choses naturelles.

    Le mot de race parait trop barbare et animal au monde latin, ceci expliquant bêtement que nous avons plus de mal avec cette notion quand l’on compare avec les expériences allemande (Volkisch), britannique et américaine (communautarismes assumés).

    Hélas, nous trouvons encore de façon sporadique des incultes et autres monuments de nullités en mal de reconnaissance qui feraient mieux de la boucler définitivement : certains pensent que le IIIe Reich vient de nulle part… Le racialisme allemand a été propulsé bien avant, au début du XXème siècle, avec les découvertes de leurs savants, souvent naturalistes, biologistes, etc. Le national-socialisme a simplement financé volontairement ces recherches déjà commencées (celles pro-indo-européennes notamment).

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    La première conférencière de la vidéo ci-dessous soulignera donc une attaque contre le racisme à « double tranchant », on peut retrouver cette logique sur le blogue lefebvriste La Question par rapport aux questions diplomatiques de Pie XII contre la présence en surnombre d’afro-américains lors de ladite « Libération » de 44-45.

    L’Église défend l’unité de l’espèce humaine sans nier la diversité qu’elle contient en son sein, tout comme nombre d’anthropologues partisans du monogénisme (Adam et Ève) et/ou de la théorie du climat.

    Concernant l’eugénisme, nombre de ses thèses sont refusées (notamment la stérilisation) en revanche, le perfectionnement de la race reste une honorable intention tant qu’elle est mue par le Bien commun (reportez-vous à Alexis Carrel). Tout cela fut définit sous le pontificat de Pie XI.

    Toujours est-il que Jean-tradi, avant d’user de sa lenga de sèrp (traduit de l’oc : langue de vipère) et de faire sa mijaurée ferait mieux de bien étudier le sujet avant de l’ouvrir. Cela éviterait quelques équivoques et incompréhensions.

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    Au Japon, c’était la doctrine « shinto-civile », qui s’apparente plus ou moins à celle des doctrines fascistes tant à l’échelle civile, qu’impériale et ethnique. C’est ce qui a fait réagir le Saint-Siège auprès des élites catholiques d’Extrême-Orient. Le shinto-civil leur apparaissait comme trop néo-païenne éden rappelant la renaissance des paganismes romano-germaniques d’alors.

    C’est le deuxième conférencier qui traitera de ce sujet, tandis que le troisième parlera du mouvement régionaliste breton de Breizh Atao et sa doctrine du pan-celtisme, chrétien, nettement anti-franc et anti-latin avant de devenir franchement nordique et schismatique. Les thématiques se rejoindront un peu toutes comme les intervenants le signalent à juste titre.

    Nous remercions derechef Seydlitz (TT) pour sa documentation toujours intéressante, ayant déjà alimentée nos analyses (Le père conspi’ Harouin, La démographie blanche par Mussolini).

    La conférence complète sur Canal-U.TV (Les religions face aux théories et aux politiques de la race) :

    Bref sommaire :

    Au départ, le racisme et le Vatican à 24:35, le nationalisme japonais à 50:30, le mouvement celtiste, le racisme, le néopaganisme et le catholicisme à la fin, questions du public à 1:17:00.

    Voici en supplément un lien Twitter comprenant quelques extraits vidéos :

    Les interventions traitent des contestations, du silence et de la relative participation ecclésiastique à la direction des théories politiques raciales.

    INTERVENANTS :

    – Raffaella Perin (Université Ca’Foscari Venise)

     « Le Saint-Siège face à l’idée de race dans les années 1930 »

    Même si la revendication du « monogénisme », c’est à dire la croyance en une origine unique de l’homme, créature de Dieu, et par conséquent de l’unité du genre humain, avait été la base pour s’opposer au racisme grandissant en Europe, les problèmes pratiques des bouleversements causés par l’adoption des lois raciales en Allemagne et en Italie contraignent la Curie romaine et quelques personnalités catholiques à l’image de l’ethnologue Wilhelm Schmidt ou du théologien Mario Cordovani à aller plus loin dans

    l’analyse et à utiliser le langage de la science pour exprimer le point de vue catholique sur la question de la « race ». Quels usages les catholiques faisaient-ils du mot « race » ? Quelle a été la position du pape Pie XI, à l’encontre du racisme d’Etat ? Dans quel terme exact ce dernier condamne-t-il le racisme dans son encyclique Mit brennender Sorge (1937) ?

    – Olivier Sibre (LABEX EHNE/GSRL)

     « L’Église catholique et le ‘‘sain nationalisme japonais’’ »

