• La génétique commune aux Européens (archéologie et linguistique)



    #JeSuisRaceBlanche !

  • Remarques liminaires:

    Comme toujours les articles-chocs sur l’actualité (conflit avec PPA ou emprisonnement de Ryssen) font de 10 à 15 fois plus de lectures que les autres articles (même l’hommage à Sidos est resté plus confidentiel), si cela est pratique afin d’attirer l’œil, il ne faut pas perdre de vue que le plus important reste notre combat de fond et l’universalité de celui-ci.

    Nous évoquons derechef ce sujet habitué de notre ligne éditoriale, en vous présentant trois bonnes sources pour une bonne initiation sur la génétique européenne et ses frontières. Tout d’abord, vous êtes invité à lire ces deux courts articles que sont 1) David Reich (traduit de l’anglais) « Comment nous sommes devenus ce que nous sommes? » & 2) le numéro 68 de Nouvelle École de 2018: Paléogénétique des Indo-Européens ; et enfin à décortiquer les articles de ce bon site nommé Europedia pour les plus mordus. L’héritage commun aux Européens incarné par la génétique indo-européenne ne doit pas nous faire omettre les peuples qui existaient au préalable.

    Il ne faut s’épargner aucun sujet, et éviter toutes les pirouettes « sémantiques et sémitiques » pour adopter celles plus mythiques ! Enfin un peu de documentation salvatrice en terme de science, d’archéologie et de linguistique.


    5000 ans de migrations des steppes eurasiennes vers l’Europe

    1) La nouvelle histoire de nos origines révélée par David Reich :

    David Reich a la claire conscience de travailler dans un domaine où existe un sérieux risque de confrontation avec des présupposés idéologiques, qu’il s’agisse de l’origine des Indo-Européens ou de la notion de race.

    C’est peu dire que le livre de David Reich (Comment nous sommes devenus ce que nous sommes. La nouvelle histoire de nos origines, éditions Quanto, 380p.) était attendu. Disons-le d’emblée : le travail qui en forme la substance constitue une prouesse non seulement irréalisable mais même inimaginable voici quelques années seulement. Reich travaille sur l’ADN ancien. Après avoir appris la technique auprès du pionnier Svante Pääbo, un chercheur suédois dirigeant un important groupe en Allemagne, il a ouvert un laboratoire à l’université Harvard donnant à ce type de recherche une dimension quasi industrielle.

    Au titre des prouesses permises par ces techniques figurent non seulement le séquençage de plusieurs génomes d’hommes de Néandertal mais aussi la découverte d’un humain ancien qui doit tout ou presque à la génétique, celle de l’homme de Denisova. De ce dernier, on ne disposait que d’une dent. Mais l’étude de son ADN prouve qu’il s’agit d’un être à part, ni néandertalien ni sapiens.

    Pääbo, Reich et d’autres ont démontré que ces deux hommes fossiles ont laissé des gènes chez les Européens (pour ce qui est de Néandertal) et chez les Asiatiques (en ce qui concerne ces deux types d’humains disparus). Le décodage des génomes anciens ne constitue pas la seule prouesse technique développée par Reich et ses collègues. L’examen d’un unique génome actuel constitue aussi une mine, exploitée comme la précédente à l’aide de paradigmes mathématiques et susceptible de témoigner des hybridations passées.

    On doit surtout à Reich des études sur des humains relativement récents (moins de 40 000 ans) car il reste extrêmement difficile de récupérer de l’ADN très ancien. Elles prouvent que tous ces êtres du passé n’ont cessé de migrer d’un lieu à un autre, déplaçant souvent les populations locales. S’agissant de l’Europe, elles confirment une assez grande homogénéité génétique, notamment à partir de la culture dite de l’Aurignacien pour laquelle on peut distinguer au moins deux groupes, un à l’Est (représenté par un fossile en Russie) et un autre à l’ouest (avec un fossile belge). Nous sommes à peu près tous, à des degrés divers, descendants de ces humains. Reich ne s’est pas contenté de l’étude de ces hommes anciens. Décodant des centaines de génomes, il apporte des informations relatives à toutes les époques passées et notamment à l’origine des Indo-Européens dont il fait, sans en méconnaitre les conséquences politiquement délicates, un groupe génétiquement homogène quoique descendant d’une population hybridée, celle des Yamna habitant les steppes à l’est de l’Europe.

    Reich aborde également, décodages génétiques à l’appui, le cas des populations non-européennes, d’Inde (ayant elle-aussi héritée des Yamna une langue indo-européenne), de Chine, d’Amérique et d’Afrique. Ce dernier continent apparait essentiel à plusieurs égards : il constitue la terre des vestiges préhumains les plus anciens et celles des groupes actuels différenciés depuis le plus longtemps, à savoir les San (anciennement appelés Bochimans) d’Afrique Australe ainsi que les Pygmées de la forêt. Quant aux Noirs, il est intéressant de constater qu’ils présentent une hétérogénéité génétique plus importante que les autres populations.

