-
Publié le par Florian Rouanet
Suite à la triste allocution par Pie XII de 1945, dénoncée par Pierre Moreau dit Maximin et à laquelle nous avons répondu tout récemment, par rapport aux dires antifascistes d’Adrien Abauzit, le Pape avait effectivement réitéré un propos hostile au régime national-socialiste allemand, l’année d’après.
Si se nourrir du Magistère enseignant est fort bien, encore faut-il aussi « dézoomer », afin de prendre la globalité des événements, et donc contextualiser les choses.
Libéralo-communisme & Antifascisme
-*-
Nous abordons d’emblée en 3 points (comme le maçon Fred Zeller !), que bien loin d’être glorieux, tout cela répondait à une triple déchéance :
-
Il ne fallait pas trop froisser les vainqueurs (surtout anglo-saxons), après de nombreuses accointances de l’Église catholique et de clercs, avec les régimes nationalistes de la première moitié du XXe siècle, et ce, dans toute l’Europe de l’Ouest et au-delà (Slovaquie), et en particulier avec l’Allemagne et l’Italie.
-
L’entourage du Pape, déjà moderniste, ainsi « pré-Vatican II », démocrate-chrétien et personnaliste (on simplifiera par gauchiste !), souhaitait non pas mettre l’Église au service du Christ, mais à leur service propre – ce qui est surnaturellement impossible. Que l’on songe à la réussite des écrits de Jacques Maritain des années 1920 à 1960 ! Ce contexte est si vrai, que cela transparaît dans les discours papaux, et que la vacance du Saint-Siège, effective et objective, survint après sa mort en 1958.
-
L’anti-communisme catholique, dès 1946, 3 ans plus tard et même jusqu’à la mort de Pie XII, n’aura plus aucun vitalisme, ou très peu, justement à cause de la mort des fascismes et de la présentation de ces plates excuses…
Quelles sont déjà loin les croisades antibolchéviques des années 1940 avec un Mgr Mayol de Luppé !
-*-
Lutter contre Adolf Hitler, lorsqu’il n’est plus là (ou la palme d’or du MDR) :
« Qu’on n’oublie pas que, précisément, sous prétexte de vouloir combattre le soi-disant « catholicisme politique », le national-socialisme qui, en réalité, ne visait qu’à détruire l’Église, a suscité contre elle tout cet appareil de persécutions, de vexations, d’espionnage policier, contre lequel eurent à se défendre et à lutter courageusement, même en chaire, des hommes d’Église dont l’héroïsme est admiré aujourd’hui du monde entier.
« […] Du haut de toutes les chaires d’une puissante nation que de mauvais gouvernants voudraient entraîner dans l’idolâtrie de la race, poursuivions-Nous en faisant ouvertement allusion à l’Allemagne nationale-socialiste d’alors, la protestation indignée d’un pontife octogénaire est descendue soudain comme la voix du Sinaï, pour rappeler les droits imprescriptibles du Dieu personnel, du Verbe incarné et du Magistère sacré dont lui, le Souverain Pontife, a reçu le dépôt. […] »
Cette prise de parole n’a certes pas la même autorité qu’une encyclique. En outre, certains choix géopolitiques, ceux en faveur de Roosevelt (cf. Pie XII et le révisionnisme) par exemple, ne sont pas entourés de l’infaillibilité pontificale.
Le monde entier devient communiste & combat isolé du Saint-Siège :
L’inquiétante et triste, mais logique, réussite des Partis communistes en Europe de l’Ouest est un fait en France comme en Italie. Si en France, le Parti recueille 29%, en devenant le 1er parti politique du pays, la même année, en 1946, aux élections constituantes, l’Italie vote, elle, à 40% communiste (+ alliance des partis de gauche).
Ainsi, on peut imaginer le sort qui aurait été réservé au Saint Siège, s’il avait été ne serait-ce qu’ambigu, à propos du IIIe Reich ou du régime mussolinien.
Et ce n’est pas tout, en Europe centrale et orientale, après la Seconde guerre mondiale, des régimes communistes fleurissent partout – Pologne, Hongrie, Tchécoslovaquie et Roumanie. Ces régimes étaient évidemment perçus par le Vatican, comme une menace directe pour la foi chrétienne.
Cependant, après avoir soutenu la victoire de Roosevelt, président américain, Pie XII,
a cherché ses « croisés » à partir de l’année 1949, et sans surprise : personne n’a répondu à l’appel :Dans l’allocution du 13 juin 1949, Pie XII approuva un décret du Saint-Office interdisant aux catholiques d’adhérer à des organisations communistes, de lire leur littérature ou de soutenir le communisme sous peine d’excommunication :
« Le communisme matérialiste nie l’existence de Dieu, rejette toute notion de morale et détruit les fondements mêmes de l’ordre social chrétien. Ceux qui se rallient à une telle idéologie trahissent non seulement leur foi, mais aussi l’humanité tout entière. »
« Quiconque professe la doctrine communiste ou collabore à sa diffusion encourt l’excommunication automatique (latae sententiae) réservée au Saint-Siège. »
Effectivement, cette « croisade », à partir de l’année 1949, sera presque exclusivement « juridiquement répressive », clandestine et spirituelle… :
-
Pie XII a notamment soutenu des réseaux clandestins en Europe de l’Est pour maintenir la foi et la pratique religieuse, malgré les régimes communistes, souvent au péril de vies des prêtres et fidèles impliqués.
-
La même année, Mao Zedong faisait sa révolution et son Association catholique et patriotique de Chine… Également, dans le Tiers-Monde, les révolutions nationales et décoloniales, en Algérie comme en Afrique subsaharienne, ou en Amérique latine, se nourriront de marxisme (FLN, Thomas Sankara, etc.) jusqu’à nos jours.
-
Et comme le souligne Joseph Merel, Pie XII chercha ses croisés anti-bolchéviques après-guerre, sauf qu’ils étaient tous morts en 1945, avec les fascismes… Isolé, il s’en est probablement mordu les doigts, de sa dite amitié épistolaire avec le vainqueur Roosevelt…
Le troisième point est si vrai que le Pape avouera la chose qui suit :
« Nous avons espéré un réveil des consciences, mais la politique du monde moderne regarde ailleurs, laissant la foi combattre seule dans les ténèbres. »
Discours privé aux cardinaux, 1953, archives du Vatican.« Même lorsque les églises sont fermées et les prêtres emprisonnés, l’Église reste vivante dans le cœur des fidèles. Nous sommes appelés à maintenir cette lumière, à tout prix. Celui qui se bat pour la vérité et pour Dieu n’est jamais seul. »
Correspondance avec les évêques polonais, 1952.https://philosophieduchristianisme.wordpress.com/2020/03/11/condamnations-pontificales-du-communisme/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR3Tk-e5z5jHnAv-mM2nypAtdHSaMbI4dC98EWkKNYvgGSNMePLWxHEMNsY_aem_3mo37R2sbX8fVL3H-EIlNA

Certains choix géopolitiques, lors de la dernière Guerre, semblent se payer et avoir un goût amer de Campari…!

-

7 commentaires
Réagissez à cet article !