    Le concept de « race » a ses méandres religieux et particulièrement catholiques. De fait, l’Eglise suit l’expansion européenne, et les défis du rapport aux cultures locales, mais aussi aux autorités locales coloniales. A ce titre, la situation du Japon émerge de façon singulière. L’Eglise y compte une présence pluri-séculaire, mais extrêmement faible numériquement, la plus faible d’Asie orientale encore aujourd’hui. Pourtant, l’engagement missionnaire et diplomatique est fort dès la redécouverte des chrétientés des environs de Nagasaki dans les années 1860. Le retour catholique après la « fermeture » Tukugawa correspond donc aux réformes de l’ère Meiji et aux transformations complexes et profondes du Japon contemporain. Dans ce cadre, l’idée nationale, le rapport à l’Etat, la constitution d’un « culte national », le problème de l’autorité impériale et le mimétisme colonial japonais voient politiques et idées s’affronter. En politique étrangère le Japon affirme le principe de l’égalité des races (1919), pour liquider définitivement le déclassement et l’inégalité de droit qu’il subit au sein du concert des puissances. Par la suite, considérant que sa mise à l’écart est l’expression d’un racisme anti-japonais, et donc anti-asiatique, le Japon s’autoproclame défenseur des Asiatiques, contre le racisme occidental. Dans ce contexte, l’Eglise catholique, confrontée au racisme, et à l’antisémitisme en Occident semble silencieuse, jusqu’à l’encyclique Mit Brennender Sorge de Pie XI. Dès 1938, le délégué apostolique à Tokyo publie un texte dans lequel il évoque le « sain nationalisme japonais », qu’il distingue du « mythe du sang et de la race », reprenant mot pour mot les termes de l’encyclique à destination des nazis. Or, ce document s’inscrit à la suite d’un long rapport (dubbio) pour la Secrétairerie d’Etat concernant les « rites civils et patriotiques japonais », établissant une analyse complète de la culture, de la société et de la politique au Japon depuis le XVIIIe siècle. La communication s’interroge donc sur la compréhension politico-religieuse de la « race » au Japon, à l’époque du « racisme triomphant », notamment via l’antisémitisme, en Europe. La communication s’attachera à la fois à mettre en lumière les ressorts de l’expertise catholique sur le Japon passé et contemporain, et les transferts éventuels d’analyse et de compréhension entre l’Occident contemporain et l’empire du soleil levant.

    – Sébastien Carney (Université de Bretagne occidentale/CRBC)

     « De la religion contre la race à la religion de la race. Christianisme et nationalisme bretons au début du XXe siècle. »

    Dans la première partie du XXe siècle, les relations entre race et religion n’ont cessé d’être une préoccupation du nationalisme breton. Dès 1919, une équipe de jeunes gens regroupés autour de la revue Breiz Atao ! se persuade que la Bretagne a perdu la Grande Guerre, et que la participation des Bretons eux-mêmes à l’Union Sacrée témoignerait d’une dégénérescence favorisée par l’œuvre de francisation menée par l’Église. Dans cette optique, une poignée de militants nationalistes bretons prétend alors régénérer la race en la re-celtisant au contact des Irlandais, Gallois et Écossais. Mais ces contacts sont infructueux et ils se tournent bientôt vers l’Allemagne. Dans les années 1930, inspirés par le nazisme, quelques idéologues du Parti national breton s’intéressent aux théories nordistes. Pour ces Bretons, Celtes et Germains font partie d’une grande voûte nordique, rempart de la civilisation en Europe. Mais après 1937 et l’encyclique Mit brennender Sorge, ces idées conduisent quelques militants catholiques à quitter le parti. L’affaire est grave, car ces dissidents privent le parti de leur dynamisme et de leur argent. Aussi doit-on les amadouer pour les faire revenir. Dès lors, les tenants du nordisme – Olier Mordrel surtout – s’efforcent d’établir un « racisme breton » compatible avec le christianisme. Pour convaincre, Mordrel sait qu’il doit recourir à l’appui de catholiques racistes, voire du clergé lui-même. Dans sa revue doctrinale Stur, il étaye son racisme en s’appuyant sur Le règne de la race, ouvrage de l’abbé Gantois, et sur les écrits d’ecclésiastiques allemands. Mais il ne trouve aucun soutien dans le clergé local : tout juste parvient-il à publier la lettre d’un « catholique averti » qui n’est vraisemblablement autre que lui-même. Mordrel ne peut convaincre sans s’attirer les bonnes grâces du milieu religieux dominant en Bretagne. Les efforts qu’il déploie lui valent la réponse globalement favorable de l’abbé Pierre-Jean Nédelec qui, dans la revue que les militants catholiques dissidents viennent de créer, se montre plutôt bienveillant avec le « racisme breton » et entame un dialogue avec Mordrel. Ce dialogue est interrompu par la guerre, qui porte les catholiques dissidents à la tête du Parti national breton, à la place de Mordrel. Soutenus par les Allemands, ils ne peuvent qu’adhérer à leur tour aux théories nordistes, sans toutefois bénéficier, eux non plus, d’un quelconque appui ecclésiastique dans ce domaine. Pour certains, ce n’est donc plus un racisme original qu’il faut proposer à la religion catholique, mais une religion nouvelle à la race nordique. Progressivement, l’activiste radical Célestin Lainé théorise une « foi nordique ». Puisant chez Nietzsche et chez Maître Eckhart, s’inspirant de l’Unabhängige Freikirche, « Église libre indépendante » de Friedrich Hielscher, il élabore un paganisme adapté à la race celte de guerriers dont il rêve. Lainé, autopropulsé druide, créé et dirige un ordre de moine-guerriers, auquel il donne des statuts, une liturgie, des rites. Mais ce paganisme est condamné par le mentor de Célestin Lainé : l’abbé nationaliste Jean-Marie Perrot. Lorsque ce dernier est abattu par la Résistance, la troupe de Lainé se baptise « Unité Perrot », du nom du prêtre-martyr. Pour autant, cette récupération ne signifie pas l’adhésion du clergé breton au racisme païen. Célestin Lainé lui-même sait qui dirige la conscience des Bretons : à l’enterrement de Perrot, le druide et ses hommes organisent une cérémonie funèbre païenne, mais, dans le secret de la sacristie, Lainé s’agenouille et baise l’anneau de Mgr Dupar.


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  • 2 commentaires




    […] soi et la biodiversité sera bien gardée lol »), avec de la documentation parfois inédite sur le Vatican et les races, les mesures de Louis XVI, le déterminisme, l’ethnicisme ou encore une sélection de […]


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    Pour info, le racisme n'est pas une idéologie, mais une RÉALITÉ INDISCUTABLE fondée sur la science, la biologie, et en particulier, la génétique.


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