    David Reich a la claire conscience de travailler dans un domaine où existe un sérieux risque de confrontation avec des présupposés idéologiques, qu’il s’agisse de l’origine des Indo-Européens ou de la notion de race. Il n’en aborde pas moins ces thèmes avec clarté constatant tout à la fois le rôle essentiel des migrations et des croisements au sein de l’espèce humaine (ruinant par là-même toute notion de race « pure ») et la réalité des différences génétiques entre populations, validant ainsi de facto la notion de race ce qui lui vaut bien évidemment quelques critiques ; ceux qui nient totalement l’existence des races le jugent suspect en dépit de l’antiracisme qu’il professe ; ceux qui se croient descendants d’une lignée pure exempte de toute forme de métissage lui en voudront tout autant de leur ôter leurs illusions. L’attitude la plus saine est, comme toujours, de respecter les faits tels que la science les révèle. Donc de lire Reich.

    Yves Christen.

    Source : breizh-info.com

    David Reich, Comment nous sommes devenus ce que nous sommes. La nouvelle histoire de nos origines, éditions Quanto, 380p.

    Racines de l’âge de Bronze en Europe.

    Σ

    2) Nouvelle École n°68 : Paléogénétique des Indo-Européens (23/03/2019):

    La découverte, à partir du XVIIIsiècle, de la parenté de la quasi-totalité des langues européennes, auxquelles il faut encore ajouter certaines langues de l’Asie centrale et d’une partie du Proche-Orient, a constitué un tournant décisif de l’histoire de la linguistique. Pour les désigner, on parle de langues indo-européennes. Depuis deux siècles, la recherche a permis d’établir que leur parenté ne se limite pas au vocabulaire de base, mais aussi à la syntaxe, aux structures grammaticales, aux racines et au mode de formation des mots. Elle a aussi montré que les langues indo-européennes dérivent les unes des autres de manière « arborescente », en sorte qu’il est possible, par la reconstitution linguistique, de restituer les traits essentiels de la langue-mère originelle d’où elles sont issues, l’indo-européen commun. Toute langue supposant des locuteurs, la question s’est posée du même coup d’identifier la ou les populations qui ont parlé et développé l’indo-européen commun, d’identifier aussi la culture matérielle qui était la leur et de situer son emplacement sur la carte. De l’indo-européen, on est ainsi passé aux Indo-Européens.

    C’est l’irritante question du foyer d’origine qui, dans le passé, a donné lieux aux hypothèses et aux supputations les plus diverses. Jusqu’à une période toute récente, on ne disposait pour étudier les Indo-Européens que de moyens relativement limités. La discipline essentielle était (et demeure) bien sûr la linguistique. L’archéologie a aussi joué un rôle. S’y ajoutent enfin les nombreux travaux, tels ceux de Georges Dumézil et de bien d’autres chercheurs, qui portent sur l’étude comparée des religions indo-européennes, des mythes, des épopées, des formulaires poétiques, etc. Or, depuis quelques décennies seulement, on dispose d’un nouveau moyen d’aborder la question. La mise au point de techniques de laboratoire, notamment le séquençage de l’ADN, a ouvert des perspectives décisives permettant d’identifier les porteurs de l’indo-européen commun et de restituer l’histoire de leurs migrations. Une chose est sûre : l’Europe ancienne s’est développée à partir de trois composantes majeures, que sont les chasseurs-cueilleurs du paléolithique, les agriculteurs du néolithique et les populations indo-européennes. Sur ces dernières, dont nous parlons les langues encore aujourd’hui, et dont nous portons les gènes, on en sait désormais beaucoup plus grâce à la paléogénétique.

    Dès 1972, la prestigieuse revue Nouvelle École, fondée en 1968 par Alain de Benoist, consacrait l’un de ses numéros à l’œuvre de Georges Dumézil, contribuant ainsi à susciter l’intérêt du grand public cultivé pour l’œuvre de cet immense savant, spécialiste de la mythologie, de la religion et de la vision du monde des Indo-Européens.

    En 1997, la même revue publiait de nouveau un dossier complet sur les Indo-Européens, abordant cette fois l’historiographie, les questions linguistiques et archéologiques, ainsi que la notion de « tradition indo-européenne », développée par le professeur Jean Haudry.

    En marge de ces deux dossiers parus à plus de vingt ans d’intervalle, Nouvelle École a par ailleurs accueilli dans la quasi-totalité de ses numéros d’importantes contributions à ce domaine de recherche, tandis que la revue rassemblait dans son comité de patronage d’éminents archéologues, linguistes, anthropologues et historiens (notamment Björn Collinder, François-Xavier Dillmann, Mircea Eliade, Marija Gimbutas, Jean Haudry, Herbert Jankuhn, Lothar Kilian, C. Scott Littleton, Manfred Mayrhofer, Edgard Polomé, Colin Renfrew, Robert Schilling, Rüdiger Schmitt et Jean Varenne).

    Toujours à la pointe de l’information scientifique, Nouvelle École publie aujourd’hui un numéro exceptionnel (et richement illustré en couleurs) sur la paléogénétique des Indo-Européens, présentant un bilan extrêmement précis des perspectives totalement inédites offertes par cette nouvelle discipline.

    Grâce au séquençage du génome humain et au perfectionnement des techniques d’extraction des données génétiques, il devient en effet possible, en analysant les restes humains exhumés par les archéologues, de reconstituer le processus d’indo-européanisation de l’Europe et d’une bonne partie de l’Asie à partir d’un « dernier habitat commun » situé dans les steppes pontiques (entre le Dniepr et la Volga), au quatrième millénaire avant notre ère. Ce foyer de dispersion se confond plus ou moins avec la culture dite de Yamna, caractérisée par des sépultures individuelles sous tumuli (tradition des « kourganes »), par l’importance centrale du cheval et l’usage des chariots, par une économie de type pastoral ainsi qu’un modèle de société patriarcal et guerrier. Se mêlant progressivement à des populations de chasseurs-cueilleurs et d’agriculteurs, ces conquérants indo-européens imposèrent à la « vieille Europe » du néolithique leurs idiomes, leurs divinités et leur vision du monde.

    Rédigé par Patrick Bouts, le premier article de ce nouveau numéro de Nouvelle Ecole, intitulé « Le peuplement de l’Europe. La révolution de la paléogénétique et les Indo-Européens », présente l’état actuel des connaissances sur ce sujet complexe. Cette étude extrêmement fouillée, fondée sur la synthèse de plusieurs dizaines d’études scientifiques très récentes menées par les plus prestigieuses universités (Harvard, MIT, Berkeley, Leipzig), est opportunément complétée par un précieux index technique, de nombreuses cartes et graphiques, ainsi qu’une bibliographie.

    Jean-Michel Vivien consacre pour sa part de très belles pages au « cas français », abordant avec érudition et de manière novatrice la question de « L’indo-européanisation du territoire à travers les migrations (proto-) celtiques et leur impact génétique ».

    À la suite de ce remarquable dossier sur la paléogénétique figurent également la publication de la correspondance entre Georges Dumézil et Alain de Benoist, ainsi que la traduction d’une étude de mythologie comparée due au grand savant suédois Anders Hultgård, professeur émérite d’histoire des religions de l’université d’Upsal, correspondant étranger de l’Institut (Académie des inscriptions et Belles-lettres) et membre de l’Académie royale Gustave Adolphe. L’article de M. Hultgård expose en particulier trois « études de cas », dans lesquelles l’auteur fait brillamment usage de comparaisons avec les domaines avestiques, grecs et sanscrits pour démontrer le caractère « indo-européen » de formules religieuses et de mythes scandinaves souvent rapprochés à tort de sources chrétiennes plus récentes.

    En associant linguistique, histoire des religions, archéologie et paléogénétique, l’ensemble des contributions offre donc un bel aperçu des principales disciplines qui contribuent aujourd’hui à la reconstitution de la langue, de la culture et des origines des Indo-Européens. Ce dossier mérite à ce titre d’être lu, relu et médité par tout honnête homme européen en quête de ses origines ancestrales.

    Le sommaire de ce 68ème numéro de Nouvelle École, d’une grande richesse, comprend également des articles sur « La théorie de l’institution chez Maurice Hauriou, Santi Romano et Carl Schmitt » (par Paul Matilion), « Louis Aragon et les ambiguïtés du national-communisme » (par Jean-Marie Sanjorge), « Albert Camus ou la pensée de la limite » (par Marc Muller) et « Le nihilisme, une affirmation à l’envers » (par Pierre Le Vigan). Source : Institut Iliade.

    Au sommaire :

    • Le peuplement de l’Europe. La révolution de la paléogénétique et les Indo-Européens. (Patrick Bouts)
    • Le cas français. L’indo-européanisation du territoire à travers les migrations (proto-)celtiques et ses impacts génétiques. (Jean-Michel Vivien)
    • Index technique, carte récapitulative et bibliographie. (Patrick Bouts)
    • Document : Lettres de Georges Dumézil à Alain de Benoist (1969-1981).
    • L’étude comparée des religions indo-européennes. Recherches actuelles et perspectives.  (Anders Hultgård)
    • Nécrologie

    Bibliographie :

    • La théorie de l’institution chez Maurice Hauriou, Santi Romano et Carl Schmitt. Une pensée juridique antimoderne. (Paul Matilion)
    • Louis Aragon ou les ambiguïtés du nationalcommunisme. (Jean-Marie Sanjorge)
    • Albert Camus ou la pensée de la limite. (Marc Muller)
    • Le nihilisme, une affirmation à l’envers. (Jean-Marie Legrand)

    Crédit photos : DR
    [cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V.

    Projet : ADN régional de la France.


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